MAN SE (Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg, Societas Europaea), anciennement MAN AG, est un constructeur de machines et véhicules industriels dont le siège social est à Munich en Allemagne. Les sociétés du groupe MAN fabriquent des camions, des autobus, des moteurs Diesel et des turbomachines : turbocompresseurs et turbines à vapeur.

Le groupe exploite des usines en France, en Autriche, en Suisse, au Danemark, en Pologne, en Turquie, en Afrique du Sud, au Brésil, au Mexique, en Inde et en Chinehttp://www.man.eu/MAN-Downloadgalleries/All/3Investor_Relations/Geschaeftsbericht/2009/gb_2009_online_e_s.pdf. L’un des principaux sites de production de moteurs Diesel est basé à Saint-Nazaire. Outre l'Europe, l'entreprise réalise des ventes en Amérique latine, en Russie, en Afrique, en Chine et dans le reste de l'Asie.

En , Volkswagen réalise une offre publique d'achat (OPA) sur MAN et devient majoritaire au capital. En , , filiale véhicules industriels de Volkswagen, qui possédait la majeure partie du capital de MAN SE finalise son rachat et absorbe la société. Les anciennes filiales de MAN SE, dont MAN Truck & Bus, sont désormais directement la propriété de Traton ou de Volkswagen AG et MAN SE cesse d'exister.

Organisation Le groupe MAN (dont la société faîtière est MAN SE, basée à Munich) se concentre sur deux segments industriels : Commercial Vehicles (véhicules industriels) et Power Engineering (moteurs Diesel, génératrice).

Véhicules commerciaux

MAN Truck & Bus. est basée à Munich ; la filiale française MAN Truck & Bus France étant basée à Évry-Courcouronnes.. Le montant total des recettes réalisées en France avoisinait les 460 millions d’euros en 2009..

MAN Latin America est basée à São Paulo au Brésil

Power Engineering : moteurs Diesel et turbomachines thumb|left|structure du Groupe MAN (source: Rapport annuel MAN SE 2009). MAN Diesel & Turbo SE, devenue , est basée à Augsbourg en Allemagne ; la filiale française MAN Diesel & Turbo SAS étant basée à Villepinte. et une usine de gros moteurs Diesel située à Saint-Nazaire.

est basée à Augsbourg en Allemagne: MAN détient 76 % de la société

Participations Sinotruk (Hong Kong) Limited est basée à Hong Kong, en Chine : MAN détient 25 % (+ 1 action) dans le constructeur chinois

Historique Fondation thumb|left|Usine sidérurgique St. Antony à Oberhausen, en 1758. vignette|left|Premier moteur développé par Rudolf Diesel. Les racines du groupe MAN remontent à plus de 250 ans. L’année 1758 a vu l'ouverture de l’usine sidérurgique « St. Antony » à Oberhausen, qui fut l’une des premières opérations industrielles lourdes dans la région de la Ruhr en Allemagne. Elle fut suivie en 1782, par l’usine sidérurgique « Gute Hoffnung » (bon espoir)http://www.man.eu/MAN-Downloadgalleries/All/1Unternehmen/MAN_Gruppe/Historie/2008_Geschichte_MAN_e.pdf.

En 1897, l'ingénieur Rudolf Diesel a construit le premier moteur Diesel fonctionnel du monde au sein de ce qui était alors appelé « Maschinenfabrik Augsburg AG »https://archive.wikiwix.com/cache/20210723095202/http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/31898/C&T_1989_19_20.pdf?sequence=1., et qui a fusionné en 1898 avec Maschinenbau-AG Nürnberg pour devenir Vereinigte Maschinenfabrik Augsburg und Maschinenbaugesellschaft Nürnberg A.G.. En 1908, le conglomérat a été nommé M.A.N. Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg AG. vignette|Action de la Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg AG en date du 10 mars 1914.

Au début des années 1910, ce fabricant de charpente en acier obtient l'adjudication de deux ponts remarquables, la Deutzer Brücke de Cologne, et la Deutschherrnbrücke de Francfort.

En 1915, M.A.N. acquit une licence de la compagnie suisse Saurer pour construire des camions dans une usine située à Lindau, mais cet accord prit fin en 1918Bähr, Johannses, Banken, Ralf, Flemming, Thomas (2008): Die MAN - eine deutsche Industriegeschichte, Verlag C.H.Beck München, https://books.google.de/books?id=l5bPbtExuQ4C&printsec=frontcover&dq=%22die+MAN%22+b%C3%A4hr&hl=de&ei=uK22TJ6IJMq6jAfk88XrCQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CCwQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false.

En 1920, M.A.N. introduit sur le marché des camions sous son propre nom.

En 1921, la société GHH, fondée en 1873 (Gutehoffnungshütte Actienverein für Bergbau und Hüttenbetrieb, Sterkrade) et successeur de l’usine sidérurgique « St. Antony », a pris le contrôle de M.A.N. Cependant, M.A.N. a continué d’exister sous forme de groupe contractuel jusqu’en 1986, date à laquelle il fut fusionné avec GHH et le siège social transféré à Munich.

En 1923, M.A.N. construisit son premier moteur Diesel à injection directe, quatre-temps, de 4 cylindres et à . Un camion équipé d'un tel moteur fut exposé à la foire de Berlin de 1924. Mais c'est trois ans plus tard que les moteurs Diesel de , de , furent disponibles sur les camions. En 1926, M.A.N. lança un camion à transmission par chaîne, avec un moteur à essence de de .

Crise et Seconde Guerre mondiale En 1930, la gamme de camions était de 3, 3.5, 4, 5, de charge utile, avec un choix de moteurs Diesel ou à essence. En 1932, un tracteur à capot, du nom de S1H6, avec un moteur Diesel de , de pour tirer une remorque.

En 1938, après l'annexion de l'Autriche par le Reich allemand, M.A.N. se voit offrir, 85 % du constructeur automobile ÖAF - Austro-FIAT de Vienne, Autriche, confisqués au groupe FIAT, qui l'avait créé en 1907, par l'Allemagne nazie et qui en conserva les 15 % restants. Si au début, la nouvelle entreprise fabriquait uniquement des essieux pour M.A.N., ÖAF a fini par construire des camions militaires 4 roues motrices pour la Wehrmacht, l'armée allemande, de 4 tonnes de charge utile, durant toute la période de la Seconde Guerre mondiale. La production est interrompue par les bombardements des alliés. En 1955, après l'indépendance de l'Autriche, la République d'Autriche devient propriétaire de toutes les actions que les soviétiques avaient saisies en tant que « propriété allemande ». Le Haut-Commissaire américain en Allemagne a ordonné le rétablissement de la structure de propriété antérieure à 1938. Les actions alors détenues par FIAT S.p.A. de Turin dans ÖAF lui sont restituées mais, en 1958, l'administration fiscale autrichienne a prétexté que FIAT devait rembourser à l'État autrichien le prix d'achat qui aurait été perçu de MAN. Après le décès du patron de FIAT en 1945, le sénateur Giovanni Agnelli, Vittorio Valletta lui succède et dirige l'entreprise avec un grand pragmatisme. FIAT n'a jamais accepté de céder au chantage autrichien. MAN a conservé la gestion d'ÖAF qu'il rachètera bien plus tard.

En 1942, M.A.N a reconstruit quelques entreprises et reçoit une commande d'un nouveau genre, celle d'un blindé VK3002, plus connu sous le nom de Panzer V Panther (Sd.Kfz. 171), qui doit pouvoir combattre efficacement le T-34 soviétique. L'entreprise en fabriquera environ par mois en 1943 puis 330 par mois en 1944. En 1945, à la fin de la guerre et lorsque la production cesse, seront sortis des usines M.A.N..

Après la Seconde Guerre mondiale Après le conflit, l'assemblage de camions fut relancé avec le modèle MK, à moteur Diesel de de , et de de charge utile.

En 1951, deux nouveaux moteurs Diesel furent inaugurés, un moteur de , avec un turbocompresseur, et un moteur de .

En 1955, la production de camions fut transférée dans une nouvelle usine située à Munich.

En 1960, la gamme de M.A.N. comprenait des camions en configuration de porteur et tracteur, pour des charges utiles de .

En 1968, une collaboration technique avec Saviem permit à l'entreprise française d'utiliser des moteurs de M.A.N., et à la firme germanique de bénéficier de la cabine avancée de Saviem, mais en 1981 ces accords commerciaux prirent fin.

En 1970, M.A.N. fit fusionner les deux firmes de Vienne : ÖAF et Gräf & Stift. Aussi la société de Hongrie RABA NYRT de Györ, construisit sous licence des camions M.A.N. pour son marché intérieur. Aussi Volkswagen finance un développement d'une gamme de camions légers avec M.A.N., avec pour résultat la série MT, et ensuite M.A.N., inaugure la série F90, de huit essieux et quatre roues directrices, pour les chantiers et comme véhicule militaire. En 1971, M.A.N. prit le contrôle d'une autre firme allemande Büssing AG, de Brunswick. En 1973, DAC obtient un accord pour fabriquer des camions M.A.N. pour le marché local de Roumanie.

1986: Fusion et création de MAN AG En 1986, le directeur de GHH, Klaus Götte, officialise la fusion avec M.A.N., l'entreprise que GHH possède depuis 1921 déjà. Le résultat fut la création de l'entreprise MAN AG (pour la première fois sans points entre les trois lettres), avec le siège social à Munich, en Bavière, et cotée dans l'indice boursier allemand DAX..

vignette|gauche|Tracteur MAN AG 8 X 8 de l'USAF avec une remorque pouvant transporter 4 BGM-109G Gryphon en 1983.

En 1987, MAN et MTU rachetèrent le constructeur de moteurs Diesel français SEMT, MAN détenant 50 % des actions. SEMT devient alors SEMT Pielstick. L'entreprise produit des moteurs dans son usine de Saint-Nazaire.

Également en 1986, une nouvelle gamme fut introduite la série F8, en porteur de et en tracteur semi-remorque de , ainsi qu'un modèle de tracteur pour l'exceptionnel jusqu'à de PTR. En 1988, la série M90 une gamme de camions porteurs de , avec un moteur Diesel, de , de 155, , d'une transmission de , avec de , avec des freins pneumatiques.

En 1991, MAN reprit la division de camion autrichien de Steyr. Toujours dans les années 1990, MAZ acheta des moteurs Diesel MAN pour ses véhicules, par la suite, MAN pris le contrôle de MAZ de Minsk, Biélorussie en 1999.

En 2000, MAN racheta ERF Trucks, la filiale britannique de Western Star. Aussi un nouveau concept de camion est présenté, la Trucknology Generation (TG) avec, lors de l'inauguration, un moteur Diesel de 6 cylindres, de , , , transmission à , des freins pneumatiques avec disques, avec système ABS et antipatinage. PTAC de en porteur, PTRA, et de en tracteur avec remorques.

Le groupe se sépare en 2005 de , la partie imprimerie, au profit du groupe Allianz Capital Partners. C'était jusqu'alors le second constructeur mondial de machines à imprimer. MAN conserve néanmoins 35 % des parts de la société rebaptisée Manrolandhttp://www.man.eu/MAN-Downloadgalleries/EN/Press/PressRelease/2006/May_19_2006_Press_release_MAN_Group_2.pdf, laquelle est transformée en 2012 en deux entités, Manroland sheetfed et Manroland web systems. La première est acquise par Langley Holdings, la deuxième par Goss International, fusion nommée en 2018 Manroland Goss.

En , MAN racheta les parts de MTU (aujourd'hui Tognum) dans la française SEMT Pielstick et devint l'actionnaire unique. L'entreprise fut renommée MAN Diesel SA, filiale française de MAN Diesel SE.

Offre publique d'achat sur Scania En , MAN fait une OPA à Scania, son concurrent suédois direct. La proposition est approuvée pour la Commission européenne dans le cours du mois de décembre, cependant, MAN décide de retirer son offre en à la suite du refus des principaux actionnaires Volkswagen et de la puissante famille Wallenberg« L'allemand MAN abandonne son OPA hostile sur Scania », Les Échos, édition du 24 janvier 2007.. En 2008, MAN rend publique son intention de considérer l'achat d'actions Scania afin d'obtenir 20 % du droit de vote au sein de l'entreprise.

En , MAN reprenait les activités camions et bus de Volkswagen au Brésilhttps://archive.wikiwix.com/cache/20110223153226/http://archives.lesechos.fr/archives/2008/LesEchos/20322-112-ECH.htm., qui furent renommées MAN Latin America. MAN devenait ainsi le dans le secteur des camions au Brésil, avec une part de marché de plus de 30 %.