Jean Chapelié, né à Marseille le et mort à Ixelles (Bruxelles) le , est un officier supérieur français et lieutenant-général belge. Son nom reste attaché à la création de l'École militaire belge qu'il dirige durant presque trente ans.
Biographie
Jean Jacques Édouard Chapelié, né à Marseille le , appartient à une vieille famille protestante d'origine huguenote. En 1839, il épouse Mathilde Nuewens, originaire de Bruxelles qui lui donne trois fils, Paul (1840-1922), futur général et aide de camp du roi des Belges Léopold II, Félix et Édouard.
Après une brillante formation militaire à l'École polytechnique (promotion X 1812) sous l'Empire de Napoléon Ier, il est nommé élève sous-lieutenant à l'école d'application du génie et de l'artillerie le . Il participe ainsi aux campagnes de l'empire en 1814 sous les murs de Paris et à Metz en 1815.
Sous le règne du roi Louis XVIII, il est nommé lieutenant en second en 1817. En 1819, il est admis comme lieutenant au corps d'état-major. Au sein de l'état-major général du corps d'armée, il participe à l'Expédition d'Espagne d' à 1828. En 1823, il se distingue notamment par sa bravoure lors de la bataille du Trocadéro et à la défense de Vic en Catalogne. En , il est promu capitaine.
En 1828, il réalise des travaux topographiques à Perpignan et en Catalogne.
Lors de la campagne d'Algérie en 1830, il est à l'état-major et est promu chef d'escadron. Le , il commande deux compagnies du régiment de Marche et repousse les attaques des tribus kabyles. En septembre, il prend part à l'expédition de Médéa, s'y mettant en évidence par son endurance et sa bravoure. Le , il est nommé chef de bataillon dans le corps royal d'état-major.
En , il est nommé lieutenant-colonel d'état-major et détaché par l'armée française auprès du général Desprez en mission en Belgique. À la demande du nouveau roi des Belges Léopold , ce dernier est chargé de former la nouvelle armée belge encore inexpérimentée. En , l'armée belge avait démontré de graves lacunes lors de désastreuse Campagne des Dix-Jours qui avait vu le territoire belge envahi par l'armée hollandaise. Chapelié occupe ainsi la fonction de sous-chef d'état-major provisoire à l'état-major général pendant onze mois avant que cette fonction lui soit confirmée en .
En 1834, le roi Léopold désire créer de toutes pièces une école militaire qui soit digne d'un État européen qui était encore dépourvu dans de nombreux domaines de structures solides. Pour cela, il fait appel par l'entremise du général Louis Évain, ministre de la Guerre, à Chapelié. Le fait que Chapelié soit protestant comme le roi lui permet d'entrer facilement dans la sympathie du souverain. Chapelié s'inspire pour ce faire de l'École Polytechnique de Paris en ce qui concerne l'organisation, et les programmes d'études qu'il adapte pour la Belgique. De à , Chapelié utilise toute son énergie pour diriger et améliorer sans cesse l'École Militaire dont la valeur acquiert une grande reconnaissance dans de nombreux pays.
En , il est nommé lieutenant-colonel dans l'armée belge, colonel en . En , il démissionne de l'armée française. Il est naturalisé belge le .
Poursuivant sa carrière dans l'armée belge, il est nommé général-major le et lieutenant-général, grade le plus élevé dans l'armée belge, en . Il est admis à la pension en .
À la suite de son décès à Ixelles le , il reçoit des funérailles avec les honneurs militaires de la garnison de Bruxelles et est inhumé au Cimetière de Bruxelles à Evere. Hommages et distinctions La « Rue Jean Chapelié » à Ixelles perpétue sa mémoire.
Une buste, œuvre de Charles Van Oemberg, au Musée royal de l'armée et de l'histoire militaire à Bruxelles, un tableau, œuvre de W. Le Roy, et une médaille œuvre de Léopold Wiener représentent ses traits.
Les décorations suivantes lui ont été décernées :
en 1863 (Belgique) ; Grand cordon de l'ordre de Saint-Stanislas (Empire de Russie) ; en 1841 (France) ; Grand officier de l'ordre du Médjidié (Empire ottoman) ; Grand officier de l'ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie) ; (Espagne) ; (Espagne) ; Croix commémorative et médaille de Sainte-Hélène (France). Notes et références
Annexes Bibliographie Marc Van Den Steene (1931-1992), Chapelié, Jean Jacques Édouard (1792-1864), dans, De Léopold à Jean Rey. Les protestants en Belgique de 1839 à 1989, Bruxelles, Faculté universitaire de Théologie protestante, 1990 (avec une introduction du Hugh Robert Boudin. L. Leconte, Le Général Chapelié et le Major Bailly, premiers commandant et commandant en second de l'École militaire, Carnet de la Fourragère, t. IV 4, 1935, p. 339-345 Histoire de l'École Militaire 1834-1934, Bruxelles, 1935. Hugh Robert Boudin, "Chapelié Jean Jacques Édouard", dans : Dictionnaire historique du protestantisme et de l'anglicanisme en Belgique du à nos jours, Arquennes, 2014.
Liens connexes
École royale militaire (Belgique).
Liens externes
Faire-part de décès et biographie du général Chapelié
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