vignette|Présentation des recherches de l'ANDRA au laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne, à Bure.
L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) est un établissement public à caractère industriel et commercial chargé de la gestion des déchets radioactifs en France.
Placée sous la tutelle des ministères chargés de la Recherche, de l'Industrie et de l'Environnement, l'ANDRA mène de façon complémentaire une mission industrielle, une mission de recherche et une mission d'information.
Le financement de l'ANDRA est assuré en majeure partie par les producteurs de déchets radioactifsFinancement de l'Andra..
L'ANDRA assure la maîtrise d'ouvrage du projet Cigéo de stockage souterrain de déchets radioactifs à vie longue.
Implantations géographiques L'ANDRA est actuellement implantée sur cinq sites : le siège, à Châtenay-Malabry (92) ; le centre de stockage de la Manche, à la Hague (commune déléguée de Digulleville) (50), qui a accueilli les colis de déchets de 1969 à 1994 et est aujourd'hui en phase de surveillance ; le centre de stockage de l'Aube, à Soulaines-Dhuys (10), qui accueille les colis de déchets de faible et moyenne activité à vie courte ; le centre de stockage de Morvilliers (10), qui accueille les déchets de très faible activité (TFA) ; le laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne, à Bure (55), dont la vocation est l'étude de la faisabilité d'un stockage géologique profond, en formation argileuse, des déchets de moyenne et haute activité.
Elle publie« Sous la responsabilité de l'ANDRA. Un inventaire des sites de stockage de déchets radioactifs en France va être établi », Le Monde, 18 janvier 1992. tous les trois ans un Inventaire national des matières et déchets radioactifs, puis tous les 5 ans à la suite du débat public de 2019, sous le nom de Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs. Les trois premiers inventaires ont été critiqués pour ne pas contenir d'informations sur les sites nucléaires militaires. L'édition de 1996 évoque 29 sites relevant du ministère de la défense et contenant des déchets nucléaires, et l'édition de 1997 en recense 45.
Partenariats thumb|Espace technologique de Saudron. L'ANDRA développe des partenariats public-public ou public-privé avec d'autres organismes. Par exemple : Le , un accord de partenariat est signé avec l'INRIA sur la simulation numérique, pour mieux anticiper les phénomènes qui interviendront dans le vieillissement des stockages de déchets radioactifs sur des durées allant du siècle au million d'années. Le , l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) a signé un accord de partenariat avec l'Andra pour l'étude des dynamiques évolutives des écosystèmes terrestres et aquatiques, et évaluer et modéliser l'impact sur la biodiversité des changements globaux et des activités humaines, avec l' Observatoire pérenne de l'environnement (OPE), de l'Andra, qui depuis 2007 observe plusieurs milliers d'hectares en Meuse et Haute-Marne, pour un siècle au moins« L'Andra et l'Inra étudient les écosystèmes sur le long terme », brève d'Actu-Environnement, 4 mai 2010.. Le , 19 août 2010, et dossier de presse (PDF, 2 pages), une nouvelle convention État-Andra est signée, dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir (financé par l'emprunt) et du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs 2010-2012. À cette occasion, 100 millions d'euros sont promis à l'Andra pour financer deux projets visant à réduire le volume et la dangerosité de certains déchets radioactifs difficiles à stocker ; il s'agit de : mieux recycler, au sein de la filière nucléaire, des métaux radioactifs (ferrailles) de très faible activité issus du démantèlement d'installations nucléaires ; il s'agit d'en faire des matières premières par exemple de conteneurs de déchets radioactifs en fonte et/ou en acier, destinés aux centres de stockage de l'Andra ou de les intégrer dans des ouvrages de stockage (portes, bouchons…) du Centre de stockage de déchets de très faible activité (CSTFA) exploité par l'Andra dans l'Aube. Selon l'Andra, ceci . améliorer le traitement et conditionnement de certains déchets plus difficiles à stocker (gaz, liquides, matières organiques…). il s'agit aussi de mieux traiter, inerter et stocker des déchets aujourd'hui sans filière (produit par de petits producteurs), .
Histoire L'Andra est créée en novembre 1979 au sein du CEAArrêté du portant création au sein du commissariat à l'énergie atomique d'une agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, JORF, , , , sur Légifrance..
En , le rapport Desgraupes suggère que l'Andra soit mieux associée à la gestion des déchets radioactifs, y compris les stériles miniers, le statut de cet organisme (article 2 de l'arrêté du ) lui donnant d'ailleurs compétence sur toutes les opérations de gestion à long terme des déchets radioactifs..
En 1983, l'ANDRA sélectionne vingt-huit sites dont la géologie serait favorable à l'installation d'un centre de stockage souterrain pour les déchets radioactifs à haute activité et à vie longueLe stockage des déchets nucléaires ne fait plus peur, Le Monde du 2 novembre 1993. De vives oppositions locales contraignent l'Andra à abandonner les recherches sur ces sites.
En 1991, la loi Bataille donne à l'Andra son indépendance par rapport au CEA, avec le statut d'établissement public à caractère industriel et commercial. L'Andra est notamment chargée L'Andra installe son siège social à Châtenay-Malabry.
En 2003, l'ANDRA choisit d'inscrire certaines de ses archives sur du papier permanent avec de l'encre résistante, censé garantir une préservation de l'information pendant au moins 300 ans, afin de se conformer au décret du qui oblige le centre d’enfouissement de déchets radioactifs de la Manche à pérenniser l'information relative aux déchets stockés au-delà de sa fermeture. Le papier permanent court cependant autant de risques que le papier de fabrication classique d’être détérioré par des champignons quand il est dans une ambiance trop humide : c’est justement ce qui est arrivé aux documents que l’Andra avait remis aux Archives nationales à Fontainebleau où ils ont été victimes en 2015 de l’inondation des sous-sols..
Dans le cadre du démantèlement des centrales nucléaires françaises, l'ANDRA lance un appel d'offres en dans le but de développer les solutions technologiques les plus innovantes visant à réduire au minimum l'impact en termes de déchets nucléaires. Selon les estimations, le démantèlement des centrales va générer 2,1 millions de mètres cubes de déchets. Le Conseil constitutionnel censure le l’insertion dans la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite loi Macron, d’un article définissant la réversibilité adopté au Sénat le précédent sur proposition de Gérard Longuet, au motif qu’il ne présente pas de lien, même indirect, avec les dispositions figurant dans le projet de loiConsidérants 157 et 165 de la décision n° 2015-715 DC Site du Conseil constitutionnel. Cette disposition est toutefois reprise dans la loi fixant le cadre du projet Cigéo. adoptée en .
Au projet de loi de finances 2017, le budget de l'ANDRA est imputé sur le programme budgétaire 174 ENERGIE, CLIMAT ET APRES-MINES du ministère de l'Écologie.
Cigéo
En 1999, l'ANDRA est chargée par l'État de créer un laboratoire souterrain pour l'étude du stockage des déchets radioactifs dans le sous-sol de la commune de Bure, et à l'exploiter jusqu'en 2006Journal officiel du 6 août 1999. Le projet consiste à tester le stockage en profondeur (500 mètres de profondeur), dans une couche d’argile, des déchets classés parmi les plus dangereux de l'activité nucléaire, une solution visant à les rendre inoffensifs d'ici . Elle achète progressivement les terrains concernés et crée à Saudron un centre pour exposer au public les principes de l'enfouissement. de souterrains sont construits.
La construction de ce laboratoire souterrain provoque une forte opposition chez certains des riverains concernés. Les opposants au projet y voient une tentative de corruption des responsables politiques de la région.
En , la SGN et la Cogema signent un contrat cadre avec l'ANDRA portant sur la faisabilité du projet.
L’Andra précise que, sous réserve de l'obtention des autorisations nécessaires, elle propose de suivre le calendrier prévisionnel suivant : 2015 : remise à l'État d'une proposition de plan directeur pour l'exploitation de Cigéo, et à l'ASN d'un dossier d'options de sûreté et d'un dossier d'options techniques de récupérabilité, afin de préparer l'instruction de la demande d'autorisation de création de Cigéo ; 2019 : dépôt de la demande de déclaration d'utilité publique par l'Andra ; 2030 : démarrage de la construction du stockage ; 2035 : démarrage de l'installation par une phase industrielle pilote.
Gouvernance
Direction
2005 - 2014 : Marie-Claude Dupuis. 2014 - 2024 : Pierre-Marie Abadie. Depuis 2025 : Lydie Evrard
Conseil d'administration Le conseil est composé de 23 membres : deux représentants du Parlement ; six représentants de l’État ; sept personnalités qualifiées ; huit représentants des salariés de l’Agence. Depuis le , il est présidé par Philippe Dupuis, inspecteur général des finances.
Conseil scientifique Le Conseil scientifique est créé par loi du . Il est composé de douze membres au plus, nommés pour cinq ans. Les membres sont des experts français et étrangers, femmes et hommes, choisis par les Ministères, sur proposition de l’Andra. Le Conseil scientifique émet des avis sur la stratégie, les programmes de recherche et les résultats présentés par l'Agence.
Communication L'agence déclare disposer d'un budget communication d'un peu plus d'1 million d'euros par an.
Activité de lobbying en France Pour l'année 2020, l'agence déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas .
Promotion des activités de l'agence L'ANDRA édite et diffuse un journal gratuit () ainsi que des contenus pédagogiques destinés aux enseignants.
Elle finance des vidéo-blogueurs (Simon Puech, Anonimal, David Sheik), l'entreprise Play Bac (2010 et 2017) et le journal Usbek & Rica (coproduction du média en ligne "Les Arpenteurs") afin de promouvoir le projet Cigéo.
Homologues étrangers
Allemagne DBE : Deutsche Gesellschaft zum Bau und Betrieb von Endlagern für Abfallstoffe mbH BfS : Bundesamt für Strahlenschutz Belgique ONDRAF : Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies. SCK-CEN : Centre d'étude de l'énergie nucléaire Canada SGDN : Société de gestion des déchets nucléaires (NWMO : Nuclear Waste Management Organization) OPG : Ontario Power Generation (principal producteur) Chine CNNC : China National Nuclear Corporation Corée KEPCO : Korean Electric Power Corporation KAERI : Korea Atomic Energy Research Institute Espagne ENRESA : Empresa Nacional de Residuos Radioactivos États-Unis US-DOE : US Department of Energy OCRWM : Office of Civilian Radioactive Waste Management Finlande POSIVA OY : Expertise on nuclear waste management Grande-Bretagne BNFL : British Nuclear Fuel Limited RWM : Radioactive Waste Management NWS : Nuclear Waste Services Italie ENEA : Ente per le Nuove tecnologie, l'Energia el'Ambiante Japon JNFL : Japan Nuclear Fuel Ltd. NUMO : Nuclear Waste Management Organization of Japan RWMC : Radioactive Waste Management funding and research Center Suède SKB : Svensk Kärnbränslehantering AB KASAM : Swedish National Council for Nuclear Waste Suisse Nationale Genossenschaft für die Lagerung radioaktiver Abfälle (société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs)
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Énergie nucléaire Déchet radioactif
Bibliographie
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Filmographie L'Histoire de l'Andra ou l'invention d'un métier, 20 min (DVD)