Maurice Gabolde (né à Castres le , mort à Barcelone le ) est un magistrat et homme politique français.

Collaborateur, il fut garde des Sceaux pendant le régime de Vichy. Il fut condamné à mort par contumace le .

Biographie Il est le fils de Hermance Bourdil (1859-1943). et de Louis Gabolde (1856-1939), sous-inspecteur de l'administration de l'Enregistrement. Le couple avait eu deux autres enfants morts en bas âge en 1881 et 1883>. En 1905 la famille déménage à Paris et Maurice Gabolde poursuit ses études au Lycée Condorcet. De 1910 à 1913 il étudie en licence à la faculté de droit de Paris.

À partir de 1913, il effectue son service militaire quand débute la Première Guerre mondiale. Il est blessé le à Neuville-Saint-Vaast et doit être amputé d'une jambe. Il se marie le et aura un fils né en 1924.

Après avoir réussi le concours d'avocat, il devient rédacteur au ministère de la Justice avant d'être nommé substitut du procureur à Saint-Omer. En 1922-1923 il devient procureur à Lons-le-Saunier, puis en 1925 à Belfort. En 1927 il est substitut général à la cour d'appel de Lyon puis en 1929 avocat général. En 1934 il est nommé substitut général à la section financière de Paris.

Après avoir été procureur général à Chambéry en , il est nommé en 1940, au début du régime de Vichy, avocat général à la Cour suprême de justice de Riom., un tribunal d'exception créé par le maréchal Pétain pour juger les dirigeants de la Troisième République et les généraux, que le nouveau régime estimait responsables de la défaite..

En 1940, il adhère au Groupe Collaboration d'Alphonse de Châteaubriant.

À partir de , il est procureur de la République à Paris. À ce titre il est impliqué dans la loi d'exception voulue par Pierre Pucheu à l'occasion de l'assassinat de l'aspirant allemand Alfons Moser par Pierre Georges. C'est en effet lui qui rédige l' de la loi du réprimant l'activité communiste ou anarchiste :

Cette loi crée des sections spéciales dans chaque cour d’appel, chargée de prononcer, sans possibilité de recours, des peines capitales à l'encontre des communistes et des anarchistes. L' lui donne un effet rétroactif, ce qui signifie qu'elle concerne aussi des actes commis avant sa promulgation.

Du au , il est garde des Sceaux du gouvernement Laval, remplaçant Joseph Barthélemy qui a été écarté à la demande des pro-allemands. Il est surnommé « von Gabold »Christian Rossignol, « La législation « relative à l'enfance délinquante » : de la loi du 27 juillet 1942 à l'ordonnance du 2 février 1945, les étapes d'une dérive technocratique », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », , 2000, . ou « von Gabolde ». par ses collègues. Il enjoint aux tribunaux, sans grand résultats, de radicaliser la répression, reprochant par exemple dans une circulaire du la faible application de l’ du Code pénal qui permet la condamnation à mort, même sans indication de préméditation, des prévenus accusés d’avoir tué un agent de la force publiqueVirginie Sansico, « France, 1944 : maintien de l'ordre et exception judiciaire. Les cours martiales du régime de Vichy », Histoire@Politique, , novembre-décembre 2007, .. Il accompagne ensuite le gouvernement en exil à Sigmaringen, dans le Sud-Ouest de l'Allemagne. Il fait alors partie des « passifs »., ces ministres qui, comme Laval, abandonnent leur charge et refusent de participer à la délégation gouvernementale dirigée par Fernand de Brinon. Il s'enfuit en Espagne franquiste début avec Pierre Laval et Abel Bonnard. Il est interné quelques semaines au château de Montjuïc par les autorités espagnoles, puis est placé en résidence surveillée.

Il est condamné à mort par contumace par la Haute cour de justice de Paris le .

Il se fixe en Espagne où il exerce un temps la profession de subrécargue sur un cargo qui fait du cabotage le long des côtes puis il devient enseignant de français. À partir de 1967, à échéance du délai de prescription de la peine (20 ans après la date de condamnation), il recouvre ses droits à pensions civile et militaire de retraite française.

Il meurt à Barcelone en , à . Son fils, Christian Gabolde (1924-2023), conseiller de préfecture, deviendra membre du Conseil d'Etat. .

Dans le film Section spéciale (1975) de Costa-Gavras, son rôle est interprété par Jacques François.

Publications Il a rédigé divers ouvrages de droit, d'histoire et récits autobiographiques : Manuel des débits de boissons – Commentaire des lois du , , ; Manuel-dictionnaire des juges d'instruction ; Commentaire de la loi du sur les garanties de la liberté individuelle ; Le Crime mystique du théâtre des Célestins : Lyon 1851 - 1852 ; Écrits d'exil, contribution à l'histoire de la période 1939-1945, Éditions L'Harmattan, 2016, 594 ; Philibert Simond, contribution à l'histoire de la Révolution, Éditions L'Harmattan, 2013, 542 ; Les Carnets du sergent fourrier, souvenirs de la Grande Guerre, Éditions L'Harmattan, 2013, 323 ; Comment j'ai apporté la Savoie à la France, Éditions L'Harmattan, 2015, 345 .

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Ministre du régime de Vichy Catégorie:Collaborateur français pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Ministre français de la Justice Catégorie:Naissance en août 1891 Catégorie:Naissance à Castres Catégorie:Décès en janvier 1972 Catégorie:Exil français à Sigmaringen Catégorie:Décès à 80 ans Catégorie:Condamné à la peine de mort en France Catégorie:Personnalité politique du régime de Vichy condamnée Catégorie:Personnalité politique française incarcérée