Marie Albert Hyacinthe Viger, né le Acte n°74, registre des naissances 1843-1852 de la commune de Jargeau à Jargeau (Loiret) et mort le Acte n°38, registre des décès de 1926 de Châteauneuf-sur-Loire à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret), est un médecin et homme politique français.

Biographie Fils d'Eugène Viger, médecin à Jargeau, et de Mélanie Euphrosine Berland, Albert Viger nait à Jargeau. Après avoir fait ses premières études chez un de ses oncles, l'abbé Berland, curé de Beaugency, il est reçu bachelier es-sciences à 16 ans et bachelier es-lettres à 17 ansArticle en une du n° de décembre 1885 du journal Le parlement illustré, puis il est interne à l'Hôtel-Dieu d'Orléans pendant qu'il prépare son doctorat en médecine à la faculté de ParisBio-bibliographie du Loiret, Charles Cuissard, Bibliohèque d'Orléans, 1900. Il devient à son tour docteurDans l'Abeille médicale du 1 janvier 1867, rubrique Proclamation des prix à la séance de clôture de la Faculté, on peut lire :

Quatrième classe (mentions honorables) M. Viger (Marie-Albert-Hyacinthe), né à Jargeau le 19 octobre 1843. Considérations sur les maladies générales. en médecine en 1867 à Paris.

Le 16 mai 1868, il épouseRegistre des mariages, p. 55/126, acte n°2 Marie Mathilde Laberthe à Saint-Jean-le-Blanc. Leur fille, Eugénie Fernande Thérèse naîtra le 10 novembre 1880 à Châteauneuf-sur-LoireRegistre des naissances 1873-1882, p. 193/236, acte n° 59.

Il s'installe comme médecin à Châteauneuf-sur-Loire en 1868, en vertu d'une dispense d'âge ; il habite d'abord rue des Juifs (devenue rue Migneron) avant de faire construire en 1875-1876Journal de Gien du 13 décembre 1984, article de Gaston Pouillot la villa FernandeLes publications des comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France et de la Société royale et centrale d'agriculture indiquent comme adresses d'Albert Viger : villa Fernande à Châteauneuf-sur-Loire et rue des Saints-Pères, 55 (VIe)., sise 1 rue du GâtinaisRegistres de recensements de Châteauneuf-sur-Loire en 1876, 1881, 1886, 1891, 1896, 1901, 1906, 1911 ; l'une des pièces de cette maison est appelée la « pharmacie » car c'est là que Marie-Mathilde prépare les médicaments prescrits par le docteur Viger ; il y exerce comme médecin pendant vingt ansLa profession indiquée dans les registres de recensement de 1876, 1881 et 1891 est « docteur en médecine » ; par la suite, elle sera en rapport avec ses mandats politiques.

Il meurt le 8 juillet 1926 à Châteauneuf-sur-Loire et est inhumé au grand cimetière d'Orléans.

Engagements et carrière politique

Guerre franco-allemande de 1870 Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il est médecin dans l'armée de la Loire ; il offre ses soins gratuitement dans les ambulances communales et particulièresJournal pour servir à l'histoire de l'invasion allemande dans l'Orléanais, canton de Châteauneuf, par G.B ingénieur civil, 1872. Par arrêté du 2 décembre 1870, le préfet nomme dans l'état-major de la garde nationale de l'arrondissement d'Orléans, 2e bataillon, Chirurgien aide-major ayant rang de capitaine ; M. Viger (Albert) docteur en médecine à Châteauneuf-sur-LoireJournal du Loiret, 4 décembre 1870. En tant que médecin-chef des ambulances de la ville de Châteauneuf-sur-Loire, il soigne de nombreux soldats blessés et maladesLes 100 de 1870, p. 63, brochure du Souvenir Français jointe à la revue n° 521 de janvier 2021..

Spécialement chargé du service de communication avec l'armée de la Loire, Albert Viger établit un service d'information qui est très utile au corps d'armée du général Martin des PallièresArticle pour présenter les membres du gouvernement, Le petit colon algérien, jeudi 7 novembre 1895. Il organise, entre Châteauneuf et Argent, sur un parcours de 60 km, un service d'informations à l'aide de cantonniers. Le jour de la bataille de Coulmiers, quand Martin des Pallières opère son mouvement sur Orléans, il n'hésite pas à s'engager, en compagnie de M. Cloutier, conducteur des Ponts-et-Chaussées, à travers les lignes bavaroises, pour informer le général en chef d'Aurelles de Paladines, de la marche de son divisionnaire. Les deux messagers seront reçus par le général Chanzy.

Carrière politique Albert Viger effectue sa carrière politique sous la troisième RépubliqueSa carrière politique (présentée ci-dessous) est résumée dans l'hommage rendu lors de la séance du 01 septembre 1926, dans Rapports et délibérations du Conseil général du Loiret.

Maire Il est maire de Châteauneuf-sur-Loire :

du 18 mai 1884 au 1er mai 1896 ; du 4 janvier 1897 au 22 décembre 1901Bulletin municipal n°2 de 1969..

Conseiller général Il est élu conseiller général, pour le canton de Châteauneuf-sur-Loire, au Conseil Général du Loiret le 1er août 1886 ; il en assure la présidence en alternance avec M. Georges Cochery jusqu'en 1914 puis seul de 1914 à 1925.

Député Il se présente aux élections législatives de 1885 sur la liste opportunistes du Loiret et devient député du Loiret le 18 octobre 1885. Il est réélu sous l'étiquette radical en 1889, 1893 et 1898 dans la deuxième circonscription législative d'OrléansLa chambre des députés (1898-1902) : biographie des 581 députés, Alphonse Bertrand, éditions L. Henry May, pages 254 à 256.. Il conserve un mandat de député jusqu'au . Deux lois sont connues sous l'appellation loi Viger :

la loi des 9 juillet 1889 et 25 juillet 1893 sur les dépenses ordinaires de l'instruction primaire publique et le traitement des instituteursLa revue pédagogique, tome XXII, n° 9 du 15 septembre 1983, p. 194 et suivantes ; la loi du 5 août 1920 qui permet de fédérer les caisses locales en caisses régionales du Crédit AgricoleLe Crédit Agricole, José-Pierre Henry, collection Que sais-je, 1986.

Sénateur Il est élu sénateur du Loiret le 28 octobre 1900 et le 7 janvier 1906 ; son mandat prend fin le 10 janvier 1920.

Ministre Il appartient à plusieurs gouvernements en qualité de Ministre de l'Agriculture : le dans le gouvernement Ribot II ; le 4 avril 1893 dans le gouvernement Dupuy I ; le 3 décembre 1893 dans le gouvernement Casimir-Perier ; le 30 mai 1894 dans le gouvernement Dupuy II ; le 27 janvier 1895 dans le gouvernement Ribot III ; le dans le gouvernement Bourgeois ; le 28 janvier 1898 dans le gouvernement Brisson II ; le 3 novembre 1898 dans le gouvernement Dupuy V.

Activités au sein de diverses sociétés 1- Franc-maçon, il appartient à la loge Les adeptes de Montyon d'Orléans au sein de laquelle il est très actifRevue mensuelle, religieuse, politique, scientifique ; complément à la publication Le diable au XIXe siècle. Année 2, n°24, 1895/2, p. 707. Il est initié le 7 janvier 1870, devient compagnon le 23 juillet, puis maître le 23 juillet 1871 (son diplôme est daté du 1er septembre 1871)Mention n°13 500 du livre d'annotations par le chef du secrétariat du Grand Orient de France. Il travaille à installer les associations maçonniques et, le 20 juillet 1884, il devient orateur par 22 voix contre 15 à HalmagrandLa franc-maçonnerie orléanaise, article de Jacques Bonnet, bulletin n°57, t VIII, Société Archéologique et Historique de l'Orléanais.

2- Il appartient à différentes sociétés horticoles :

La Société Nationale d'Horticulture de France dont il est président de 1896D'après le bulletin 1894-1896 de la Société d'Horticulture d'Orléans et du Loiret , il prend ses fonctions le 12 novembre 1896 à 1925. La Fédération nationale des sociétés d'horticulture et des associations horticoles de FranceLes almanachs de 1920, 1921 et 1922 le mentionnent comme président.. La société des amis des roses dont il devient président d'honneur ; en 1897, il organise à Orléans le premier Congrès international de la rose.

3- Il est membre d'honneur de différentes sociétés :

Lors de la séance du 2 juin 1895, il est nommé président d'honneur de la SHOL (Société d'Horticulture d'Orléans et du Loiret) en raison des services rendus à l'horticulture orléanaise et à cette sociétébulletin de la SHOL 1894-1896. Au congrès de la Société pomologique de France de 1904, il est élu président d'honneur de cette sociétébulletin SHOL 1903-1905. Il est membre d'honneur de la Massachussetts Horticultural Societyalmanach de cette société, année 1920.

Pour lui rendre hommage, un lilas, Président VigerPublication The Lilac (Syringa vulgaris) de W.E. Marshall & Co, NewYork, 1924, p. 9 est créé. Il figure notamment dans le catalogue Lemoine n°146 de 1900 : « Fleurs lilas bleuâtre teinté de mauve, énormes thryses bifurqués ».

Furent également crées de nouvelles variétés dédiées à lui-même ou à sa famille : rose Madame Vigerrevue horticole 1899 p. 495 pour laquelle son créateur, M. Jupeau, a obtenu le premier prix ; pelargonium Mademoiselle Fernande VigerRevue horticole 1900, p. 295 ; rhododendrons Fernande VigerRevue horticole 1900, p. 311 et Madame Albert VigerRevue horticole 1900, p. 366 ; nymphéa Président VigerRevue horticole 1900, p. 475 ; dalhia Président VigerRevue horticole 1900, p. 548 ; poirier Ministre VigerRevue horticole 1900, p. 615.

4- À sa mort, en 1926, il est président d'honneur de la société des Sauveteurs médaillés du LoiretAvis d'obsèque paru dans Le Journal du Loiret du 11 juillet 1926.

Activités mutualistes Si Jules Méline a posé les fondations du Crédit Agricole, Albert Viger en a largement construit l'organisation en 1899 en créant les caisses régionales. En 1894, alors qu'il était ministre de l'Agriculture, il participe à la mise en place des caisses locales de crédit agricole, destinées à faciliter l'accès des agriculteurs au crédit. Mais surtout, en 1899, devenu à nouveau ministre de l'Agriculture, il fait adopter une loi qui permet la création des caisses régionales ; celles-ci fédèrent les caisses locales et permettent de mieux répartir les avances de l'État. Il est donc un architecte essentiel de l'organisation mutualiste du Crédit Agricole140 ans, 1885-2025 : histoire du Crédit Agricole ; Crédit Agricole 2025. La loi du 5 août 1920 institue la création de l'office national du Crédit Agricole ; Albert Viger en est le premier présidentLe Crédit Agricole, José-Pierre Henry, Que sais-je ? 1986. Cet office prend en 1926 le nom de caisse nationale du Crédit Agricole.

Il préside la confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles de 1910 à 1926.

Articles et publications

Collaboration à des journaux ou revues Il collabore à différents journaux républicains comme L'Avenir, le Républicain de Gien, le Républicain orléanaisDictionnaire international des écrivains du jour, T. 3, A. de Gubernatis, 1886-1891, p. 1892.

Publications (Écrits et discours publiés) Considérations sur les maladies générales : thèse pour le doctorat de médecine. Éditions A. Parent, 1867. Influence de l'instruction sur la santé physique et mentale de l'ouvrier, 1873. Éloge de Franklin, discours prononcé à la fête d'ordre du 5 juillet 1874, de la loge les « Émules de Montyon »; Orient d'Orléans. Imprimerie A. Parent. 1874. Proposition de loi tendant à modifier le tableau A en ce qui concerne les droits à percevoir sur les alccols provenant de l'étranger, présentée par M. Viger, imprimerie A. Quentin, 1886. Étude sur la question ovine en Algérie, imprimerie Mont Louis (Clermont Ferrand), 1892. Discours prononcé par M. Viger, ministre de l'Agriculture, à Pithiviers à l'occasion de l'inauguration de la statue de Duhamel du Monceau, extrait du J.O. du 3 octobre 1893, imprimerie des Journaux Officiels, 1893. Leçons de choses faites au concours régional agricole d'Orléans en 1894, sous la direction de M. Ernest Menault, précédé du discours de M. Viger (sur les progrès de la zootechnie), Imprimerie orléanaise, 1894. Deux années au ministère de l'Agriculture : 11 janvier 1883-27 janvier 1895,t éditions G. Masson, 1895. La République et ses actes, discours prononcé le 14 juillet 1895 à Châteauneuf-sur-Loire, Comité de propagande républicaine, imprimerie orléanaise, 1895.