Jean Eugène Baffier, né à Neuvy-le-Barrois (Cher) le et mort à Paris le , est un sculpteur et écrivain français.

Biographie vignette|Plaque sur la maison natale de Jean Baffier à Neuvy-le-Barrois. En 1864, l'émerveillement de Jean Baffier devant la cathédrale de Nevers est à l'origine de sa vocation. Il est d'abord tailleur de pierres sur le chantier de restauration de la cathédrale et élève à l'École des beaux-arts de Nevers. À Paris il suit les cours d'Aimé Millet et de Joseph Garnier. Il se fait connaître par des figurines en bronze (Le Vigneron, Le Faucheur, Le Vielleux) et des étains (vases, candélabres, services de table) décorés de motifs végétaux. Il réalise également des statues et des bustes de personnages historiques (Louis XI, Jean-Paul Marat, Jean-Jacques Rousseau). Il expose au salon de 1880 un buste de la République, commandé par la mairie du XIXe arrondissement de Paris.

Fervent régionaliste, il s'intéressa à la musique traditionnelle et aux contes populaires du Berry, et fonda en 1886 Le Réveil de la Gaule, revue qui dura jusqu'en 1912. Il est également l'auteur d'un recueil de récits berrichons, Nos géants d'auterfoés, dans lequel il mentionne de nombreux lieux ruraux, tels les villages de Coust ou de Saint-Pierre-les-Étieux.

Jean Baffier voulut ranimer la foi des derniers ménétriers. Après avoir rassemblé quelques vielleux et cornemuseux, il fonda à Paris, le , la Société des Gâs du Berry et aultres lieux du Centre, sise au 6, rue Lebouis dans le . Il dota cette société de deux emblèmes : la bannière et le bâton. La première bannière se compose d'un panneau de bois muni d'un manche. Elle porte la devise : .

Comme la plupart des fondateurs du mouvement folklorique, Jean Baffier avait des idées réactionnaires, nationalistes, était antisémite et fréquentait la Jeunesse antisémite et nationaliste (JAN). Adhérent à la Ligue de la patrie française (LAF), il fut ainsi un ardent antidreyfusardSur son engagement dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/01/07/jean-baffier/}.. On trouve ses écrits dans les journaux de l'époque (Journal du Cher, Dépêche du Berry).

Il est enterré au cimetière de Sancoins (Cher)Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Paris, Le Cherche-Midi, 2011, p. 48.. Un petit musée lui est consacré à Sancoins.

Le musée du Berry lui a consacré une exposition en 2009-2010Elle a donné lieu à un catalogue par Béatrice de Chancel-Bardelot..

Les Archives départementales du Cher possèdent un fonds Jean Baffier (23 J). Ce fonds comprend des dessins de Jean Baffier ainsi que de nombreuses lettresEtat des fonds sur Jean Baffier aux Archives départementales du Cher. Voir aussi : Louis Marin, Jean Baffier (1851-1920). Répertoire de ses travaux littéraires et artistiques (document dactylographié conservé aux Archives du Cher).. Il a été donné aux Archives par la veuve de Louis Marin, député de Meurthe-et-Moselle de 1905 à 1951, qui s'était lié avec Baffier à travers leur implication commune dans la Fédération régionaliste française.

Œuvres dans les collections publiques

Bourges : Monument à Louis XI, 1886, statue en bronze« Monument à Louis XI – Bourges », notice sur e-monumen.net.. Monument aux morts de 1870, ou Monument aux enfants du Cher, 1905, statue en bronze« Monument aux morts de 1870, ou Monument aux enfants du Cher – Bourges », notice sur e-monumen.net.. musée du Berry : fonds d'œuvres de Baffier. Châteauroux, musée Bertrand : Le greffeux, bronze Le maître sonneur, bronze Buste d'Ulrich-Richard Desaix, fin du 19e siècle, bronze Masque de jeune femme, plâtre Jeune fille au bonnet, plâtre Buste de Louis XI, plâtre Souvenir du Berry, terre cuite

Paris, square de l'Aspirant-Dunand : Monument à Michel Servet, 1908, statue en marbre. Vizille, musée de la Révolution française : Louis Antoine de Saint-Just, 1886, statue en plâtre.

Publications Le Réveil de la Gaule, ou la Justice de Jacques Bonhomme, Paris, Imprimerie spéciale, 1886. Les Marges d'un carnet d'ouvrier : objections sur la médaille à Zola offerte à propos de l'affaire Dreyfus, Paris, chez l'auteur, 1898 (Texte en ligne). Causeries esthétiques d'un ouvrier sculpteur français. La Cathédrale de France, ses destructeurs, ses détracteurs, pourquoi on a voulu la détruire, pourquoi on l'a calomniée, Paris, chez l'auteur, 1900. Nos géants d'auterfoés. Récits berrichons recueillis par Jean Baffier, préface de Jacques Boulanger, Revue du seizième siècle, Société des études rabelaisiennes, Champion, Paris, 1913 (Texte en ligne). Réédité à Paris par Champion, 1920. Un jau de la grousse espèce. Articles et contes, Lettres de Neuvy-le-Barrois.

Notes et références

Annexes Bibliographie Neil McWilliam, Monumental Intolerance. Jean Baffier, A Nationalist Sculptor in Nineteenth-Century France, Penn State University Press, 2000. Hugues Lapaire, « Un Gaulois : Jean Baffier », in Portraits berrichons, Paris, 1927.

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