L’avenue Georges-Mandel est une avenue du de Paris.
Situation et accès Elle commence place du Trocadéro et se termine au croisement de la rue de la Pompe et de l'avenue Henri-Martin. Elle s'étend sur une longueur de pour une largeur de Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Avenue Georges-Mandel », ..
Elle longe la limite nord du cimetière de Passy.
Le quartier est desservi par la ligne 9, aux stations Rue de la Pompe et Trocadéro.
Origine du nom gauche|vignette|redresse|Georges Mandel en 1932. L'avenue honore la mémoire de Georges Mandel (1885-1944), homme politique français juif assassiné le par la Gestapo et la Milice française.
Historique L’« avenue Georges-Mandel » actuelle correspond à une partie de l’ancienne « avenue de l’Empereur » ouverte dans la commune de Passy par application d'un décret du . L'avenue, classée dans la voirie parisienne en 1863 à la suite de l'annexion en 1860 de l'ancienne commune de Passy, est renommée « avenue du Trocadéro » à la chute du Second Empire. Une partie de cette « avenue du Trocadéro » prend le nom d’« avenue Henri-Martin » par arrêté du Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, troisième édition, 1963, supplément, 1972, « Avenue Georges-Mandel », ..
On a donné en 1941 à une partie de l’« avenue Henri-Martin » le nom d’« avenue Jean-Chiappe » pour honorer la mémoire de Jean Chiappe (1878-1940), un haut fonctionnaire mort au service du régime de Vichy« Avenue Georges-Mandel », Mairie de Paris, www.v2asp.paris.fr.. Cette avenue est à distinguer de la rue du Conventionnel-Chiappe ouverte en 1932 dans le 13 arrondissement.
L'« avenue Jean-Chiappe » est devenue l’« avenue Georges-Mandel » et a été inaugurée par André Le Troquer en 1945.
Un arrêté municipal du a donné son nom au terre-plein central de l’avenue Georges-Mandel, qui porte aujourd’hui le nom d’« allée Maria-Callas« Allée Maria-Callas », Mairie de Paris, www.v2asp.paris.fr. ».
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire redresse|vignette|L'avenue borde un long mur de soutien, derrière lequel se trouve le cimetière de Passy. De part et d'autre de l'avenue, il y a une servitude non ædificandi de de largeur qui doit être close à l'alignement par un modèle de grille imposé.
(et , rue Greuze) : hôtel particulier de style néogothique construit en 1883 par l’architecte E.-V. Tougard de Boismilon pour Pierre FournierProtections patrimoniales, arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, à 432., commissaire général de la marineJournal des débats politiques et littéraires, 6 octobre 1908, sur Gallica.. Au début des années 1920, la maison de couture Anel y présente ses collectionsLe Figaro, 9 juillet 1923, colonne, sur RetroNews.. En 1926, l’hôtel est proposé à la vente pour la somme de 1 000 000 francsLe Figaro, 21 décembre 1926, sur Gallica.. L'actrice américaine Pearl White (1889-1938) a vécu à cette adresse, de même que la princesse de Caraman-Chimay. À sa mort, en 1938, elle lègue à un de ses amis « Le testament de Pearl White », Journal des débats politiques et littéraires, 27 août 1938, sur RetroNews. Le couturier Christian Dior y a également habité. C’est aujourd’hui, en 2021, une galerie d'art et un lieu de réception comprenant une chambre d'hôtes« Escapades parisiennes », Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du 16 arrondissement, n°7, juin 2021, p. 16-17.. 12 : ancien hôtel particulier qui appartenait à Le Ray, aujourd’hui divisé en appartements, comprenant trois niveaux sous les combles. L’avant-corps est en semi-rotonde. Une corniche à modillons sépare les premier et deuxième étages. On observe également, au premier niveau, la présence de lambrequins ornant la partie supérieure des fenêtres. 18 : hôtel particulier datant du Second Empire. Dans les années 1970 y est installée l'école Sainte-Marie-de-Passy, un établissement que l'historien de Paris Jacques Hillairet décrit fréquenté par . Au début des années 2010, le prince Albert II de Monaco y possède un appartement ; Claude Palmero, son administrateur de biens, y est lui propriétaire d’un studio destiné à loger les gardes du corps du princeGérard Davet et Fabrice Lhomme, « Monaco : plongée dans les secrets financiers de la famille princière », Le Monde, 22 janvier 2024.. : le compositeur hongrois Emmerich Kálmán (1882-1953) y a vécu après la Seconde Guerre mondiale Stefan Frey, Unter Tränen lachen : Emmerich Kálmán, 2003, . et y est décédé. : immeuble à colombages construit dans le style régionaliste normand par Joseph Vaudremer datant de 1897 (inscrit MH)Plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture.. : c’est dans la cage d’escalier de cet immeuble que l’avocat Jacques Perrot, ami d’enfance de Laurent Fabius, alors Premier ministre, et époux de la femme jockey Darie Boutboul, est assassiné le à 20 h 20« Un avocat sans histoires », Le Monde, 31 décembre 1985. ; dix ans plus tard, sa belle-mère, Marie-Élisabeth Cons-Boutboul, est condamnée à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir commandité le meurtre de son gendre« L'affaire Boutboul : le gendre était trop curieux », Raphaëlle Bacqué, Le Monde, 9 août 2006.. : le dessinateur Caran d'Ache (1858-1909) y a habitéJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Avenue Henri-Martin », .. La famille Baratte habite également à cette adresse de 1928 à 1952, dont : Paul Baratte (1860-1928), ingénieur et directeur du service des eaux et de l'assainissement de la ville de Paris, et ses enfants Jacques Baratte (1898-1989), ingénieur, industriel, militaire et résistant, et Yvonne Baratte (1910-1945), peintre et résistante qui y est arrêtée par la Gestapo de la rue de la Pompe le . : immeuble construit en 1893 par l’architecte Charles Girault (1851-1932), où il a lui-même résidé et qui lui a valu une médaille de la Société des architectes français pour l’architecture privée. À son achèvement, chaque étage comprend un appartement composé d’un grand et d’un petit salon, donnant sur l’avenue, d’une salle-à-manger, d’une cuisine, de six chambres (dont une « grande chambre ») et de deux cabinets de toilette« 36, avenue Georges-Mandel », Cahiers de la Muette, 2021.. L’immeuble est l’un des premiers à être construit avec un bow window (fenêtre arquée) en pierrePhilippe Seguret, Vincent Bouvet, Chaillot, Passy, Auteuil, le bois de Boulogne : le seizième arrondissement, Henri Veyrier, 1982.. Le Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de Paris, conserve un album de photographies datant de l’époque de sa construction montrant l’avancée des travaux, des vues de la façade et des intérieurs (entrée, escalier central, ascenseur...)« Album immeuble avenue Henri-Martin », Paris Musées.. Le grand-duc Cyrille Vladimirovitch de Russie (1876-1938) y a demeuré dans les années 1900 et y a reçu, en 1907, la visite du roi d’Espagne Alphonse XIII et de son épouse« Les Souverains Espagnols en France », Le Monde illustré, 6 juillet 1907, sur gallica.bnf.fr.. La cantatrice Maria Callas a résidé dans cet immeuble une dizaine d’années, au étage, jusqu'à sa mort en 1977. Le sportif Serge Rigault (1930-1999) résidait au étage. : immeuble de logements de style moderne construit vers 1970 par l’architecte Pierre Dufau« 38, avenue Georges-Mandel », sur pss-archi.eu.. : le peintre animalier Louis-Eugène Lambert (1825-1900), surnommé le « Raphaël des chats », a vécu à cette adresse et y est mort« Nécrologie », Le Radical, 17 mai 1900, sur Gallica.. On y trouve, plus récemment, le domicile du président de la République de Côte d'Ivoire Félix Houphouët-Boigny, qui deviendra ultérieurement la propriété de l'homme d'affaires Ziad Takieddine.. : le , jour de la chute du mur de Berlin, Mstislav Rostropovitch vivait dans un appartement de l'avenue« À Berlin, Rostropovitch a joué pour l’histoire », Le Figaro, 9 novembre 2009. ; selon Xavier Phillips, c'était au 42. : hôtel de la princesse Edmond de Polignac, née Winnaretta Singer, édifié par l'architecte Henri Grandpierre en 1904, de style néoclassique« Hôtel de Polignac », sur pss-archi.eu. ou néo-Louis XVIAlexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris, Parigramme, 2008.. Il comporte un salon de musique en rotonde donnant sur un ancien tronçon de la rue Cortambert (de nos jours rue du Pasteur-Marc-Boegner), dont la décoration avait été confiée par la princesse au peintre Josep Maria SertDominique Laty, Misia Sert & Coco Chanel, 2009, .. Dans cet immeuble a eu lieu la première représentation de Socrate d'Erik Satie et celle du concerto pour orgues de Francis Poulenc. De nombreux compositeurs ont fréquenté les salons de la princesse de Polignac, dont De Falla, Stravinsky, Fauré et Ravel, ce dernier étant un ami très proche. Le guitariste espagnol Andrés Segovia y vint souvent. L'immeuble abrite depuis 1945 une fondation d'utilité publique, la fondation Singer-Polignac, anciennement établissement public. : ancien « petit lycée » du lycée Janson-de-Sailly, construit entre 1881 et 1883 (la façade principale est située rue de la Pompe). Le long de l'avenue Georges-Mandel, dans un jardinet fermé au public, est installé un monument au poète Eugène Manuel. : domicile de l'officier, homme politique et écrivain Émile Driant à partir de 1905. Une plaque lui rend hommage. : en 2005, un duplex de 489 m aurait été acquis dans cet immeuble de l’avenueUne photo, parue dans la presse, laisse à penser qu’il pourrait s’agir du . par Nissan International Finance pour la somme de 3,4 millions d’euros pour y loger Carlos Ghosn, président-directeur général du groupe Renault-Nissan-Mitsubishi« Une valse de logements de luxe au cœur de l’affaire Ghosn », Le Figaro, 20 janvier 2019.. : immeuble construit en 1893 par Thibault« 51, avenue Georges-Mandel », sur pss-archi.eu. ; le , un appartement de situé au rez-de-chaussée de cet immeuble, comprenant quatre chambres, une salle de sport, un hammam et un jardin privatif, est vendu aux enchères par l’État français pour la somme de 4,3 millions d’euros ; cet appartement, saisi par l’État, aurait appartenu à l’escroc Mardoché Marco Mouly, à l’origine, en compagnie de l’homme d’affaires Arnaud Mimran, de l’arnaque à la taxe carbone pour un préjudice de 283 M€Carole Sterlé, « L’appartement de l’escroc à la taxe carbone vendu 4,3 M€ par l’État », Le Parisien, 30 janvier 2020. ; au moment de la vente de l’appartement, les deux hommes sont en prison. : domicile dans les années 1930 de Pierre Hély d'Oissel (1887-1959), industriel, président-directeur général de Saint-Gobain et résistant.Domicile du journaliste Jacques Chancel, qui y meurt le . (alors avenue Henri-Martin) : ambassade d'Afghanistan en France de 1923 à 1937« Historique des bâtiments de l'ambassade de la R.I. d'Afghanistan à Paris », sur le site de l'ambassade d'Afghanistan en France, consulté le 20 octobre 2022.. : immeuble de construction récente dont l'entrée est à la fois protégée et mise en valeur par une impressionnante marquise. : dernier domicile du chanteur Mike Brant (1947-1975). En 2018, une place Mike-Brant est inaugurée à proximité en sa mémoire« Dénomination place Mike-Brant », Mairie de Paris, Direction de l’urbanisme..
Bâtiments démolis (et 27, rue Decamps) : hôtel de Gramont, construit en 1910 par l'architecte Maugue pour le duc Armand de Gramont, duc de Guiche ; démoli en 1969« 42 bis avenue Georges-Mandel : hôtel de Gramont », Bibliothèques patrimoniales, Ville de Paris..
Dans la culture populaire L'avenue a servi de lieu de tournage du film Docteur Françoise Gailland (1976).
36, avenue Georges-Mandel est le titre d’un spectacle créé en 2007 par le chorégraphe allemand Raimund HogheRosita Boisseau, « Avignon : Raimund Hoghe s’immerge dans la voix de la Callas », Le Monde, 19 juillet 2018..
Bibliographie