Le diocèse de Nantes (en latin : ) est une circonscription territoriale de l'Église catholique en France correspondant au département de la Loire-Atlantique.
Le diocèse de Nantes faisait partie de l'archidiocèse de Tours jusqu'en 2002. En 2003, les régions ecclésiastiques ont été remaniées de façon à mieux correspondre aux régions administratives. Le diocèse de Nantes fait donc maintenant partie de la nouvelle province ecclésiastique de Rennes qui regroupe les diocèses des régions Bretagne et Pays de la Loire.
C'est un des neuf évêchés de la Bretagne historique (symbolisés par les 9 bandes du drapeau breton appelé Gwen ha du) ; son territoire constituait le Pays nantais, lui-même correspondant approximativement à l'actuel département de la Loire-Atlantique.
La devise latine du diocèse de Nantes est « Oculi Omnium In Te Sperant Domine » : .
Laurent Percerou a été nommé évêque de Nantes le par le pape François, il a pris ses fonctions lors de la messe d'installation qui s'est déroulée le .
Histoire Sous l'Ancien Régime, le diocèse de Nantes correspondait grosso modo à l'ancien Pays nantais même si les limites ne correspondaient pas obligatoirement à celui-ci : certaines des paroisses du diocèse appartenaient à l'Anjou ou au Poitou, tandis que d'autres par contre, qui relevaient des diocèses de Luçon et du Mans (le Craonnais), faisaient partie de la Bretagne.
Antiquité L'évêché a probablement été fondé par saint Clair, premier évêque de Nantes au , qui a eu un rôle important dans l'évangélisation de la région, où Nantes, chef-lieu de la cité des Namnètes, et Rezé, ville importante de la cité des Pictons, sont à cette époque les deux foyers du christianisme. Le martyre des frères Donatien et Rogatien, les « Enfants nantais », fils d'un magistrat de la ville, marque l'arrivée du christianisme dans l'aristocratie locale et a constitué une forme de catalyseur. Autour des tombes de ces premiers chrétiens s'implantent, hors les murs, des nécropoles qui donneront naissance aux premières églises nantaises dédiées à saint Donatien et saint Similien. Donatien et Rogatien sont les saints patrons du diocèse.
Haut Moyen Âge À la fin du , la région passe sous domination franque. À l'époque mérovingienne, des ermitages et monastères sont fondés pour favoriser la conversion des campagnes : (Vertou, Montaigu, Besné, Indret…). À Rezé, la basilique des Champs Saint-Martin est d'une grande richesse ; au début du , Adelfius, évêque de Poitiers, s'y réfugie, chassé par les Wisigoths qui sont ariensLes Wisigoths sont cependant chassés de l'Aquitaine et donc de Poitiers dès le règne de Clovis (bataille de Vouillé)..
Le à Nantes est marqué par la personnalité de saint Félix, fils de l'évêque Eumerius, qui succède à son père de 549 à 582, membres d'une famille de l'aristocratie locale. Comme beaucoup d’évêques de l’époque mérovingienne, il assure en plus de son action religieuse des responsabilités publiques au sein de la ville. Ainsi, il fait creuser un nouveau chenal qui porte aujourd'hui son nom afin de permettre un meilleur accès et le développement du port de Nantes, il achève la construction de la nouvelle cathédrale, commencée par son père, qu'il consacre aux apôtres Pierre et Paul. Saint Félix est assez bien connu grâce aux lettres que lui a écrites l'évêque de Poitiers Venance Fortunat.
Dans l'ensemble, l'évêché et le comté de Nantes sont deux entités indépendantes l'une de l'autre. Cependant, au début du , l'évêque Agathée et son successeur Émilien, tous deux hommes de guerre, cumulent les deux fonctions.
Limites du diocèse au Au , les limites du diocèse sont différentes de celles d'aujourd'hui.
Selon la Chronique de Nantes, il s'arrête au sud à la Loire, la rive gauche du fleuve dépendant encore du diocèse de Poitiers.
Au nord, il est limité par la Vilaine et son affluent le Semnon qui la rejoint à Pléchâtel. Selon un autre texte contemporain relatif au prieuré de Béré, près de Châteaubriant, dépendant de l'abbaye de Marmoutier dans le diocèse de Tours, il est dit que « ecclesiœ subjacent omnes inter Cheram et Semenonensem fluvios consistentes Domino episcopo Quiriaco » (Dom Morice, Preuves, tome I, col. 417, fondation du prieuré de Béré vers 1062).
À l'est, l'évêché parait englober la ville et le territoire de CraonCraon, chef-lieu de canton du département de la Mayenne, faisait partie de l'Anjou avant la Révolution. La « Chronique de Nantes » indique en effet que le comte Lambert II abandonnant le comté de Nantes se réfugia à Craon, bourg qui dépendait de l'évêché. Sa sœur, l'abbesse Doda, y exerçait son autorité en raison du monastère de Saint-Clément de Nantes qu'elle gouvernait« Dimittens autem comitatum (Lambertus) fugit usque Credonem, tunc temporis Nannetici territorii vicum jure Sancti Clementis, civitatis Nanneticœ monasterio pertinentem, cui abbatissa, hujus Lamberti soror, nomine Doda prœsidebat » (Chronique de Nantes, édition Merlet, p. 29).
Normands et Bretons () L'évêché de Nantes est gravement touché par les invasions normandes : en 843, le jour de la fête de saint Jean Baptiste, l'évêque Gohard est massacré par des vikings avec ses paroissiens, alors qu'il célébrait la messe dans la cathédrale.
Un changement politique important a lieu peu après : la conquête par le chef breton Nominoë des comtés de Nantes et de Rennes, donc la formation de la Bretagne historique. En 851, le roi carolingien de Francie occidentale, Charles le Chauve, reconnaît à Erispoë, fils de Nominoë, la possession des territoires conquisCharles le Chauve reconnaît aussi le titre de roi à Erispoë, mais dans le cadre carolingien du royaume de Francie. La royauté bretonne disparaît après Salomon ; ensuite, on n'a plus affaire qu'à des ducs ou à des comtes de Bretagne., ainsi que du Pagus Ratiatensis, le pays de Retz (donc la ville de Rezé).
Dans le domaine religieux, le successeur d'Erispoë, Salomon, s'efforce de renforcer son pouvoir en séparant les évêchés bretons de leur métropole de Tours grâce à la création de l'archevêché de Dol. Mais ce changement n'est entériné ni par les évêques francs ni par le pape. Lors du concile de Soissons en 866, les prêtres et les évêques réunis reprochent aux Bretons d'avoir envahi l'évêché de Nantes et de ne point se soumettre à la suprématie religieuse de l'archevêque de Tours.
Après le règne de Salomon, les Normands qui continuent de sévir dans la région s'installent à Nantes (vers 880) et ne sont définitivement chassés qu'en 939, par le duc de Bretagne, Alain Barbetorte. Deux de ses fils lui succéderont, à la tête du duché : Gauthier , puis Guérech qui ajoute aux titres de comte de Nantes et de duc de Bretagne de 981 à 988, celui d'évêque élu (mais vraisemblablement non consacré).
L'évêché de Nantes dans la Bretagne ducale () vignette|L'ancien évêché de Nantes au moment de la Révolution.
L'évêque de Nantes est possesseur d'un certain nombre de droits et de propriétés dans la ville de Nantes et aux alentours. Par exemple, le lieudit Portechaise à Saint-Sébastien-sur-Loire correspond à un Portus cathedraticus (Port cathédral) qui était probablement sous le contrôle de l'évêché.
Du au au moins, l'évêché de Nantes est subdivisé en deux archidiaconés : l'archidiaconé de Nantes, comprenant les doyennés de Nantes, de Retz et de Clisson et l'archidiaconé de La Mée, comprenant les doyennés de Châteaubriant et de La Roche-Bernard.
La Révolution française
En 1790, l'Assemblée constituante crée les départements et les communes et, peu après, vote la Constitution civile du clergé qui, entre autres, aligne les limites des diocèses sur celles des départements. Ce n'est qu'en 1801 que par le Concordat avec Napoléon, le pape reconnaît ces changements.
Époque contemporaine Le , l'Église de France réorganisa l'archidiocèse de Tours en érigeant l'archidiocèse de Rennes. Une première initiative avortée avait déjà été prise en ce sens par l’Assemblée constituante. Ce nouvel archidiocèse de Rennes, comprend les quatre diocèses bretons suivants : le diocèse de Rennes, le diocèse de Quimper et Léon, le diocèse de Saint-Brieuc et le diocèse de Vannes. Les hommes d'Église (curés, prêtres et évêque) représentant les paroisses du département de la Loire-Inférieure, maintiennent leurs liens avec l'archidiocèse de Tours qu'ils conservent fidèlement depuis le tout début du Moyen Âge.
En 2003, l'Église de France décide de regrouper des diocèses et archidiocèses en fonction des regroupements régionaux. L'archidiocèse de Rennes regroupera l'ensemble des diocèses des régions Bretagne et Pays de la Loire.
Depuis 2014, le diocèse est jumelé avec l'archidiocèse de Parakou, au Bénin..
Abus sexuels
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Organisation Ancien Régime À la veille de Révolution, l'évêché de Nantes était divisé en deux archidiaconés respectivement divisés en six doyennés.
Archidiaconé de Nantes doyenné de Nantes (12 paroisses) doyenné d'Ancenis (32 paroisses) doyenné de Clisson (51 paroisses) doyenné de Retz (51 paroisses)
Archidiaconé de la Mée doyenné de Châteaubriant (51 paroisses) doyenné de La Roche-Bernard (53 paroisses)
Aujourd'hui Zones pastorales et paroisses :
Zone pastorale de Châteaubriant Paroisse Sainte Croix en Châteaubriant (10 clochers) Paroisse Saint Joseph du Don (10 clochers) Paroisse Saint Clair en Pays Nozéen (8 clochers) Paroisse Saint Guénolé en Pays de la Mée (6 clochers)
Zone pastorale du Sillon Paroisse Notre Dame de la Paix sur Isac (9 clochers) Paroisse Sainte Anne de Guémené de Plessé (7 clochers) Paroisse Saint Benoît d'Herbignac (4 clochers) Paroisse Sainte Croix de Montfort (6 clochers) Paroisse Saint Gildas des Sources (5 clochers) Paroisse Saint Martin du Sillon (8 clochers) Paroisse Saints Riowen et Méréal sur Vilaine (3 clochers)
Zone pastorale Erdre et Loire Paroisse Saint Benoît en Val de Loire (8 clochers) Nouvelle Alliance Hauts de l'Erdre (9 clochers) Paroisse Saint Pierre sur Loire (5 clochers) Paroisse Saint Martin du Val d'Erdre (6 clochers) Paroisse Sainte Marie en Pays d'Ancenis (5 clochers)
Zone pastorale Saint Nazaire Brière Paroisse Saint François en Saint-Nazaire (3 clochers) Paroisse Saint-Pierre des Eaux (5 clochers) Paroisse Notre-Dame de Loire et Brière (6 clochers)
Zone pastorale Presqu'île Guérandaise Paroisse Notre Dame et Sainte Thérèse de La Baule-Escoublac (3 clochers) Paroisse La Trinité d'Escoublac/Pornichet (3 clochers) Paroisse Notre Dame La Blanche de Guérande (3 clochers) Paroisse Sainte Anne du Pays Blanc (5 clochers) Paroisse Saint Yves de la Côte Sauvage (3 clochers)
Zone pastorale Nantes nord Paroisse Saint Pierre Saint Étienne sur Erdre (2 clochers) Paroisse Saint Jean d'Erdre et Gesvres (3 clochers) Paroisse Bienheureux Célestin et Michel en val de Cens (3 clochers) Paroisse Saint Luc de Bretagne (5 clochers) Paroisse Sainte Catherine du Petit Port (3 clochers)
Zone pastorale Nantes est Paroisse La Trinité de l'Éraudière (3 clochers) Paroisse Saint Joseph et Saint Georges (2 clochers) Paroisse Sainte Marie de Doulon (4 clochers) Paroisse Saint Matthieu sur Loire (3 clochers)
Zone pastorale Nantes centre Paroisse Notre-Dame de Nantes (3 clochers) Paroisse Saint Clément (1 clocher) Paroisse Saint Donatien (1 clocher) Paroisse des Saints Évêques de Nantes (3 clochers) Paroisse Sainte Madeleine de Nantes (1 clocher) Paroisse Saint Jean-Paul II (2 clochers) Ensemble paroissial Saint François de Sales - Sainte Elisabeth (2 clochers) Paroisse Saint François de Sales Paroisse Sainte Elisabeth
Zone pastorale Nantes ouest