Meknès (en , Maknās) est une ville et commune du Maroc, chef-lieu de la préfecture de Meknès au sein de la région de Fès-Meknès. Elle est située sur le plateau de Saïss entre les massifs du Rif et du Moyen Atlas, et son territoire est traversé par la vallée du Oued Boufakrane.
Toponymie La ville de Meknès tire son nom de la tribu amazighe zénète sufrite des Meknassas.. Les membres de cette tribu sont appelés les Imknassen au pluriel, Ameknas au singulier. Ameknas signifie en berbère le guerrier ou le combattant. L'appellation Ameknas est utilisée par certains activistes berbères pour désigner la ville...
Plusieurs localités fondées par les Meknassas portent une appellation homonyme : Mkansa dans la Province de Taounate, Maknassa Al Gharbya, et Meknassa Acharqia dans la Province de Taza, Mequinenza en Espagne ou Meknassy en Tunisie.
La ville s'est également appelée Méquines ou Méquinez en français, et l'est toujours en espagnol. C'est ainsi que Voltaire écrivit : « Je voudrais que le tremblement de terre eût englouti cette misérable Acadie plutôt que Lisbonne et Méquines. ».
Du fait de son rôle de capitale durant le long règne (1672-1727) d'Ismaïl ben Chérif (1645-1727), la ville est communément désignée au Maroc par capitale ismaélienne..; l'abondance des oliviers dans sa région lui confère l'appellation maknassata azzaytūn, qui signifie Meknès des oliviersZiad Elmarsafy, « Dionysos à Meknès : les dieux, les corps et la ville chez Miloudi Chaghmoum », Itinéraires [En ligne], 2012-3 | 2013, mis en ligne le 01 décembre 2012, consulté le 20 avril 2020. URL : http://journals.openedition.org/itineraires/994 ; DOI : https://doi.org/10.4000/itineraires.994.
Histoire La région de Meknès est peuplée depuis le Néolithique. Le site archéologique de la capitale maurétanienne antique, Volubilis, qui servit aussi de capitale à la première dynastie musulmane du Maroc est situé dans sa banlieue nord. La ville a été fondée au par les Almoravides en tant qu'établissement militaire.
Elle fut la capitale du pays durant le règne d'Ismaïl ben Chérif (1672-1727), qui y fit édifier plusieurs monuments, dont notamment les hautes murailles entourant le cœur historique de la ville et percées par 70 portes. imposantes.
Meknès est ainsi l'une des quatre villes impériales du Maroc et est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO (liste du patrimoine mondial au Maroc) depuis 1996. en tant que ville historique regroupant deux entités : la médina et la ville impériale. Sous le protectorat français (1912-1956), la ville vit l'installation d'une importante communauté européenne et son territoire s'étendit au-delà de ses murailles.
Administrativement, Meknès est l'ancien chef-lieu de la région de Meknès-Tafilalet et actuellement l'un des deux principaux pôles urbains, ainsi qu'une préfecture de la région Fès-Meknès. La ville est composée de la municipalité de Meknès, Toulal, Ouislane et celle d'El Mechouar Stinia (où se trouve le palais royal). Meknès est la plus grande ville du Maroc avec une population de selon le recensement de 2014..
Économiquement, la région de Meknès est l'une des plus importantes au Maroc en termes de production agricole., notamment par son oléiculture et sa viti-viniculture. La ville fait ainsi office de pôle agricole national et abrite plusieurs grands groupes du secteur au Maroc comme LCM-Aïcha et Les Huileries de Meknès. Parallèlement à sa vocation agricole, la ville profite du développement du secteur automobile marocain, notamment par l'implantation d'équipementiers automobiles dans ses zones industrielles. D'autre part, malgré son patrimoine culturel et architectural important, et son potentiel touristique reconnu., la ville attire moins de visiteurs que les principales destinations touristiques marocaines., notamment à cause du manque d'infrastructures hôtelières.. Plusieurs chantiers sont en cours qui permettraient d'augmenter sa capacité d'accueil de 25 %..
Les habitants de la ville se nomment M'kansa (M'knasi au singulier) en arabe marocain et Ayt M'knas ou Imeknasn en berbère.
Fondation Fondée au par les Almoravides en tant qu'établissement militaire. Les Almoravides construisent une forteresse appelée Takrart jouxtant les villages et jardins au ; c'est le noyau de la future médina de Meknès qui vit progressivement l'installation de population issue des bourgades voisines.
Moyen Âge La ville, accusée de résistance, est saccagée par les Almohades en 1150 durant leur bataille pour garder le pouvoir contre les Mérinides. Seuls quelques minarets et murs subsistèrent, mais les Almohades entamèrent la construction et la rénovation de plusieurs monuments, dont notamment la Grande Mosquée de la ville. Après leur prise de pouvoir, les Mérinides (1244-1465) installent leur capitale à Fès et font construire plusieurs édifices à Meknès, dont le plus notable est la Medersa Bou Inania. Meknès devient le lieu de villégiature privilégié de leurs vizirs. Après la chute des Mérinides en 1465, la ville entre dans une période de déclin.
À la mort du sultan alaouite Rachid ben Chérif, son frère et gouverneur de Meknès, Ismaïl ben Chérif (Moulay Ismaïl), lui succède en tant que deuxième sultan de la dynastie alaouite (1631-présent). Il fait de la ville sa capitale. Sous son règne de cinquante-cinq ans (1672-1727), il érige des kilomètres de murailles autour de la ville, avec des portes impressionnantes, des mosquées, le bassin d'eau du Sahrij Souani également nommé bassin de l'Agdal, des galeries marchandes, des écuries pouvant abriter 600 chevaux et des palais. La ville s'étendit alors en dehors de sa médina. 30.000 esclaves et 3000 prisonniers chrétiens capturés en mer durant son règne contribuèrent à cet effort de construction.
Au Le comte de Mornay (1803-1878) y est envoyé en mission diplomatique par Louis-Philippe auprès du sultan du Maroc . Moulay Abd er-Rahman (1778 du dictionnaire Le Petit Robert des noms propres-1859). Il est accompagné par le peintre Eugène Delacroix.
Le protectorat français et l'indépendance Pendant la présence française au Maroc (1912-1956), Meknès porte d'autres surnoms tels que « le Versailles du Maroc », ou « le petit Paris », soulignant la beauté de la cité, ce qui lui valut son titre de plus belle ville impériale du royaume ; elle fut un moment le siège de la résidence du Maréchal Lyautey qui y avait son quartier général.
En 1937, l'eau de l'oued Boufekrane, qui arrose la ville, est détournée au profit de 4 colons français, provoquant le mécontentement populaire : une manifestation est réprimée par les troupes françaises le , faisant 10 mortsMarguerite Rollinde, Le mouvement marocain des droits de l'homme: entre consensus national et engagement citoyen, Karthala, 2002, et note..
Le quartier le plus populaire est celui de l'ancienne médina dite « Mdina al-qdima », soit ville ancienne en darija, dialecte arabe marocain; c'est là qu'habitait Ismaïl ben Chérif (Moulay Ismaïl).
L’accord diplomatique de Rabat du , qui stipule que ni la France ni le Maroc ne mèneront de politique contraire aux intérêts de l'autre partie au traité, devient rapidement inapliquable en ce qui concerne la guerre d'Algérie, l'État comme la population marocaines se sentant solidaires de leurs voisins en guerre pour l'indépendance. L'arrestation de Ben Bella provoque de nombreuses manifestations au Maroc. Les plus graves ont lieu à Meknès. Le , 200 Marocains et Algériens manifestent, chantant des slogans pour la libération de Ben Bella et l'indépendance de l'Algérie. Un coup de feu part et tue un garde municipal. Son origine est mal élucidée : il peut s'agir d'un Français qui aurait tiré sur la manifestation de sa terrasse, ou d'une maladresse du garde qui se serait tué avec son arme en repoussant un manifestant d'un coup de crosse. Mais, dans l'atmosphère échauffée d'alors, la présence de 6000 Algériens dans la région et le fait que les terres agricoles appartiennent essentiellement à des étrangers, la manifestation tourne à l'émeute. Elle dure six jours, pendant laquelle plusieurs fermes sont incendiées, 53 Européens sont tués et 39 blessés. Parmi eux, figurent six policiers français du poste de Bar Baroud à l'entrée de la médina, tués par leurs collègues marocains. Bien que quatre condamnations à mort soient prononcées, et d'autres personnes condamnées à de la prison à perpétuité ou des travaux forcés, la répression est jugée trop légère par la FranceMounya Essemlali, « Le Maroc entre la France et l'Algérie (1956-1962) », Relations internationales, 2011/2 (n° 146), 77-93.. Voir l'article détaillé Massacres de Meknès
Géographie Topographie Meknès est située à environ d'altitude, sur le plateau de Saïss, entre le Moyen-Atlas au sud et les collines pré-rifaines au nord. La ville est traversée par l'oued Boufekrane, qui sépare la médina de la ville nouvelle, dite « Hamria »).
Climat La ville de Meknès connaît un climat méditerranéen dégradé, subissant les influences continentales pendant les saisons d’été et d’hiver. Cependant, la diversité géographique de la région fait que chacune de ses zones naturelles présente des nuances climatiques particulières.
Le régime thermique de Meknès est marqué par l’éloignement des côtes maritimes atlantique et méditerranéenne, d’où une importante amplitude thermique atteignant . La température du mois le plus chaud varie entre et , et celle du mois le plus froid varie entre et mais il arrive que le gel soit fort, comme le où il a fait .
Généralement, les températures varient de la manière suivante :
de janvier en avril : la hausse mensuelle de la température est progressive et régulière. Elle est de l’ordre de 1 à /mois ; d’avril en août : une hausse mensuelle est de l’ordre de 3 à . La température maximale mensuelle est atteinte au mois août, soit ; d’août à décembre : une baisse de l’ordre de 2 à par mois. La répartition des pluies au cours de l’année se caractérise par de fortes pluies en automne, une très légère baisse en hiver avec un maximum relatif au début du printemps.
L’été est généralement sec, la période de pluie la plus importante s’étale d’octobre à mai, avec un nombre de jours avec pluie mensuel de 7 à . Le nombre annuel moyen de jours avec pluie est estimé à et le cumul pluviométrique annuel de Meknès avoisine les Monographie de la Station météorologique de Meknès.
Démographie Meknès est l'une des quatre villes impériales du Maroc. La ville historique de Meknès regroupant la médina et la ville impériale, est classée depuis 1996 Patrimoine mondial de l'UNESCO et connait depuis lors diverses opérations de restauration des sites (murailles, portes, ruelles, places publiques…). Elle est maintenant digne des plus grandes villes méditerranéennes et arabes, du fait de sa diversité culturelle. La fameuse place Lahdim a connu, en 2007, deux opérations de restauration et rénovation.
Lors du recensement de 2014, la population de l'agglomération urbaine de Meknès, comprenant les municipalités de Meknès, Al Machouar, Ouislane et Toulal, était de .. En 2004, elle était de « Royaume du Maroc – Haut commissariat au Plan – 2004 – Recensement de la population et de l'habitat de 2004 – Population légale du Maroc », site du haut commissariat au Plan du royaume du Maroc, hcp.ma.En 2021, elle est estimée à 720000. La population est répartie sur les 4 municipalités formant l'aire urbaine de Meknès comme suit :
Municipalité/Cercle 1982http://www.ondh.ma/Pdf_doc/demographieA4corrige.pdf 1994 2004 2014 2024. Meknès (muni.) Al Machouar -Stinia (muni.) Ouislane (muni.) Toulal (muni.) Ville de Meknès