Excalibur est l'épée magique légendaire du roi Arthur, le roi des Bretons dans les textes de la légende arthurienne de la matière de Bretagne rédigés à l'époque du Moyen Âge.
Certains considèrent qu'Excalibur et l'Épée du Rocher (preuve du lignage d'Arthur) ne sont qu'une seule et même arme mais, dans la plupart des versions de la légende, ce sont bien deux épées distinctes.
Excalibur a la réputation d'être incassable et de trancher toute matière. Son fourreau protège son porteur de toute blessure. Le roi Arthur, détenant les deux artéfacts, était donc invincible sur les champs de bataille.
Étymologie et historique La première mention de l'épée d'Arthur sous le nom d'« Excalibur » est due à Chrétien de Troyes.
L'étymologie de ce nom ancien, connu sous plusieurs variantes (Excalibor, Escalibor, Excaliber, Calibourne) n'est pas déterminée avec certitude, d'autant que « Excalibur » n'est pas le seul nom connu pour cette épée : par exemple, dans le conte Le Chevalier au papegau, elle s'appelle Chastiefol. Le mot « Excalibur » semble une altération savante d’éléments linguistiques issus du brittonique.
vignette|gauche|upright|Arthur retirant l'épée Excalibur du rocher. Illustration de A. S. Forrest (1906).
L'épée d'Arthur s'appelle en gallois (prononcé kalètvoulr), à rapprocher du breton ou (« Dure Entaille »). Ces mots sont composés de caled, kalet qui signifie « dur » et de bwlch, boulc'h, qui signifie « entaille ». Ce terme se rapproche phonétiquement de l'irlandais / (« dure-foudre »), qui selon la légende fut le nom de l'épée de Nuada, roi des dieux de l'Irlande, les Tuatha Dé Danann. Pour Bromwich et Evans, spécialistes de la littérature médiévale galloise, ces deux variantes du nom ont une origine commune Rachel Bromwich & D Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale University of Wales Press, Cardiff, 1992, ; voir aussi T. Green, Concepts of Arthur, Stroud : Tempus, 2007, .
L'un des plus anciens documents donnant Caledvwlch (ou Kaledvwlch) comme nom à l'épée d'Arthur est le texte gallois du Culhwch ac Olwen (Culhwch et Olwen), qui la présente comme une des plus précieuses possessions du roi breton, comme il le dit iciKulhwch et Olwen, traduit par Joseph Loth en 1913 (lire en ligne). : . Joseph Loth, qui a traduit le conte en 1913 dresse ce parallèle : .
Au , Geoffroy de Monmouth est le premier auteur à nommer cette épée dans une autre langue que le gallois. Dans son Historia regum Britanniae, il latinise le nom en , altération du celtique peut-être d'après le mot , terme latin signifiant « acier » et issu du grec The American Heritage Dictionary of the English Language, .. Il l'introduit ainsi : Traduction par Emmanuèle Baumgartner et Ian Short, La Geste du roi Arthur, éditions 10/18, Paris, 1993.. En se battant contre les ennemis saxons, Arthur se jette sur ses ennmis et abat avec quatre cent soixante-dix hommes. Tout comme les armes des hommes de Lucius Tiberius ne sont d'aucune protection face à l'épéeGeoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne, Livre IX, chapitres 4 et 11, Livre X, 11 (lire en ligne en anglais ici, ici et ici)..
Le mot est repris par les poètes français peu après, et la forme évolue en Escalibor puis Excalibur. L'altération de l'initiale en Ex- est faite d'après le latin Ex cal[ce] liber[atus] (« libéré du caillou ») Dictionnaire Brewer's Dictionary of Phrase and Fable..
Cette invention est destinée à donner à la dynastie des Plantagenêts, rois d'Angleterre d’origine continentale, une légitimité prestigieuse en Grande-Bretagne, opposant à Charlemagne, l’ancêtre des rois de France, un mythique roi Arthur : le roi Henri II fait chercher le tombeau d'Arthur à Glastonbury et des moines assurent l'avoir trouvé. Ils prétendent aussi avoir trouvé Excalibur, l'épée du roi Arthur.
Selon Roger de Hoveden, le roi d'Angleterre Henri Beauclerc l'aurait donnée au comte d'Anjou Geoffroy Plantagenêt en l'adoubant en 1127. Elle serait passée aux descendants de celui-ci, Henri II Plantagenêt, puis Richard Cœur de Lion. Sur la route de la croisade, Richard séjourna en Sicile pendant l'hiver 1190 / 1191 et y conclut une alliance avec le roi Tancrède, scellée par les fiançailles à venir de celui qu'il désigna pour son héritier, le jeune duc Arthur de Bretagne, avec l'une des filles de Tancrède. Et Richard lui céda aussi l'épée Calibourne pour l'octroi d'une vingtaine de navires qui lui étaient nécessaires pour la croisade. À la mort de Tancrède, l'empereur Henri VI s'en empara.
Mythe Arthur, alors simple écuyer d’un chevalier, retire sans le savoir l'épée (qui n’est pas Excalibur) du rocher dans lequel elle est enfichée. Après avoir prouvé que son maître n’était pas à l’origine de cet enlèvement dont il se vantait en replantant l’épée et en recommençant devant tous les prétendants au trône, il devient roi de Bretagne.
L’épée du rocher fut donc la première arme d’Arthur mais elle fut brisée lors d’un combat. C’est pourquoi la Dame du Lac – une fée dont Merlin était profondément amoureux – demanda aux elfes de fabriquer une nouvelle épée pour Arthur. Excalibur fut forgée dans un métal enchanté si dur que rien ne pouvait le rompre. Elle avait le pouvoir d’assurer la victoire à son porteur même si celui-ci semblait moins fort que ses adversaires et son fourreau avait celui de protéger son détenteur. Détenant les deux, Arthur était invincible.
L'épée dans le rocher vignette|upright=0.8|Représentation d'Excalibur fichée dans son rocher. .
C'est Robert de Boron qui raconte le premier cet épisode, à la fin du dans Merlin. Le trône du royaume de Bretagne était vacant et convoité par de nombreux nobles qui se battaient fréquemment pour se l'approprier. Devant cette discorde, le magicien Merlin convoque les barons du royaume à Logres pour la veille de Noël. Dans la nuit, apparaît mystérieusement un bloc de pierre carré supportant une enclume dans laquelle est plantée une épée. Sur la lame est écrit que celui qui parviendrait à l'en retirer deviendrait le roi de toute la Bretagne. Personne n'y parvint, sauf le jeune Arthur.
C'est la version, reprise notamment dans le livre L'Épée dans la pierre de l'écrivain britannique Terence Hanbury White, qui inspira le célèbre dessin animé de Walt Disney, Merlin l'Enchanteur en 1963.
La légende de la Dame du Lac vignette|gauche|redresse=1.2|La Dame du Lac offrant Excalibur à Arthur. Gravure d'Alfred Kappes (1880).
L'autre variante met en scène la Dame du Lac ou fée Viviane : selon Sir Thomas Malory, un chevalier anglais du qui condensa en un seul ouvrage une grande partie de la geste arthurienne, notamment des écrits français, elle aurait été donnée par la première Dame du Lac, qui aurait précédé Viviane, l'épée retirée de la stèle de granit ayant été auparavant brisée dans un combat contre le roi Pellinor, le père de messire Lamorak (considéré comme le troisième meilleur chevalier au monde, après Messires Lancelot du Lac et Tristan) et de Perceval le Gallois.
Pour gagner l'épée, Arthur fait une promesse à la Dame du Lac mais ne tient pas parole, celle-ci ayant été décapitée sous ses yeux dans son château. Merlin aurait demandé à Arthur : Arthur répondit : . Mais, Merlin lui dit : .
Disparition de l'épée Digne fils d'Uther Pendragon, avec Excalibur au côté, le roi Arthur a réuni et pacifié les deux Bretagnes. À sa mort, l'épée est jetée dans un lac magique par Bédivère. Dans La mort du roi Arthur, une main (de la Dame du Lac ?) sort alors du lac et s'empare de l'épéeJoël Grisward, « Le motif de l’épée jetée au lac : la mort d’Arthur et la mort de Batradz », Romania, 90, 1969, et ..
Cet épisode a été rapproché de la légende de Batradz, héros de la mythologie ossète. En effet, le récit des derniers instants d'Arthur dans la Mort le roi Artu (« Artu », sans « r » à la fin, début du ) de Batradz : Mark Adderley et Alban Gautier, Les origines de la légende arthurienne : six théories, Médiévales, 59, automne 2010, mis en ligne le 20 mars 2013, consulté le 23 octobre 2020.
Excalibur dans la culture populaire Le nom « Excalibur » a été réutilisé maintes fois dans un bon nombre de domaines, voir l'article : (homonymie).
Littérature Dans (1938), un manuscrit non publié de L. Ron Hubbard. Dans la série de livres-jeux Quête du Graal (1984-1987) de J.H. Brennan, l'épée Excalibur junior (surnommée « E.J. ») est une épée magique parlante, créée par Merlin à l'image de l’épée du roi Arthur. Dans « Excalibur » (2001), le troisième tome de La Saga du roi Arthur de Bernard Cornwell. Dans Les Secrets de l'immortel Nicolas Flamel (2007–2012), une série en six tomes de Michael Scott mêlant diverses mythologies. Dans « Le Dragon et l’Épée » (2010), le premier tome de la série L'Apprentie de Merlin de Fabien Clavel. Dans Raphaël 2 et l'Épée du Prince de R.J.P. Toreille, l'épée magique du prince est inspirée d'Excalibur.
Cinéma vignette|upright=0.8|Excalibur fichée dans une enclume, comme dans le film d'animation Merlin l'Enchanteur de 1963 (parc Hong Kong Disneyland, 2006).
Dans Excalibur (1981) de John Boorman, librement adapté de Le Morte d'Arthur de Thomas Malory. Dans L'Illusionniste (2006) de Neil Burger, le film comporte une scène de magie faisant référence à l'épée figée dans le rocher.. Dans La Dernière Légion (2007) de qui s'inspire de la vie du dernier empereur romain d’Occident, Romulus Augustule et propose une hypothèse sur l'origine d’Excalibur. Dans Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur (2017) de Guy Ritchie qui raconte l'histoire d'Arthur ignorant son destin, jusqu'au jour où il s'empare d'Excalibur.
Films d'animation Dans Merlin l'Enchanteur (1963) de Wolfgang Reitherman. Le titre original est The Sword in the Stone. Dans Excalibur, l'épée magique (1998) de Frederik Du Chau de Warner Bros.
Télévision Dans la série télévisée Charmed, celle-ci consacre une place particulière à Excalibur. Piper Halliwell est la seule à parvenir à retirer l'épée légendaire de son rocher après la mort de la Dame du Lac. Elle découvrira par la suite qu'elle n'est pas réellement l'élue de l'épée mais seulement sa gardienne. Son fils Wyatt, à qui les prophéties accordaient d'immenses pouvoirs et un destin formidable, est en réalité l'être digne d'Excalibur. Alors qu'il n'est encore qu'un enfant, l'épée est entreposée dans le grenier du manoir, pourtant il s'en servira quelquefois à l'aide de son don de télékinésie, et les visions du futurs montrent aux sœurs qu'il sera plus tard très attaché à cette arme ; Dans le jeu télévisé Fort Boyard, une épreuve dénommée « Excalibur » est présente. Cette épreuve de force consiste pour le candidat, une fois entré dans la cellule, à retirer une épée profondément enfoncée dans une souche de bois. Après avoir extrait cette épée de , il doit s'en servir pour couper un cordage afin de libérer un anneau auquel est attaché une clé, celle-ci avec six autres permet le déverrouillage de la « salle du trésor » en fin d'émission ; Dans la série Kaamelott, celle-ci s’inspire de la légende arthurienne, et se passe sur l'île de Bretagne à la chute de l'Empire romain, sur laquelle règne le roi Arthur, ayant Excalibur, en son château de Kaamelott, entouré de ses Chevaliers de la Table ronde. Dans cette série, Excalibur est capable de revenir d'elle-même à son propriétaire légitime. De plus, l'épée flamboie lorsqu'elle reconnaît « l'exceptionnelle destinée de son porteur » ;