Chênehutte-Trèves-Cunault est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, devenue le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Gennes-Val de Loire, puis, le , de Gennes-Val-de-Loire.

La commune est née en 1974 de la fusion des anciennes communes de Chênehutte-les-Tuffeaux et Trèves-Cunault.

Géographie vignette|alt=Les bords de la Loire à Chênehutte-Trèves-Cunault.|Les bords de la Loire à Chênehutte-Trèves-Cunault. Localisation Commune du nord Saumurois, Chênehutte-Trèves-Cunault est un petit village d'Anjou situé sur la rive gauche de la Loire, qui se trouve sur les routes , Gennes - Saumur, et , Forges puis Doué la FontaineIGN et BRGM, Géoportail Chênehutte-Trèves-Cunault (49), consulté le 2 septembre 2012..

Géologie et relief L'altitude de la commune varie de 20 à , consulté le 2 septembre 2012 — Données consultables sur WikiAnjou., et son territoire s'étend sur près de ( hectares).

La commune se situe sur les unités paysagères du Val d'Anjou et du Plateau du Saumurois — Données consultables sur WikiAnjou..

Toponymie et héraldique Toponymie Nom de Chênehutte Formes anciennes du nom de Chênehutte : Carnonensis pagus au , Canauthia en 1044 - 1055, Caneutia en 1055 - 1070., Chenchute en 1793, Chenchute et les Tuffeaux en 1801, à la suite de son regroupement entre 1793 et 1794 avec Les Tuffeaux, puis Chênehutte-les-Tuffeaux, et Chênehutte-Trèves-Cunault à la suite de son regroupement en 1973 avec Trèves-CunaultNom de la municipalité en 1793 (an II), selon le recensement réalisé sur l'ensemble du territoire français de l'époque, et en 1801, selon les « Arrêtés de réduction des justices de paix » (actes publiés au Bulletin des lois) constituant la première nomenclature officielle des circonscriptions administratives de la France contemporaine.Insee, Code Officiel Géographique, Modifications des communes de Maine-et-Loire, consultées le 24 juin 2012..

Carnonensis pagus semble être une cacographie pour *Canotensis pagus comme l'indiquent les formes suivantes. La forme actuelle Chênehutte est récente et résulte d'une réinterprétation graphique moderne d'après les mots français chêne et hutte.

Nom de Trèves En 769, les archives de Saint-Aubin nomment Clementiniaeum le pays appelé aujourd'hui Trèves. Comme les autres villages de la rive gauche de la Loire, . Le Clementiniaeum de la rive droite conserva son nom transformé en celui de Saint-Clément, sans doute parce que l'église paroissiale qui y fut fondée en même temps que celle des Rosiers, fut, pour se conformer au vocable primitif, dédiée à saint Clément. Mais depuis longtemps, le Clementiniaeum de la rive gauche avait échangé son premier nom contre celui de Trèves. Le vocable Clementiniaeum pose un certain nombre de problèmes, car il ne correspond à aucun type toponymique attesté dans le nord de la Gaule. Peut-être faut il lire *Clementiniacum, nom de lieu gallo-roman en -acum, précédé de l'anthroponyme latin Clementinus (porté par un indigène).

Trèves est attesté sous les formes de Trevie en 1036., Trevis castro en 1035-1053, Treves en 1793, Trèves en 1801, puis Trêves, avant de devenir Trèves-Cunault en 1839 après son rapprochement avec Cunault.

Célestin Port fait dériver le nom de Trèves du mot breton tref, issu du vieux breton treb, qui veut dire chapelle succursale ou fillette.. Depuis, les recherches toponymiques ont montré qu'aucun toponyme d'origine brittonique ne pouvait être formellement identifié en dehors de l'aire de diffusion du breton, c'est-à-dire en Bretagne historique. En réalité, certains linguistes associent le nom de Trèves à Trèves (Gard) et Trèves (Rhône) qu'ils relient soit au latin trivium « bifurcation », soit à un nom de personne latin *Trebus non attesté. Il est cependant possible, plutôt que de postuler un nom de personne latin *Trebus non attesté, que Trèves représente en fait le gaulois *treb- « habitation » attesté sous la forme -trebia dans en Espagne. Cette racine, qui se perpétue dans le provençal trevar « habiter », est semblable à celle du brittonique treb.

Une légende veut que cette dénomination soit en rapport avec le mot français trêve. Jusqu'au , quoique dépendant du pagus (pays) angevin, Clementiniaeum reste soumis au comte de Blois et en particulier sous la domination du château de Saumur qui s'étendait jusqu'à Gennes et où commandait Gelduin, chef viking passé à la solde du comte de Blois. Surpris un jour par l'approche imprévue d'une armée angevine, Gelduin envoya au-devant du comte Foulques Nerra pour lui proposer de faire accord et trêve. et prit pied sur le terrain ennemi en élevant là même où il campait, pour tenir en bride le Saumurois, un château fort qui garda le nom. Ainsi du moins le raconte le chroniqueur, moine de Saint-Florent, presque contemporain de l'histoire.

Nom de Cunault Formes anciennes du nom de Cunault : Cunault en 1793 et 1801..

Il s'agit vraisemblablement du nom de personne Cunaud, autrement graphié Cunault, pris absolument, et attesté dans la régionSite de géopatronyme : répartition du nom de famille Cunault.. La variante Cunault est attestée par deux actes dans le département de Maine-et-Loire.

Il remonte au germanique Cun-wald (de cun « hardi » cf. allemand kühn « courageux » et de waldan « gouverner » cf. allemand walten « régner »)..

Héraldique

Histoire vignette|redresse=0.8|alt=Le cimetière de Cunault avec au première plan la stèle d'Hervé Bazin.|Le cimetière de Cunault avec au première plan la stèle d'Hervé Bazin. La commune de Chênehutte-Trèves-Cunault résulte de la fusion en 1973 des communes de Chênehutte-les-Tuffeaux et de Trèves-Cunault, toutes deux formées par la réunion de communes antérieures : Chénehutte et Les Tuffeaux, Trèves et Cunault.

Le château de Trèves Ce premier château fort est fondé peu avant 1026 par Foulques Nerra en vue de la prise de Saumur qui, à l'époque, est une possession du comte de Blois. Cette fondation est comprise dans un programme logistique d'ensemble, car elle est à peu près contemporaine de celle de Montreuil-Bellay. Le fief est confié à Herbert/Hubert le Rasoir (Rasorius) de Sablé (en fait, de Champagne (-Parcé) : cf. l'article Mathefelon), qui servait Foulques dans sa guerre de Touraine ; puis à Thibaud le Boutelier et Geoffroy le Fort (dès 1036).

La forteresse est prise par le comte Foulques Réchin en /1069, détruite par son ordre et reconstruite par ses soins vers 1091. Entre-temps, le marché et le port qui existent à Trèves sont transportés à Cunault. Mais en 1091, marché et port sont restitués à Trèves. Avant les événements de 1068/1069, l'église n'a pas son emplacement actuel entre le château et la Loire. Selon le cartulaire de Saint-Aubin d'Angers, elle se trouve dans le château. Le fief est donné à Geoffroy Fulcrade, chevalier, qui se fait ensuite moine à Saint-Florent en 1089, et dont le fils Geoffroy (fl. 1093, 1142) augmente considérablement le bourg où il fonde les deux prieurés.

En 1147, le seigneur de Trèves est Renaud le Roux, qui part à la croisade avec Louis VII et sa suzeraine directe, Aliénor d'Aquitaine.

En 1206, le château de Trèves soutient victorieusement une attaque de l'armée de Jean sans TerreGoulven Péron, La légende de Lancelot du Lac en Anjou, Les Cahiers du Baugeois, , mars 2012, , ..

Vers 1230, la guerre entre le roi de France et le roi d'Angleterre inspire les auteurs du Lancelot en prose. Le château de Trèves devient, dans ce long roman, l'une des places fortes aux mains des alliés du roi Arthur et aussi le lieu de naissance de Lancelot du Lac..

Enfin, de possesseurs en possesseurs cités par Célestin Port Aimery de Loudun, neveu de Gautier de Montsoreau, dans la moitié du ; Geoffroy de Loudun en 1220, 1228 ; Bouchard de Marmande vers 1258/1259, puis les Sancerre par le mariage en 1357 du comte Jean III avec Marguerite de Marmande : d'où Marguerite de Sancerre, mariée en 1374 au dauphin Béraud II d'Auvergne et en 1408 au maréchal Jacques de Montberon, baron de Maulévrier par son autre mariage], le château et la baronnie de Trèves deviennent la propriété du chancelier de France, Robert Le Maçon (né vers 1365 à Château-† 1443 à Trèves), le par achat.

vignette|redresse=0.8|alt=Donjon de Trèves.|Donjon de Trèves. En reconnaissance et récompense des services ci-dessus signalés et constatés dans ses lettres patentes du , le Dauphin, futur Charles VII, confirme à Le Maçon tous les droits antérieurs de la baronnie, ajoute ceux de

En 1424, Charles VII devenu roi accorde de plus à son chancelier, outre les trois anciennes foires qui se tiennent dans le bourg à la Saint-Luc, à la Saint-Matthieu, à la Sainte-Catherine, 3 nouvelles foires à tenir les mardis après l'Ascension et la Saint-Jean-Baptiste, avec marchés et assemblées tous les mardis, qui sont transférés à Cunaud ainsi que les foires en .

En 1435, ces privilèges royaux qui enrichissent le pays (sans doute aux dépens des anciens marchés de Gennes) et qui rapportent surtout au seigneur de beaux droits de prévôté, permettent au chancelier Le Maçon d'entreprendre et d'achever la reconstruction de son manoir et surtout du principal donjon. Le bourg qu'il abrite est devenu un véritable centre d'activité. Ses foires, ses péages, son port, l'importance de ses seigneurs y attirent des populations de tout genre et avec elles aussi plus d'une misère. Il y existent, vers le , une Maison-Dieu et une aumônerie, et quand Le Maçon meurt, il venait d'y . Le 8 mars 1479 et le lendemain, le roi Louis XI visite cette Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, XI "Itinéraire", Paris, Librairie Renouard, 1909, 190..

Le tombeau du chancelier Le Maçon existe encore dans l'église de Trèves avec sa statue. Sa succession est disputée entre son neveu Jean La Maçon et sa veuve Jeanne de Mortimer/de Mortemer, qui transmet à son mari Guy d'Acigné (d'Aussigny) (1445) ; puis une petite-nièce du chancelier, Roberte Fillastre, transmet à son mari Jean de Montécler(c) d'Huillé : < Parents de Charles de Montécler, < père de - René, baron de Trèves, et de - Marie/Françoise de Montécler qui épouse René de Villeprouvée (fl. 1474, 1489 ; Villeprouvée à St-Aubin semble-t-il ; il existe aussi Villeprouvée à Ruillé) ; leur fils < François de Villeprouvée est cité en 1491, et sa fille < Guyonne de Villeprouvée en 1559 et 1566, femme de Guy d'Avaugour (issu de la Maison d'Avaugour) : leur fille < Claude d'Avaugour (fl. 1570, 1582) marie Jacques de Clérembault vicomte en partie du Grand-Montrevault, d'où < Jacqueline de Clérembault, femme de Pierre de Laval-Lezay (1590).

En 1616, leur fils < Pierre II de Laval, capitaine de d'armes et baron de Lezay, agrandit et embellit de nouveau le château de Le Maçon.