En grammaire, le prédicat est une partie de la phrase simple. Cette notion connaît plusieurs interprétations, toutes prenant en compte son rapport avec une autre partie de la phrase simple : le sujet.
Selon l’une des interprétations, le prédicat est un syntagme verbal, qu’il soit constitué d’un verbe seul ou de celui-ci et d’un ou plusieurs éléments qui lui sont subordonnés. Par exemple, dans la phrase Pierre écrit une lettre à sa mère, le prédicat serait toute la partie de la phrase qui suit le sujet Pierre. Dans cette interprétation, dans une phrase isolée comme celle-ci, le prédicat est équivalent, du point de vue logique, à la partie d’une phrase appelée « rhème », « commentaire » ou « propos », c’est-à-dire ce qu’on dit du sujet, qui est, dans ce cas, le « thème », c’est-à-dire ce dont on parle....
Dans une autre interprétation, dans le cas d’un syntagme verbal dont le verbe est une copule (être, rester, paraître, etc.), on appelle prédicat l’adjectif, le nom, etc., qui font partie du syntagme verbal. Ainsi, dans les phrases Pierre est heureux, Pierre est devenu ingénieur, les prédicats seraient heureux et ingénieur. Parfois, dans le cas d’une telle phrase, on réduit la notion de prédicat à la propriété qui est conférée au sujet par la copule, ce qui veut dire qu’il ne pourrait être exprimé que par un adjectif, chap. 2, ..
Pour Grevisse et Goosse, des types de prédicats sont aussi bien un élément adjectival ou nominal appelé « attribut du sujet », uni à celui-ci par l’intermédiaire d’un verbe copule (ex. : L’enfant paraît malade, Mon mari est médecin), que n’importe quel verbe : Le moineau pépie.. Cette interprétation et l’appellation « prédicat » ou sa traduction se retrouvent dans des grammaires scolaires d’autres langues aussi : predicate., predicat, article predicat., predikat., állítmány.. Dans ces grammaires, on parle de « prédicat nominal » (constitué de la copule et de l’attribut du sujet pris ensemble) et de « prédicat verbal » (l’autre type de prédicat selon Grevisse et Goosse). Ce sont ces appellations qui sont utilisées ci-après.
Essai de définition du prédicat
Dans cet article, c’est la dernière interprétation ci-dessus, celle des grammaires scolaires, qui est adoptée. Sans tenir compte des éléments du syntagme verbal autres que le verbe et la copule + l’attribut du sujet, le prédicat est une entité de la phrase simple appelée « terme »Par exemple dans ou dans ., « constituant »Par exemple dans ou dans , chap. 2, (en anglais)., « élément »Par exemple dans )., « élément » à côté de « terme »Par exemple dans ., « élément » à côté de « fonction » ou seulement « fonction »Par exemple dans ., dont Grevisse et Goosse constatent qu’aucune des définitions n’est pleinement satisfaisante, puisque chacune de ses caractéristiques a ses limites. : Le prédicat est ce qu’on dit du sujet, mais le rhème de la phrase est défini de la même façon lorsque son thème coïncide avec le sujet. Cependant, le rhème est parfois différent du prédicat. Le prédicat est, en général, un verbe, mais il peut aussi être un mot d’une autre nature. En même temps, il y a aussi des phrases sans prédicat, non analysables. Le prédicat est l’élément de la phrase auquel le sujet confère les catégories de personne et de nombre, dans certains cas et, dans certaines langues, de genre aussi, mais ce n’est valable que pour les langues flexionnelles et les langues agglutinantes. De toute façon, le prédicat peut exprimer : une action effectuée par le sujet : Le moineau pépie ; une action qu’il subit : The cat was chased by the dog « Le chat était poursuivi par le chien ». ; le fait qu’il lui arrive quelque chose : Mă doare capul « J’ai mal à la tête ». ; le fait qu’il existe : Il y a du bruit. ; le fait qu’il possède quelque chose ou quelqu’un : Svi mi imamo posebne zadatke « Nous avons tous différentes tâches ». ; son état : A gyerek rosszul van « L’enfant a un malaise ». ; son identification : Az a fiú a testvérem « Ce garçon-là est mon frère ». ; son rangement dans une catégorie : Moj brat je inženjer « Mon frère est ingénieur » ; sa qualification : Ei sunt veseli « Ils sont gais » ; le fait qu’il se caractérise par une quantité : Az erdőben sok gomba van « Dans la forêt, il y a beaucoup de champignons ».
Statut du prédicat par rapport aux autres éléments à fonction syntaxique
Il est généralement accepté que, dans la phrase simple du type le plus fréquent, la phrase verbale énonciative, le prédicat est l’un des éléments appelés essentiels., fondamentaux ou principaux (article subject)., article parte de propoziție « partie de proposition ».., l’autre étant le sujet.
Selon certains grammairiensPar exemple ., le prédicat est le seul élément principal, étant donné qu’il peut constituer, tout seul, une phrase verbale. Il y a ainsi des phrases sans sujet, par exemple celles dont le prédicat exprime des phénomènes naturels, comme Il pleut, où il est simplement un indicateur de la troisième personne.. Un autre argument en faveur de cette opinion est que le prédicat peut fonctionner sans sujet exprimé par un mot à part, mais seulement par sa désinence (sujet appelé « inclus »), comme au mode impératif, en français. Dans d’autres langues, c’est son fonctionnement ordinaire à tous les modes personnels si le sujet n’est pas mis en relief : Nu trăim ca să mâncăm, ci mâncăm ca să trăim « On ne vit pas pour manger, mais on mange pour vivre »., Sutra dolazim kod tebe « Demain, je viens chez toi »., Jössz? « Tu viens ? ».
À part le sujet et les éléments que celui-ci peut subordonner (épithète, apposition, complément du nom ou du pronom), les autres éléments éventuels de la phrase sont subordonnés au prédicat. Ce sont des compléments du verbe et des propositions subordonnées correspondant à ceux-ci, dont le type dépend du sens lexical du prédicat. Du moins dans les langues mentionnées dans cet article, il peut s’agir principalement d’un : complément d’objet direct (COD) : J’aime ma sœur ; complément d’objet indirect (COI) : Sve zavisi od rezultata « Tout dépend du résultat ». ; complément circonstanciel (CC)Appelé « complément adverbial » par . : Gyakran kapok hírt felőle « Je reçois souvent de ses nouvelles ». ; complément d’agent (CA) : Condițiile sunt stabilite de participanți « Les conditions sont établies par les participants »..
En plus de ces éléments, dans certaines grammaires, il peut y en avoir d’autres considérés comme subordonnés au prédicat.
Dans les grammaires du roumain, on parle d’« élément prédicatif supplémentaire », subordonné en même temps au prédicat et à un autre élément de la phrase, ex. Ea se numește Puica « Elle s’appelle Puica » (considéré comme subordonné au prédicat et au sujet), L-am văzut supărat « Je l’ai vu fâché » (considéré comme subordonné au prédicat et au complément d’objet direct).. Dans ce dernier cas, l’élément prédicatif supplémentaire correspond, dans Grevisse et Goosse, à l’attribut de l’objet (ex. On l’a nommé président). Quand il est en relation avec le sujet, certaines grammaires françaises y voient un attribut du sujet, ex. Il se conduit en chef., mais Grevisse et Goosse y voient une épithète détachée (si c’est un adjectif) ou une apposition détachée (si c’est un nom)..
Une grammaire du serbe voit aussi, dans l’élément correspondant à celui ci-dessus, un subordonné du prédicat, qu’elle appelle « attribut provisoire », « attribut prédicatif », « prédicatif » ou « qualificatif actuel » : Naši su prvi stigli na cilj « Les nôtres sont arrivés les premiers au but », Nikad te nisam video ovakvog « Je ne t’ai jamais vu dans cet état »..
Les grammaires du hongrois prennent en compte un complément appelé « d’état », dont un type correspond au même élément ci-dessus : A gyerek betegen fekszik « L’enfant est couché, malade », Apám sebészként dolgozik a klinikán « Mon père travaille à la clinique en tant que chirurgien »..
Certains verbes ont un sens qui leur permet d’avoir, en tant que prédicats, plusieurs espèces de compléments à la fois, ex. Yesterday (CC) John gave the money (COD) to Peter (COI) « Hier, John a donné l’argent à Peter »..
Bien que beaucoup de prédicats puissent fonctionner sans complément, il y en a aussi qui, à cause de leur sens, ne peuvent pas se priver d’un complément au moins. Exemples : Il habite à Paris (CC). ; Atunci el spuse o prostie « Alors il dit une bêtise » (COD). ; Jártas a biológiában « Il/Elle s’y connaît en biologie » (COI)..
Types de prédicats
Les types de prédicats sont établis selon la nature des mots qui peuvent les exprimer. Selon certaines grammaires, il n’y en a que deux : exprimé par un verbe seul (prédicat verbal) et exprimé par une copule + un attribut du sujet (prédicat nominal). Certaines grammaires du roumain traitent, à côté de ceux-ci, d’un prédicat qu’elles appellent « adverbial » et d’un autre, appelé « interjectionnel »Par exemple (article predicat).. Il y en a qui distinguent un quatrième type également, appelé « verbal-nominal »Par exemple ..
Le prédicat verbal
Le prédicat verbal est tout d’abord celui exprimé par un verbe proprement dit à un mode personnel. Dans certaines grammaires, c’est le seul considéré comme un tel prédicatPar exemple dans les grammaires du hongrois (cf. )..
Selon d’autres grammaires, la locution verbale constitue également un prédicat verbal : Ils ont pris la fuite. ; „Căci singura mea rugă-i uitării să mă dai” « Car ma seule prière est que tu m’oublies » (littéralement « … à l’oubli que tu me donnes ») (Mihai Eminescu). ; John gave the roses a prune « John a taillé les rosiers » (litt. « … a donné aux rosiers une taille »), cité par ..
Dans certaines grammaires, on considère que le prédicat verbal peut aussi être à un mode non personnel (une forme nominale du verbe).
Exprimé par un verbe à l’infinitif
à la place de l’impératif : dans des avertissements et des interdictions : Ne pas se pencher dehors, . ; A nu se fuma! « Ne pas fumer ! » ; dans des modes d’emploi : Bien agiter avant usage ; A se păstra la rece! « Garder au frais ! » ; dans des recettes culinaires : Ajouter le jaune d’œuf… ; pour exprimer un sujet indéterminé : Pourquoi ne pas y aller ?. ; Innen látni a város fényeit « D’ici, on voit les lumières de la ville »..
Selon des grammaires françaises, l’infinitif est prédicat dans une proposition subordonnée si son sujet est différent de celui de son verbe régent, quand celui-ci : exprime une recommandation, un conseil, une disposition, un ordre : Je dis à Pierre de sortir. ; exprime une perception : J’entends les oiseaux chanter. ; est le verbe faire : J’ai fait entrer les étudiants. ; est le verbe laisser : Laissez passer la voiture.
Dans des grammaires roumaines aussi, on trouve l’infinitif en tant que prédicat : Până a nu se aduna toți, ședința nu putea fi începută « La réunion ne pouvait pas commencer jusqu’à ce que tous se soient rassemblés ».
Exprimé par un verbe à un autre mode non personnel
À la même condition que ci-dessus, dans des grammaires françaises et roumaines, on considère que le prédicat peut aussi être aux modes : participe : La patience aidant, vous réussirez, Le chat parti, les souris dansent. ;
gerunziu (correspondant au participe présent français) : Căci voi murind în sânge, ei pot să fie mari « Car vous, mourant dans le sang, ils peuvent être grands » (M. Eminescu) ; participe (correspondant au participe passé français) : Părăsit de toți, copilul a început să plângă « Quitté par tous, l’enfant s’est mis à pleurer » ; supin (correspondant à l’infinitif français précédé de la préposition à) : De reținut acest lucru « À retenir cela »..
Le prédicat verbal peut être omis et sous-entendu pour des raisons stylistiques, y compris lorsqu’il se répéterait dans des phrases voisines : – Iras-tu à la réunion ? – Avec plaisir ;