Carnières est une section de la commune belge de Morlanwelz, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Toponymie Carnières tire généralement son nom, selon Anne‑Marie Marré‑Muls, de l’ancien bas‑latin carnus, forme apparentée au haut‑latin carpinus et au roman carne, tous liés au charme, l’arbre. Dans cette perspective, le toponyme renverrait à carpinetum, c’est‑à‑dire un lieu planté de charmes. L’autrice signale toutefois que certaines interprétations plus tardives ont proposé un rapprochement avec le terme « carnage », sans que cette hypothèse soit retenue par la majorité des spécialistes. Le village était parfois désigné sous la forme « Carnières‑sur‑Haine » afin d’éviter toute confusion avec d’autres localités portant un nom similaire. Anne‑Marie Marré‑Muls rappelle que cette précision géographique permettait de distinguer Carnières de la commune homonyme située près de Cambrai, en France, ainsi que de la petite entité appelée Carnières ou La Carnière, rattachée à Requignies, près de Maubeuge. Cette appellation ajoutée à celui de la Haine visait simplement à clarifier l’identification du village dans un contexte régional où plusieurs toponymes se ressemblaient.
Le nom de Carnières‑Poterie apparaît parfois dans les sources anciennes, en référence à une activité artisanale bien attestée. Selon Anne‑Marie Marré‑Muls, cette appellation découle de la production régulière d’objets en céramique, pratiquée du , puis reprise aux . Le toponyme ne s’est jamais imposé durablement, mais il témoigne de l’importance locale de cette fabrication, qui a marqué l’identité économique du village à plusieurs périodes de son histoire. Les formes anciennes du nom de Carnières sont nombreuses : Carnires, Carniers, Carniéras, Carniérez, Karnières, Carnière, Kernières et même Quatrenières. Anne‑Marie Marré‑Muls souligne que cette diversité reflète l’évolution des usages linguistiques et des interprétations au fil des siècles. Outre l’hypothèse latine liée au carpinetum, certains auteurs ont proposé une origine celtique fondée sur carn, terme signifiant « lieu où abondent les pierres ». Cette lecture, moins répandue, s’inscrit dans un ensemble d’essais étymologiques cherchant à expliquer la variété des formes anciennes du toponyme.
Géographie
Situation La commune se situe dans la région du Centre. Carnières est situé de Thuin, de Binche et à de Morlanwelz.
Géographie physique Le relief de Carnières, décrit par Anne‑Marie Marré‑Muls, présente l’aspect d’un amphithéâtre naturel formé par des collines disposées en gradins. Le paysage y est marqué par des dénivellations sensibles : le point le plus bas se situe dans la vallée de la Haine, au lieu‑dit « Platinerie », à l’arrivée de la Chaussée Brunehaut, où l’altitude atteint . Le point culminant se trouve sur la route de Bascoup, à environ au nord du carrefour avec la rue Beauregard, et s’élève à. Ce contraste altimétrique contribue à la physionomie accidentée du village et à la structuration de son espace.
Les autres points élevés de la localité sont:
Placard : ; Cimetière de Collarmont : ; Haut de la Gade : ; Gare : .
Géologie Les terrains de Carnières présentent une composition géologique contrastée. Anne‑Marie Marré‑Muls indique qu’à l’est de la Haine dominent les formations quaternaires, façonnées par les vallons creusés par le cours d’eau et ses affluents. À l’ouest, les sols relèvent principalement du Crétacé. Le sous‑sol renferme de la houille, tandis que des sables variés apparaissent à faible profondeur. Du côté du bois d’Hairmont, se rencontrent des dépôts de tuf calcaire. Le terrain houiller affleure également à l’est de la Haine, notamment vers la Chaussée Brunehaut et les hauteurs du « Tienne à Caillaux » et du « Calvaire », témoignant de la diversité géologique qui caractérise l’ensemble du territoire communal.
Quartiers Vieille église. Nom donné sur le site de l'ancienne église Saint-Hilaire () bâtie au lieu-dit « Cron Chesne ». Pairois est un hameau, situé à proximité de la rue Beauregard. Le Pairois est l'un des plus anciens endroits habités de Carnières, car il est mentionné dans une charte datant de 1265. Beauregard, Il se trouve près de la ferme portant le même nom. L'appellation est certainement très ancienne ; elle remonte au moins au et désigne une partie élevée de Carnières, délimitée par la Chaussée, la rue Trichon et la rue Beauregard. Le Haussu, désigne l'abondance de houx. Ce hameau se situe à l'est du chemin de fer. Les Trieux, désigne toute la partie de la localité située au nord de la voie ferrée reliant Charleroi à Haine-Saint-Pierre. Cette section correspond entièrement aux limites de la paroisse Saint-Joseph. Collarmont, situé au sud de Carnières, fut le théâtre de la bataille de Charleroi le et un cimetière fut installé dans ce hameau et inauguré en 1918. Saint-Éloi, situé entre la Chaussée Brunehaut et la Place Communale. Une chapelle portant le même nom, construite en 1826, se dresse à l'angle de la rue Saint-Éloi et de l'Avenue du Centenaire. Waressaix, situé à l'est de la place de Carnières, tire son nom de l'ancien français « warder », qui signifie « garder ». La Gade est situé le long du chemin reliant Namur à Mont-Sainte-Aldegonde. Autrefois, il portait les noms de La Gaitte, Le Ghait, La Warde ou encore La Garde.
Lieux-dits
Le Batrau, c'est le nom d'un lieu-dit et d'un cabaret avec salle de danse qui existaient dans la deuxième moitié du . Ce lieu-dit correspond au carrefour formé par les rues de la Station, Émile Vandervelde et Bughin, situé au cœur du village, entre le haut du Centre et le bas des Trieux. Pas-de-Calais, il est situé entre le Pairois et l'orée du Bois des Vallées, le long de la rue Beauregard. Placard se trouve à l’angle de la Chaussée Brunehaut. Son nom vient du fait qu’autrefois, en raison de sa position à la frontière entre le Brabant et le Hainaut, on y affichait les placards et ordonnances destinés aux deux pays. Les Martinières, lieu-dit délimité par les rues Ernest Petit, Bughin et de la Station. Fond des Maçons, lieu-dit qui se trouve à la rue Ernest Petit au sud du chemin de fer. Le Champ-la-Haut se situe près de la rue Beauregard. Tienne à Caillaux. Il se situe sur un mamelon caillouteux à l'angle de la chaussée et de la rue Vanrôme. Calvaire, nom d’un lieu-dit et d’une rue anciennement appelée chemin du Calvaire, correspondant à une partie de la rue Ernest Solvay. Trois Arbres, lieu-dit en forme de triangle, formé par la Chaussée Brunehaut, la rue Saint-Éloi et l'ancien chemin des Ormes. La Folie, formé par une ferme, un bois et des jardins situés en majeur partie sur Mont-Sainte-Aldegonde.
Cité Cité Bougard. Il se situe sur le site du bois de l'HôpitalCe bois rappelait autrefois la présence d'un hôpital voir ce nom dans la rubrique Bois.. En 1954, 24 maisons étaient prêtes, suivies de 26 supplémentaires en 1959. Trente maisons pour pensionnés furent construites en 1962, et 36 appartements en 1967.
Bois Le bois d'Hairemont, il existe encore mais il est réduit de quelques hectares. Hairemont est le nom d’un bois et d’une seigneurie. La terre d’Hairemont fut autrefois une franchise et un fief de Trazegnies. Le bois de Chèvremont, se trouve à la frontière de Carnières, Mont-Sainte-Aldegonde et Anderlues. Il se situait principalement sur Mont-Sainte-Aldegonde, mais certaines parcelles ont longtemps fait l’objet de litiges entre les seigneurs locaux et ceux de Carnières. Son nom est étymologiquement, Bois du Mont des Chèvres. Aujourd’hui il est très défriché. Le bois de l'Hôpital se trouvait autrefois à l’emplacement de l’actuelle Cité Bougard. À l’origine, il y aurait eu une maladrerie ou un hôpital dépendant de l’Assistance Publique de Binche, qui donna son nom au bois. Au début du , il fut privé de sa haute futaie, et vers 1900, après le défrichement de plusieurs parcelles, il ne restait plus que quelques hectares. Vendu en 1919 à Armand Dufonteny, il fut ensuite morcelé progressivement jusqu’à disparaître complètement. Seul le nom en garde aujourd’hui la mémoire. Le bois des Vallées, ce bois existe encore mais réduit et il est en majeur partie sur Piéton.
Hydrographie Carnières est arrosée par’:
la Haine, affluent de l’Escaut, a pour principal affluent la Haye, aussi appelée Ansuelle; le ruisseau de Stoqueau; le Roquia; le ruisseau de Beauregard; le ruisseau de Chèvremont; le ruisseau de la Rosière; le ruisseau des Presles; la Haye; le ruisseau du Grand Pachy; le ruisseau de la Tour d'Herlmont.
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Histoire À l’époque préhistorique, plusieurs itinéraires traversaient la région, dont trois axes majeurs qui seront plus tard identifiés comme la Chaussée Brunehaut, le Vieux chemin de Namur correspondant aujourd’hui à la rue de la Garde et à la rue de Collarmont ainsi que l’ancien chemin reliant Mons à Namur, devenu la rue Saint‑Éloi, la place Beauregard et la rue Beauregard. Selon Anne‑Marie Marré‑Muls, ces voies ont livré divers outils en silex, taillés ou polis, notamment des haches et des pointes de flèches, témoignant d’une fréquentation humaine ancienne. Un menhir connu sous le nom de « la Grise Pierre »Selon Anne-Marie Marré-Muls, ce menhir a été découpé en moellons pour permettre de paver des chemins communaux . se dressait autrefois le long de la Chaussée Brunehaut, au lieu‑dit Placard, tandis qu’un second mégalithe aurait été situé au Pairois, à proximité d’une autre piste préhistorique. Ces éléments, rapportés par Anne‑Marie Marré‑Muls, illustrent l’importance cultuelle ou signalétique de ces itinéraires durant la Protohistoire. La période gallo‑romaine a également marqué le territoire. La conquête de la Gaule entraîna l’aménagement d’une chaussée attribuée à Brunehaut, ainsi que l’implantation de structures gallo‑romaines dont subsistent des traces archéologiques. Des monnaies antiques retrouvées dans la commune confirment la présence romaine, comme le souligne Anne‑Marie Marré‑Muls dans son ouvrage de 1982.
En 1170, un affrontement opposa Henri l’Aveugle et Baudouin IV de Hainaut au duc de Brabant Godefroid III dans le cadre des rivalités autour du comté de Namur. La bataille, située près du Beauregard, se solda par la défaite du duc, dont les troupes ravagèrent néanmoins Carnières en 1185. Selon Anne‑Marie Marré‑Muls, le village était déjà pleinement intégré, dès le , à la Seigneurie de Carnières, dépendante du comté de Hainaut. Le manoir seigneurial, établi sur l’un des côtés de l’actuelle place, fut détruit en 1554, tandis que la ferme du château subsista jusqu’en 1879. À l’est se trouvait la Seigneurie d’Airmont, couvrant environ quarante hectares et dotée d’un château situé à l’emplacement de la ferme de la Tour. En 1790, les biens des deux seigneuries furent vendus comme biens nationaux. Le pilori, dernier vestige matériel de la Seigneurie de Carnières, est aujourd’hui conservé dans l’Orangerie du Musée de Mariemont. Il se dressait autrefois sur la place du village, face au terrain où fut construit l’asile devenu l’école Sainte‑Thérèse, sous un grand marronnier qui structurait l’espace public. Anne‑Marie Marré‑Muls rappelle que la paroisse englobait également la Seigneurie de Collarmont, réunie à Carnières au , ce qui contribua à stabiliser l’organisation territoriale locale. L’ensemble de ces événements bataille du Beauregard, seigneuries, manoirs et vestiges illustre l’évolution médiévale du village et son intégration progressive dans les réseaux féodaux du Hainaut.