Jean Sulivan, pseudonyme de Joseph Lemarchand, est un prêtre et écrivain français né le à Montauban (aujourd'hui Montauban-de-Bretagne), en Ille-et-Vilaine, et mort le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Biographie Joseph Lemarchand naît dans une famille bretonne d'exploitants agricoles. Son père est tué à la guerre en 1916, en Argonne. Ne pouvant mener seule l'exploitation agricole en tant que métayère, sa mère se remarie en 1919. Joseph est l'enfant unique issu du premier mariage de sa mère. Il est Jusqu'au milieu du , le petit séminaire représentait souvent . Repérés par les curés de paroisse, les enfants doués pouvaient y étudier: l'Église prenait leurs études en charge. . Le petit séminaire de Châteaugiron fut fermé en 1971 et remplacé par un établissement scolaire. (Source documentaire: « L'ensemble Sainte-Croix », Les circuits du patrimoine, site consulté le 14 octobre 2017: )., puis il entre au grand séminaire de Rennes. Il est ordonné prêtre en 1938 Ò Gormaile Pádraig, « Littérature et spiritualité : l'aventure de Jean Sulivan ». In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1993, , . .

Jeune prêtre, il est aumônier des étudiants de Rennes pour lesquels, après la Seconde Guerre mondiale, il organise un ciné-club et ouvre une bibliothèque de prêt en littérature. Il crée aussi un journal mensuel, Dialogues Ouest.

Il quitte son poste d'enseignant dans un lycée catholique en 1958, à l'âge de quarante-cinq ans, pour se consacrer à l'écriture. En vingt-deux ans, il écrira presque trente livres.

Il est renversé par une voiture à Paris et meurt une semaine plus tard le Biographie de Jean Sulivan sur le site de l'Association des Amis de Jean Sulivan (dissoute en 2010), page d'archive consultée le 15 octobre 2017 .

Son nom de plume est emprunté au film de Preston Sturges, Les voyages de Sullivan (1942), rapporte Pádraig Ò Gormaile en se fondant sur un passage de Matinales, Itinéraire spirituel de l'écrivain. Il ajoute: .

Jean Sulivan a également été directeur de collection chez Gallimard (Collection « Voies ouvertes ».), puis chez Desclée de Brouwer (Collection « Connivence ».).

L'écrivain et prêtre Une page de synthèse littéraire de manuel scolaire, intitulée « Roman et idéologies d'après-guerre » au paragraphe « Orthodoxies et création » du volume Littérature de la collection Henri Mitterand - « Textes et documents », situe Jean Sulivan au chapitre « Années 1950... Hussards et Chevau-légers », 2. « Romans de mal du siècle », en tant que romancier inspiré par le christianisme, aux côtés de Pierre-Henri Simon, Luc Estang, Paul-André Lesort, Roger Bésus, Henri Queffélec ou Gilbert CesbronCollection Henri Mitterand, Littérature Textes et Documents , ....

En 1964, Jacques Madaule aurait dit de Sulivan qu'il était Eamon Maher, Jean Sulivan (1913- 1980) ; la marginalité dans la vie et l'œuvre, Paris, L'Harmattan, 2008: (Quatrième de couverture du livre)..

Dans un article de 2011 du journal La Croix, Bruno Frappat considère Jean Sulivan plutôt comme un qui . Selon lui, l'entrée tardive en écriture, telle une ouvrit à Jean Sulivan . Il s'agissait aussi d'une , car, interrogeait l'écrivain, . Mais , poursuit Frappat en citant encore Sulivan, n'empêchait pas celui-ci Bruno Frappat, « Jean Sulivan contemporain », La Croix, .

Situation de dissidence cléricale en Bretagne (1960-1990) Dans le cadre d'une étude intitulée « Abchristianisation. Écarts et départs dans le clergé breton (1960-1990) », l'historien Yvon Tranvouez évoque à propos de la dissidence cléricale en Bretagne à cette époque, l'une des , en la personne de l'abbé Joseph Lemarchand, alias Jean Sulivan (1913-1980), prêtre du diocèse de Rennes : celui-ci, observe-t-il, Yvon Tranvouez, « Abchristianisation. Écarts et départs dans le clergé breton (1960-1990) », Ethnologie française, 2012/4 (Vol. 42), p. 761-770. DOI : 10.3917/ethn.124.0761. . Sulivan , Yvon Tranvouez le cite : Comme pour ceux qui restent dans l’institution, même si leur croyance s'est modifiée, la situation est incommode. Le « prix » à payer n’est pas qu’existentiel, commente l'historien : Édith Delos, qui a bien connu Sulivan à Paris, parle à son sujet d'« une vie assez marginale, hors sécurité matérielle »Édith Delos, « Jean Sulivan : biographie », Approches. Questions sur l’homme, questions sur Dieu, 1991, 70 : , référence donnée par Yvon Tranvouez..

Parmi les prêtres qui « partent », tout en continuant de s’inscrire, d’une manière ou d’une autre, dans l’horizon chrétien, en adoptant ce que Yann Raison du CleuziouYann Raison du Cleuziou, De la contemplation à la contestation, socio-histoire de la politisation des dominicains de la Province de France (1950-1980). Contribution à la sociologie de la subversion d’une institution religieuse, thèse de doctorat en science politique (Michel Offerlé, dir.), Université Paris 1, 2008. nomme une posture de « fidélité paradoxale », Jean Sulivan, d'après Tranvouez, se défait de toute posture critique ou revendicatrice et s’en tient à un « christianisme d’incertitude » qu’il partage avec ceux qui, comme lui, Jean Sulivan, L'instant l'éternité, Entretiens avec Bernard Feillet, Ed. du Centurion, 1978, . Mais le sentiment d’un écart entre le message de l’Évangile et le visage de l’Église dont ils se trouvent être les représentants officiels est de plus en plus mal vécu par ces prêtres dissidents. Dans l’un de ses premiers livres, Provocation , Jean Sulivan exprime son . En 1959, il Jean sulivan, Provocation ou la faiblesse de Dieu, Plon, 1959, .. Et si l'âge le rendra plus indulgent à l’égard de ses confrères, il n'en restera pas moins sceptique sur la performance du langage ecclésiastique.

Œuvres Fin des années 1950 Le Voyage intérieur, Plon, 1958; réédité dans Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968 L'insurrection du prince, récit inédit, 1959, édité dans Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968 Provocation ou la faiblesse de Dieu, Plon, 1959 Années 1960 Le bonheur des rebelles, Plon, 1960, réédité dans Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968 Le Prince et le mal, Paris, Spes, 1960 ''Ligne de crête Plon, 1961, réédité et suivi de Les Hommes de souterrain, Desclée de Brouwer, Coll. « Connivence », 1978. Paradoxe et scandale, Plon, 1962, réédité sous le titre Dieu au-delà de Dieu, Gallimard, 1968, puis aux éditions Desclée de Brouwer, 1982 Du côté de l'ombre, Gallimard, 1962 Mais il y a la mer, Gallimard, 1964 ; collection Folio, , 1974. Le plus petit abîme, Gallimard, 1965 Devance tout adieu, Gallimard, 1966; collection Folio , 1983. Prix des écrivains de l'Ouest 1988. Car je t'aime, ô Éternité !, Gallimard, 1966 L'Obsession de Delphes, Gallimard, 1967 Bonheur des rebelles, Gallimard, 1968 Consolation de la Nuit, Gallimard, 1968 Dieu au-delà de Dieu, Gallimard, coll. « Les Essais », 1968 (réédition de Paradoxe et scandale, Plon, 1962, avec quelques ajouts), réédité aux Éditions Desclée de Brouwer, coll. « Connivence », 1982. Les Mots à la gorge, Gallimard, 1969 et éditions Apogée, 2008 Miroir brisé, Gallimard, 1969 Années 1970 D'Amour et de mort à Mogador, Gallimard, 1970 Petite littérature individuelle suivi de « Logique de l'écrivain chrétien », Gallimard, Collection « Voies ouvertes » (dir.: Jean Sulivan), 1971. Joie errante, Gallimard, 1974; coll. Folio , 1988. Je veux battre le tambour, Gallimard, 1975 Matinales I : Itinéraire spirituel, Gallimard, 1976; Folio essais , 2000, Prix Bretagne 1976 Matinales II : La Traversée des illusions, Gallimard, 1977. « La Dévotion moderne », introduction à L'imitation de Jésus-Christ, nouvelle traduction du latin par Michel Billon, Desclée de Brouwer, coll. « Connivence », 1979 L'instant l'éternité, Entretiens avec Bernard Feillet, Ed. du Centurion, 1978 Quelque temps de la vie de Jude et Cie, Stock, 1979 1980 sqq., éditions posthumes L'Exode, Desclée de Brouwer, 1980; réédition avec une préface de Jacques de Bourbon Busset, Cerf, 1988 Parole du passant, Le Centurion-Panorama Aujourd'hui, Paris, 1980, réédité aux Éditions Albin Michel, coll. « Paroles vives », 1991 L'Écart et l'alliance, Gallimard, 1981 Bloc-notes, préface de Jacques de Bourbon Busset, éditions SOS du Secours catholique, 1986 Une lumière noire, sur Hubert Beuve-Méry, Paris, éditions Arléa, 1994: réédité aux éditions Apogée,Rennes, 2007 Autres publications de Jean Sulivan En tant qu'éditeur (directeur de collection) « Blessure d'absolu », préface de J. Sulivan à Roger Munier, L'instant, éditions Gallimard (Collection « Voies ouvertes »: dir. Jean Sulivan), 1973. Avec Henri Guillemin, Sulivan, ou la Parole libératrice : suivi de Passez les passants par Jean Sulivan, Paris, Gallimard, 1977.

Association des Amis de Jean Sulivan L'Association des Amis de Jean Sulivan, fondée en 1985 et présidée par Édith Delos, a publié 13 numéros de sa revue Rencontres avec Jean Sulivan. Sa dissolution, estimée nécessaire, a été prononcée lors de sa dernière assemblée générale en .

Archives de Jean Sulivan Au début de l'année 2011, les archives de Jean Sulivan ont été déposées par Édith Clanet-Delos, légataire de Jean Sulivan, à l'I.M.E.C. (Institut mémoires de l'édition contemporaine).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie et documents

Anthologies Pages (choix de textes réunis par Marie Botturi avec Edith Delos et Marguerite Genzbittel), « avant-propos » de Jean Grosjean, introduction de Raymond Jean, Gallimard, 1996. Jean Sulivan. Libre sous le regard de Dieu, présentation par Patrick Gormally et Mary Ann Mannion, Fides, Québec, 2006. L'incessante marche. Extraits de Jean Sulivan (éd.: Joseph et Maryvonne Thomas), Mine de Rien, Néant-sur-Ivel, 2003. Jean Sulivan Abécédaire, Édition établie et présentée par Charles Austin, Gallimard, 2010 Jean Sulivan. Une pensée par jour, textes choisis par Claude Goure, éditions Médiaspaul, 2014

Sources bibliographiques de l'article

(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs) Michel Bressolette, « Jean Sulivan, le rebelle », Études, 1968/11 (Tome 329), , Collection Henri Mitterand, Littérature Textes et Documents , Bernard Lecherbonnier, Dominique Rincé, Pierre Brunel, Christiane Moatti, Introduction historique de Pierre Miquel, Paris, Nathan, Edition revue et mise à jour, Impression . Édith Delos (dir.), Rencontres avec Jean Sulivan, Revue de l'Association des Amis de Jean Sulivan, directeur de rédaction : Claude Goure, 1985-2010. Bruno Frappat, « Jean Sulivan, contemporain », Journal La Croix, . Henri Guillemin, Sulivan, ou la Parole libératrice (suivi de Passez les passants par Jean Sulivan), Paris, Gallimard, 1977.

Pádraig Ò Gormaile , « Littérature et spiritualité : l'aventure de Jean Sulivan ». In: Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1993, . . DOI : 10.3406/caief.1993.1812 Jean-Pierre Jossua, « Bulletin de théologie littéraire », Revue des sciences philosophiques et théologiques, 2004/2 (Tome 88), . DOI : 10.3917/rspt.882.0333. Eamon Maher, « Le personnage marginal chez Sulivan », Études, 1994/7 (Tome 381), . DOI : 10.3917/etu.811.0091. Jean Sulivan, 1913-1980 : la marginalité dans la vie et l'œuvre, L' Harmattan, 2008. « Jean Sulivan: the priesthood of the pen », The Irish Times, 19.02.2021 Yvon Tranvouez, « Abchristianisation. Écarts et départs dans le clergé breton (1960-1990) », Ethnologie française, 2012/4 (Vol. 42), p. 761-770. DOI : 10.3917/ethn.124.0761.

Bibliographie complémentaire

Actes de colloques sur Jean Sulivan (Dans l'ordre chronologique des parutions)

Collectif, « Le sacrement de l'instant. Présence de Jean Sulivan », Actes du premier colloque Jean Sulivan, Question de, , Paris, Albin Michel, 1990 Collectif, Yvon Tranvouez (dir.), Jean Sulivan, L'écriture insurgée, Éditions Apogée, Rennes, 2007. Collectif, Jean Sulivan, une parole d'intériorité pour aujourd'hui, Actes du Colloque de Ploërmel des 24 et , Les Sources et les Livres, 2, rue de la Fontaine, 44410 Assérac.