thumbnail|320px|right|Carte de l'Europe rhénane, un centre dynamique et ouvert

Au cœur de l’Europe occidentale, l’Europe rhénane s'impose comme l’un des lieux de puissance du monde et l’espace le plus dynamique du continent correspondant géographiquement aux bassins du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, réunis par leur delta commun et connectés aux échanges mondiaux grâce au range nord-européen.

Elle constitue la partie centrale d'un espace plus large : la mégalopole européenne qui s'étend de Londres à Milan. La dynamique de l'Europe rhénane s’est construite à travers l’Histoire le long de deux grands axes, jalonnés de villes puissantes : un axe continental, l’axe du Rhin, l’un des axes continentaux les plus importants du monde, et l’axe maritime de la mer du Nord, l'une des premières interfaces maritimes mondiales.

Principal enjeu des conflits européens depuis la chute de l’Empire romain, l’Europe rhénane est aujourd’hui en grande partie intégrée dans l’Union européenne (Suisse et Liechtenstein exceptés). Ce sont conjointement les axes de communication et les villes qui sont l’origine et la conséquence de la puissance de l’Europe rhénane. Par les villes situées le long de ces axes, s’est réalisée l’accumulation de capitaux nécessaires au développement économique. Par un effet de synergie, le développement s’est maintenu tout le long de l’Histoire.

Définitions et caractéristiques de l’espace rhénan Définitions L’axe rhénan est inclus dans l’Europe rhénane, elle-même incluse dans la mégalopole européenne, elle-même incluse dans le sous-continent européen.

L'axe rhénan est la partie de l’espace rhénan comprenant le Rhin et ses zones proches, avec ses voies de communication parallèles et les villes proches (une trentaine de kilomètres de part et d’autre du fleuve).

L'Europe rhénane, appelée aussi l'espace rhénan est l'ensemble des régions à fortes densités de population, de la Suisse aux Pays-Bas, parcourues par un vaste réseau de voies de communication, montrant un ensemble de villes de toutes tailles liées au Rhin et à ses affluents. Cet espace compte de puissantes régions industrielles et tertiaires (30 % du PIB de l’UE), reliées au reste du monde par l’axe maritime de la mer du Nord, ou , qui est l'une des principales interfaces maritimes mondiales (de Hambourg au Havre).

La dorsale européenne, appelée aussi « banane bleue » ou mégalopole européenne, désigne le cœur économique de l’Europe, la zone économique la plus puissante de l’Europe géographique, du sud-est de l’Angleterre au nord de l’Italie en passant par les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne de l'ouest, la France du nord-est et la Suisse.

Une population nombreuse, généralement riche et bien formée

L’Europe rhénane compte près de 100 millions d’habitants (13 % de l’Europe géographique), pour une superficie de environ. Les densités de population sont donc très fortes, par exemple en Rhénanie-du-Nord-Westphalie avec 516 hab. par km², en moyenne de 280 hab. par km, mais aussi plus bas en autres régions comme l'Alsace : 212. Ces fortes densités de population sont liées à la présence des villes et des voies de communication, mais les densités de population rurale sont très fortes du fait d’une agriculture intensive ancienne, au développement de la périurbanisation et au développement de l’industrie. La puissance économique de cette région est donc une cause et une conséquence de ces fortes densités de population. Le PIB par habitant y est donc plus élevé que la moyenne européenne (au-dessus de l’indice 100), surtout au Luxembourg, l’un des États les plus développés du monde (indice 196) ainsi que la Suisse ( plus haut PIB par habitant au monde), sauf en Lorraine et Nord-Pas-de-Calais (indices 86 et 84), vieilles régions industrielles en difficile reconversion, avec de nombreux ouvriers et chômeurs. La population de l’Europe rhénane est donc assez riche, bien formée, ce qui constitue un atout pour le développement économique : main-d’œuvre et marché de consommation.

Des environnements souvent favorables, parfois difficiles

Du Sud au Nord, l’Europe rhénane comprend des paysages variés : Alpes, Mittelland et Jura, , coupés par le Rhin. Près de ces massifs, on trouve d’importants gisements de charbon, aujourd’hui en déclin. Au Nord, c’est la grande plaine européenne qui s’étend du Bassin parisien à la Russie.

Les Alpes suisses : Elles sont développées et bien mises en valeur par l’agriculture de montagne orientée vers une production de qualité (fromages), l’industrie liée à la main-d’œuvre, aux transport et à l’hydroélectricité, tourisme. En dépit des contraintes climatiques (neige) et topographiques (pentes), les Alpes suisses ont un PIB.-1 comparable au reste du territoire de la Suisse. . Elle souhaite conserver son agriculture de montagne, indispensable à la gestion de cet espace : les alpages non fauchés favorisent les avalanches et les touristes aiment voir des espaces cultivés et non des déserts humains. Elle souhaite également pouvoir gérer le passage des Alpes du Nord de l’Europe vers l’Italie et a ainsi su limiter le passage des camions en créant une taxe de passage.

La vallée du Rhin : En Allemagne et en France, la vallée du Rhin a dû être aménagée pour lutter contre les crues et assécher les nombreux marais (où les batraciens du Ried constituaient le menu principal des traditionnelles cigognes d’Alsace) par la construction de digues et permettre la navigation et la production d’hydroélectricité. En France, la majeure partie de la population de la région Grand Est vit le long du Rhin, de ses affluents: l'Ill en Alsace et la Moselle en Lorraine et de ses sous-affluents. Afin de garantir l'accès au fleuve à tous les pays riverains, le fleuve a un statut d'eaux internationales et son usage est géré par la commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR) siégeant à Strasbourg.

Les polders des Pays-Bas : Aux Pays-Bas, dès le Moyen Âge, l’accroissement de la population est si élevé qu’il a fallu gagner de nouvelles terres sur les eaux : ce sont les polders qui représentent aujourd’hui 75 % de la superficie du pays et donc 60 % de la superficie du territoire se situe à une altitude moyenne de -. De plus, le pays s’est affaissé de au cours du . La densité de population y est de et les résidences secondaires y sont interdites, faute de place. À la suite de la violente tempête de 1953 (, 6 % des terres agricoles du pays dévastées), le plan Delta, très coûteux, réalisé de 1958 à 2000, consiste en la construction de nouvelles digues aux bouches des grands fleuves (Rhin, Meuse, Escaut). Les Néerlandais commencent à rehausser toutes les digues pour faire face au réchauffement climatique qui aura pour conséquence une remontée du niveau de la mer. Les barrages du plan Delta sont à au-dessus de la marée la plus haute. Un seul barrage sur l’Escaut a coûté plus de de florins ()…

Une métropolisation puissante

Le terme de métropolisation désigne un mouvement accentué de concentration de population, d’activités économiques et donc de richesses dans les principales aires urbaines qui, de ce fait, continuent à s’étendre aux dépens des autres villes.

Caractéristiques générales : des villes nombreuses, mais pas de ville géante : La densité du réseau urbain de l’Europe rhénane est considérable, des agglomérations isolées aux vastes régions urbaines, formant la Mégalopole européenne. Les villes ne sont donc jamais éloignées de n’importe quel point de l’Europe rhénane, ce qui a deux conséquences : les métropoles, trop nombreuses et bien relayées par les grandes villes et les villes moyennes n’organisent pas un grand espace autour d’elles. Aucune de ces métropoles n’a pu prendre la première place : les métropoles globales de l’Europe se localisent donc en dehors de l’Europe rhénane (Londres et Paris).

Les grands ensembles urbains : À partir de noyaux urbains anciens peu éloignés, plusieurs conurbations sont apparues à la fin du et au début du , conséquence du développement économique lié à la Révolution industrielle. Six grandes conurbations se disposent au sein de l’Europe rhénane : du Sud au Nord, on trouve successivement : La conurbation du Nord du Mittelland (Zurich, Saint-Gall, Schaffhouse), bien que certains géographes font d’une même conurbation tout le Mittelland, de Saint-Gall à Genève ; La conurbation transfrontalière de Eurodistrict trinational de Bâle, comprenant Bâle (Suisse), Mulhouse, Belfort et le Pays de Montbéliard (France) et Freiburg (Allemagne) ; La conurbation du Rhin-Neckar (2,3 millions d’habitants), avec Mannheim (administration politique), Heidelberg (culture, université) et Ludwigshafen (industrie chimique) ; La conurbation du Rhin-Main (2,7 millions d’habitants), comprenant Francfort (finances, industrie aéronautique), Darmstadt (science) et Mayence (administration politique) ; La conurbation Rhin-Ruhr (avec Cologne, Düsseldorf et les villes de la Ruhr), la plus importante par sa taille (11,5 millions d’habitants) ; La conurbation de la Randstad Holland, avec Amsterdam, Utrecht, Rotterdam et La Haye (7,5 millions d'habitants). Elle est située autour d’un marais volontairement non asséché où dominent les activités agricoles ; La conurbation du losange flamand, avec Bruxelles, Anvers, Gand et Louvain (5 millions d’habitants) ; La conurbation transfrontalière du Nord de la France (4 millions d'habitants) comprenant Lille, Roubaix,Tourcoing et le bassin minier (France) et Mouscron, Tournai, Courtrai, Mons (Belgique)

L’aspect des villes rhénanes : Les villes de l’Europe rhénane ont une structure en « rings » (anneaux) concentriques, séparant des espaces qui se sont développés au fur et à mesure de leur croissance. Le cas est très net à Cologne ou à Amsterdam. Leurs nombreux monuments témoignent de leur riche passé historique. Après les destructions des guerres, beaucoup de villes se reconstruisent à l’identique. À Francfort par exemple, on peut admirer la maison natale de Goethe, reconstruite à l’identique après 1945 !

Les hubs : Les « hubs » sont les aéroports-pivots assurant les correspondances entre les lignes extérieures et intérieures. Ils permettent les transports rapides par avion vers le reste du monde : Francfort ( mondial), Amsterdam ( mondial) et Bruxelles ( mondial).

Un double système d’axes de communication

Les axes de communication de l’Europe rhénane, d’une densité quasi unique au monde, sont de composante double : Nord – Sud et Est – Ouest.

L’axe Nord – Sud : L’axe de composante en gros Nord – Sud est l’axe rhénan, axe complet avec une grande voie navigable, le Rhin, plusieurs routes, autoroutes et chemins de fer parallèles (certains à grande vitesse), ainsi que des conduits souterrains : un oléoduc relie le port pétrolier de Fos-sur-Mer à Strasbourg et Karlsruhe ; un autre va de Rotterdam à Francfort. Sur leur trajet, ces deux oléoducs ont fixé des raffineries et des complexes pétrochimiques. Cet axe s’évase vers les différents ports de la « » au Nord, limite ouverte de l’Europe rhénane, se rétrécit dans une longue partie centrale, puis s’évase à nouveau vers les différents cols alpins qui rejoignent l’Italie du Nord, au Sud de la Mégalopole européenne. Le Rhin et ses canaux parallèles (en Alsace) servent surtout au trafic de matières premières pondéreuses comme le charbon, le bois, les pierres de construction, etc. Le trafic du Rhin qui est de 324 Mt à la frontière entre l’Allemagne et les Pays-Bas, diminue vers l’amont du fleuve. Il est très important jusqu’à Duisbourg, port de la Ruhr et premier port fluvial d’Europe (100 Mt). À Bâle, port d’entrée de la Suisse, le trafic est de 26 Mt. Depuis 1959, les péniches au gabarit européen (c’est-à-dire supérieures à 1 500 t) peuvent y parvenir. Les autres ports principaux du Rhin sont Cologne, Mannheim et Strasbourg.