Manuel Aeschlimann, né le à Asnières-sur-Seine (Seine), est un homme politique français. Membre des Républicains, il est député des Hauts-de-Seine de 2002 à 2012 et maire d'Asnières-sur-Seine de 1999 à 2008 puis depuis 2014.
Biographie
Jeunesse et formation Élève dans le lycée de Sainte-Croix de Neuilly (où il obtient son baccalauréat en 1982), Manuel Aeschlimann poursuit des études de droit à l'université Paris - Panthéon-Assas et obtient une maîtrise de droit privé ainsi qu'un DEA de science politique et de droit public.
Par la suite, il devient chargé de travaux dirigés (TD) à Assas où il enseigne notamment des questions relatives aux stratégies électorales à l'Institut d'études politiques de Paris jusqu'en 2007. Il devient avocat en .
Carrière politique Ascension à Asnières-sur-Seine (1987-2002) Militant au RPR à partir de 1987, il entre au conseil municipal d'Asnières-sur-Seine à l'âge de 25 ans, puis est nommé premier adjoint au maire. Mais en 1992, il se désolidarise de l'équipe municipale, ce qui entraîne son exclusion du RPR. Il se présente alors, la même année, aux cantonales sous l'étiquette Génération écologie, mais est également exclu de ce mouvement.
De 1994 à 1999, il est premier adjoint divers droite au maire d'Asnières-sur-Seine. Membre du conseil général des Hauts-de-Seine, il en préside en 1994 la commission de la culture, de la jeunesse et des sports, et devient président du Rassemblement national des élus locaux pour la sécurité.
Il est élu maire UDF d'Asnières-sur-Seine en en remplacement de Jean-Frantz Taittinger, démissionnaire. Il entre à l'UMP à sa création, en 2002.
Député des Hauts-de-Seine (2002-2008) Il est élu député le 16 juin 2002, dans la des Hauts-de-Seine, en obtenant 63,63 % des voix au second tour face au socialiste Dominique RieraÉlections législatives de 2002 - résultats dans la des Hauts-de-Seine, sur le site du ministère de l'Intérieur.. Durant la législature, il est membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République et des groupes d'études parlementaire sur l'amiante, le cancer et la modernisation de la vie politique française. Chaque année, il sera rapporteur pour avis sur le budget des collectivités territoriales dans le cadre des lois de finance annuelles.
Il cosigne des propositions de loi, notamment en matière de sécurité, dont celle visant à inciter à la remise en état des biens dégradés par les auteurs de graffitis« Proposition de loi visant à inciter à la remise en état des biens dégradés par les auteurs de graffitis », ou celle visant à renforcer les mesures prises à l'encontre des personnes coupables de mauvais traitements sur les personnes âgées« Proposition de loi visant à renforcer les mesures prises l'encontre des personnes coupables de mauvais traitements sur les personnes âgées ».
Au niveau national, il devient conseiller technique de Nicolas Sarkozy en , après avoir créé et présidé la commission du suivi de l'opinion publique à l'Union pour un mouvement populaire. À ce titre, il met en garde l'UMP, à travers des sondages ciblés, sur une possible victoire du non au référendum sur la constitution européenne« Copé recrute une jeune garde pour “coacher” les députés UMP », Le Figaro..
Le 17 juin 2007, Manuel Aeschlimann est réélu avec 56,19 % des suffrages pour la législature, face à Michèle EtcheberryÉlections législatives de 2007 - résultats dans la des Hauts-de-Seine, sur le site du ministère de l'Intérieur.. Sa suppléante est Caroline Coblentz.
Début , la presse publie un rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France. Ce document met en cause plusieurs aspects de la gestion de la mairie d'Asnières-sur-Seine, comme des faiblesses fiscales et un lourd endettement, une consommation excessive de carburant pour les véhicules de la mairie, « des honoraires d'avocats somptuaires », la « nomination irrégulière d'un cadre technique », la gestion de la construction d'un parking, ou encore un « conflit d'intérêts » de son adjoint dans des opérations immobilières...
Perte de ses mandats et condamnation pour favoritisme (2008-2014) En vue du second tour de l'élection municipale de 2008, les listes du Parti socialiste et des Verts, du MoDem et divers droite fusionnent. Cette union, emmenée par le socialiste Sébastien Pietrasanta, remporte le scrutin avec 51,87 % des voix contre 48,13 % à la liste de la majorité conduite par Manuel Aeschlimann, pourtant arrivée en tête au premier tourÉlections municipales de 2008 - résultats à Asnières-sur-Seine, sur le site du Figaro.. Il devient alors conseiller municipal d'opposition.
Il est condamné le pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public en 1998, engendrant une peine d'inéligibilité d'un an après jugement en appel. Afin de pouvoir se représenter à l'élection municipale de 2014 après de sa période d’inéligibilité, il renonce à se pourvoir en cassation et démissionne du conseil municipal le .
La même année, il perd son mandat de député, à nouveau face à Sébastien Pietrasanta qui obtient 53,53 % des voix. Manuel Aeschlimann faisait partie de la « liste noire » des hommes politiques que la présidente du Front national, Marine Le Pen, avait appelé à faire battre du fait de leur « comportement particulièrement méprisant à l'égard de [ses] électeurs ou à l'égard des lois de la République »Liste noire: Marine Le Pen appelle à faire battre NKM, Tron, Pupponi, Jack Lang et Xavier Bertrand, Geoffroy Clavel, Le HuffPost, 11 juin 2012.
En 2013, il participe aux manifestations de La Manif pour tous.
Réélection à la mairie d'Asnières-sur-Seine (depuis 2014)
Il reconquiert la mairie d'Asnières-sur-Seine lors de l'élection municipale de 2014, avec la mobilisation du mouvement Sens Commun en sa faveur. Sa liste obtient 50,12 % des suffrages exprimés et bat ainsi de justesse celle menée du maire sortant Sébastien Pietrasanta mais cette élection est annulée par le Conseil d'État le , celui-ci relevant qu'il résulte « des déclarations de policiers municipaux et de plusieurs témoignages circonstanciés, que des pressions ont été exercées aux abords immédiats de plusieurs bureaux de vote », et « qu’eu égard au très faible écart des voix entre les deux listes en présence, de telles pressions ont été de nature à fausser les résultats du scrutin ».. De nouvelles élections sont organisées les 14 et . La liste « 100% Asnières » conduite par Manuel Aeschlimann obtient 47,42 % des suffrages exprimés à l'issue du premier tour. Manuel Aeschlimann est à nouveau élu à la mairie d'Asnières après avoir battu Sébastien Pietrasanta
Attaché aux questions de sécurité, il déclare augmenter les moyens matériels et humains dédiés à la police municipale dès le début de son mandat. En 2015, il fait remplacer les 75 caméras de vidéoprotection de la ville par du matériel plus performant. Progressivement, le parc de vidéoprotection est étendu pour se rapprocher de la barre des 100 caméras en 2018. La ville atteint également un effectif de 55 policiers municipaux et se dote d’une brigade canine avec la présence d’un chien spécialisé dans la détection des produits stupéfiants, permettant ainsi d'importantes saisies de drogue ont ainsi pu être réalisées et de nombreux trafiquants interpellés. Il se déclare publiquement favorable au développement de la vidéoprotection par drone.
Il vante alors le développement de l'agriculture urbaine et implante une ferme aquaponique dans la Halle Flachat, permettant à la start-up Agricool d'expérimenter la production de fraises en containers et dédie plus de à l'agriculture urbaine dans les ZAC en construction en bord de Seine. Il recourt à plusieurs reprises à la préemption commerciale pour dynamiser et diversifier les commerces asniérois. Porté par le dynamisme économique des Hauts-de-Seine, il parvient à convaincre Porsche d'installer son siège social français à Asnières en 2018. Suivront d'autres entreprises comme Naf Naf ou Chevignon en 2019.
Au niveau régional, il est élu le vice-président de la métropole du Grand Paris..
En , il annonce porter plainte contre dix élus d’opposition en diffamation. En , Valeurs actuelles annonce la mise en examen des élus concernés.
En , il obtient le rejet de la requête du sénateur communiste Pierre Ouzoulias concernant une image de la Nativité dans une publication municipale.
Vie privée Manuel Aeschlimann est marié à Marie-Dominique Ristori, fille d'un cadre régional de la Guadeloupe. Elle devient son adjointe et conseillère régionale d'Île-de-France, candidate déçue aux élections législatives de 2017 et de 2022 dans la circonscription d'Asnières.. En 2023, elle est élue au Sénat sous le nom de Marie-Do Aeschlimann.. Leur fils cadet a pour parrain Nicolas Sarkozy. .
Affaires judiciaires et controverses
Accusation de fichage ethnique En 2006, une enquête est ouverte par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), sur ordre du parquet de Nanterre, suite à la dénonciation de l'opposition, concernant des listes électorales (environ 40 000 noms) qui auraient été triées par origine ethnique à la mairie d'Asnières. Selon le Parti socialiste, de « nombreux » habitants d'Asnières-sur-Seine auraient reçu des tracts ou communiqués de la mairie rédigés en fonction de leur origine, âge ou sexe . Manuel Aeschlimann dénonce l'ouverture d'une enquête à trois semaines des élections. Il affirme par ailleurs que tous les fichiers de la mairie font l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL. Après enquête de police, les poursuites sont abandonnées faute de preuves.
Le , quatre jours après sa défaite aux élections municipales, il est convoqué par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) dans le cadre d'auditions relatives trois enquêtes préliminaires distinctes ouvertes par le parquet de Nanterre. La première concerne des soupçons de fichage ethnique d'électeurs, , et la troisième l'attribution d'un marché de restauration collective passé avec Avenance, pour lesquels il a été relaxé. Cette procédure avait déjà valu une garde à vue de trente-six heures à Bernard Loth, l'ancien directeur général des services. La veille, le nouveau maire socialiste d'Asnières Sébastien Pietrasanta, avait également communiqué à la presse qu'il allait saisir la chambre régionale des comptes en raison de la diffusion de 27 500 exemplaires du rapport intégral de la cour régionale des comptes consacré à la gestion de la commune aux frais de la mairie. Un rapport que Manuel Aeschlimann n'avait pas voulu rendre public avant les élections municipales, « s'avérant cinglant sur sa propre gestion entre 1999 et 2006 » écrit Le Parisien .
Condamnation pour favoritisme Le , il est condamné en première instance à 18 mois de prison avec sursis, quatre ans d'inéligibilité et 20 000 euros d'amende pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public en 1998. En 1998, alors premier adjoint, il avait confié sans mise en concurrence l'organisation d'un festival à la société CDA Production, gérée par Dominique Carbonnier, avec lequel il était en affaires.
Le , la Cour d'appel de Versailles confirme la peine prononcée en première instance, l'inéligibilité étant réduite à un an. Afin de pouvoir se représenter à l'élection municipale de à la fin de sa période d’inéligibilité prévue en , il renonce à se pourvoir en cassation et présente sa démission de conseiller municipal d'opposition le .
Affaire Avenance