vignette|200px|Pancarte signalant le centre des visiteurs.|alt= Le parc de la Gatineau est un parc fédéral canadien situé dans la région de l'Outaouais, au Québec. D'une superficie de , il se trouve à l'ouest de la rivière Gatineau sur le territoire de la ville de Gatineau et des municipalités de Chelsea, La Pêche et Pontiac. Fondé en 1938 et administré par la Commission de la capitale nationale du Canada, il est le seul parc fédéral qui n'est pas géré par Parcs Canada. Avec 1,7 million de visiteurs en 2000, il s'agit aussi du parc le plus visité du Québec.
Contrairement aux autres parcs nationaux et provinciaux du Canada, le parc ne possède aucune protection légale ce qui le rend vulnérable à la vente de ses terres par la Commission de la Capitale nationale.
On y retrouve une forêt mixte comprenant l'une des plus grandes variétés animale et végétale au Québec, ainsi que des phénomènes naturels exceptionnels. La coupe de bois, la chasse et les activités de type industriel y sont interdites.
Géographie Le parc de est localisé au sud-ouest du Québec, dans la région de l'Outaouais à une dizaine de kilomètres au nord-ouest d'Ottawa.
Le territoire du parc est situé dans les municipalités de La Pêche, Pontiac et Chelsea, ainsi que dans la ville de Gatineau. Les trois premières sont situées dans la municipalité régionale de comté des Collines-de-l'Outaouais.
Géologie Les roches du parc font partie du Bouclier canadien, qui est le noyau stable de l'Amérique du Nord. Le sous-sol est composé en majorité de roches ignées et métamorphiques du Précambrien formées il y a environ un milliard d'années. La roche la plus commune dans le parc est la syénite, une roche ignée intrusive. Le marbre et le gneiss sont aussi communs dans le parc.
L'extrême sud du parc fait partie des basses-terres du Saint-Laurent et est quant à lui composé de calcaire et de dolomie datant de l'Ordovicien, il y a environ 460 millions d'années.
Hydrographie vignette|Le lac Pink vers la fin d'octobre. Le territoire du parc comprend 50 lacs. Les principaux sont le lac la Pêche qui se déverse dans la rivière la Pêche et les lacs Philippe, Mousseau et Meech qui se déversent dans le ruisseau Meech. Ses deux cours d'eau s'écoulent vers la rivière Gatineau, un affluent de l'Outaouais. Du côté de l'escarpement d'Eardley, de nombreux ruisseaux s'écoulent tous directement dans l'Outaouais.
Parmi les lacs, le lac Pink a pour particularité d'être un lac méromictique, l'un des 58 en Amérique du Nord. Les eaux de celui-ci ne se mélangent pas, contrairement aux autres lacs de la région qui le font deux fois par an, ce qui fait que les sept derniers mètres du lac sont privés d'oxygène. Le lac abrite une population d'épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) qui s'est adaptée à l'eau douce..
Climat Situé au sud-ouest du Québec, le parc a pour particularité d'avoir l'un des climats les plus méridionaux de la province.
L'escarpement d'Eardley situé à la limite sud du parc présente un microclimat particulier. Sa hauteur de ainsi que son orientation sud-sud-ouest donnent à l'escarpement un climat chaud et sec. C'est d'ailleurs l'endroit au Québec qui présente le plus d'espèces en péril, soit une quarantaine.
Histoire La région est fréquentée par les Algonquins depuis au moins . Ils utilisaient avant tout le parc pour la chasse et la cueillette. Le premier Européen à voir la région fut l'explorateur français Étienne Brûlé en 1610. Plusieurs autres coureurs des bois suivirent, dont Nicolas Gatineau qui a exploré la région à la recherche de fourrures et donné son nom à la rivière Gatineau. vignette|Parc de la Gatineau. Les premiers colons furent des loyalistes fuyant les États-Unis, nouvellement devenus indépendants à la fin du . Ces familles donnèrent leurs noms à divers lieux du parc, dont les lacs Pink, Meech, Fortune, Lusk et Mousseau. Les terres étaient cependant très pauvres et beaucoup sont partis, le peu qui reste travaillant l'hiver comme bûcherons. Durant le , le territoire du parc fut avant tout destiné à l'exploitation forestière et minière. On y vit deux mines de fer, les mines Forsyth et Baldwin. On y exploita aussi le molybdénite, le phosphate et le mica. On y exploita aussi les forêts de Pin blanc qui servirent aux mats des navires de la marine britannique.
Début du parc Le parc de la Gatineau était le premier parc fédéral proposé au Québec et aussi le premier proposé par la Division des parcs du gouvernement fédéral du CanadaVoir Archives nationales du Canada, Ministère de l’Intérieur, Division des parcs du Dominion, dossier US-14, volumes 1, 2, 5 et 6, et Lothian W.F., Petite histoire des parcs nationaux du Canada, Environnement Canada, 1987, p. 132.. Le , le commissaire aux parcs du Dominion, M. James Harkin, écrivit au sous-ministre de l’Intérieur William Cory en faveur de la création d’un réseau national de parcs, dont le premier devait être le parc de la Gatineau. Dans sa note, Harkin déclare :
Quelques mois plus tard, à la suggestion de Cory, Harkin écrit au ministre des Mines et des Forêts du Québec Charles Devlin pour lui demander s’il aiderait à établir un parc national dans la région de la Gatineau. Les fonctionnaires provinciaux répondent que la question sera immédiatement portée à l’attention du ministre. Toutefois, Devlin meurt avant de pouvoir donner suite à la demande de Harkin et l’affaire en reste là.
Le , le projet de parc fédéral revient sur le tapis à la Chambre des communes lorsque les députés se penchent sur un projet de loi visant la création d’une Commission du district fédéral chargée d’aménager des parcs et des promenades des deux rives de la rivière des Outaouais. Pendant le débat, cependant, le député conservateur John Edwards accuse le premier ministre fédéral Mackenzie King de vouloir créer un parc autour de son domaine personnel de Kingsmere et d’en faciliter l’accès par la construction d’une promenade.
Huit ans plus tard, à la demande de Percy Sparks de la Ligue contre le déboisement des terrains fédéraux, le ministre de l’Intérieur T.G. Murphy fait mener une enquête sur les effets des incendies et de la surexploitation forestière dans les Collines de la Gatineau. Les auteurs de l’enquête recommandent, entre autres, d’y créer un parc fédéral. Deux ans plus tard, cependant, King choisit de régler le problème par l’acquisition graduelle de terrains, créant ainsi sous forme embryonnaire le parc de la Gatineau le .
Évolution des limites du parc La partie méridionale du parc a été morcelée par la construction routière et le retrait de certaines terres. Ainsi, à la suite d'un exercice de rationalisation des frontières effectué au cours des années 1990, la Commission de la capitale nationale du Canada a retiré 48 propriétés du parc, comprenant 610 hectares. Avec les 135 hectares additionnels abandonnés à la construction routière au cours de la même période, le nombre total d’acres retirées du parc s’élève à 746 hectares, soit environ Chambre des communes, Document parlementaire , 14 novembre 2005 ; Document parlementaire du Sénat , 18 octobre 2006 ; La Nouvelle Ligue pour la conservation des terres boisées, « Le projet de loi S-210 : un compromis conçu pour protéger le parc de la Gatineau », mémoire présenté devant le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles, le 22 mars 2007..
Statut légal du parc Plusieurs hauts fonctionnaires fédéraux et journalistes ont récemment imputé au gouvernement du Québec la responsabilité du fait que le parc de la Gatineau ne soit jamais devenu un parc national du Canada parce qu’il a toujours refusé de céder au gouvernement fédéral les 17 % de la superficie du parc qui lui appartientComité permanent de l’environnement et du développement durable de la Chambre des communes, Témoignages, Fascicule , 14 avril 2005, p. 19. Voir également « Quebec won’t let Gatineau Park become national preserve », Ottawa Citizen, 12 décembre 2005, p. A1, et « Get the park plan out of park », éditorial, Montréal Gazette, 26 juin 2006, p. A18.
Par exemple, en 2005, devant le Comité permanent de l’environnement et du développement durable de la Chambre des communes, le directeur général de Parcs Canada, M. Alan Latourelle, a dit que la création d’un parc national nécessite notamment une entente fédérale-provinciale et le transfert au fédéral par la province des droits superficiaires et miniers sur les terrains prévus :
En vertu d'un accord conclu en 1973, le gouvernement du Québec a transféré au gouvernement fédéral le contrôle et la gestion des de terres provinciales situées à l’intérieur du parc de la Gatineau – et ce, à « perpétuité » selon les deux décrets en conseil accompagnant l’accord. Par ailleurs, la province a transféré le contrôle et la gestion des fonds de lac se trouvant à l’intérieur du parc, s’est engagée à ne pas délivrer de permis d’exploration minière pour ces terres, a indiqué que celles-ci devaient faire partie du parc de la Gatineau et a garanti que les droits transférés étaient libres de tout vice de titre.
L’alinéa 5(1)a) de la Loi fédérale sur les parcs nationaux prévoit que le gouvernement fédéral ait « un droit de propriété non grevé de charge » sur toutes les terres situées à l’intérieur d’un éventuel parc national. Or, en sus des terres de propriété provinciale, il existe aussi plusieurs terrains privés dans l'enceinte du parc de la Gatineau.
En 2005, réagissant aux pressions publiques réclamant une meilleure protection pour le parc de la Gatineau, l’honorable Ed Broadbent, député d'Ottawa-Centre, déposa un projet de loi privé à la Chambre des communes pour établir les limites juridiques du Parc et créer un mécanisme de gestion des terres, semblable à la protection offerte par la Loi sur les parcs nationaux du Canada.
Dans un geste semblable, la sénatrice Mira Spivak du Manitoba a déposé un projet de loi au Sénat le visant également à créer un statut juridique pour le Parc, tandis que Paul Dewar, qui a remplacé Ed Broadbent à titre de député d’Ottawa-Centre en 2006, en a fait de même à la Chambre des communes le .
Le projet de loi de la sénatrice Spivak, le S-210, a franchi l'étape de la deuxième lecture le , étant renvoyé au Comité de l'environnement de la Chambre haute. Le Comité a commencé son étude de cette mesure le .
Au cours des dernières années, on a retranché huit kilomètres carrés de son territoire et permis la construction de 118 nouvelles maisons et cinq nouvelles routes à l'intérieur de ses limitesLa Nouvelle Ligue pour la conservation des terres boisées, « Le projet de loi S-210 : un compromis conçu pour protéger le parc de la Gatineau », mémoire présenté devant le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles, le 22 mars 2007.
En , un tronçon de 0,5 km de la rue Gamelin situé à l'intérieur des limites du parc a été fermé.
Patrimoine naturel
Flore Le parc comprend un millier de plantes vasculaires, dont une cinquantaine d'espèces d'arbres. La forêt couvre environ 80 % du parc. Les peuplements feuillus et les peuplements mixtes sont parmi les plus courants.
Le parc est l'aire protégée ayant le plus de plantes en péril au Québec. Près d'une centaine de plantes font partie des listes du Québec ou du Canada. Parmi celles-ci, huit sont des arbres dont l'Amélanchier sanguin (Amelanchier sanguinea), le Chêne bicolore (Quercus bicolor), le Chêne blanc (Quercus alba), le Noyer cendré (Juglans cinerea), le Genévrier de Virginie (Juniperus virginiana), l'Érable noir (Acer nigrum), le Micocoulier occidental (Celtis occidentalis) et l'Orme liège (Ulmus thomasii).
Faune Mammifères