Le tourisme en Corse représente une part significative de l'économie de l'îletourisme-en-corse.jimdosite.com, avec dès 2005 environ 16 % des salariés et 10 % de la richesse de l'île. Il a débuté timidement dans les années 1950 avec le premier village de toile du Club Méditerranée, le succès de la randonnée dans les îles de Méditerranée prenant le relais dans les années 1970, soit les prémices de l'écotourisme , appelé aussi tourisme durable, agrotourisme ou tourisme équitable, également promu dans l'île proche de Sardaigne" En Sardaigne, un tourisme soucieux de partage" par Paula Boyer, envoyée spéciale, dans La Croix le 6 janvier 2022 pour mettre en valeur la richesse paysagère de ces îles montagneuses et prévenir la pollution dont souffre ailleurs la Méditerranée

Malgré les retombées économiques de plus de de nuitées annuelles (tous modes d'hébergement confondus : hôtel, camping, location, gîte rural, résidence secondaire)Corse - Guides Bleus Hachette - Année 2006 - (345 pages) , l'activisme des indépendantistes et nationalistes, qui ont très tôt milité pour la maîtrise d'un développement respectant l'environnement naturel, a ensuite souligné l'excessive concentration de cette activité touristique sur le littoral et durant les deux mois d'été. Histoire Avant les années 1950 La Corse est restée très longtemps une « île oubliée », évitée par les premiers touristes en raison de la modestie de ses sites antiques et d'une très faible urbanisation.

L'île ne se fait connaitre que modestement, quand elle devient au . Le "Grand Tour", qui a donné son nom au tourisme au , désigne le voyage en Italie des jeunes aristocrates, surtout britanniques, avec leur précepteur dans un but de formation culturelle. Il ne touche qu'indirectement l'île. La Corse est très longtemps restée en marge d'un tourisme attirés par les côtes « d'en face », provençales et italiennes.

Au milieu du , la cartographie de l'île était encore fondée sur des documents peu précis, et ses contours ne sont connus qu'avec de la Corse, confié à des ingénieurs et cartographes français après la bataille de Ponte-Novu de 1769, qui a forcé à l'exil Pascal Paoli. Une équipe scientifique de 28 employés, dont 15 géomètres ou arpenteurs, et 3 écrivains, en est chargée pendant deux décennies, notamment pour distinguer les biens du roi, des communautés et des particuliers, dans le « maquis » de la propriété foncière corse, sous la direction du contrôleur Pierre Testevuide installé au couvent des Jésuites de Bastia. En 1773, ils se plaignent à l'intendant général Colla de Pradines d'être attaqués par des bandits. L'écossais James Boswell, ami de Paoli, y contribue par une carte au 1/ dans son ouvrage « L'État de la Corse »..

Au début de la seconde moitié du , sous le Second Empire, quelques français et britanniques veulent répliquer un « petit Nice » à Ajaccio pour en faire une station balnéaire climatique d’hiver. C'est l'époque où le culte de Napoléon Bonaparte amène des visiteurs à sa maison natale. Ce tourisme vise une clientèle aristocratique européenne, mais sans aller plus loin que quelques grands hôtels dans le "quartier des Étrangers", malgré des images littéraires et récits de voyageurs, comme la nouvelle « Une vie » de Guy de Maupassant, évoquant la région de Porto. Puis des artistes s'intéressent à la nature et d'autres aspects de l'histoire. Les forêts de Bavella et de Valdoniello inspirent Edward Lear, Ajaccio et ses environs William Cowen, les ruines d'Aléria Antoine Melling, la citadelle de Corte Theodore Compton"Voyager en Corse, du siècle des lumières au rush des années 1960" par la commissaire de l'exposition organisée au Musée corse, par Valérie Marchi, historienne de l'art et critique d'art, Commissaire de l'exposition . Mais les littoraux restent globalement très peu peuplas. La population de Propriano est par exemple de seulement environ 150 habitants au Propriano, un brin d'histoire .

Au début du des grands hôtels émergent aussi à Piana (comme l'hôtel Les Roches Rouges) et Zonza, près des sites naturels des Calanches de Piana et des Aiguilles de Bavella tandis que le Guide Joanne" de 1909 fait un sort au mythe de "bandits embusqués". Un syndicat d’initiative est créé en 1907 à Calvi, qui devient dans les années 1920 une halte, avec un " Grand Hôtel" moderne et la concession donnée à une Société Calvi-Plage, pour quelques fortunés, Russes blancs, Autrichiens, et Anglais venus de la Côte d’Azur, plus qu’une destination touristique. Tout près, l'Hôtel Napoléon Bonaparte est créé à L’Île-Rousse en 1930, dans une belle bâtisse datant de 1852, ayant appartenu à Sébastien Piccioni, où le roi du Maroc Mohammed V sera contraint de séjourner lors de son exil du milieu des années 1950. Les Corses forcés à s'exiler pour survivre ne peuvent revenir pour des vacances paisibles au village familial qu'après les congés payés de 1936 et la première moitié du voit la population quasiment divisée par deux, à au début des années soixante.

C'est à ce moment-là seulement que s'amorce une remontée démographique, tandis que la dépopulation précédente s'était révélée moins forte que dans le Lot, la Creuse, la Corrèze ou l'Ariège. Entre 1962 et 1975, les naissances l'emportent sur décès de 5100 et les arrivées du continent sur les départs de 2900 , l'apport principal étant les venues hors de métropole, avec un nombre des étrangers passé de à : la Corse est celle des régions françaises qui en accueille le plus"La Corse en mutation" par Nadine Salkazanov et Alain Viénot, dans la revue Économie et Statistique en 1980 .

Les balbutiements des années 1950 Le démarrage du tourisme en Corse ne s'effectue réellement qu'au milieu des années 1950, grâce à l'arrivée des campeurs dans la première commune à s'y lancer, à Porto-Vecchio, au moment où le camping commence à se démocratiser à grande échelle en France.

En 1954, un ancêtre du Club Med, le Club Polynésie de Porto-Vecchio, encore vierge de tout investissement touristique. Il est de . Les campeurs réunis au "Club Polynésie" et les cinq restaurants y sont pleins tous les soirs. Le de plages paradisiaques fait connaître la ville dans toute l'Europe"Porto-Vecchio : Du peuple montagnard à la cité balnéaire internationale", par Caroline Sauge .

Des précédents avaient été créés en 1928 aux Issambres, sur la commune de Roquebrune-sur-Argens dans le VarDes copains, une envie, une affiche, et voilà le Club Med3" par Jean-Pierre Bécret, dans Le journal de l'école de Paris du management, en juin 2004 puis en 1935 sur une petite plage de la route des Sanguinaires à Ajaccio , le Scudo, un club de vacances, consacré à la baignade, dont le journaliste sportif Dimitri Philippoff fait la promotion dans ses journaux en 1935, puis sur une plage de Calvi, en Corse, le « Club olympique de Calvi »., avec Dimitri Philippoff, sur un terrain de la famille d’Édith Fillipachi, qui dirige le camp. Les affiches publicitaires vanteront un et en renvoyant vers le "Village Franco-Britannique", domicilié au 8 rue Boudreau à Paris"TOURISME Corse Village de toile franco britannique " Calvi / 2 semaines de splendides vacances au soleil sur la plus belle plage de Corse au Village Franco-Britannique, Club de l'horizon à Calvi, en 1950 .

Dans cette région de la Balagne, au nord-ouest, comme en plusieurs autres points du littoral de la Corse ayant joué un rôle pionnier, une réellement que plus tard, dans les années 1960, avec des mutations qui commencent à être , décennie qui voit Calvi et L'Île-Rousse quadrupler leur population estivale, puis une , période au cours de laquelle la Balagne va atteindre, à elle seule, un poids équivalent à 50 % du revenu touristique de la Corse" Le jardin de la Corse" par Jean-André Cancellieri, et Marie-Antoinette Maupertuis CRS Edition, en 2016 . Mais auparavant, entre 1936 et 1962, la population a diminué dans toute la Balagne pour tomber globalement à la moitié de son niveau de 1896 car cette région est en crise généralisée à la fin des années 1950, avec des oliviers abandonnés, champs envahis par le maquis et murettes éboulées, même si elle n'est pas dans . L’huile d’olive, dont la Balagne était une des principales productrices avait été rayée de la carte dès le dernier quart du par les concurrentes provençales, italiennes et tunisiennes et la percée des huiles de graine.

Le Plan d’Aménagement de la Corse de 1957 envisageait pourtant une « seconde Côte d’Azur » , mais seuls deux projets de lotissements pour résidences secondaires sur une quarantaine entrent en phase de réalisation : celui de la Compagnie Paquet à Porto-Vecchio, et un peu plus tard celui de la Marine de Davia, lancé à grand renfort de publicité, en 1963, par la Générale de Nice, avec 265 lots à de Calvi et à de L'Île-Rousse, une "Marina" de , baptisée du nom d'une jeune fille corse ayant épousé un roi du Maroc"La Corse et le tourisme" par Janine Renucci, dans la revue Géocarrefour en 1962 .

Des infrastructures bousculées par le boom du tourisme de plein air Le réel décollage du tourisme en Corse s'effectue au tout début des années 1960, entrainé par le récent boom du camping puis d'autres formes de tourisme de plein air, comme les villages de cases ou de bungalow qui parfois de mixent ou succèdent aux villages de toile, dans un pays où a Fédération française de camping n'est créée qu'en 1938 et reconnue d’utilité publique qu'en 1973.

En 1960, le nombre de visiteurs a déjà doublé par rapport à celui de 1954, atteignant 275000. Le camping capte 40% des 189000 arrivées de juin à septembre, puis profite plus que l'hôtellerie de leur bond de 5 à 10 % en 1961. Dès 1960-1961, les pancartes de ralliement des patrons de clubs de camping se multiplient à chaque arrivée de navire dans les ports trop petits de la Balagne. Face aux goulots d'étrangement du transport maritime, qui n'a pas anticipé cette demande et ne pèse plus que 2/3 du trafic contre 3/4 en 1954, les compagnies aériennes privées profitent des progrès de l'aviation commerciale, British European Airways créant même une ligne Londres- Ajaccio- Malte. En 1962, un tiers des arrivants sont des étrangers, mais 75% arrivent toujours durant les quatre mois d'été et après octobre, un seul paquebot mensuel accoste à Calvi.

Sur la plage de Propriano, en 1956 commencent les joyeuses soirées de trois générations du "Club Corsaire"., le offrant en , dans le , vanté par les affiche de promotionAffiche publicitaire "Club Corsaire" "Les vacances inoubliables au Corsaire à Propriano, affiche de G Lecureux restaurée en 1970 . Même si c'est seulement en 1960 que nait officiellement l'association "Club des villages de soleil"Histoire de l'association "Club des villages de soleil" , dès 1955, un , y a créé "Le Corsaire", , qui a ensuite Le nouvel observateur recueil du magazine année 1966, page 39. La Corse voit alors "Corse traditionnelle et Corse nouvelle: la géographie d'une île" par Janine Renucci, aux Editions Audin en 1974, les « Vacances au Soleil » ayant ouvert « Le Corsaire » sur le sable de Propriano et le Club Européen du Tourisme aménagé le camp de Rocca-Marina dans les criques désertes du Golfe de Sagone en 1957, en même temps que Touropa offrait pour la première fois deux semaines dans le domaine d'Anghione à au sud de Bastia, doté de 120 chambres en bungalows, avec dancing, camping et tennis"Corse, Ile d'Elbe, Sardaigne", par Georges Monmarché, en 1968, page 429.