L'église Saint-Médard est située au rue Mouffetard à Paris dans le , sur la rive gauche de la Seine, au sud-est de la montagne Sainte-Geneviève.
Édifiée du , elle est l'église paroissiale des fidèles d'une partie du , quartier du Jardin-des-Plantes et partiellement quartier du Val-de-Grâce, ainsi que d'une partie du , parties des quartiers Croulebarbe et de la Salpêtrière.
Depuis la séparation des Églises et de l'État de 1905, elle est la propriété de la Ville de Paris et affectée (droit d'usage exclusif et gratuit) au culte catholique.
Présentation Bâtie avant 1905, l'église Saint-Médard appartient à la Ville de Paris, comme la plupart des œuvres d'art qu'elle renferme, excepté par exemple le Chemin de Croix peint au milieu des années 1930, qui appartient au Diocèse de Paris.
L'église est dédiée à saint Médard de Noyon (456-545), évêque de Noyon.
Historique Le faubourg Saint-Marceau thumb|left|155px|Panneau Histoire de Paris situé devant l'église Saint-Médard. L'église Saint-Médard a été construite dans le quartier qui portait jusqu'à la Révolution le nom de faubourg Saint-MarceauM. Brongniart, La paroisse Saint Médard au faubourg Saint-Marceau, Paris, 1951. et dans lequel plusieurs églises situées autrefois à proximité ont totalement disparuMarquis de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris par arrondissements, Paris, 1910 pendant la tourmente révolutionnaire et avec les transformations de Paris sous le Second Empire : l'église Saint-Martin, autrefois rue de la Collégiale, construite en 1158 et détruite en 1790, l'église Saint-Marcel ou collégiale Saint-Marcel (à ne pas confondre avec l'église Saint-Marcel reconstruite boulevard de l'Hôpital au et à nouveau au ) construite aux à proximité d'un cimetière gallo-romain boulevard Saint-Marcel, et qui fut détruite lors du percement du boulevard Saint Marcel. la chapelle Saint-Clément que la tradition retient comme lieu du concile de Paris de 361Sur le Concile de Paris et les textes qui y furent adoptés voir Jean Gaudemet, Conciles gaulois du Sources chrétiennes 241, Le Cerf, Paris, 1977, ., l'église Saint-Hippolyte au bas du boulevard Arago (à ne pas confondre avec l'église Saint-Hippolyte de la porte de Choisy) détruite en 1807Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, .
La chapelle Saint-Médard initiale À l'époque mérovingienne, des tombes chrétiennes sont déjà réunies à quelques mètres des murs de l'église actuelle, comme l'ont montré des fouilles réalisées au 43 rue Daubenton. Un cimetière chrétien et sans doute déjà un oratoire, selon l'usage de l'époque, existent donc déjà au ou . Dès le , après les invasions normandes, une chapelle dédiée à saint Médard aurait été construite le long d'une voie romaine qui menait de Lutèce à Lyon au point du franchissement de la Bièvre. L'existence d'une église et d’une paroisse rattachées au domaine de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris est attestée en 1163 dans une bulle du pape Alexandre III.
Du thumb|left|195px|Église Saint-Médard sur le plan de Truschet et Hoyau (v. 1550). thumb|left|200px|Vue de l'église Saint-Médard avec au loin le château de Bicêtre, dessin de Philippe de Champaigne de 1656. thumb|Portes murées rue Daubenton. thumb|left|200px|Buste François de Pâris.
L'église actuelle a été édifiée du début ou du milieu du .
Au , la construction est interrompue par les guerres de Religion et particulièrement, en , par le Tumulte de Saint-Médard, une dispute entre protestants et catholiques qui entraîne le saccage de l'église par les protestantsPanneau Histoire de Paris devant l'église..
Au , alors qu'elle dépendait jusque-là du seul abbé de Sainte-Geneviève, la paroisse est placée, en 1655, sous la juridiction directe de l’archevêque de Paris. Elle reste confiée à des curés-prieurs, religieux de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (ou génovéfains) jusqu'à la Révolution française. La paroisse, proche de Port-Royal, est fréquentée par de nombreux jansénistes, dont Pierre Nicole inhumé dans l'église, Blaise Pascal et le diacre François de Pâris.
Au , les convulsionnaires se réunissent, à partir de 1727, sur la tombe du diacre François de Pâris située dans le petit cimetière du chevet de l'église pour y rechercher des transes mystiques, des guérisons et toutes sortes de miracles ; le Roi décide, en 1732, d'en faire interdire l'accès ; un inconnu malicieux pose une affichette sur la palissade fermant le cimetière, avec ces mots : « De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu » (on peut toujours voir des portes murées à l'angle de la rue Daubenton et de la rue de Candolle cependant il semble que ce n'était pas celle du cimetière qui était situé au sud de l'église).
La paroisse est un lieu de forte résistance à la bulle Unigenitus publiée en 1713 et en particulier à partir de avec la question des billets de confession (voir Christophe de Beaumont).
L'église est embellie, notamment en 1784 par Louis François Petit-Radel qui fut l’architecte de la chapelle de la Vierge et du presbytère qui jouxte l'église.
Durant la Révolution, l'église est fermée et le culte aboli en . Elle est rouverte par un décret de la Convention de . La paroisse partage son église avec les théophilanthropes et avec le culte décadaire ; elle s'appellera Temple du Travail pendant dix mois.
Les transformations des Au , des personnalités du Muséum national d'histoire naturelle (Jussieu (1803), Geoffroy Saint-Hilaire (1826) prennent part à la vie de la paroisse dans son conseil de fabrique. Sœur Rosalie Rendu (béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003), responsable de la maison des Filles de la Charité de la rue de l'Épée-de-Bois, est reconnue pour son dévouement vis-à-vis des malades, des pauvres et... des émeutiers de juillet 1830 et de février 1848. C'est à sœur Rosalie que les fondateurs de la Société de Saint-Vincent-de-Paul s'adresseront pour organiser leurs actions de Charité (citons en particulier Frédéric Ozanam, béatifié par le pape Jean-Paul II en 1997 lors des Journées mondiales de la jeunesse)cfr. Gérard Cholvy Frédéric Ozanam L'engagement d'un intellectuel catholique au , Fayard, Paris, 2003.
À cette époque, de nombreux aménagements intérieurs et extérieurs sont entrepris dans l'église ; le grand cimetière sud est transformé en square (square Saint-Médard).
En 1901, la chapelle des Catéchismes est édifiée sur l'emplacement de l'ancien cimetière où fut enterré le diacre Pâris. En 1906, l'église est classée au titre des monuments historiques. Des transformations intérieures ont lieu en 1960 ; l'église est ravalée en 1974.
Réaménagements et restaurations du Généralités En 2011, sous l’impulsion du père Emmanuel Boudet, curé, un réaménagement liturgique a rétabli un autel en pierre dans le chœur de l'église. Celui-ci a été dédicacé par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le .
Le , à l'occasion de la réinstallation des quatorze stations du chemin de croix après restauration, cette œuvre originale retrouvant les murs de son église au début du Carême 2025, un concert inaugural a lieu dans l'église en présence de paroissiens, donateurs et amis des Chantiers du Cardinal, qui ont pu écouter Via Crucis de Franz Liszt et Cœur admirable de Jean Galard..
Restauration minutieuse du Chemin de Croix La restauratrice Julie Chanut explique que les peintures, bien que stables, souffraient « de nombreux réseaux de craquelures larges, d'un vernis épais, très oxydé et hétérogène, d'un important encrassement, d'éclaboussures et de quelques moisissures aboutissant à une présentation et une lisibilité très dégradées ». La restauration entreprise est financée en totalité par les Chantiers du Cardinal, car elle est lauréate du Grand Prix Pèlerin du Patrimoine 2023.
Chacune des quatorze stations a nécessité plusieurs jours de travail. Outre les peintures proprement dites, les cadres ont également été traités : retrait des dépôts de cire de bougie et des salissures d'insectes, effacement des ruissellements calcaires puis application d'huile de lin pour renourrir le bois. Enfin, les plaques de plomb, présentes au dos de chaque tableau, ont été décrassées et débarrassées de leurs produits de corrosion.
Description thumb|Plan de l'église.|250x250px Plan Le plan de l'église dépourvue de transept reflète son histoire avec trois ensembles homogènes :
- la nef et la façade occidentale (celle-ci mutilée aux et s et ses parties basses totalement modifiées) sont estimées du début ou du milieu du . L'architecte a dû raccourcir les trois dernières travées occidentales.
- le chœur date de la période 1562-1620.
- la chapelle axiale de la Vierge a été construite en 1784.
Extérieur L'extérieur de l'église a été partiellement dégagé des maisons en 1868-1869.
Sur sa façade sud-est est gravé un cadran solaire.
Intérieur La nef gothique flamboyante a été construite au début ou au milieu du . Au centre des voûtes d'ogives quadripartites se voient cinq clés imagées.
Le chœur est plus large et plus haut, il a été commencé en 1550 et achevé en 1632. Il a été recouvert en 1622 d'une voûte en bois (faute de fonds pour construire une voûte de pierre) qui est toujours en place, de façon unique à Paris.
Nefs et collatéraux
Chœur et autel
Déambulatoire
Les remaniements se manifestent particulièrement au niveau de chapiteaux illustrant le gothique, la Renaissance et le classique.
Patrimoine artistique et mémoriel de l'église Saint-Médard L'église est ornée de nombreuses œuvres d'art. Plus d'une centaine sont classées Monument historique.
Description en partant du collatéral Nord (en bas de la nef, à gauche) :
Chapelle des fonts baptismaux Jésus chassant les marchands hors du Temple, peint à Rome, en 1727-1728, par le jeune Charles-Joseph Natoire au plafond, un Baptême du Christ, peint au début du par Charles de La Fosse ou par Louis Fosse. Plaque commémorative du baptême de Marin Marais.
Chapelle Saint-Jean-Baptiste (ou des Morts) Baptême du Christ (avec inscription portée sur la bordure de la robe de l'ange : donné par Jean Boutet, 1685, cette inscription rappelant que ce tableau est un don de Jean Boutet, marchand-tanneur et marguillier comptable de la fabrique).
Chapelle Saint-Joseph Saint Paul et saint Barnabé à Lystra, signé Caze (un des fils de Pierre-Jean Cazes ?), au milieu du .
Chapelle Sainte Anne L'Éducation de la Vierge ; Le Christ Enfant entre la Vierge et saint Joseph, soit deux tableaux de l'École française du
La Religion invitant à ses saints mystères, toile de Charles-Michel-Ange Challe, commandée par Jean de Jullienne (avant 1766).
Chapelle Sainte Geneviève Sainte Geneviève gardant ses moutons, toile considérée longtemps comme une œuvre de Watteau, mais actuellement attribuée à Charles-Dominique-Joseph Eisen (exposée au Salon de 1764).
Chapelle axiale de la Vierge le Mariage de la Vierge, peint en 1824 par Alexandre-François Caminade Saint-Médard couronnant sa sœur, première rosière, peint en 1837 par Louis Dupré.
Chapelle de la Trinité La Sainte Trinité, école française, vers 1612. Donnée par Pierre Thévenin, marchand de vin, bourgeois de Paris, demeurant grand'rue Mouffetard, et Anne Cramoisy, sa femme ; Le Chemin de croix a été peint entre 1935 et 1936 par Simone Lorimy-Delarozière, Simone Latron-FlandrinSimone Latron-Flandrin, belle-sœur de Marthe Flandrin, a obtenu le prix de Rome de gravure en 1930. et Marthe Flandrin. Ce sont quatorze peintures à l'huite réalisées à la brosse large sur des panneaux de contreplaqué, après découpeLes trois artistes, trentenaires à l'époque, issues du mouvement du Renouveau de l'Art Sacré du début du , se sont partagé le travail en veillant à l'homogénéité des différentes stations. Accrochés en 1936 dans l'église, tous les tableaux sont signés, certains sont datés.. ; Saint-Antoine-de-Padoue sculpture de Marthe Baumel-Schwenck.
Chapelle de l'Annonciation