La brigade Jesser, du nom de son commandant, le général Kurt Von Jesser, est un groupe mobile, composé d'éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, qui était destiné à réprimer et anéantir les groupes de maquisards, en Auvergne et dans le Limousin, et qui a sévi dans ces régions de juin à .

Elle est également désignée sous les noms de : « division Jesser », « groupe Jesser », « groupe mobile Jesser », « colonne Jesser » et « Kampfgruppe Jesser ».

La colonne Création Au début du mois de , le général Fritz Brodowski, commandant l'état-major principal de liaison Hauptverbindungsstab (HVS) 588 basé à Clermont-Ferrand reçut l'ordre formel de rétablir l'ordre dans l'Auvergne et le Limousin contre les maquisards dont les actions commençaient à mettre sérieusement en cause l'occupation allemandeComme les combats de Tulle les 7 et et la levée en masse de par le colonel Gaspard (Émile Coulaudon) de l’AS, dans les monts de la Margeride entre Cantal et Haute-Loire.. Son commandement s'étendait sur neuf états-majors de liaison, Verbindungstab (VS) à raison d'un pour chaque département (Puy-de-Dôme, Allier, Haute-Loire, Cantal, Haute-Vienne, Corrèze, Creuse, Dordogne et Indre).

Pour remplir cette mission un groupement tactique mobile de combat de la valeur d'une brigade fut mis à sa disposition et constitué de troupes chargées de la recherche et de la destruction des maquis et des unités FFI dont le commandement tactique fut confié au Generalmajor Kurt Von Jesser.

Constitution Le groupe des forces allemandes destiné à cette répression ne fut pas constitué d’une unité militaire organique, mais de l’amalgame de nombreuses unités qui reçut l’appellation de « groupe mobile Jesser » dont le quartier général était situé à Royat dans le Puy-de-Dôme.

Pendant la « pacification » de la région, le quartier général de la colonne était situé à Ussel en Corrèze.

Composition Sous les ordres du général Kurt Von Jesser, les forces allemandes étaient composées : d'une colonne rapide, de environ, sous le commandement de l'oberst Georg Coqui, composée du : Régiment de sécurité (Motorisiertes Sicherungsregiment 1000 - régiment motorisé de sureté également connu sous le nom de Sicherungs-Brigadestab 74 - de sécuritéSicherungs-Brigadestab 74 sur lexikon-der-wehrmacht.de.) qui comprenait : un état-major une compagnie de blindés, avec véhicules à essence, auto-mitrailleuses, batteries d'artillerie, de canons d'infanterie et anti-aérien deux bataillons d'infanterie, l'un à quatre compagnies, l'autre à six, avec des mortiers, une compagnie du génie Groupe de reconnaissance AA1000 (Aufklärungs Abteilung 1000) d'une colonne lente, également de environ, avec véhicules et camions à gazogène (réquisitionnés), composé de soldats de l'Ost-LégionLes soldats de l'Ost-Légion étaient des ex-prisonniers de l’armée rouge. : Un bataillon de la Wolga Tatarische Legion (Légion des Tatars de la Volga) qui comprenait trois compagnies stationnées au Puy-en-Velay) ; Un bataillon de l' Aserbajdzansche Legion provenant des Aserbeidschanischen Bataillone 804, 806 et I./73 et composé de trois compagnies stationnées à Rodez puis à Saint-Flour.Les deux bataillons appartenaient au Freiwillige-Stamm-Regiment.2 (Régiment de volontaires Tatars de la Volga, Arméniens et Azerbaïdjanais) Freiwilligen Stamm-Regiment 2 basé à Mende. d'éléments complémentaires rapides : 1 Verbindungstab état-major de liaison avec une compagnie de transmissionLes Verbindungstab (VS) sont des états-majors de liaison auprès des préfets. Panzerjäger Kompanie (compagnie antichar) Une compagnie d'automitrailleuses venant du Gross Paris Motorisierte Flak Bataillon (bataillon motorisé de DCA) Reserve Artillerie Abteilung (groupe d’artillerie de réserve) de la de réserve 2 escadrilles d’aviation d’intervention et de reconnaissance, dotées de Stukas et de Fieseler Storch basés à Aulnat d'éléments policiers : Des forces du commandement supérieur des SS et de la police (SD et SIPO) dirigé par Hugo Geissler 1 Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst Stab (état-major de la police de sécurité et du service de sécurité) 15 groupes d’interrogatoires le bataillon du SS Polizei Regiment 19 (bataillon motorisé de police SS) 7 brigades d’intervention de la FeldgendarmerieSurnommés les « colliers de chiens » par la population car ils portaient une plaque métallique autour du cou. (280 hommes) (brigades de Montluçon, 932 de Clermont-Ferrand, 960 de ?, 979 de Châteauroux, 986 de ?, 993 du Puy-en-Velay et 1115 de ?)

thumb|Soldats Feldgendarmes avec leurs « colliers de chiens » et leur moto BMW avec side-car. La brigade Jesser est articulée en 6 Kampfgruppen (Groupements tactiques), numérotés de A à F. Soit au total plus de et 500 véhicules, armés d'auto-mitrailleuses Panhard AMD-178 d'origine française, appelé par les Allemands Leichter PanzerspähwagenPanhard AMD 178/PzSpw. (f)., c'est-à-dire des véhicules de reconnaissance blindés, de mortiers légers de campagne, de canons antiaériens de calibre reconvertis en armes d'infanterie, de canons de campagne divers, etc.

Sicherungs-Brigadestab 74 La Sicherungs-Brigadestab 74 (motorisiert) ( de sécurité motorisée) est créé en à Montargis avec les Sicherungs-Regiment 1000 et 1010 et l'Aufklärungs-Abteilung 1000 (Groupe de reconnaissance 1000). La brigade fut utilisée après les répressions en Limousin et Auvergne lors des combats pour la trouée de Belfort et la poche de Colmar.

Régiment de sécurité 1000 Le régiment, motorisé, est créé, en France, en sous le nom de Sicherungs-Regiment 100 ( de sécurité)Sicherungs-Regiment 100 et Sicherungs-Regiment 1000 sur lexikon-der-wehrmacht.de. et se compose d'un état-major, avec une compagnie de véhicules blindés, et de deux bataillons.

En , alors en poste à Montargis-Pithiviers-Briare il prend le nom de Sicherungs-Regiment 1000 et compose, en avec le Sicherungs-Regiment 1010 et l'Aufklärungs-Abteilung 1000 (Groupe de reconnaissance 1000), la Sicherungs-Brigadestab 74.

Après les actions de répression en Limousin-Auvergne le Sicherungs-Regiment 1000, devenu le Grenadier-Regiment (motorisiert) 1000, est incorporé, en , dans la puis les débris sont incorporés dans la d'infanterie et qui formera le Grenadier-Regiment 1212 et participera aux combats en Alsace et à Colmar.

Réputation La colonne Jesser disposait d’une supériorité écrasante en hommes et en moyens.

La férocité de ses hommes était renforcée par la présence du SD et du SIPO en ses rangs, dont le chef Hugo Geissler sera tué à Murat dans le Cantal.

Les unités SD et SIPO étaient implantées jusqu’à l’échelon de la compagnie et étaient chargées du contrôle de l’exécution des prisonniers et autres exactions.

Les opérations Juin 1944 Du 8 au : la colonne effectue la « liquidation » du réduit du mont Mouchet. Le , à Murat, un groupe de résistants parti de Saint-Genès-Champespe abat l'Hauptsturmführer Hugo Geissler, l'un des 21 chefs régionaux de la Gestapo (SS et SD) en France. – : opérations de répression dans le Cantal. Le , les Tatars de la Volga de la Brigade Jesser encerclent Murat dans le Cantal, et déportent 117 habitants. le , 3 résistants sont fusillés à Brimessanges sur la commune de Saint-Donat (63). : le régiment de reconnaissance AA 1000 est à Bort-les-Orgues en Corrèze.

Juillet 1944 vignette|Soldats tatars de la Volga. : lors d’une embuscade dans les gorges du Chavanon, 22 soldats allemands du de sécurité sont tués. En réaction, du 9 au : la colonne, partie du Cantal, traverse Bort-les-Orgues et lance des ratissages allant de Bourg-Lastic à Combressol pour trouver le commandant Duret. Le , 5 convois de la colonne Jesser sont envoyés en représailles en Corrèze et dans l'ouest du Puy-de-Dôme, à la suite de l’embuscade du Chavanon le où le commandant d’une compagnie du de sécurité à Ussel et sa colonne sont anéantis par la résistance (22 morts et quelques prisonniers). Ils installent leur QG à Eygurande et Bourg-Lastic. Un civil est tué le au soir lorsque les premiers éléments du groupement Coqui investissent et cernent le village de Bourg-Lastic. Il s'ensuit une « semaine de terreur » à Bourg-Lastic, village bouclé et occupé par le groupement CoquiEn particulier, un détachement du Sicherungs-Regiment 1000., au cours de laquelle sont interrogés des résistants de Bourg-Lastic et Messeix ainsi que des civils de la région. Le colonel Coqui et son aide-de-camp logent à Bourg-Lastic en face de la mairie où sont enfermés les otages. : un premier convoi de 110 véhicules et 7 canons patrouille en direction de La Courtine, Sornac, Millevaches, Marcy, Gioux, Gentioux, Saint-Merd-la-Breuille, Saint-Oradoux-de-Chirouze. : un second convoi de 74 véhicules et 7 canons ratisse sur Saint-Angel, Meymac, Saint-Merd-les-Oussines, Bugeat, Peyrelevade et à nouveau Gentioux. : un troisième convoi de 76 véhicules et 2 canons stationne à Ussel puis ratissant très large se dirige vers La Courtine, Magnat-l'Étrange, Eygurande, Bourg-Lastic, Avèze, Herment, Crocq et la Creuse. Les autres convois restent en soutien à Ussel ou patrouillent dans les environs. : une quatrième colonne de la brigade est signalée partant de Murat en direction de Riom ès Montagne se dirigeant vers la Creuse. : à Bourg-Lastic : à l'issue des enquêtes et interrogatoires menés du 10 au , 25 à 28 otages partent à Clermont-Ferrand. six d'entre eux seront déportés avec le statut « politique » dont deux femmes. Les autres otages seront envoyés au STO en Allemagne. : à Bourg-Lastic 23 otages sont fusillés au camp militaire. Parmi eux, le maire Pierre Chassagny ainsi que Maurice Piedpremier, instituteur, capitaine des Forces Françaises de l'Intérieur et commandant la compagnie de la zone 3, et ainsi que deux de ses seconds, Henri Dulac et Pierre Beaulaton. : de l'autre côté du Chavanon, à Feyt (Corrèze), les colonnes assassinent 3 résistants (balles dans le dos). : le groupement Coqui incendie les villages d’Alleyrat et de La Rochette situés à quelques kilomètres au nord d’Aubusson. : Près de Saint-Merd-les-Oussines, accrochage avec la FTP sur le plateau de Millevaches, qui perd 3 hommes (Henri Cayet, Pierre Orluc, Auguste Stein) à Marcy ; quatre des leurs sont déportés. Les Allemands ont environ 20 morts et blessés. En représailles, ils incendient le hameau de Marcy et déportent 6 personnes. Du au (ou environ) la colonne du colonel Georg Coqui sévit dans la Creuse (La Courtine, Felletin, Aubusson, Royère-de-Vassivière, Pontarion, Bourganeuf), où elle fit une répression féroce. Répressions dans les environs de Bourganeuf par la brigade Jesser : : Domaine du Mas-Baronnet à Masbaraud-Mérignat, une unité du CFL est faite prisonnière, enfermée dans la tour Zizim puis une dizaine d'hommes sont déportés en Allemagne. le capitaine Jacques Chapou alias Kleber est tué les armes à la main à l'entrée de Bourganeuf, plutôt que de se rendre... : Vidaillat, attaque du PC des FFI au château de Courson. Une centaine de prisonniers. : Vidaillat, 10 CFL sont tués au hameau de Cosnat. : Le groupement Coqui attaque le Riou Blanc à à l’est de Bourganeuf et aurait tué 72 résistants, fait 32 prisonniers et récupéré de 50 à d’armes.. Du 18 au : Le groupement Coqui pousse de fortes reconnaissances en Haute-Vienne et attaque les positions du colonel Guingouin du mont Gargan, dans un triangle Sussac, Sainte-Anne et Domps. dans le bois de la Croix de la Mine à Saint-Dizier-Leyrenne, des FFI du Cher sont attaqués et perdent 8 morts et 61 déportés. : le groupement Coqui attaque Chard où il tue 6 FFI et fait 17 prisonniers qu’il fusille et achève. : à quelques kilomètres de Saint-Rémy (19) un groupe de la colonne Jesser tombe dans une embuscade perdant 2 camions et contre aucune perte de la de l’AS. vignette|Soldat tatar de la Volga. Dans la nuit du 29 au , 75 Tatars (probablement membre de la Légion d'Idel-Oural), venus du Puy désertent les forces allemandes et rejoignent les résistants de l'Armée secrète.