Jean-Marc Ayrault, né le à Maulévrier (Maine-et-Loire), est un homme d'État français. Il est Premier ministre du au .
Conseiller général de la Loire-Atlantique et maire de Saint-Herblain de 1977 à 1989, il est maire de Nantes de 1989 à 2012, député de 1986 à 2012 et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale de 1997 à sa nomination comme Premier ministre, à la tête du premier gouvernement de la présidence de François Hollande, le . Il forme un second gouvernement le suivant, après la victoire de la gauche aux élections législatives.
Il démissionne de ses fonctions de Premier ministre en 2014, au lendemain de la défaite de la gauche aux élections municipales. Remplacé par Manuel Valls, il retrouve son mandat de député puis fait son retour au gouvernement en en devenant ministre des Affaires étrangères et du Développement international.
Il renonce à briguer un nouveau mandat de député lors des élections législatives de 2017. En 2019, le président Emmanuel Macron le nomme à la tête de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage.
Situation personnelle Origines familiales gauche|vignette|redresse|Jean-Marc Ayrault avec sa femme Brigitte au musée d'Arts de Nantes, en septembre 2011. Jean-Marc Ayrault est l'aîné des cinq enfants« Ayrault vu par ses proches », article Europe 1 du 15 mai 2012. de Joseph Eugène Maurice Ayrault, ouvrier agricole, puis dans une usine de textile, avant de devenir cadre dans cette même usine et de Georgette Ghislaine Albertine Uzenot., couturière puis femme au foyer.
Études et profession Il est élève de l'école primaire catholique Saint-Joseph de Maulévrier puis, à partir de 1961., du lycée public Colbert de Cholet où il obtient le baccalauréat (série A) en 1968.. Il fait ensuite des études supérieures d'allemand à l'université de Nantes. En 1969-1970, il étudie une partie de l'année (un semestre) en Allemagne, à l'université de Wurtzbourg. Il est licencié en lettres en 1971, puis passe le CAPES d'allemand en 1972. Il fait son année de stage à Nantes (collège Talence, lycée Jules-Verne et lycée Georges-Clemenceau), puis est nommé professeur au collège Gutenberg à Saint-Herblain en 1973.
Jean-Marc Ayrault est exempté du service national en 1976« Repères. Jean-Marc Ayrault », liberation.fr, 17 mars 2013.. Devenu maire de Saint-Herblain en 1977, il n'occupe plus pendant quelques années qu'un poste de professeur à mi-temps.
Mariage En , il épouse Brigitte Terrien. Née d'une famille catholique d'agriculteurs le à Maulévrier, elle milite pendant sa jeunesse au Mouvement rural de jeunesse chrétienne. Diplômée en lettres modernes, elle devient professeure de français dans un collège de la région nantaise à partir de 1974. Elle est élue conseillère générale dans le canton de Saint-Herblain-Ouest-Indre entre 1982 et 2001, puis en 2002 déléguée régionale aux droits des enfants des Pays de la Loire. Elle quitte cette fonction en 2004 avant de créer en 2005 la Maison des adolescents de Nantes« Brigitte Ayrault : qui est vraiment l'épouse du nouveau Premier ministre ? », Planet.fr, 21/05/2012..
Jean-Marc et Brigitte Ayrault ont deux filles, Ysabelle, née en 1974, et Élise, née en 1977, journaliste à Canal+« Élise Ayrault, la Boîte à questions », La Chambre blanche., ainsi que trois petits-enfants« Jean-Marc Ayrault : une ambition nantaise », Le Point, 17 janvier 2007..
Parcours politique Débuts militants Durant son adolescence, Jean-Marc Ayrault devient membre du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), d'abord à Cholet puis à l'université de Nantes. Cette organisation a joué un rôle essentiel dans sa formation politique dans la mesure où, entre 1966 et 1968, elle est marquée par une vision libératrice de la religion et elle aurait adopté certains éléments du marxisme comme outil d'analyse de la société.
Durant ses études, Jean-Marc Ayrault veut s'investir dans l'action politique et s'intéresse au Parti socialiste. Il quitte le fin 1970. En 1971, il emménage avec sa famille à Saint-Herblain, dans le Sillon de Bretagne, immeuble qu'ils habitent jusqu'à ce qu'il soit élu maire de Nantes, en 1989« Ayrault, monsieur loyal », Libération, 15 mai 2012..
Il rencontre à Nantes au début de 1971 son premier mentor politique, Bernard HazoDéçu par le tournant de 1983, Bernard Hazo, quitte le PS en 1984 pour rejoindre le Parti des travailleurs. Militant syndical, il est secrétaire adjoint du syndicat du personnel Force ouvrière (FO) de l'université de Nantes (voir sur le site de l'union départementale FO de la Loire-Atlantique)., membre de la Convention des institutions républicaines (CIR) de François Mitterrand. C'est dans ce cadre qu'il participe à la préparation du congrès d'Épinay, en apportant sa voix à la motion Poperen. Après le congrès, la tendance Poperen se retrouve dans la minorité, Pierre Mauroy s'étant rallié à François Mitterrand.
Après un passage à la Jeunesse socialiste, Jean-Marc Ayrault entre en dans la section de Saint-Herblain du PS, dont il devient vite secrétaire adjoint, puis secrétaire en 1974, alors que celle-ci passe d'une vingtaine à une centaine de membres de 1972 à 1977.
Maire de Saint-Herblain Lors des élections cantonales de 1976, Jean-Marc Ayrault est élu conseiller général dans le canton de Saint-Herblain. Il siège au conseil général de la Loire-Atlantique jusqu'en 1982.
En 1977, il affronte directement Michel Chauty pour la mairie de Saint-Herblain et devient (avec 56 % des voix), à 27 ans, le plus jeune maire de France d'une commune de plus de habitants. Il a pour premier adjoint Charles Gautier, qui sera son successeur.
En 1978, il est désigné comme candidat par les militants pour les élections législatives, devant Alain Chénard, mais celui-ci est imposé par François Mitterrand pour des raisons d'équilibre entre les ex-SFIO (les « mauroyistes ») et les nouveaux socialistes. Jean-Marc Ayrault refuse d'être son suppléant, mais accepte en revanche en 1981.
En 1979, il entre au comité directeur du Parti socialiste lors du congrès de Metz, au cours duquel il est membre de la commission des résolutions. Peu après, le courant Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) prend la direction de la fédération de la Loire-Atlantique, avec Jean Natiez comme secrétaire. En 1981, au congrès de Valence, il entre au bureau exécutif national. Jean Natiez quittant le secrétariat fédéral de la Loire-Atlantique, Jean-Marc Ayrault laisse cette fonction à Charles Gautier, son premier adjoint à Saint-Herblain.
Pendant ses deux mandats, on peut signaler les travaux de réhabilitation du Sillon de Bretagne ainsi que des interventions municipales à propos d'entreprises, la construction de la salle de spectacles Onyx.
De 1977 à 1982, il intervient assez souvent, en particulier à propos d'un projet de centrale électro-nucléaire au Pellerin qui concerne assez directement son canton mais à cette époque le conseil général de la Loire-Atlantique a une majorité de droite.
Maire de Nantes
En 1989, le maire de Nantes, Michel Chauty, ne se représente pas. Jean-Marc Ayrault, convaincu par le président de la République François Mitterrand, décide de se présenter à la mairie et officialise sa candidature en . La campagne électorale est marquée par les visites de François Mitterrand à Saint-Herblain en à l'occasion d'une inauguration et celles du Premier ministre Michel Rocard et de Jacques Chirac à Nantes. Le , la liste Ayrault l'emporte dès le premier tour, avec 50,19 % des voix, face à la liste de Daniel Augereau qui recueille 40 % des voix. Jean-Marc Ayrault est successivement réélu maire en 1995, 2001 et 2008..
Son arrivée à la tête de la mairie coïncide juste après ou avec les mises en service et applications des projets de ses prédécesseurs ou dépassant le cadre nantais : réintroduction du tramway, due à Alain Chénard, édification de la cité des Congrès, de la technopole Atlanpole, décidées par Michel Chauty, arrivée du TGV en 1989, achèvement du périphérique Sous son mandat, la vie culturelle à Nantes trouve ses symboles en Royal de luxe, Le Lieu unique, La Folle Journée et le Festival des trois continents.
Un autre aspect de son action est l'urbanisme, notamment les réaménagements du centre-ville : cours Saint-Pierre et Saint-André, place Saint-Pierre, cours des 50-Otages, place Royale et les développements du système de transport public (nouvelles lignes de tramway, ligne de bus en site propre « Busway », système de vélopartage « Bicloo »).
Dans le cadre de son mandat de maire, Jean-Marc Ayrault encourage également un travail sur la mémoire des expéditions négrières des Nantais (Les Anneaux de la Mémoire) au , qui est visitée par entre et , dont l'initiateur est l'avocat de centre gauche Yvon Chotard, chargé des relations internationales et du tourisme jusqu'en 2008.Joël Bigorgne, « Anneaux de la Mémoire : la polémique gâche l'anniversaire », Ouest France, 15 janvier 2011., ce qui aboutit à l'inauguration en du Mémorial de l'abolition de l'esclavage, réalisé par l'artiste polonais Krzysztof Wodiczko« Mémorial de l'abolition de l'esclavage : Nantes ose regarder son passé », Libération, 25 mars 2012..
Concernant l'éventualité d'un redécoupage des régions préconisé par le rapport du comité Balladur, Jean-Marc Ayrault est opposé, tout comme Jacques Auxiette mais contrairement à Jean-Yves Le Drian, à Patrick Mareschal ou à son adjoint Jean-Louis Jossic, à ce que la Loire-Atlantique rejoigne la région Bretagne« Nantes en Bretagne : Ayrault dit non ! », nantes.maville.com, mardi 17 mars 2009..
Il développe la structure intercommunale, le Syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de l'agglomération nantaise (SIMAN) de 1982, devenant district en 1992 et communauté urbaine en 2002 sous le nom de Nantes Métropole ; il en prend alors la présidence.
Depuis la relance du projet en 2000, Jean-Marc Ayrault défend la construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes« L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le « bébé » de M. Ayrault », Le Monde, 10 mai 2012., surnommé par certains opposants à ce projet l'Ayraultport« La faim de l’« ayraultport » ? », Politis, 3 mai 2012.. Le , Jean-Marc Ayrault se fait entarter dans le contexte du conflit autour de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Il dénonce le l'abandon du projet d'aéroport..
Membre du groupe d'études sur le problème du Tibet de l'Assemblée nationale« Groupe d'études sur la question du Tibet », site de Assemblée nationale., Jean-Marc Ayrault reçoit le le dalaï-lama à la mairie de Nantes à l'occasion du séjour du chef spirituel tibétain à Nantes« Jean-Marc Ayrault reçoit le dalaï-lama à l'hôtel de ville de Nantes en 2008 », nantes.fr, 18 août 2008.. Plusieurs mois auparavant, le , le maire de Nantes avait symboliquement pavoisé l'hôtel de ville du drapeau tibétain en signe de solidarité avec le peuple tibétain à la suite des événements tragiques de mars.