vignette|Moana (1925), de Robert Flaherty, considéré comme la première docufiction de l’histoire du cinéma.
Un ou uneL'usage est variable, selon que l'on parle d'un documentaire ou d'une fiction. docufictionIl est aussi possible de l'écrire avec un tiret (docu-fiction) voire en deux parties séparées (docu fiction) (ou documentaire-fiction), parfois incorrectement désignée comme docudrama, est un genre cinématographique, télévisuel ou radiophonique qui mélange le documentaireReality and documentary – at Six Types Of Documentary, article par Girish Shambu (blog) et la fiction.
Il s’agit d’un documentaire contenant des éléments de narration propres à la fiction. Il est adopté par un nombre croissant de cinéastes. Le terme docufiction apparaît au début du What is docufiction? - section II, (quatre chapitres) de la thèse du Prof. Theo Mäusli.
Devenu d’usage commun dans plusieurs langues, il est employé de façon générique pour la classification des films dans les festivals de cinémaIndie Matra Bhumi (The Motherland) – Festival de CannesBrian De Palma's On His Iraq Docu-Fiction Comeback sur The Huffington Post – Festival de Toronto et Festival de VeniseNew Film Events – Oscilloscope 'Howl' for Off Beat Docu-Fiction Sundance Selection sur Ion CinemaDocufiction sur plusieurs festivals.
Confusions récurrentes avec le docudrame et le faux documentaire Un docudrame ou documentaire dramatique (docudrama), au contraire de la docufiction, est une recréationVoir Docudrama: the real (his)tory Confusion of genres – Page 2 de la thèse de Çiçek Coşkun (New York University School of Education) d’évènements factuels dans un temps ultérieur aux évènements « réels » qu’elle reproduit. Le docudrame doit être entendu comme un téléfilm ou une récréation télévisuelle qui reproduit des évènements passés avec des acteurs.
Le faux documentaire, documentaire fictif, pseudo-documentary ou mockumentary (mock + documentary = documentaire moqueur) se présente avec une apparence de documentaire, mais il s'agit d'une fiction qui contrefait et parodie des évènements réels ou non dans un but comique ou satirique.
Le mot docufiction est parfois aussi utilisé pour désigner une pièce de journalisme littéraire, une non-fiction romancée (anglais : creative nonfiction). Aussi bien au cinéma qu’à la télévision, le docufiction est un genre cinématographique en pleine expansion depuis la première décennie du siècle.
Origines de la docufiction 200px|thumb|Robert Flaherty 400px|thumb|Jean Rouch dans Paroles, filmé par Ricardo Costa
Le genre est inauguré par Robert Flaherty avec le film Nanouk l'Esquimau en 1922, et plus tard par des cinéastes comme Jean Rouch ou Georges Rouquier, qui ont donné au documentaire-fiction ses lettres de noblesseDefinition of documentary – New Frontiers in American documentary (American Studies at The University of Virginia)The Impulse of Documentary-Fiction – Paper, Transart Institute.
Il implique le principe que fiction et documentaire sont des genres fondamentaux dans l'analyse de film, dû au statut ontologique de l’ filméeThe Gap: Documentary Truth between Reality and Perception – article de Randolph Jordan qui souligne «l’absence croissante de diversité entre film documentaire et fiction», Hors Champ en tant que photographie : le double (l’image du sujet) est quelque part la même chose en tant que représentation et réalitéOpen-ended Realities - article de Luciana Lang, Latineos : en tant que simulacre dans la fiction et en tant qu'image véridique dans le documentaire. Dans la fiction un acteur représente une autre personne et les événements photographiés sont inventés ou manipulés. Étant les deux, la docufiction est un genre hybride qui suscite des problèmes éthiques concernant le vrai, puisque le réel peut être manipulé et confondu avec le fictifSemiotics, Book RegsSemiotics for Beginners par Daniel Chandler, Aberystwyth University(NON)FICTION AND THE VIEWER: RE-INTERPRETING THE DOCUMENTARY FILM – Paper de Tammy Stone, Avila Universityhybrid genre – page 50, thèse sur la du Prof. Theo MäusliThe appeal of hybrid documentary forms in West Africa, Project MuseEthics and Documentary Filmmaking – Article de Marty Lucas, Center for Social Media (American University in Washington, D.C)On Ethics and Documentary: A Real and Actual Truth – Article de Garnet C. Butchart, Programme sur les études culturels, Université de Trent, Peterborough, Ontario, Canada, publié University of South FloridaWhat to Do About Documentary Distortion? Toward a Code of Ethics – Article de Bill Nichols, Documentary.orgDocumentary Film Prompts-Ethics in Documentary/Fiction vs. Documentary – Paper de Ardavon Naimi, University of Texas at DallasEthics and Filmmaking in Developing Countries, Unite For Sight.
Dans le domaine de l’anthropologie visuelle, le rôle novateur de Jean Rouch nous permet de le considérer comme le père d’un sous-genre nommé ethnofiction Rayma Watkinson, Reading the image: Visual Literacy And The Films Of Jean Rouch, inter-disciplinary.net. Michael Eaton, Jean Rouch 1917-2004, A Valediction, rouge.com.au/Glossary, www.maitres-fous.netJean Rouch and the Genesis of Ethnofiction, thèse de Brian Quist, Long Island University. Ce terme désigne un film ethnographique avec des personnes qui jouent des rôles fictionnés reproduisant leurs réalités. Leur faire jouer leur propre rôle aide à construire le réel.
Genre hybride Concept Le terme « docufiction » (ou « docu-fiction »), généralement employé au masculin, désigne couramment dans la langue française des films qui recréent des situations « réelles ». Cette désignation est devenue populaire par l'imposition des chaînes de télévision à des fins commerciales, avec l'intention d'atteindre un large publicMélissa Thériault, Documentaire et jeux de fiction. Le cas du cinéma québécois, editions-harmattan.fr.Lise Henric, Le docufiction entre création originale et documentaire, revue Française des Sciences de l'information et de la communication..
En vérité le docufiction est un genre hybride dans lequel le documentaire et la fiction pèsent plus ou moins. Il est rare que les deux aient un poids égal. L'aiguille de la balance peut basculer plus vers un côté que vers l'autre : d'un extrême à l'autre. Ceci pose la question de l’existence de docufictions extrêmesMarc Augé, De l’imaginaire au “tout fictionnel”, Recherches en communication, , 1997.Éric Clémens, Le fictionnel et le fictif, essai sur le réel et le(s) monde(s), gerardgranel.com.André Habib, Terrains battus : reconquête fictionnelle ou dommages au réel, autour de 9/11, histart.umontreal.ca, juin 2002.Justine Peneau, Fiction du réel, réel du fictionnel : quand le design critique, Art et histoire de l’art, 2015..
Jusqu'où peut aller un cinéaste sans franchir certaines limites, souvent incertaines, au-delà desquelles le documentaire se transforme en fiction ? : traversant une frontière, pénétrant dans un territoire qui ne lui appartient pas et où il sera perçu comme un intrus. Il s'avancera, dans une situation extrême, sur un territoire réel qui deviendra un lieu entièrement fictif. Il y a des endroits où nous ne savons pas où nous sommes, où nos certitudes s’évanouissent dans le néant. Là, on peut se sentir un peu confus (et ça peut être amusant) ou, dans le pire des cas, désespéré (et ça peut être tragique)‘Based on a true story’ : the fine line between fact and fiction – article de Geoff DyerDocumentary and Fiction Breed to Create a Better Truth, article de Chuleenan Svetvilas sur Documentary IDAIn and out of this world: digital video and the aesthetics of realism in the new hybrid documentary – article de Ohad LandesmanScripting the Docufiction: Combining the Narrative and Documentary Modes in a Social Issue Film – thèse de Joseph V. Brown, University of Denver, janvier 2010.
Les films documentaires cherchent simplement à impressionner le spectateur d'une manière différente : montrer des faits qui traitent de la conscience, aider à être plus lucide envers le réel. Ils sont bruts par nature et ainsi ils doivent l'être : « pour atteindre le réel, il faut au préalable pouvoir faire abstraction du vécu »Selon Le Cru et le Cuit, de Claude Lévi-Strauss..
« Si les spectateurs hésitent à regarder des documentaires sur des problèmes sociaux « lourds », alors ces questions doivent être présentées de manière plus subtile ou plus acceptable »Page 2 in Docufiction: Combining the Narrative and Documentary Modes in a Social Issue Film, by Joseph V. Brown). Thomas Larson s'y réfère en ces termes (dans la littérature, mais aussi dans le cinéma) : « Les écrivains hybrides mêlent réalité et fiction ; poésie et prose ; mémoire et histoire ; biographie et mémoires. L'hybride porte un certain nombre de noms : récit non linéaire, composite, pastiche, montage, collage, mosaïque et bricolage ; c'est une forme qui brouille un genre avec un autre ; et décrit tout récit dont la structure est fragmentée, tressée, enfilée, brisée ou segmentée, c'est-à-dire étant tempérée par des ingrédients esthétiques ou éthiques, se transformant en fiction avec des effets plus ou moins importants sur les deux, leur valeur et leurs conséquences »The Hybrid Narrative – article par Thomas Larson. En d'autres termes : dans des situations extrêmes, le documentaire peut dégénérer en fantaisie et la fiction en cinéma vérité corrompu« Cinéma-vérité » ou « cinéma direct » : hasard terminologique ou paradigme théorique ? – article par Séverine GraffHome Feature Articles – Jean Rouch: Cinéma-vérité, Chronicle of a Summer and The Human Pyramid, article par Barbara Bruni sur Senses of Cinema, mars 2002.
Histoire Dans l'histoire du cinéma, le concept d'ethnofiction (ethnographie + fiction) dépasserait la pratique scientifique et, par analogie, donnerait lieu à une désignation plus large (docufiction : documentaire + fiction) dans laquelle l'ethnofiction serait classée comme sous-genre. La docufiction serait alors utilisée pour classer les films apparus dans plusieurs pays, directement sous l'influence de Robert Flaherty ou indirectement par une ressemblance occasionnelle, dans les deux cas sans corrélation et avec des différences significatives de forme et de contenu. D'un côté, l’hybride est devenu l'un des critères qui ont rejoint le documentaire et la fiction dans un seul conceptExploring Objectivity in Docufiction Filmmaking through the Concept of Hybridity, Eleanorforder, 7 août, 2014. D'un autre côté, les personnes qui jouent leurs propres rôles dans la vie réelle et en temps réel sont quelqu'un d'autre qui se donne du fondement, qui devient vraisemblable. Ces deux exigences sont étroitement associées à deux autres dans la pratique de la docufiction : 1 - éthiqueWhy are ethical issues central to documentary filmmaking? – premier chapitre d’une introduction au film documentaire par Bill Nichols, Indiana University Press et esthétique, i.e. fidélité au vrai et au réelReality in the Age of Aesthetics – Article at Frieze, Issue 114, April 2008Documentary-for-the-Other: Relationships, Ethics and (Observational) Documentary – Article by Kate Nash, Journal of Mass Media Ethics, 26:224–239, 2011On Ethics and Documentary: A Real and Actual Truth – article par Garnet C. Butchart, Cultural Studies Program, Trent University, Peterborough, Ontario, Canada K9H 7P4] 2 - signifiants et connotations, i.e. formes d'expression qui représentent des faits de manière illustrative ou allusive, dévoilant les facettes de la vie humaine.
Docufiction extrême vignette|250px|Nose art du Great Artiste. 250px|thumb|right|La bombe atomique explosant sur Hiroshima