Le château des Baux-de-Provence est un château fort en ruine et un important site touristique provençal des Baux-de-Provence, dans le département des Bouches-du-Rhône.

Historique Les guerres baussenques

Le château a été érigé au , pour les seigneurs de Baux. Durant les deux siècles qui suivent, les Baux furent un lieu important entre culture et politique de la Provence médiévale du fait de la puissance de la famille régnante, bien que souvent frappés par les guerres locales, notamment les guerres baussenques qui firent rage entre 1142 et 1162 pour la succession de Provence.

Le siège de Jean de Vienne

De 1372 à 1399, Raymond de Turenne, oncle d'Alix des Baux, est le véritable seigneur des lieux.

En 1393, pour tenter de mettre un terme à la guerre que menait le vicomte de Turenne, neveu de , contre le comté de Provence et la papauté d'Avignon, Marie de Blois, régente du royaume de Naples, réussit à circonvenir Jean de Vienne pour mettre le siège devant le château des Baux. aurait affirmé l’amiral. Le , il se présenta au pied de la forteresse baussenque avec ses de troupe, tandis que le sénéchal de Provence, Georges de Marle, était rappelé du Piémont pour mettre le siège devant Meyrargues et Saint-Paul-le-Fougassier, autres fiefs tenus par les hommes du vicomte de TurenneNoël Valois, qui n’avait pas à sa disposition les Archives Datini, proposait le . Georges de Marle était seigneur des Taillades et de Luc-en-Provence, baron de Cadarache et de Saint-Paul-le-Fougassier (Saint-Paul-lès-Durance). Il semble donc que des troupes de Turenne avaient investi ce dernier fief..

La ville d’Arles avait décidé de participer militairement au siège des Baux en envoyant vingt-cinq lances et vingt-cinq hommes de trait, des arbalétriers. Pour les solder, les syndics Auzias Raymondi, Bernard Quiquerani et Geoffroy Johannès avaient emprunté, au nom de la communauté arlésienne, d’or auprès des Juifs d’ArlesDans son Journal, l’Arlésien Bertrand Boysset note : .. Les États de Provence, réunis à Aix, le , mirent à prix la tête de Raymond de Turenne en promettant une prime de d’or à qui le ramènerait mort ou vif. Le , Marie de Blois délivra à Arles des lettres contenant quittance des que la communauté lui avait donnés . Le , la ville de Tarascon envoie cent nouveaux hommes d’armes au siège des Baux sous le commandement des capitaines Ferrier de Tarascon, Rosso de Johanfilhas, Jean Bernart et Auquier d’Argence. Mais le correspondant avignonnais de Francesco di Marco Datini constatait deux jours plus tard : . Une nouvelle missive envoyée à Prato, en date du informait R. Brun, Annales avignonnaises de 1382 à 1410 extraites des Archives Datini, Mémoires de l’Institut historique de Provence, 1935 à 1938..

À la mi-septembre, trois redoutes construites à Tarascon furent installées pour protéger les troupes assiégeant les Baux et empêcher tout secours à Raymond de Turenne. Les trois ordres, lors des États Généraux de Provence, n’avaient pourtant prévu que deux redoutes. L’information est donnée à Francesco di Marco Datini par son facteur avignonnais Nicolaio di Bonaccorso dans son courrier du : . Ces trois bastides furent érigées avec du bois fourni par la ville d’Avignon. Elles furent construites par dix maîtres charpentiers payés par Tarascon. Protégées par une cuirasse de peaux de bœufs, comme les béliers, ces bastides ou tours roulantes, d’une hauteur d’environ , étaient d’une utilisation hasardeuse sauf quand elles attaquaient en nombre.

Début octobre, le siège fut transformé en blocus. C’est ce qu’indique Nicolaio di Bonaccorso dans son courrier à Prato, daté du . Le même, dans une autre lettre adressée à Francesco di Marco Datini, envoyée d’Avignon le , modula son enthousiasme en considérant l’incompétence des assiégeants tandis que les Provençaux sont accablés d’impôts pour financer cette guerre. Enfin, le .

anathématise Raymond de Turenne

Le vicomte fit alors proclamer les noms du pape de Rome, , et de Ladislas de Duras, roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem, comte de Provence. La Cour pontificale d'Avignon répliqua le . Le pape d'Avignon jeta, sur Turenne et ses séides, l’anathème. Il traitait, dans sa bulle, Raymond de . Il le sommait de restituer les biens et les terres par lui usurpés et le convoquait au prochain consistoire avec ses complices comme .

Raymond de Turenne, en ravageant et en vidant les campagnes, en rançonnant les conseils de villes, les nobles, le clergé, les pouvoirs comtal et papal, grevait durablement les finances pontificales et celles des États du Comtat et de Provence. Marie de Blois obtint contre lui le soutien des trois ordres qui levèrent, de 1392 à 1394, puis de 1396 à 1397, des taxes nouvelles sur la farine, le sel puis sur toutes les autres denrées, excepté le pain et le vin. Sous le pontificat de Clément VII, les revenus annuels de son Église ont été pourtant estimés à environ d'or par an, soit de moins seulement que le budget dont disposait , qui était le plus considérable qu'aient eu les pontifes avignonnais. Une grande partie fut engloutie dans ses conflits avec Raymond de Turenne, à tel point que son successeur, , à court d'argent, demanda à Raymond de Cadoëne, abbé général de l'abbaye de Cluny, d'imposer son ordre de tant pour pallier la défection du royaume de France que pour continuer à lutter militairement contre le vicomte.

Boucicaut épouse Antoinette de Turenne vignette|Messe de mariage d'Antoinette de Turenne et du Maréchal Boucicaut.

Raymond de Turenne fut sauvé par la cour de France. Le Conseil du roi, qui n'avait pas meilleur allié en Provence que les Roger de Beaufort, famille du vicomte, décida que le maréchal Boucicaut ferait un excellent époux pour Antoinette, la fille unique de Raymond, âgée alors d’environ dix-sept ans. Le mariage, en dépit de l'opposition pontificale, fut célébré par Bernard Trévenq, vicaire, dans la citadelle des Baux, le . La cérémonie eut lieu dans la chapelle castrale des BauxAlors dédiée à Sainte-Marie-des-Fontaines, ce lieu de culte fut placé au sous l’invocation de sainte Catherine..

Le contrat de mariage fut rédigé le même jour par le notaire apostolique Pierre Morgant, diacre d’Orléans, et Jean Fressat, notaire public. Raymond de Turenne se réservait, à la mort de son père, de pouvoir échanger les fiefs attribués en dot contre le comté de Beaufort. En cas de mort de Boucicaut avant son épouse ou de mariage stérile, la dot retournerait aux Roger de Beaufort. Lors de son mariage, Antoinette déclara renoncer à tout autre droit sur l’héritage paternel. Quant à la rente délivrée par Boucicaut à son épouse, Raymond s’en remettait au roi et à ses oncles . Le maréchal Boucicaut recevait en dot le comté d’Alès, la baronnie d’Anduze, les fiefs de Portes-Bertrand et de Saint-Étienne-de-Valfrancesque. Le gendre du vicomte affirma être prêt à soutenir la querelle de son beau-père et même à lui céder son château de Boulbon à la date du . De plus, il promettait que ses héritiers mâles porteraient sur leur écu les armes de Turenne écartelées des siennes. La nouvelle se répandit jusqu’en Italie, puisqu'une lettre datée du et conservée à Prato, aux Archives Datini, indique : .

Rattachement au comté de Provence

En 1426, les Baux sont rattachés au comté de Provence, avant que celui-ci ne soit définitivement rattaché au royaume de France en 1486. En 1528, le château est administré par le connétable de Montmorency. De 1562 à 1598, il est à nouveau touché par les guerres de Religion. Il est finalement démantelé en 1632 et sombre dans l'oubli.

Description

Le site des Baux a connu une occupation humaine permanente. Il a été camp refuge dès le Néolithique et place forte à l'âge du fer. Le Moyen Âge et la Renaissance y ont laissé des éléments architecturaux exceptionnels.

Le château fort semi-troglodytique, situé sur une barre rocheuse du flanc sud du massif des Alpilles dominant le village, est l’un des plus anciens établissements féodaux d’Europe (le castrum Balcium est mentionné dès 975). Vraisemblablement des , , la forteresse est munie d'un donjon rectangulaire du qui est la partie la mieux conservée. Le logis comporte des salles troglodytiques taillées dans le roc. Il est entouré des tours « Sarrazine », « Paravelle » et de la « tour des Bannes » (« Cornes » en provençal). Il existe également les vestiges d'une chapelle et d'une vaste enceinte extérieure. Les fouilles archéologiques permettent de mieux présenter et restaurer ce haut lieu de l'histoire. Les travaux ont commencé dans le secteur nord où les reconnaissances archéologiques ont été engagées depuis . Ils se sont poursuivis par le dégagement de la zone médiane du Terras et du château des Grimaldi.

Les travaux de remise en état de l'hôpital des Baux, dit de Quiqueran, constituent une anticipation sur les interventions au sud. Il présente un intérêt de tout premier ordre qui est à la fois architectural et historique. Avec celui de Brignoles (Var), l'hôpital des baux est un des rares exemples d'architecture hospitalière de la Renaissance en Provence..

L'enceinte, les restes de ses murs et de ses dépendances, ses tours, la tour des Bannes, la tour Sarrazine, la tour Parravelle et les autres tours voisines, le donjon, ses bâtiments contigus et l'ancienne chapelle Sainte-Catherine ont été classés monument historique en 1875 par liste puis par arrêté du .

Les machines de siège médiévales

Des reconstitutions d'engins de siège médiévaux sont exposées sur le site : un trébuchet, une baliste (ou catapulte), un bélier, une bricole et un couillard. Ces machines effectuent tous les jours des démonstrations de tir avec de véritables projectiles.

Le panorama Le site du château des Baux offre également un superbe panorama typiquement provençal : les oliveraies, la garrigue, les Alpilles, les villages alentour (Maussane-les-Alpilles, Le Paradou). Par temps clair, la vue s'étend jusqu'à la mer Méditerranée.

Dans la littérature

Poésie

Louise Colet évoque le château dans le poème Les Baux du recueil Fleurs du Midi (1835).

Notes et références

Annexes

Bibliographie

L.Barthélemy, Inventaire du château des Baux, Revue des sociétés savantes, , T. VI, 1877. L. Barthélemy, Inventaire chronologique et analytique des chartes de la maison des Baux, Marseille, 1882. L. Paulet, Les Baux et Castillon : Histoire des communes des Baux, du Paradou, de Maussane et de Mouriès, Saint-Rémy de Provence, 1902. P. Destandau, Documents inédits sur la ville des Baux, T. III, Mémoires de l’Académie du Vaucluse, 1903. Gustave Noblemaire, Histoire de la Maison des Baux, Paris, 1913. Fernand Benoit, Les Baux, Paris, 1928. O. Maufras, Le castrum des Baux de Provence : histoire d’un site fortifié médiéval, Provence Historique, 40, fasc. 159, 1990. Régis Veydarier, Raymond de Turenne dans l'historiographie provençale : une mythe national ? dans Évènement, identité et histoire (Cl. Dolan), Sillery, 1991. Régis Veydarier, Raymond de Turenne, la deuxième maison d’Anjou et de Provence : étude d’une rébellion nobiliaire à la fin du Moyen Âge, thèse de l’Université de Montréal (Québec)1994. .

.

Articles connexes

Les Baux-de-Provence Liste des seigneurs des Baux Chapelle Saint-Blaise des Baux-de-Provence

Liens externes

Site du Château des Baux-de-Provence. Le château des Baux de Provence sur le site Patrimages de la DRAC PACA.

Catégorie:Les Baux-de-Provence Baux Catégorie:Famille des Baux Catégorie:Monument historique aux Baux-de-Provence Catégorie:Monument historique dans les Alpilles Catégorie:Monument historique classé en 1904 Catégorie:Habitat troglodytique Baux