thumb|Machine à sous allemande « Rotamint » fabriquée en 1952.
Une machine à sous (aussi appelé bandit manchot) est un appareil électronique ou mécanique de jeux de hasard et d'argent qui ne demande aucune stratégie ou habileté particulière. On laisse tomber une ou plusieurs pièces ou jetons dans une fente et on tire sur une poignée ou on appuie sur un bouton pour activer une à trois bobines ou plus marquée(s) de segments horizontaux, en faisant varier des symboles. La machine est rentable en glissant dans une tasse ou une auge de deux à toutes les pièces de la machine, en fonction du nombre de symboles alignés lorsque les bobines en rotation s'immobilisent.
Les symboles traditionnellement utilisés sont les suivants: étoiles, combinaisons de cartes, barres, chiffres (le 7 étant l'un des favoris), divers fruits représentés – cerises, prunes, oranges, citrons et pastèques – ainsi que les mots « jackpot » et « bar ». Le terme « machine à sous » (abréviation de "nickel dans la machine à sous") était à l'origine également utilisé pour les distributeurs automatiques, mais au siècle il renvoie presque exclusivement aux appareils de jeu.
Description thumb|Partie frontale d'une machine à sous. Une machine à sous se compose de plusieurs éléments indispensables : une entrée d'argent : entrée de pièce, accepteur de billet, lecteur de carte magnétique, etc. une sortie d'argent : bac à pièces. un système d'affichage du jeu : rouleaux, écrans. un moteur aléatoire de jeu.
Le joueur doit insérer de l'argent sous quelque forme que ce soit pour lancer une partie. Une partie est généralement très rapide, et très simple à comprendre. Le résultat, qui doit être aléatoire, est simple lui aussi : le joueur gagne ou ne gagne pas d'argent.
Les résultats de chacun des jeux successifs sont indépendants.
Historique Aux États-Unis, les premiers appareils de jeu à pré-paiement remontent aux années 1880, bien qu'il ne s'agisse en réalité que de simples amusements, telles que deux chevaux-jouets qui couraient après insertion d'une pièce de monnaie dans la machine, plutôt que des machines à sous directes. Posés sur le bar dans un saloon ou un établissement similaire, ces dispositifs attiraient les paris entre clients. Cependant, pour la plupart des machines, le propriétaire payait les gagnants en consommations ou en cigares ; parfois des jetons en métal spécialement frappés pouvant être échangés contre des boissons. En 1888, il existait déjà des machines à pièces. Une fois insérées, celles-ci tombaient sur une balance interne qu'elles pouvaient faire pencher ou en renverser d’autres ; quant aux derniers appareils, il y en avait un avec un écran circulaire et un indicateur rotatif qui se posait ou indiquait un nombre, une couleur ou une image.
En France, les Trente Glorieuses voient l'avènement de la jeunesse comme classe de consommation : grâce à l'argent de poche et la croissance économique qui lance de nouveaux marchés, dont cette classe devient une cible, les jeunes vont au cinéma et se retrouvent dans des cafés pour y refaire le monde et dépenser leur argent dans des machines à pièces (flippers, jukebox et baby foot dans les années 1960, rejoints dans les années 1970 par les bornes d'arcade et les machines à sous tels que jackpots et vidéo-pokers). Le cinéma représente ainsi souvent cette jeunesse qui fascine et inquiète les adultes qui se défient des cafés qui peuvent être des lieux de délinquance juvénile en bandes qui rassemblent des jeunes oisifs.. L'exploitation de ces machines étant en grande partie tombée sous la coupe du grand banditisme, incite les pouvoirs publics à légiférer en matière de régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard (loi n° 83-628 du ).. Cette interdiction est levée par la loi n° 87-306 du , qui autorise l'exploitation des machines à sous dans les seuls casinos, marquant le début de la démocratisation de ces appareils en France Le premier et le deuxième choc pétrolier stoppent cette croissance économique et ont des conséquences sur .
Évolution Roulette automatique Passionné de mécanique, se passionna pour les machines telles que la roulette automatique. Il en fabriqua son propre exemplaire en 1894 sous le nom de Horseshoe (« Fer à cheval »), ressemblante aux produits d'un des leaders du secteur, Gustav Shultze. La même année, il quitte son employeur (La California Electric Works Company, qui fabrique des téléphones, des télégraphes, etc.) pour créer une société concurrente. Il s'installera à côté des ateliers de Shultze, devenant même l'un de ses fournisseursHistoire des machines à sous mécaniques, Jean-Paul Joiret, il perfectionne ses modèles en créant la « 4-11-44 » en 1895, à trois roulettes concentriques. Diffusé avec succès dans des bars, plusieurs exemplaires de la machine furent fabriqués et Charles August Fey vend sa société d'équipements de communications à un associé et créa une société de machines à sous sur Market Street à San Francisco.
Rouleaux mécaniques thumb|Machines à rouleaux mécaniques. Charles August Fey créa la première machine à sous à rouleaux, la Card Bell en 1898, puis la perfectionna en 1899 pour créer le modèle Liberty Bell, plus compacte et en métal.
Elle remplace des roues par des rouleaux sur lesquels figurent des symboles comme le carreau, l’as de pique, le cœur, le fer à cheval et la fameuse cloche de la liberté.
L'atout de ses machines tient surtout dans la combinatoire : un millier de combinaisons sont possibles alors qu’une centaine seulement était obtenue auparavant.
Devant le succès fulgurant de la machine, une concurrence s'organise. Puisque Charles August Fey refuse de commercialiser son brevet, les autres compagnies sont obligées de construire leurs propres appareils. Après le vol d’un exemplaire de Liberty Bell, Mills lance une machine très proche. D’autres entreprises, comme Caille notamment, font de même.
Au cours de la prohibition, le jeu d’argent est interdit aux États-Unis. L'industrie de la machine à sous est donc menacée. Toutefois, Mills trouve une parade en convertissant ses bandits manchots en distributeurs de bonbons. Pour l'occasion, les symboles sont changés en fruit avec, par exemple, une prune, une orange, un citron, une cerise et de la menthe. Le client achète des friandises avec son argent. Les rouleaux se mettent à tourner puis s’arrêtent. S’il obtient une combinaison gagnante, il remporte des jetons qui peuvent être échangés contre des boissons ou d’autres lots.
Les machines à sous mécaniques sont la norme jusqu’au moment au Bally lance les appareils électromécaniques, au cours de l’année 1963.
Machines électroniques thumb|Machines à sous au Japon. Les machines à sous modernes sont électroniques, même si elles peuvent prendre l'apparence de machines mécaniques (machines à rouleaux). Il existe plusieurs types de machines à sous électroniques : les machines à rouleaux vidéos, les machines à rouleaux classiques, les poker, les multijeux.
Dans tous les cas, le fonctionnement est identique. Une machine à sous possède un cycle de combinaisons. Ce cycle répertorie comme une liste toutes les combinaisons possibles que la machine peut sortir. Le joueur insère de l'argent dans la machine (pièces, billets, argent électronique) et peut lancer le jeu à l'aide de boutons, d'un levier (bandit manchot) ou d'un écran tactile. Au moment où il lance le jeu, une des combinaisons du cycle est choisie aléatoirement et s'affiche. Le joueur gagne ou non un prix, et peut rejouer. La combinaison qui a été obtenue est ensuite replacée dans le cycle, donc chaque joueur a les mêmes probabilités de gagner un lot.
Chaque machine à sous électronique possède un taux de redistribution. Ce taux est fixe sur une machine et est très souvent compris entre 85 et 99,99 %. Il varie d'une machine à une autre, ce qui explique que sur certaines machines le joueur a davantage l'impression de gagner ou de perdre.
Ce taux correspond à la quantité d'argent d'abord jouée sur la machine, et qui sera reversée en tant que gain au joueur. Le montant d'argent non redistribué revient au casino. Selon le pays, le casino est imposé sur ce montant. (En France, par exemple, le casino ne gagne que la moitié de cette somme).
Par exemple, et statistiquement, sur une machine avec un taux de redistribution à 90 %, un joueur qui met 100 crédits va remporter 90 crédits. 10 crédits reviendront au casino. Bien sûr, il faut prendre en compte d'autres paramètres comme le hasard ou les jackpots.
Une machine à sous est généralement équipée de nombreux compteurs électroniques et de compteurs mécaniques. À tout moment, une machine à sous peut indiquer le montant en argent inséré, le montant joué, le montant gagné, le montant reversé en tant que jackpot, etc. À la fin d'un cycle sur une machine à sous, à l'aide des compteurs d'entrée d'argent et de sortie, on retrouve systématiquement et exactement la valeur du taux de redistribution.
Machines à rouleaux classiques Ces machines présentent généralement entre 3 et 5 rouleaux, mécaniques, mus par des moteurs commandés par électronique. Elles sont en voie de disparition au profit des machines à rouleaux vidéos.
De nouveaux modèles apparaissent aujourd'hui dans les casinos : ce sont des machines à rouleaux classiques intégrés dans un écran LCD. Un écran LCD a été découpé en son milieu de manière à apercevoir trois, quatre ou cinq rouleaux mécaniques, tout en affichant une image vidéo autour et par-dessus les rouleaux.
Machines à rouleaux vidéos Ces machines présentent généralement cinq, voire six rouleaux vidéos sur un écran, parfois tactile.
Certaines machines possèdent deux écrans l'un au-dessus de l'autre, ou un écran vertical assez haut.
Ces machines proposent des jeux aux symboles, ambiances, tons colorés et variés, parfois des jeux bonus interactifs qui n'ont rien à voir avec des rouleaux.
Vidéo poker (ou machines à poker) Le jeu de vidéo poker se compose généralement en deux phases : Première phase : le jeu propose au joueur sur un écran 5 cartes à jouer. Le joueur doit réussir à former une combinaison gagnant avec ses 5 cartes. Il peut choisir de garder ou jeter des cartes. Deuxième phase : le jeu remplace les cartes que le joueur a décidé de jeter. Le jeu remplace les cartes définies par d'autres cartes aléatoirement. Avec le nouveau jeu de 5 cartes obtenu, le jeu détermine si le joueur a gagné ou non.
Si la combinaison s'est révélée gagnante, le joueur a en général la possibilité de jouer son gain à quitte ou double, une ou plusieurs fois.
Machines à sous multi-jeux Ces machines proposent au joueur de choisir lui-même le jeu à jouer, entre des jeux à rouleaux vidéos, des jeux de poker, des jeux de keno, ou tactilo. En réalité, cela ne concerne que l'apparence du jeu (les symboles affichés, les animations). Le fonctionnement du jeu reste le même.
Aléatoire et pseudo aléatoire Un problème rencontré lors de la conception des machines à sous électroniques est la génération des résultats aléatoires. Pour ce faire, lorsque le joueur appuie sur le bouton, il faut qu'un nombre soit généré. Pour générer des nombres aléatoires, les machines pourraient utiliser des phénomènes physiques pour générer des nombres aléatoires. Cependant, pour des questions de complexité technique et monétaires, les machines à sous génèrent de la pseudo aléatoire.
Pour générer de la pseudo aléatoire, les machines à sous ont un compteur qui incrémente extrêmement rapidement. Lorsque le joueur appuie sur le bouton, le compteur s'arrête, il lit le résultat dans la table de paiements, l'affiche et paie ou non ce qui est dû, puis le compteur recommence. Il faut faire au moins trois cycles par seconde pour être certain qu'un cycle se soit écoulé entre chaque partie. Ceci permet de donner le même nombre de chances à chaque joueur.
Répartition