Wangenies (en wallon Wandjniye) est une section de la commune belge de Fleurus située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie Attestations anciennes Wandigeis (1185), Wandengies (1211)..

Étymologie Selon Maurits Gysseling, Wangenies dérive du roman Wandiniacas, signifiant « appartenant à Wando ».

Géographie

Situation Wangenies apparaît comme une localité hennuyère implantée au cœur d’une vaste plaine issue des reliefs qui dominent la rive gauche de la Sambre. Son territoire, d’une superficie de et , occupe une zone de transition entre le Pays de Charleroi et des campagnes plus dégagées. Élie Demartin, souligne que l’horizon y demeure marqué par la silhouette des anciens terrils et par divers vestiges charbonniers, témoins d’une activité minière aujourd’hui disparue mais longtemps structurante pour le paysage.

La commune se situe à proximité immédiate de plusieurs centres urbains : Fleurus à environ vers l’est, Farciennes à au sud, Charleroi à au sud‑ouest, Gosselies à , Ransart à vers l’ouest et Saint‑Amand à au nord. Son territoire, étroitement encadré par Fleurus à l’est et Heppignies à l’ouest, ne touche celui de Saint‑Amand que sur une très courte distance, configuration géographique relevée par Demartin pour illustrer la position charnière de Wangenies entre espaces ruraux et zones industrielles.

Localités limitrophes

Géographie physique

Relief Le relief de Wangenies se caractérise par une déclivité régulière qui traverse l’ensemble du territoire communal. Depuis le sud, où l’altitude atteint environ , le terrain s’abaisse progressivement sur une distance d’un peu plus de pour atteindre au niveau de la place communale. Plus au nord, vers le chemin reliant Fleurus à Mellet, la cote descend encore pour avoisiner , ce qui représente une dénivellation totale d’environ . Élie Demartin, souligne que cette pente douce contribue à la physionomie ouverte du paysage, typique des plaines situées entre le Pays de Charleroi et les campagnes plus dégagées.

Géologie Le sol de la localité est sablonneux et argileux.

Hameaux et lieux-dits Wangenies possède les hameaux et lieux-dits suivant : Bon-Aire, la Marcelle, le Bosquet, le Gros Buisson et la Maison Carrée.

Hydrographie Le ruisseau aujourd’hui connu sous le nom de ruisseau de Rabizée a porté, selon les époques, diverses appellations reflétant tantôt le paysage qu’il traversait, tantôt les propriétés riveraines. Dans la zone du Pré Ponceau, entre Wangenies et Fleurus, il était désigné comme rieu de Ponceau. Dans les années 1930, lorsqu’il longeait un domaine appartenant à la famille Caton près de la voie ferrée, on le nommait ry Caton. Dans la partie fleurusienne de la Basse‑Rue, il était appelé ruisseau des Longs Prés. Élie Demartin, mentionne également l’appellation Awinbu utilisée vers le milieu du , terme apparenté au wallon awe ou aiwe, signifiant « eau » ou « cours d’eau ». Prenant naissance à environ d’altitude, le ruisseau marque d’abord la limite entre Fleurus et Wangenies sur une distance d’environ avant de traverser le village. Il reçoit ensuite les eaux du ruisseau de Berlaimont, alimenté par le ruissellement provenant des terres situées entre Wangenies et Heppignies. Son cours se poursuit sur le territoire de Fleurus, où il traverse l’ancienne zone d’exploitation du sulfate de baryte, puis sert à deux reprises de frontière naturelle entre Fleurus et Saint‑Amand. Il rejoint finalement le ry de Fleurus, lequel se déverse dans la Ligne. Cette dernière traverse successivement Ligny, Sombreffe, Tongrinelle, Boignée, Balâtre et Mazy avant de rejoindre l’Orneau à Onoz, affluent de la Sambre. Demartin souligne que ce réseau hydrographique, bien que modeste, structure depuis longtemps les limites communales et les usages agricoles.

Le ruisseau de Rabizée, alimenté par les eaux de pluie retenues dans un sol argileux, a vu son débit diminuer au fil des siècles en raison des défrichements et des mouvements de terrain liés à l’activité houillère. Après 1940, il a été entièrement canalisé dans la zone habitée de Wangenies, modifiant son tracé. Autrefois, son cours traversait des jardins près de la place communale avant de passer devant l’église. Au , selon Élie Demartin, il suivait directement le chemin sans contourner la place, dont l’aménagement privé avait entraîné son détournement. Ces transformations montrent comment l’évolution du bâti et les besoins locaux ont façonné le réseau hydrographique de Wangenies.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

Antiquité Wangenies est généralement considéré comme un village d’origine très ancienne, même si aucune datation précise ne peut être établie avec certitude. Selon Élie Demartin, les premières traces connues d’occupation remontent à l’époque romaine. Avant 1794, l’abbé Grégoire, érudit et ancien curé de Saint‑Amand, signale en effet plusieurs découvertes archéologiques qui laissent penser que le site formait une petite station romaine sous les Empereurs. Ces trouvailles, évoquées dans les Annales de la Société d’Archéologie et de Paléontologie de Charleroi ainsi que dans les dictionnaires historiques de Bernier et de de Seyn, ne sont pas décrites en détail, mais leur nature semble comparable à celle observée dans d’autres implantations gallo‑romaines : fragments de poteries, monnaies, verre travaillé ou objets domestiques courants. Le territoire environnant, largement boisé durant l’Antiquité, abritait plusieurs noyaux d’habitat dispersés. Demartin souligne notamment le cas de Martinroux, dont le nom évoque un domaine établi en bordure de forêt après défrichement. Cette vaste couverture forestière, qui s’étendait alors sur une grande partie du sud de la Belgique, jouait un rôle stratégique en constituant une barrière naturelle contre les incursions germaniques, protégeant ainsi les populations romanisées. À partir du haut Moyen Âge, entre le , les grands défrichements modifièrent profondément ce paysage. Les terres furent progressivement ouvertes à la culture, entraînant la formation de nouveaux hameaux et l’extension des zones habitées. Demartin rappelle que certains lieux‑dits, comme Bon‑Air, conservèrent toutefois leur caractère boisé jusqu’au , témoignant de la lente transformation du milieu naturel et de l’évolution progressive de l’occupation humaine.

L’intégration du territoire de Wangenies dans l’ensemble administratif de la Belgique seconde remonte à la période qui suivit la conquête romaine. Après la défaite des Nerviens en 57 av. J.-C. et la disparition des Éburons, les Tongres s’installèrent dans les régions dépeuplées. Sous Trajan, ces territoires furent organisés en une province distincte, la Germania secunda, dont la frontière passait vraisemblablement à proximité immédiate du village. Bien que la limite exacte demeure inconnue, les historiens notamment Élie Demartin, considèrent que Wangenies relevait très probablement de la seconde Belgique. La christianisation précoce de la région entraîna son rattachement au diocèse de Tongres, auquel Wangenies appartenait aux . Le choix de saint Lambert comme patron paroissial, partagé avec plusieurs localités voisines, constitue un indice de cette ancienne dépendance ecclésiastique. Lorsque le siège épiscopal fut transféré à Liège au , la paroisse demeura liée à la nouvelle cathédrale : une mention de 1121 atteste que Wangenies était alors une possession du chapitre de Saint‑LambertSelon Élie Demartin, la localité est mentionnée pour la première fois officiellement en 1121, d’après Chotin dans *Étymologie du Hainaut* .. Cette continuité institutionnelle illustre, selon Demartin, la stabilité des structures religieuses dans la région durant tout le Moyen Âge. La période de paix instaurée par l’Empire romain favorisa un développement soutenu de l’habitat. La proximité de la grande voie reliant Tongres à Bavai, qui passait à quelques kilomètres du village, contribua à l’essor d’une population active et relativement dense. Les nombreuses villas mises au jour dans le Hainaut et le Namurois témoignent de cette prospérité rurale, caractéristique des campagnes romanisées. Demartin souligne que Wangenies s’inscrivait dans ce réseau de petites exploitations agricoles, dont l’économie reposait sur la mise en valeur progressive des terres et sur les échanges facilités par les infrastructures routièresSelon Élie Demartin, la chaussée romaine reliant Bavai à Cologne, construite sous le gouverneur Marcus Agrippa, traversait Trazegnies, Gouy-lez-Piéton, Pont-à-Celles, Luttre, Viesville, Liberchies, Villers-Perwin, Saint-Amand, Wagnelée et Brye ..

Moyen-Âge Wangenies se caractérisait, au Moyen Âge, par une organisation institutionnelle particulièrement complexe, où plusieurs pouvoirs se superposaient sur un même espace. Selon Élie Demartin, cette pluralité d’autorités constituait l’un des traits distinctifs de la localité, qui relevait à la fois du comté de Namur et, durant une partie de son histoire, de la principauté de Liège. Cette situation, fréquente dans les zones frontières ou dans les régions où les droits féodaux s’étaient accumulés au fil des siècles, conférait au village un statut hybride, difficile à saisir dans les cadres administratifs modernes. À cette dualité territoriale s’ajoutait une mosaïque de juridictions seigneuriales. Wangenies comprenait en effet une seigneurie hautaine, dotée de prérogatives judiciaires étendues ; une seigneurie foncière, centrée sur la gestion des terres et des redevances ; un domaine abbatial, dépendant d’un établissement religieux extérieur ; et un alleu, c’est‑à‑dire une propriété libre de toute sujétion féodale. Chacune de ces entités obéissait à des règles propres, parfois concurrentes, parfois complémentaires, ce qui contribuait à la fragmentation du pouvoir local. Demartin souligne que cette configuration, loin d’être exceptionnelle dans la région, reflète l’évolution progressive des structures féodales, où les droits se transmettaient, se partageaient ou se morcelaient au gré des héritages et des donations. Cette superposition d’autorités façonnait la vie quotidienne des habitants, qui dépendaient simultanément de plusieurs seigneurs pour la justice, les impôts, l’exploitation des terres ou les obligations personnelles. Elle illustre également la manière dont les villages médiévaux pouvaient se développer dans un cadre institutionnel éclaté, sans que cette complexité nuise nécessairement à leur cohésion sociale ou à leur continuité historique.