Gontran (dit aussi saint GontranCertains auteurs ont pu utiliser la forme impropre de que l'on ne trouve dans aucune sources médiévales. Exemples : Arnaud de Maurepas, Hervé Robert, Pierre Thibault, Les Grands Hommes d'État de l'histoire de France, FeniXX, 525 pages, (lire en ligne) ou encore Georges Cerbelaud-Salagnac, Histoire du Limousin : province-clé d'Aquitaine, France-Empire, 1996, .), né entre 532 et 534 à Soissons et mort le ou 593 à Chalon-sur-Saône, est un roi Mérovingien, d'abord roi d'Orléans puis roi de Burgondie (Bourgogne) (561 - 592/593). C'est aussi un saint pour l'Église catholique du .

Il est le fils du roi Clotaire Ier et de la reine Ingonde, et petit-fils du roi Clovis Ier.

Biographie Gontran aurait pour signification étymologique « Corbeau de bataille », Gunth Chramn en vieux francique, venant de Gunth (bataille) et Chramn (corbeau)Bruno Dumézil, La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, 9 ; Laurence Charlotte Feffer et Patrick Périn, Les Francs Tome 2 : À l'origine de la France, Armand Collin Éditeur, Paris, 1987, 130..

Il serait né entre 532 et 534, et mort le à Chalon-sur-Saône. L'année exacte de sa mort reste incertaine. L'archéologue Margarete Weidemann indique qu'il pourrait être décédé en l'an 592M. Weidemann, « Zur Chronologie der Merowinger im 6 ». Jahrhundert, Francia, 10 (1982), page 487... Les historiens Karl August Eckhardt et Martin Schmitt mentionnent respectivement l'année 593. et l'année 594.. Enfin, Gabriel Monod soutient qu'il est impossible de déterminer entre les années 592 et 593..

Fils de Clotaire , roi du peuple des Francs saliens, et d'Ingonde, il hérite du royaume de Burgondie après la mort de son père en 561.. À cette époque, les frontières de son royaume sont élargies au nord jusqu'à Melun ainsi qu'Orléans, Arles, Marseille et l'on commence à l'appeler la Bourgogne.

Le roi Gontran s'installe d'abord à Orléans, puis à Chalon-sur-Saône. Il doit défendre le royaume contre d’autres peuples germaniques, ceux que César appelaient barbares, et tente sans succès de réconcilier ses deux frères Sigebert et Chilpéric. Chilpéric est réputé si violent que Grégoire de Tours l'appelle « le Néron, l'Hérode de notre temps. ». Il est possible que Galswinthe, la sœur de Brunehaut et épouse de Chilpéric, et Sigebert aient été assassinés sur ordre de Chilpéric et de sa troisième épouse, Frédégonde, respectivement en 567 et en 575 (hypothèse non confirmée par les sources).

En 575, Gontran obtient, après une guerre victorieuse contre les Lombards, la , édition 2021, ..

Ses quatre fils étant morts en bas âge., il adopte en 577 son neveu , fils de Sigebert et de Brunehaut, à la suite d'un entretien achevé à Pompierre, près de Neufchâteau. Quand Chilpéric reconnaît en 581., Gontran tente de retourner la situation à son profit en rendant à la moitié de Marseille. Chilpéric meurt en 584.

Guerres La faide royale se poursuit malgré la mort de Chilpéric. Elle est notamment menée par deux personnalités du royaume d'Austrasie et anciens favoris de Chilpéric : l'évêque de Reims Aegidius et le duc Gontran Boson. De plus, les grands d'Austrasie soutiennent Gondovald, fils naturel mais non reconnu de , face à Gontran. Ce dernier effectue une campagne jusqu'à Saint-Bertrand-de-Comminges en 585 pour imposer son autorité.

vignette|upright=0.9|center|Entretien entre saint Gontran et (par Jean Fouquet, vers 1455). Après avoir battu Gondovald, Gontran peut renouer l'alliance de Pompierre avec Childebert II. Le , les deux rois concluent le traité d'Andelot près de Chaumont. Ce traité confirme que, lors du trépas de Gontran ou , leur héritage reviendra au survivant.

En 588-589, voulant conquérir la Gaule gothique, Gontran envoie en Septimanie une armée dirigée par Austrovald, duc d'Aquitaine ; elle est écrasée près de Carcassonne par les troupes du roi wisigoth Récarède dirigées par le duc Claude de Lusitanie. Selon Grégoire de Tours, les Francs perdent ( et )Grégoire de Tours, Historia Francorum, ..

Saint Gontran et l'abbaye royale Saint-Marcel thumb|upright=0.8|Abbaye Saint-Marcel.

Une fois Chalon-sur-Saône choisie comme capitale, le roi Gontran fit fonder un monastère dans un des faubourgs (Hubiliacus, Argenteomagensis ager in suburbio Cabilonis). Il s'agit de l'abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon. La charte du roi n'existe plus, mais la fondation semblait être décidée vers 577Courtépée et Béguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, , ..

Gontran sera inhumé dans la basilique sur la tombe de Saint Marcel, martyr lyonnais du . Cet édifice a été fondé en 584 en l'honneur du saintDiocèse d'Autun Chalon Mâceon, Église Saint-Marcel ..

En l'an 584 également, Gontran institua auprès de cette abbaye la psalmodie perpétuelle..

Il fit réorganiser les monastères importants qui lui étaient liés. Il accorda des dons à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, établi en 509 par saint Grégoire, évêque de Langres. L'abbaye Saint-Maurice d'Agaune, œuvre de saint Sigismond, avait autorité sur ces deux monastères. Le roi Gontran ordonna, entre 584 et son décès, par une charte sans date, que ces trois monastères soient dirigés par une congrégation unique et un seul supérieur. Apollinaire, abbé d'Agaune, était désigné comme supérieur des trois abbayes.

Une légende médiévale raconte que Gontran était moine dans ce monastère, à la fin de sa vie.. Si quelques écrivains postérieurs ont continué à perpétrer cette légende, les deux dernières années de Gontran restent en vérité inconnues, sans rapports avec saint Grégoire de ToursSelon l'évêque, le roi Gontran fit la chasse, en 590 encore, dans la forêt royale des Vosges (, 10). Cette Histoire des Francs, source la plus sûre et la plus importante, se termine avec le trépas de l'abbé limousin saint Yrieix, au mois d'août 591.. Il mourut à Chalon le Ivan Gobry, Les premiers rois de France : la dynastie des mérovingiens, collection Documents d'Histoire, Éditions Tallandier, 1998, ., 593 ou 594 selon les sources.Une hypothèse donne une possibilité préférant le 28 mars 593, car au Moyen Âge, le nouvel an était toujours Pâques et qu'en 593, la fête de Pâques fut célébré le 29 mars ; d'où, deux dates (593 dans le calendrier actuel et 592 d'après les documents anciens). Dans ce cas, le roi décéda le Samedi_saint (Dates de la fête de Pâques au )..

Accueil de Saint-Colomban À la fin de son règne, le roi Gontran accueillit Saint-Colomban, célèbre moine irlandais. Selon la tradition irlandaise, Saint-Colomban, en statut de pérégrin, avait le droit de demander aux souverains la protection et l'hospitalité.. Après avoir été accueilli à la cour de et 147., il s'installa en 591.Claude Fleury, quant à lui, attribuait l'installation à l'année 590 (lire en ligne) (Historia Ecclesiastica Latine, , p. 308, 1759). à Anagrates en vue d'établir son premier monastèreJonas de Bobbio, Vita S. Columbani Abbatis, ( lire en ligne) (ou p. 5 (lire en ligne)) : « Erat enim tunc vasta eremus Vosagus nomine, in qua castrum erat dirutum olim, quod antiquorum traditio Anagrates nuncupabant (Il y avait alors une vaste solitude appelée Vôge où se trouvait un castrum ruiné que la tradition des anciens nommait Anagrates). », traditionnellement attribué au hameau d'Annegray, dans la commune de La Voivre (Haute-Saône)Anne Wagner, Colomban, Ursanne légendes et réalité historique, 2019 (lire en ligne).Les Amis de saint Colomban, Le voyage de saint Colomban selon Jonas (lire en ligne).L'identification archéologique est toujours en cours (Sébastien Bully et al., Le site du monastère d'Annegray (Haute-Saône) : les prospections géophysiques, 2011 (lire en ligne)..

En 590, cette région restait encore la forêt royale réservée à la chasse de Gontran. Grégoire de Tours mentionne dans son histoire un événement tragique lié à cette forêt royale, à la suite de la colère du roi GontranGrégoire de Tours, Histoire des Francs, , chapitre 10 (lire en ligne)...

Ce lieu a sans doute été choisi sur l'initiative de ces souverains. En effet, le monastère d'Annegray était situé à la limité de la Burgondie, sur la frontière avec l'AustrasieD'après Anne Wagner (université de Franche-Comté, 2019), l'objectif du roi Gontran serait de contrôler voies de communication et/ou de faciliter à effectuer le fisc royal. Toutefois, dans le contexte politique, l'installation d'un centre religieux qui était dirigé par saint Colomban sur la frontière était un symbole explicite de la paix entre les deux pays.. Il s'agit d'un val étroit, qui facilitait le contrôle de la circulation sur une ancienne voie romaine.. De plus, la ruine d'un ancien castrum romain pouvait favoriser la construction du monastère. Le choix était stratégique, selon les objectifs royauxp. 149 - 150.De surcroît, les études récentes suggèrent qu'il s'agissait d'un lieu du culte celtique puis de celui de Diane, donc culte romain. L'installation du monastère de saint Colomban avait pour but de l'évangélisation du peuple de cette région (p. 151 - 158)..

Sous la protection de Gontran, l'arrivée de Saint-Colomban à Anagrates connut le succès. Deux ans plus tard, en 593, Colomban créa son deuxième monastère, l'abbaye de Luxeuil.

Dans ce contexte historique, la fondation de ces monastères reste importante. Au départ simples lieux de culte, ils devinrent des centres efficaces d'évangélisation chrétienne. Ils ont marqué la collaboration entre Colomban et ses patrons royaux, qui, pour la première fois, étaient établis en Europep. 143 - 144 et 170.. Plus tard, Charlemagne suivra la même politique et fera fonder de nombreux monastères.

Postérité et traité d'Andelot vignette|droite|upright=1.32|La Gaule au traité d'Andelot (587), par Paul Vidal de La Blache (1894). Andelot était exactement située sur la frontière entre les deux pays. À la suite de la mort de Gontran, son royaume revint à selon le traité d'Andelot en 587. Les évêques de son royaume le sanctifièrentIvan Gobry, Les premiers rois de France : la dynastie des mérovingiens, collection « Documents d'Histoire », éditions Tallandier, 1998, page 247..

Il s'agissait d'un véritable traité de paix, exceptionnel à cette époque. De nos jours, son texte est intégralement conservé, grâce à Grégoire de Tours, qui l'appréciait, y voyant une réalisation de la politique, si fructueuse, d'un roi chrétien (Histoire des Francs, , chapitre 20) :

Le nom de la commune Villargondran, située en Maurienne, pourrait être issu de Gontran. Des lieux « Gondrand » se retrouvent aussi dans cette région..

Descendance

Les épouses, concubines et descendants suivants lui sont connusLa famille de Gontran est connue par L'Histoire des Francs de Grégoire de Tours. Sauf Magnacaire qui se trouve dans La Chronique de Marius d'Avenches. : Concubinage avec VénérandeOn ne connaît ni sa date de naissance, ni sa date de décès, ni même ce qu'elle est devenue après le mariage du roi avec Marcatrude. On se sait rien d'elle mise à part qu'elle était une servante et qu'elle a donné un fils au roi., une servante gauloise. Sera issu de l'unionGrégoire de Tours, Histoire des francs, , 25 : : Gondebaud ou GondovaldChristian Bouyer indique à tort dans son Dictionnaire des Reines de France que Gondebaud est une fille. (vers 561 - † vers 566). Empoisonné par Marcatrude ; Épouse vers 565 Marcatrude († vers 566), une noble franque, fille du duc Magnacaire des Francs. Sera issu de l'union : Un fils mort nourrisson († 566) ; Épouse vers 567 Austregilde. surnommée Bobilla († 580 à cause du feu de saint Antoine. ou bien du choléra, note .), une servante franque de Marcatrude. Seront issus de l'union : Clotaire (566 ou 567 - † 577, note .) ; mort de la peste à l'âge de 10 ans, Clodomir (572 ou 573 - † 577) ; mort de la peste à 4 ans,