La française libre ( DFL) fut la principale unité des Forces françaises libres (FFL) pendant la Seconde Guerre mondiale. Unité composée d'Européens et de soldats des colonies, citée quatre fois à l'ordre de l'armée entre 1942 et 1945, elle est, avec la d'infanterie algérienne ( DIA), la division française la plus décorée de la Seconde Guerre mondiale.
Dénominations successives 1940 : Corps expéditionnaire français libre ; : Brigade française d’Orient ; : d'infanterie des forces françaises libres ou légère française libre ; : Dissolution après la campagne de Syrie ; : regroupement des unités françaises libres du Moyen-Orient en et légères françaises libres, chacune avec deux brigades ; : la DLFL, remaniée en française libre indépendante ou First Free French Brigade Group pour s'adapter à l'organisation militaire britannique, part pour le Western Desert ; 1942 : regroupement des deux brigades françaises libres indépendantes du Moyen-Orient ou Forces françaises du Western Desert, après le départ de la française libre indépendante du Levant en avril ; : recréée, par fusion des deux brigades, sous le nom de DFL, ou force L (pour Larminat) ; : après la réunification des deux armées françaises (armée de Vichy et FFL), elle est officiellement renommée division motorisée d'infanterie (DMI). Les Français libres et les membres de la division continuent de l'appeler jusqu'à sa dissolution. à partir du , la division est dénommée division de marche d'infanterie (DMI). : dissolution de la DMI
Commandants La brigade française d'Orient a été commandé par : - avril 1941 : colonel Magrin-Verneret dit Monclar (brigade française d'Orient). La FFL a été commandée par - : général Legentilhomme. La , avant son intégration à la , a été commandée par : - : lieutenant-colonel Amilakvari ; - : général Kœnig. La / a été commandée par : - : général de Larminat ; 17 mai - : général Kœnig ; - : général Brosset ; - : général Garbay.
Historique
Premières unités La DFL est officiellement formée le et dissoute le , mais, pour ses vétérans, l'histoire de cette division d'infanterie commence dès l'été 1940.
À Londres, le , parmi les troupes ayant combattu en Norvège, 900 hommes de la de légion étrangère, commandée par le lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey, et 60 chasseurs alpins font le choix de reprendre le combat. Des éléments de la de chars de combat, des sapeurs, des artilleurs et des marins font de même ; ils constitueront le de fusiliers marins.
Au Moyen-Orient, 350 rebelles d'un bataillon du d'infanterie coloniale cantonné à Chypre, emmené par le capitaine Jean Lorotte de BanesJean Lorotte de Banes, Un Français Libre parmi passent en Égypte britanniqueRalliement des troupes françaises de Chypre. Avec 120 hommes du capitaine Raphaël FolliotRaphaël Folliot, qui ont quitté le Liban français le Départ de Syrie de la Compagnie Folliot, ils constituent le d'infanterie de marine.
Ils sont rejoints par des légionnaires du étranger d'infanterie, des marins de l'escadre française d'Alexandrie et d'une partie d'un escadron de spahis marocains à cheval du de spahis marocains, commandé par le capitaine Paul JourdierPaul Jourdier qui formera en 1943 le de marche de spahis marocains.
En Afrique, une partie de la du d'artillerie coloniale, stationnée à Bobo-Dioulasso, commandée par le capitaine Jean-Claude Laurent-ChamprosayJean-Claude Laurent-Champrosay passe de la Haute-Volta en Côte-de-l'Orde nos jours, respectivement, le Burkina Fasoet le Ghana, puis au Cameroun pour former le d'artillerie coloniale.
Sous le nom de Corps expéditionnaire français libre, les troupes formées à Londres débarquent à Freetown, en Sierra Leone, et participent du 23 au à la tentative de débarquement à Dakar, avant d'être dirigées en à Douala, au Cameroun, rattaché à la France libre. En , elles participent à la Campagne du Gabon, avant de rejoindre par voie maritime Durban en Afrique du Sud.
La brigade française d'Orient vignette|Charles de Gaulle remettant les croix de la Libération aux nouveaux Compagnons, à Qastina en Palestine mandataire, le 26 mai 1941. Devenue brigade française libre d'Orient et commandée par le colonel Magrin-Vernerey dit Monclar, elle quitte Durban et débarque à Souakim pour prendre part à la campagne en Érythrée. La brigade est renforcée par le bataillon du Pacifique et par des troupes de l'Afrique française libre qui parties de Brazzaville sont passées à Bangui, Fort Lamy avant de rejoindre Khartoum et Souakim. La brigade est victorieuse à Kub Kub le , puis lors de la bataille de Keren le et à Massaoua le .
La première division légère française libre en Syrie C'est sous le nom de première division légère française libre et sous le commandement du général Legentilhomme qu'elle entre en Syrie en juin 1941. Les troupes sont acheminées en Palestine, à QuastinaA.-P. Comor, (2013). « Qastina », in A. Comor (directeur de pulication), La Légion étrangère : Histoire et dictionnaire (726-727). Bouquins. https://doi.org/10.3917/bouq.comor.2013.01.0726. d'où elles partent combattre les forces françaises restées fidèles au régime de Vichy, alors que les Anglais lancent contre Rommel l'opération Brevity. La brigade entre victorieuse dans Damas le puis continue son avancée sur Homs, Abou-Kamal et Alep avant de rejoindre Beyrouth et le Caire où elle est dissoute.
Elle renaît sous la forme de deux brigades françaises libres combattantes : La brigade française libre indépendante avec à sa tête le général Koenig La brigade française libre indépendante avec à sa tête le général Cazaud Une brigade française libre indépendante qui restera au Liban français et en Syrie jusqu'à la fin de la guerre pour assurer la protection de ces pays.
Opérations dans la guerre du désert vignette|Un canon antichar servi par des Français Libres en 1942. Les deux brigades et la Free French Flying Column forment le Corps français du Western Desert au sein de la britannique. La BFL s'illustre à Bir Hakeim du au , puis à la seconde bataille d'El Alamein en octobre-, ainsi que la qui y joue un rôle plus modeste.
Formation de la française libre vignette|Mémorial à Takrouna. Ces deux brigades sont réunies le dans la DFL commandée par le général de Larminat. Renforcé par la venue de Djibouti, la participe à la fin de la campagne de Tunisie à Takrouna en mai 1943.
En , de nombreux déserteurs affluent de l'armée d'Afrique pour s'engager dans ses rangs. Elle est alors renvoyée dans le désert de Libye pendant deux mois et demi, à la demande du général Giraud. La DFL du général Leclerc subira le même sort.
Après la réunification des deux armées françaises, le , elle est officiellement renommée motorisée d'infanterie en vue de son intégration au Corps expéditionnaire français en ItalieNote de service de l'état-major général guerre, bureau, EMGG/ I (0), Alger, : , puis de marche d'infanterie à partir du Décision DN/3.S du de l'état-major de la Défense nationale, : .. Toutefois, pour ceux qui la composent, et dans la plupart des ouvrages qui lui sont consacrés, elle continue à porter le nom de DFL.
En Italie Commandée par le général Diego Brosset, elle est intégrée au Corps expéditionnaire français et participe à la campagne d'Italie à partir d'avril 1944.
Libération de la France Avec l'Armée B, elle débarque en Provence le et participe à la libération de Toulon puis remonte le Rhône après avoir envoyé quelques escadrons en reconnaissance jusqu'à MontpellierYves Gras, La , .. Lyon est atteint le .
À l'automne 1944, les FFI intégrés lors de l'amalgame à la remplacent les Africains de la divisionGilles Aubagnac, Le retrait des troupes noires de la Armée, dans la Revue historique des armées , 1993, pages 34 à 46 lors de ce qui fut appelé à l'époque le La guerre en Provence, 1944-1945 : une bataille méconnue par Paul Gaujac, page 161.
La division remonte ensuite jusqu'aux Vosges où le général Diego Brosset est tué accidentellement le . Le général Pierre Garbay, qui lui succède, emmène sa division dans la campagne d'Alsace où elle joue, au début de , un rôle primordial dans la défense de Strasbourg (Opération ), avant de participer à la libération de Colmar. En , elle quitte la garde du Rhin pour le front des Alpes, où elle s'empare du massif de l'Authion (Alpes du Sud), puis de Tende et de La Brigue et passe en Italie. Alors qu'elle marche sur Turin, elle est stoppée par la reddition de l'armée allemande d'Italie le .
Après guerre
Pertes Les pertes totales de la division durant la Seconde Guerre mondiale s'élèvent à , dont (31%), avec (67 %) durant la période d' à Jean-François Muracciole, Les Français libres : L'autre Résistance, Tallandier, 2009 :
Année Pertes des Européens Pertes des coloniaux Pertes totales % de l’année Nb de tués par mois Total dont Officiers Total dont Officiers Total dont Officiers 1940 8 0 0 0 8 0 0,19 1,3 1941 200 12 94 0 294 12 8,07 24,5 1942 375 28 195 1 570 29 15,7 47,5 1943 137 15 134 1 271 16 7,48 22,6 1944 1 038 97 631 2 1 669 99 46,1 139 1945 735 35 72 1 807 36 22,5 161 Total 2 493 187 1 126 5 3 619 192 100
Composition
Les listes ci-dessous donnent les noms des unités ayant appartenu à la DFL en 1944.
Unités de combat Infanterie
de la de Légion étrangèreCompagnon de la Libération (DBLE) de la de Légion étrangère (DBLE) bataillon de marche nord-africain ( BMNA)
Bataillon de marche Bataillon de marche Bataillon de marche , constitué en Syrie en 1941 du dédoublement du BM 1
Bataillon de marche , constitué après le ralliement de Djibouti Bataillon de marche (même origine que le BM 21) Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique (BIMP), issu du regroupement du d'infanterie de marine et du bataillon du Pacifique après la bataille de Bir Hakeim
Autres armes
de fusiliers marins, comme unité de reconnaissance antillais de DCA, constitué à partir du bataillon de marche antillais d'artillerie des forces françaises libres (RAFFL) de marche de spahis marocains (affecté à la colonne Leclerc durant la campagne de Tunisie puis dans la DB) Compagnie de quartier général auto (et , , et ) de transmissions du génie de réparation divisionnaire de circulation routière Prévôté divisionnaire Groupe d'exploitation divisionnaire (intendance) Ambulance Hadfield-Spears Ambulance chirurgicale légère
Autres unités ayant fait partie de la division avant 1944 Bataillon de marche . Avant la création de la DFL, il participe aux campagnes du Gabon, d'Érythrée et de Syrie. Il a ensuite participé aux campagnes du Fezzan et de Tunisie avec la colonne Leclerc avant qu'hommes et officiers soient répartis entre diverses unités en 1943 Bataillon de marche n° 2, rattaché après à la française indépendante (en Syrie) puis envoyé à Madagascar et en AEF, Bataillon de marche , dissous en 1942, Bataillon de marche n° 22, venu de Djibouti en 1943, d'infanterie de marine, fusionné avec le BP 1 dans le BIMP, Bataillon du Pacifique , fusionné avec le dans le BIMP, compagnie autonome de chars de combat, devenue RCC dans la DB, d'artillerie coloniale, devenu du en 1944, Compagnies de QG , et
Autres unités ayant fait partie de la division après 1944 de cuirassiers, comme régiment d'infanterie après . Décorations La division a été citée quatre fois à l'ordre de l'armée ( après la bataille de Bir Hakeim ; pour l'Italie et les Vosges ; , pour ses combats en Alsace ; , pour la campagne de l'Authion) et ses principaux régiments ont obtenu la fourragère récompensant au moins deux citations à l'ordre de l'arméeLes fourragères sur le site de france-phaleristique.com. Fourragère avec olive aux couleurs du ruban de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 1939-1945 (4-5 citations à l'ordre de l'armée) de Légion étrangère Bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique de fusiliers marins Fourragère avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée) Bataillon de marche Bataillon de marche