Felix Steiner, né le à Stallupönen (province de Prusse-Orientale, Empire allemand) et mort le à Munich (Allemagne de l'Ouest), est un général (Obergruppenführer) de la Waffen-SS à l'époque de la Seconde Guerre mondiale.
Il a commandé la division Wiking de la Waffen-SS.
Biographie
Felix Steiner naît en province de Prusse-Orientale dans une famille de confession protestante, religion qu'il garde ensuite tout le long de sa carrière.
Steiner rejoint l'armée en , en tant qu'aspirant (Fahnenjunker) au sein du , à Tilsit. Il participe à la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est gravement blessé en . Il est promu Leutnant (équivalent de sous-lieutenant) le , puis Oberleutnant (équivalent de lieutenant), le , et est décoré de la croix de fer de deuxième puis de première classe.
En 1919, Steiner dirige une unité de Freikorps, à Memel, en province de Prusse-Orientale.
Dans la Reichswehr Steiner retourne dans l'armée en 1921 qu'il quitte avec le grade de Major (équivalent de commandant) en 1933.
Après l'arrivée au pouvoir des nazis, dès , Steiner s'inscrit au parti nazi et s'engage dans la SA, où il participe à la militarisation de celle-ci dans le but de doter l'Allemagne d'une nouvelle armée. Il s'engage ensuite dans la SS en 1935 et est promu Standartenführer (équivalent de colonel) le .
Dans la SS, en tant qu'instructeur de haut rang et commandant de régiment
Sous les ordres de Paul Hausser, mis à la tête de la SS-Verfügungstruppe (SS-VT), Steiner participe à leur entraînement et à leur développement. À partir d', il est chargé de la formation militaire au sein de l'école de formation des officiers SS : la SS-Junkerschule Bad Tölz.
Il s’attache particulièrement à l’utilisation des armes automatiques et des grenades, au développement d’un esprit de corps, de camaraderie entre officiers et hommes de troupe, et à l’organisation de nombreuses épreuves sportives qui font des membres de la SS-VT des athlètes accomplis, dont les performances surprennent la Wehrmacht. Son modèle d'entraînement est fondé sur les tactiques des troupes d’assaut de la Première Guerre mondiale. La démonstration des capacités des SS-VT organisée par Himmler à Münster .
À partir de , Steiner est nommé à la tête du régiment « Deutschland » des SS-VT, avec le grade d’Oberführer (en termes d'équivalence, grade intermédiaire entre celui de colonel et celui de général de brigade). Il conduit son régiment lors de l'invasion, le , de la Tchécoslovaquie, puis de la campagne de Pologne dès le et enfin à compter du lors de la campagne de France.
Au moment de la création officielle de la Waffen-SS au début de l'année 1940, à partir des effectifs de la SS-VT, il est l'un des hauts gradés de cette nouvelle force armée, rattachée pour tous les aspects opérationnels des combats à l'Oberkommando der Wehrmacht et qui est, dans tous les autres domaines, administrée par le SS-Führungshauptamt, structure de la Schutzstaffel de Himmler.
Il est décoré de la croix de chevalier de la croix de fer le . Le , il est promu Brigadeführer (équivalent du grade de général de brigade) .
Au sein de la division SS- Wiking Après les premières campagnes, Steiner est chargé par Heinrich Himmler à compter du de superviser la création et de prendre le commandement d'une nouvelle division de volontaires, la 5e division SS Wiking. Celle-ci est formée par des volontaires non-allemands ; à l'époque de sa création, ils sont essentiellement issus des Pays-Bas, de Wallonie et des pays scandinaves. Cependant, fin , la division est à 90 % composée d'Allemands et ne comporte que : 631 Néerlandais, 294 Norvégiens, 216 Danois, un Suédois et un Russe.
Après le déclenchement de l'opération Barbarossa, soit l'entrée des forces armées allemandes en Union soviétique à compter du , il réfléchit à un nouvel équipement personnel pour les troupes de la Waffen-SS et propose notamment une tenue de combat différente de la tenue "feldgrau" de la Wehrmacht ; elle sera de type "mouchetée" et elle deviendra peu à peu la tenue des troupes de la Waffen SS en opérations de guerre.
À partir d'éléments disparates, Steiner fait de la division Wiking une formation compétente qu'il commande durant de nombreuses batailles sur le front de l'Est jusqu’à son départ pour prendre la tête du d'armée blindé SS en , qui regroupe les 5e division SS Wiking et 11e division SS Nordland. Les trois quarts de l'encadrement de ce corps d'armée sont constitués par des Allemands ; lors de ce développement des effectifs, Steiner .
Cette unité massacre six cents Juifs galiciens en Ukraine, deux semaines seulement après le déclenchement de l'invasion de l'Union soviétique.
Au sein de la SS En janvier 1945, Steiner et le -Panzerkorps sont transférés de la poche de Courlande pour aider à la défense du territoire allemand. Le , Steiner est désigné comme commandant de la blindée SS (11. SS-Panzerarmee), , rattachée au groupe d'armées Vistule.
Lorsque l'Armée rouge atteint l'Oder, la SS cesse ses activités et le -Panzerkorps est réaffecté à la , comme réserve pour la défense de Berlin. Durant la bataille de Halbe, la première bataille majeure de l'offensive contre Berlin, le général Gotthard Heinrici, commandant du groupe d'armées Vistule, transfère la plupart des divisions du -Panzerkorps vers la du général Theodor Busse.
Le , le biélorusse, commandé par le maréchal Gueorgui Joukov perce les lignes allemandes sur les hauteurs de Seelow. Sans tenir compte de la réalité, Hitler baptise les unités en loques sous les ordres de Steiner « Armeeabteilung Steiner », appellation nouvelle, à mi-chemin entre un corps et une armée. Il donne l'ordre à Steiner d'attaquer le flanc nord du saillant créé par le biélorusse pendant que la , repoussée vers le Sud du saillant attaque vers le nord, afin de prendre les Russes en tenaille. Pour faciliter sa mission, Steiner se voit assigner trois divisions de la , la 4e division SS « Polizei », la , la 25. Panzergrenadier-Division — qui se trouvent au nord du canal de Finow, sur le flanc nord du saillant de Joukov — et le de Weidling, qui se trouve à l'est de Berlin, avec son flanc nord près de Werneuchen.
Les trois divisions le plus au nord doivent attaquer vers le sud à partir d'Eberswalde (sur le canal de Finow et à à l'est de Berlin) en se dirigeant vers le , pour couper le saillant du biélorusse en deux.
Steiner a toujours été l'un des commandants préférés de Hitler, qui admire son attitude selon laquelle , et apprécie le fait que sa fidélité aille à la Waffen SS et non au corps des officiers prussiens. Joseph Goebbels apprécie lui aussi Steiner. À son propos, il écrit le , qu’. Il est aussi « l'enfant chéri » de Himmler, bien que celui-ci soit agacé et préoccupé par son attitude, Steiner le traitant de « romantique vaseux », le surnommant « le maigrichon Reichsheini » et critiquant ouvertement la stratégie du Führer tant sur le front de l'Ouest que sur celui de l'Est.
Cela n'empêche pas Steiner d'appeler le général Heinrici pour lui faire savoir que le plan conçu par Hitler est irréalisable. La et la Division sont encore déployées de manière défensive, et elles ne peuvent être redéployées pour l'attaque avant que la de marine ne les relève ; cela ne laisse pour l'offensive que deux bataillons de la 4e division SS « Polizei », dépourvus de l'armement nécessaire.
Heinrici contacte Hans Krebs à l'OKH, en lui faisant savoir que la contre-attaque ne peut avoir lieu et en demandant, sans succès, à parler à Hitler.
Le , lors de sa réunion de l'après-midi, Hitler apprend que Steiner refuse d'exécuter ses ordres. Il entre dans une crise de colère et éclate en sanglots, déclarant que la guerre est perdue, blâmant les généraux et annonçant qu'il restera à Berlin jusqu’à la fin et qu'il se suicidera. .
La fin de la guerre Steiner est fait prisonnier le . Toutes les charges contre lui, notamment celles de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, sont abandonnées et il est rapidement libéré, le .
Il consacre les deux décennies suivantes à écrire ses mémoires et plusieurs ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, considérés comme des plaidoyers pro domo, dont (L’Armée des proscrits) et (Les Volontaires). .
Felix Steiner meurt le , à .
Notes et références Notes
références
Bibliographie
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