Jules Dupré, né à Nantes le et mort à L'Isle-Adam le , est un peintre paysagiste français, ayant également réalisé quelques lithographies d'après ses propres œuvres, pionnier à l'instar de Camille Corot, du paysage à la française, et influencé par John Constable.

Il sortit de son atelier et peignit en plein air dès les années 1830, autour de Paris, à Barbizon et dans le Limousin.

Il est le frère aîné du peintre Léon Victor Dupré (1816-1879).

Biographie vignette|redresse|Jules Dupré, Autoportrait, 1870, L'Isle-Adam, musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq. thumb|redresse|Cayeux-sur-Mer Son père, originaire de L'Isle-Adam, dirige une manufacture de porcelaine à Parmain avant de s'établir à Nantes. Jules Dupré s'initie d'abord à l'art du décor sur céramiquePlat décoré d'une corbeille de fleurs (vers 1827) de la manufacture de Coussac-Bonneval, Limoges, musée national Adrien Dubouché, don de la famille Dupré en 1894. et admira toute sa vie Théodore Géricault, Claude le Lorrain et Rembrandt.

En 1823, il arrive à Paris où il travaille chez un oncle qui emploie Auguste Raffet, Louis Cabat et Narcisse Díaz de la Peña. Il fait alors également la connaissance de Constant Troyon, ouvrier peintre à la manufacture de Sèvres.. Il est ensuite admis dans l'atelier du paysagiste Jean-Marie Diébolt et vend ses premières peintures à Paris. Devenu l'ami du paysagiste Louis Cabat, celui-ci le persuade d'abandonner la céramique pour peindre des scènes de genre et des paysages de plein air. Il étudie les peintres hollandais du siècle dont il demeurera grand admirateur Dictionnaire universel de la peinture, S.N.L. - Dictionnaires Le Robert, 1975, vol.2, page 279. et, en 1831, expose pour la première fois au Salon avec des paysages du Limousin.. En 1832, il séjourne dans le Berry avec Cabat et expose quatre œuvres au Salon de 1833 où il obtient une médaille de seconde classe comme peintre de genreRehs Galleries, New York, Jules Dupré, et devient l'ami des peintres Alexandre-Gabriel Decamps, Eugène Lami et Théodore Rousseau.

Voyages Il se rend en Angleterre en 1834 afin d'y étudier John Constable, le maître du paysage anglais, qui influencera profondément son œuvre. Lors du Salon de 1835, Eugène Delacroix le félicite pour la facture de ses ciels. Il reçoit chez lui de nombreux artistes comme Ary Scheffer ou Antoine-Louis Barye.

Il fréquente Barbizon avec Rousseau ; ensemble, ils effectuent en 1844 un séjour de cinq mois dans les Landes (Tartas, Peyrehorade et surtout Bégaar), excursionnant dans les Pyrénées (Oloron, Saint-Jean-Pied-de-Port, Bayonne) : , ils se distinguent de Jean-François Millet en ce que l'homme est absent de leurs paysages Jean Bouret, L'École de Barbizon et le paysage français au XIXe siècle, Éditions Ides et Calendes, 1972, pages 130 et 252..

restituent Hélène Braeuener et Bénédicte Pradié Ottinger Hélène Braeuener et Bénédicte Pradié-Ottinger, Les peintres de la baie de Somme - Autour de l'Impressionnisme, La Renaissance du livre, 2001. : il voyage également en Normandie et dans l'Indre où il participe avec de nombreux autres peintres à l'École de Crozant dans les vallées creusoises. Il aurait eu en 1846 une liaison avec George Sand et essaie, sans succès, de fonder un salon de peinture indépendant et sans jury. L'attribution de la Légion d'honneur le brouille avec Rousseau qui lui ne l'a pas reçue. Il s'installe en 1850 à L'Isle-Adam qu'il ne quitte plus que pour se rendre à Paris et sur la côte normande.

Hélène Quantinet, qui fut son élève et sa maîtresse depuis plusieurs années, meurt en 1857. En 1860, il épouse à Champagne-sur-Oise Stéphanie-Augustine Moreau avec qui il a déjà deux enfants, Juliette-Ernestine (1859-1948), future épouse de l'architecte Louis Henri Georges Scellier de Gisors., et Jules (1860-?) ; le troisième enfant, Maurice, naîtra en 1865.

Les Étés à Cayeux Il peint généralement des paysages campagnards aux ciels tourmentés, mais aussi des séries de marines influencées par Gustave Courbet lors de ses séjours à Cayeux-sur-Mer (il y acquiert une maison en 1865.), parfois, notamment en 1868, en compagnie de Jean-François Millet. De fait, il passe chaque été à Cayeux, séjour qu'en 1870 il prolonge jusqu'au mois d', rejoint alors par son élève Auguste Boulard, afin d'échapper à l'occupation de l'Isle-Adam par les troupes allemandes. Pierre Miquel, Le paysage français au XIXe siècle - 1800-1900, l'école de la nature, Éditions de la Martinelle, 1985.. En 1881, l'État lui achète Le Matin et Le Soir pour le musée du Luxembourg à Paris.

En 1889, il est promu commandeur de la Légion d'honneur. Ne se remettant pas d'une opération chirurgicale commandée par la maladie de la pierre dont il est atteint, il meurt d'une embolie pulmonaire à L'Isle-Adam en 1889. Lors de son inhumation au cimetière de L'Isle-AdamPhilippe Landru, « L'Isle-Adam » Cimetières d'ici et d'ailleurs, 22 septembre 2011, Gustave Larroumet, directeur des Beaux-Arts prononce ainsi son éloge : . Le , sa famille procède à la vente, par le commissaire-priseur Paul Chevallier (le catalogue est établi par le galeriste Georges Petit), de son atelier et de sa collection dont le produit s'élève à . Sa maison de L'Isle-Adam est détruite en 1900.

Jules Dupré et ses contemporains vignette|redresse|Musée Courbet, Ornans, Portrait de Dupré par Courbet Ses relations avec Théodore Rousseau, fraternelles, romantiques, souvent orageuses, quasi exclusives à certaines périodes, ont suscité bien des commentaires. L'influence réciproque des deux hommes constitue une des clefs de l'évolution de leurs œuvres.

Gustave Courbet fait au moins quatre séjours chez lui à L'Isle-Adam et peint son portrait..

Bien que Vincent van Gogh n'ait probablement jamais rencontré Dupré lors des séjours parisiens, celui-ci manifeste toute sa vie une profonde admiration pour son aîné et porte sur son œuvre un regard d'une grande acuité. Sur une durée de quinze ans, une soixantaine de mentions est identifiable dans la correspondance de van Gogh, le plus souvent adressée à son frère Théo. Ces lettres contiennent des descriptions enthousiastes des œuvres de Dupré. Le peintre incarne à ses yeux le romantisme à la française et il associe fréquemment son nom à celui de Victor Hugo. En parlant du roman Quatrevingt-treize qu'il vient de lire, il écrit : . Stéphanie Perris cite également ces mots de Vincent van Gogh en 1885 : Stéphanie Perris-Delmas, « Jules Dupré, l'ermite de L'Isle-Adam », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°3, 25 janvier 2008, pages 161-163.

Il avait un atelier en 1839 avenue Frochot, puis au rue Bréda à Paris.

Œuvre

Expositions Expositions personnelles thumb|, Memphis (Tennessee) thumb|Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, L'Isle-Adam Jules Dupré, 1811-1889, Galerie du Fleuve, Paris, novembre-. Jules Dupré, 1811-1889, , Memphis (Tennessee), 1979. Jules Dupré, centenaire de sa mort - Peintures, dessins, estampes, documents, musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, L'Isle-Adam, mai- Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, pages 278-279.. Jules Dupré - Rétrospective, musée des Beaux-Arts de Reims, - « Jules Dupré, maître méconnu de l'École de Barbizon au musée de Reims », L'Orient le jour, 30 octobre 2007. Jules Dupré - La mer, toujours recommencée, musée d'art et d'histoire Louis-Senlecq, L'Isle-Adam, - ...

Expositions collectives Galerie Susse Frères, Paris, 1836. Exposition universelle, Champ-de-Mars, Paris, avril-, douze tableaux. Exposition universelle, Paris, 1889. Before Monet : landscape painting in France ans impressionnist masters - Highlights from the Walters Collection, Walters Art Museum, Baltimore, 1998. The road to Impressionnism - Landscapes from Corot to Manet, Walters Art Museum, Baltimore, 2004-2005. L'Oise de Dupré à Vlaminck - Bateliers, peintres, canotiers, exposition itinérante : musée d'art et d'histoire Louis-Senlecq, L'Isle Adam, 2007 ; musée des Beaux-Arts de Reims, janvier-. La Creuse, une vallée-atelier - 1830-1930 : paysages romantiques, impressionnistes, postimpressionnistes, musée de la vallée de la Creuse, Éguzon-Chantôme ; château d'Ars, Lourouer-Saint-Laurent ; musée Bertrand, Châteauroux ; musée d'Art et d'Archéologie de Guéret, mai-Département de la Creuse, La Creuse, une vallée-atelier, catalogue de l'exposition, 2013. La collection Wilhelm et Henny Hansen, musée Jacquemart-André, Paris, 2017.. Sur les pas de Daubigny - Aux sources de l'Impressionnisme, musée Daubigny, Auvers-sur-Oise, - .. Impressions marines, musée Daubigny, Auvers-sur-Oise, mars-. Peindre dans la vallée de la Creuse, atelier Grognard, Rueil-Malmaison, . Lumières et couleurs de la vallée de l'Oise, musée Daubigny, Auvers-sur-Oise, - .

Salons Jules Dupré expose au Salon dès 1831 avec sept tableaux ; cinq tableaux en 1833 ; quatre tableaux en 1834 et en 1835 ; deux tableaux en 1836. En 1839, il y présente sept toiles, des paysages de l'Indre, de la Corrèze et de Normandie, avant de se désintéresser du Salon pour n'y reparaître qu'en 1852 avec trois tableaux, enfin en 1867 (Exposition Universelle) avec treize tableaux.

Collections publiques Argentine Buenos Aires, musée national des beaux-arts : Vaches à la rivière, peinture, 0,285 x 0,46.

Australie Melbourne, National Gallery of Victoria..

Azerbaïdjan Bakou, musée national d'art d'Azerbaïdjan. : Paysage avec vache tachetée et mouton, peinture ; Paysage avec bœuf et chèvres, peinture.

Brésil Rio de Janeiro, Musée national des Beaux-Arts : Paysage normandMusée national des Beaux-Arts du Brésil, "Paysage normand" dans les collections. thumb|340px|Wilhelm Hansen Danemark Copenhague : Ordrupgaard museum (ancienne collection Wilhelm et Nelly Hansen) : La mer, huile sur toile, 0,60 x 0,73 ; Clairière dans la forêt, peinture, 1875. Statens Museum for Kunst.

États-Unis

France

Budapest, Musée des Beaux-Arts, La Ferme, huile sur toile, 0,365 x 0,575, vers 1850.

Japon Hachiōji, musée d'art Murauchi

Luxembourg Luxembourg, Villa VaubanVilla Vauban, collection d'art ancien de la villa

Pays-Bas

Pologne Varsovie, musée nationalEuropeana collections, Jules Dupré : Paysage avec étang, peinture, 0,81 x 1,00. Wroclaw, Musée des Beaux-Arts.

Portugal Lisbonne, museu nacional de Arte Antiga : Pâturage au bord d'une mare, peinture, 0,46 x 0,71, vers 1850.

Royaume-Uni

Russie Moscou, Musée des Beaux-Arts Pouchkine, Chênes au bord du chemin, huile sur toile, 0,43 x 0,58, années 1830Musée des Beaux-Arts Pouchkine, Jules Dupré dans les collections. Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage, cinq peintures : Vue de village ; Paysage forestier, huile sur toile, 0,39 x 0,58, vers 1840 ; Vue de village"", huile sur toile, 0,35 x 0,54, entre 1840 et 1844 ; Paysage automnal, huile sur toile, 0,51 x 0,46, entre 1840 et 1850 ; Paysage avec vaches, deux huiles sur toiles, 0,54 x 0,74, vers 1870.

Suède Stockholm, Nationalmuseum, peintures : Nature morte à la cruche grise, huile sur toile, 0,435 x 0,515, 1862 ; Vaches à l'étang ; Chênes dans un paysage".

Taïwan Tainan, Chimei Museum.

Collections privées référencées vignette|redresse|Henry Vasnier vignette|redresse|Laurent Marqueste, Monument à Jules Dupré (1894), L'Isle-Adam. Paul Casimir-Périer. Alfred Chauchard. Alfred Sensier. William Henry Vanderbilt Edward Strahan, William H. Vanderbilt's house and collection, George Barrie éditeur, 1883-1884.. Henry Vasnier, Reims.

Hommages On doit au sculpteur Laurent Marqueste un Buste de Jules Dupré, dont le bronze orne le Monument à Jules Dupré réalisé par l'architecte Louis Henri Georges Scellier de Gisors et inauguré le à l'angle de la rue Mellet et de la place du Pâtis à L'Isle-Adam. Le marbre original est conservé au musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq de la villePatrimoine monumental, L'Isle-Adam, monument à Jules Dupré.Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq, Buste de Jules Dupré..