Édouard Antoine Ducpétiaux, né à Bruxelles le et mort dans cette même ville le , est un journaliste belge. Il fut aussi un réformateur du système pénitentiaire belge.
Biographie Origines familiales et vie privée Les Ducpetiaux sont d’origine hennuyèreEdmond Rubbens, Edouard Ducpetiaux (1804 – 1868), 1922, Deux volumes, Volume 1, page 1.. Le trisaïeul d’Edouard, nommé Pierre Joseph Dupetiau, avait épousé à Valenciennes, paroisse Saint-Nicolas, le Marie Anne Alberte Goval ou Gouval, originaire de cette ville. A Mons, ils eurent dix enfants, baptisés à la paroisse Saint-Germain, et nés de 1700 à 1715. Parmi ceux-ci figure Landelin Joseph Dupetiau, baptisé à Mons, paroisse Saint-Germain, le , qui doit son prénom à son parrain dom Landelin Gouval. Pierre Joseph Dupetiau mourut à Mons, paroisse Saint-Germain, en 1732, et l'acte précise qu'il était déjà veufMons, Saint-Germain, f° 29 Octobre mil sept cens trente deux le treize l'enterement de pierre joseph Dupetiau veuve (sic).. Après avoir résidé à Mons, Landelin Joseph Dupetiau s’était ensuite établi à Bruxelles, dans la paroisse Saint-Jacques sur Coudenberg. Le nom patronymique s’écrivait de manière très fluctuante à Bruxelles puisque l’on trouve l’orthographe Dupettiau, Dupetiaux, jusqu’à du Pettiau. Landelin Joseph Dupetiaux obtint la bourgeoisie de Bruxelles le pour lui et pour son fils Antoine GuillaumeJan Caluwaerts & Hugo Simonart, Bourgeois de Bruxelles, tome III, 1695 – 1795, Louvain, 2000, p. 135 : Dupetiau(x), Landelin Josephus, ° Mons, fs Petrus Josephus & Anna Maria Alberta Gonval/Jonval/Goetvael. K. : Anthonius Guilielmus ° Brussel par. St.-Jacob 7a (…).. Il était maître orfèvre et exerça, en 1751 notamment, la fonction de contrôleur-général pour ce métier. Il résidait à la Montagne des Aveugles vis-à-vis l’abbaye de CoudenberghPrécisions données dans l’acte d’inhumation, paroisse Saint-Gudule, du 7 avril 1776, folio 146 v°. lorsqu’il mourut le . Il avait eu à soutenir de nombreux procès relatifs à son activité professionnelle Archives de la ville de Bruxelles, Archives historiques, Collection de procès. Mentionnons notamment M.L. Duran contre Claude Viennet et Landelin Joseph Ducpétiaux en 1759, ou Landellin Ducpétiaux curateur de la faillite de Joseph Vander Steen contre Jean Baptiste Le Preux, en 1761, ou encore La comtesse de Calesberg pour son père contre Lendelain Joseph Ducpétiaux et Laurentius De Neck curateur des affaires de Joseph Van Der Steen en 1763, ainsi que Landelin Joseph Ducpetiaux exécuteur testamentaire de Clara de Almiron de Castillio et Marie Joseph Defere contre N. Desirant en 1763, et Lendelain Joseph Ducpetiaux Lendelain, Charles Viennet et N. Lefebure au nom de Christophe de Chaligny contre Josse Massion avec des créances sur le duc de St Albans, en 1765, etc.. Veuf de Marie Anne Joseph van der Straet, puis en secondes noces de Marianne Larue, morte à Bruxelles en 1734, il avait épousé vers 1736, en troisièmes noces, Ida, ou Idona ou encore Agnès ou Isabelle Sonius, Sonus, ou encore Zonnius ou Zoonius.
De ce mariage est issu, après Gérard Antoine né en 1739, Antoine Guillaume Dupetiaux ou Ducpetiaux, baptisé à Bruxelles (paroisse Saint-Jacques sur Coudenberg) le . Ce dernier épousa en premières noces à Bruxelles le (paroisse Saint-Gudule) Jeanne Françoise Tricot qui était, comme le précise l’acte de mariage, la sœur de Gilles Joseph Tricot, avocat au Conseil souverain de Brabant et cela depuis 1768 Jules Nauwelaers, Histoire des avocats au Souverain Conseil de Brabant, tome deuxième, Bruxelles 1947, page 296, n° 1932.. Il était marchand de dentelles, et très renommé puisque Napoléon Ier lui acheta des dentelles pour l’impératrice Marie-Louise Paul Lafond, L’art décoratif et le mobilier sous la République et l’Empire, Librairie Renouard, 1900, p. 138. VeufJeanne Françoise Tricot était morte en septembre 1799 : Bruxelles, acte de décès du 3e jour complémentaire de l'an VII., il épousa en secondes nocesBruxelles, acte de mariage du 12 octobre 1800, n° 13. en 1800 Marie Françoise Lock (née à Bruxelles, paroisse Sainte-Gudule, en 1752, morte en 1822) qui était pour ainsi dire la fille adoptive du sieur Pierre Joseph Vander Borcht (Bruxelles 1739 - Bruxelles 1808) et de son épouse Louise Hens (Uccle 1735 - 1803), fabricants de dentelles à BruxellesMarie Françoise Lock contribua de manière importante au développement du négoce de son mari. Elle eut à soutenir un procès : Les deux filles de ses parents quasi adoptifs, qui étaient mariées aux sieurs Henri Meeûs et Jacques-Dominique t'Kint, contestèrent - victorieusement - une donation faite en sa faveur. Voyez Fournier et Tarte, Décisions notables du tribunal d’appel de Bruxelles, Volume 16, 1809, pp.289 à 309 : lire en ligne .. Il mourut à Bruxelles le Acte de décès de Bruxelles du 12 janvier 1827, n° 100. Il est qualifié de négociant..
Du premier mariage d’Antoine Guillaume naquit à Bruxelles (paroisse Sainte-Gudule) le , Jacques Joseph François Ducpetiaux, qui fut intéressé dans le négoce de son père. Il épousa à Gand (paroisse Saint-Bavon le ) Marie Caroline de Naeyer (Gand, paroisse Saint-Bavon 1783 – Bruxelles 1860), d’une famille notable de Gand, et il mourut en 1849.
Issu de ce mariage, Antoine Edouard Ducpetiaux est né à Bruxelles le . Alors qualifié d’avocatIl est également qualifié d’avocat dans l’acte de mariage de sa sœur Natalie Ducpetiaux à Bruxelles le 26 novembre 1832., il épousa à BruxellesBruxelles, acte de mariage n° 368. le , en premières noces, la très jeune Caroline Kauffmann qui était née à Liège le . Il divorça assez rapidement, et le divorce fut prononcé en 1837Bruxelles, acte de divorce du 22 avril 1837 transcrit le 23 août 1837, acte n° 17. Il est qualifié, dans cet acte de divorce, d’inspecteur des prisons.. En secondes noces, à BruxellesBruxelles, acte de mariage n° 330 du 4 mai 1842. Il est qualifié d’inspecteur général des prisons. en 1842, il épousa Pauline Marie Delehaye née à Anvers le et morte à Bruxelles le , fille d’Alexandre Edouard Delehaye, résidant à Paris et directeur honoraire de la Banque de Lille.
Journaliste sous le royaume uni des Pays-Bas thumb|left|Page de titre de De la peine de mort (1827). Édouard Ducpétiaux a fréquenté les universités de Liège, Leyde et Gand. Il a obtenu son diplôme de docteur en droit le . Ses études finies, il s'inscrit au barreau de Bruxelles et sera ensuite journaliste.
Peu de temps après, il a écrit De la peine de mort (1827) où il cherche à montrer la barbarie et l'inefficacité de la peine capitale. Il fit paraître ensuite deux brochures (De la justice de prévoyance, et particulièrement de l'influence de la misère et de l'aisance, de l'ignorance et de l'instruction sur le nombre des crimes et De la justice de répression et particulièrement de l'inutilité et des effets pernicieux de la peine de mort) commentant Du système pénal et répressif en général et de la peine de mort en particulier (1827) de Charles Lucas.
À la suite des critiques qu'avait essuyées le nouveau code pénal, Carel Asser, référendaire au Conseil d'État et attaché au ministère de la Justice, avait publié Coup-d'œil sur quelques principes essentiels du droit criminel, dans leur rapport avec le projet de code pénal afin de les réfuter. Ducpétiaux critiqua cet ouvrage en janvier 1828 dans Observations critiques sur l'apologie de la peine de mort, par M. C. Asser, secrétaire de la commission pour la rédaction du nouveau code pénal. Asser porta plainte contre Ducpétiaux et sa brochure fut saisie le . Il était accusé de faux, de contrefaçon partielle, d'escroquerie et de calomnie. Ducpétiaux adressa alors à la chambre basse du parlement néerlandais un exemplaire de sa brochure accompagné d'une pétition protestant contre les poursuites dont il était l'objet. Il obtint le soutien de parlementaires tels que Charles de Brouckère, Charles Le Hon et Dirk Donker Curtius. Ducpétiaux finit par être acquitté de toutes les charges retenues contre lui.
Le de la même année, deux journalistes français de L'Argus, Louis Bellet et Henri Jador, furent condamnés par la cour d'assise du Brabant-Méridional à un an de prison pour avoir écrit une plaisanterie critique contre un impôt et le projet de nouveau code pénal. Ayant fait appel à la clémence royale, la peine fut remise, mais ils furent expulsés du territoire néerlandais. Rédacteur au Courrier des Pays-Bas, journal bruxellois de tendance libérale, Ducpétiaux écrivit le un article en faveur des deux Français, affirmant que la constitution avait été violée. Le lendemain, il fut incarcéré à la prison des Petits-Carmes, accusé d'avoir répandu des nouvelles tendant à troubler les paisibles citoyens, cherché par ses écrits à semer la défiance contre le gouvernement de Sa Majesté, et la division parmi les habitants, troublé le bon ordre dans le royaume, offensé et injurié de hauts fonctionnaires de l'État. Le , il fut condamné à un an de prison et à 500 florins d'amende. En tout, il fit plus d'un an de prison car il ne fut libéré que le , un an après son pourvoi en cassation. Durant son incarcération, il a continué d'écrire des articles pour son journal.
Durant la révolution belge thumb|Le premier drapeau belge. Le , la révolution belge débute avec les émeutes de Bruxelles qui font suite à la représentation de l'opéra La Muette de Portici au théâtre royal de La Monnaie. Le , Lucien Jottrand, avocat et rédacteur au Courrier des Pays-Bas, charge son collègue Ducpétiaux de remplacer les drapeaux révolutionnaires français qui flottent un peu partout dans BruxellesSelon Ducpétiaux, cette manifestation était due à des agents français (Notice sur Édouard Ducpétiaux, membre de l'Académie, ) par celui des éphémères États-Belgiques-Unis. Ducpétiaux fait coudre par Marie Abts les deux premiers drapeaux belges qui ont flotté sur le balcon de l'hôtel de ville de Bruxelles.
En septembre, en tant que lieutenant de la garde bourgeoise de Bruxelles, il participe au maintien de l'ordre public. Le prince Frédéric fait alors proclamer qu'il entend marcher sur Bruxelles et que toute résistance sera repoussée par les armes. Devant cette menace, une adresse est rédigée le à l'attention du prince afin qu'il suspende son opération, une session extraordinaire des États généraux ayant été convoquée pour trouver une solution aux événements belges. Ducpétiaux est chargé d'apporter le document au quartier-général du prince à Vilvorde, accompagné de monsieur Éverard. À peine arrivés, ils sont arrêtés et transférés à la citadelle d'Anvers où une commission militaire les condamnent à mort, sans qu'ils n'aient pu voir le prince. Cependant, à la surprise générale, les Journées de Septembre tournent au fiasco pour l'armée royale : elles sont repoussées le jour-même lors de leur attaque de Louvain et se font prendre au piège dans le parc de Bruxelles, qu'elles sont contraintes d'évacuer le , offrant la victoire aux volontaires belges qui les poursuivent et déclenchent la guerre belgo-néerlandaise après la déclaration d'indépendance de la Belgique, le .
Dans ce contexte, après diverses tractations entre les autorités provisoires belges et le prince Frédéric, Ducpétiaux est relâché par le prince d'Orange qui remplace provisoirement son frère. Le , Ducpétiaux est de retour à Bruxelles ; il repart à Anvers le pour négocier en vain avec Frédéric l'échange de prisonniers. Il participe ensuite à la prise d'Anvers mais échoue à se faire élire en novembre au Congrès national.
Inspecteur général des prisons et des établissements de bienfaisance Le , le gouvernement provisoire le nomma inspecteur général des prisons et des établissements de bienfaisance, poste qu'il a occupé jusqu'en 1861.
Dès 1832, il soumit au gouvernement un projet de loi visant à réformer les « maisons d'aliénés ». Il est membre de la commission instituée, en 1841, pour l'amélioration de la condition des aliénés en Belgique.