Le bienheureux Columba Marmion (à l'état civil: Joseph Louis Marmion), né le à Dublin (Irlande) et décédé le à l'abbaye de Maredsous (Belgique), est un moine bénédictin irlandais, auteur spirituel et abbé de Maredsous. Il a été béatifié par Jean-Paul II le .

Biographie Jeunesse et entrée à Maredsous

Né de père irlandais et de mère française dans une famille nombreuse très religieuse (trois de ses sœurs deviendront religieuses), il reçoit le prénom de Joseph à son baptême. Séminariste à 16 ans, il termine ses études de théologie à Rome au Collège de la Propagande de la Foi et est ordonné prêtre en 1881.

Sur le chemin de retour, il passe par Maredsous, en Belgique, un monastère récemment fondé (en 1872) par des moines venus de l'abbaye de Beuron en Allemagne : il souhaite y rester. Mais son évêque, en Irlande, refuse et le nomme vicaire à Dundrum, au sud de Dublin, puis professeur de philosophie au Grand Séminaire de Holy Cross (de 1882 à 1886) - il y avait lui-même fait ses études - où il s'initie à la direction spirituelle.

vignette|240px|L'abbaye de Maredsous et son église. Toutefois, il finira par rejoindre Maredsous en 1886 muni de l'approbation de son archevêque. Ses débuts y furent laborieux, il avait 30 ans, était prêtre, il dut s'habituer à une langue et à des coutumes qui lui étaient étrangères.

Après sa profession solennelle le , Columba dut seconder le Maître des novices, avec lequel il s'entendait plutôt mal, outre la prédication à assurer dans des paroisses alentour.

Prieur du Mont César à Louvain

En 1899 il est envoyé comme prieur au Mont-César de Louvain. Il est investi de lourdes responsabilités : direction des jeunes moines dans leurs études et enseignement comme professeur de théologie, aide spirituelle d'autres couvents (notamment de religieuses carmélites), soutien à l'entrée dans l'Église catholique romaine des communautés monastiques anglicanes du sud de l'Angleterre (Caldey et Milford Haven). Il participe ainsi à la fondation de l'abbaye et prêche des retraites en Belgique et au Royaume-Uni. Il devient aussi le confesseur du futur cardinal Mercier.

Abbé de Maredsous

En 1909, l'abbé de Maredsous, Dom Hildebrand de Hemptinne, renonce à sa charge : depuis qu'il avait été nommé par Léon XIII comme premier abbé-primat de la Confédération bénédictine (le ), celui-ci cumulait les deux fonctions, tout en résidant à Rome. Dom Marmion est alors élu pour lui succéder comme de Maredsous, à la tête d'une communauté d'une centaine de moines, avec deux écoles et des publications, en particulier la Revue bénédictine. Il adopte pour devise : « Plutôt servir que dominer », phrase tirée de la Règle de saint Benoît (chapitre 64). Sous son abbatiat, le monastère connaît un grand rayonnement spirituel et intellectuel. Les vocations affluent. Mais Dom Marmion ne se désintéresse pas des questions temporelles. Ainsi, il fait équiper l'abbaye du courant électrique et du chauffage central, choses rares à l'époque dans les monastères.

Monastère et le Katanga

Le gouvernement belge avait demandé aux moines de Maredsous de prendre en charge la mission du Katanga. L'esprit missionnaire de Dom Marmion n'aurait sans doute pas hésité, mais la communauté préféra se consacrer à la recherche et à la promotion des sources de la foi, plutôt que de se lancer dans une évangélisation directe.

Toutefois, Dom Marmion prêtera une aide efficace à cette mission, prise en charge par l'abbaye de Saint André à Bruges.

Guerre 1914-1918

Lorsque éclate la guerre de 1914, Dom Columba, craignant la réquisition de ses jeunes novices, les envoie en Irlande tandis que lui-même continue son activité de prédicateur et de directeur spirituel. Il écrit à un jeune qui se prépare à l'ordination : « La meilleure des préparations à l'ordination est de vivre chaque jour dans l'amour, partout où l'obéissance et la Providence nous placent. »

Toutefois, la maison irlandaise, établie à Edermine, ne lui donne pas toute satisfaction, l'attitude des jeunes novices le désole : « ... J'ai essayé de les gagner par la constance et la prière, mais jusqu'à présent sans succès. Ils sont bons, mais pleins de confiance en eux-mêmes... Ils opposent la lettre du Droit Canon à l'esprit de la Sainte Règle ». La maison d'Edermine sera d'ailleurs fermée en 1920.

Monastère de Jérusalem

Après la guerre, la nécessité de remplacer les moines allemands de la congrégation de Beuron, chassés de leur monastère de la Dormition à Jérusalem, fait rêver Dom Marmion à une fondation en Terre sainte. Malgré ses efforts et les appuis dont il bénéficie, ce rêve ne se réalisera pas et les moines allemands reviendront à la Dormition.

Dernières années

Avec le cardinal Mercier, son ami et confident, il est très présent sur la scène religieuse belge et internationale. La longue visite que lui fait en 1920, à Maredsous, la reine Élisabeth est un témoignage de son influence. Son rayonnement est à l'apogée, malgré sa fatigue et un état de santé précaire.

En septembre 1922, il remplace l'évêque de Namur pour le pèlerinage diocésain au sanctuaire de Lourdes. En octobre de la même année, il préside aux fêtes du cinquantenaire de Maredsous (qu'il aura dirigé pendant 35 ans).

Il succombe à la grippe, le , et s'éteint en son monastère en murmurant « Jésus, Marie ».

Béatification Rapidement, on lui attribue faveurs et miracles, ce qui a justifié, en 1963, le transfert de son corps en l'église abbatiale de Maredsous et la reconnaissance par l'Église du caractère miraculeux d'une guérison obtenue sur sa tombe.

Dom Columba Marmion a été béatifié le à RomeBéatification prochaine de Dom Marmion. Le bénédictin belge sera béatifié à Rome le 3 septembre. par saint Jean-Paul II, en même temps que : Jean XXIII, mort en 1963 Pie IX, mort en 1878 Tommaso Reggio, archevêque de Gênes, mort en 1901 L'abbé Guillaume-Joseph Chaminade, mort en 1850

Lors de la cérémonie de béatification, le pape Jean-Paul II a déclaré :

Liturgiquement la commémoration du bienheureux Columba Marmion se fait le . Le postulateur à Rome de sa cause de canonisation est Joseph MurphyLa Croix, article du 22 mars 2018.

Écrits Grâce à Dom Raymond ThibautDom Raymond Thibaut, Un maître de la vie spirituelle, dom Columba Marmion, abbé de Maredsous (1858-1923), 1929. Vansteenberghe Edmond. Revue des Sciences Religieuses, Année 1930/10-3, p. 543-544. Persée (portail)., son secrétaire, l'enseignement oral de Dom Marmion a été conservé sous la forme de trois livres : Le Christ, vie de l'âme, paru en 1917 Le Christ en ses mystères, paru en 1919 Le Christ, idéal du moine, paru en 1922. Cette trilogie se range dès les années 1930 parmi les classiques de la spiritualité chrétienne et se diffuse rapidement. Environ 1700 lettres, et un recueil destiné aux religieuses cloîtrées auxquelles il a souvent donné des retraites spirituelles.

Commentaire sur l'Évangile selon saint Jean (Jn 3, 1-8) Quand l'Esprit Saint vient sur nous

Citations

Références

Annexes Bibliographie Ph. Nyssens-Braun Dom Columba Marmion intime. 138 pages, Éditions Ramgal, Thuillies & Maison Casterman, 1939. .

Articles connexes Liste de théologiens chrétiens Théologie catholique Alexandre Braun (1847-1935) avocat et sénateur, ami personnel de Dom Marmion Abbaye Marmion (Illinois)

Liens externes

Site officiel de la Postulation de la Cause Vers une canonisation ? Œuvres de et sur Dom Columba Marmion Biographie détaillée et spiritualité par Dom Antoine Marie, o,s,b, abbé L'abbaye de Maredsous, site officiel La BD Le Secret de Maredsous

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