Raasay (Ratharsair en gaélique écossais, prononcé /rˠa.arˠs̪əɾʲ/) est une île entre l'île de Skye et l'Écosse proprement dite. Elle est séparée de l'île de Skye, située à l'ouest et au sud, par le détroit de Raasay, et de la péninsule d'Applecross, des terres d'Écosse, située à l'est, par le détroit Intérieur. L'île est connue pour être le lieu de naissance du poète Sorley MacLean, personnage important du mouvement principalement littéraire de la « renaissance écossaise ». Demeure traditionnelle du clan MacSween, l'île est gouvernée par le clan MacLeod du au , puis par une série de particuliers, qui continuent de détenir les titres de l'île. Raasay est à présent principalement propriété publique. Son nom signifie « île du chevreuil », et elle abrite une sous-espèce endémique de campagnol roussâtre.. La demeure de Raasay, qui fut visitée par Samuel Johnson et son biographe James Boswell en 1773, est à présent un centre de plein air..
Géographie Topographie L'île mesure du nord au sud et d'est en ouest dans son point le plus large. Le point culminant est Dùn Caan, à , une montagne au sommet plat. La petite île de South Rona se trouve à proximité de la côte septentrionale tandis que le principal village d'Inverarish est proche de la côte sud-ouest.
Géologie Le terrain varié de Raasay est intéressant du point de vue géologique et a fait l'objet de plusieurs études, tout en restant un des lieux visités par les étudiants travaillant sur des projets de cartographie. En 1819, Macculloch délimita les zones géologiques de Raasay. Huit ans plus tard, Murchison publia deux articles en se concentrant sur l'utilisation des fossiles, qui pullulent à Raasay. En 1873, Ralph Tate et Bryce étudièrent la stratigraphie et la paléontologie de Skye et de Raasay. Dans un contexte plus large, la géologie de l'île est également citée dans la thèse de Judd en 1878, considérée jusqu'au début du comme un « classique de la géologie dans les Hébrides »..
Le sud est principalement constitué de roches sédimentaires du Jurassique, qui couvrent des sédiments du Rhétien, comprenant des schistes argileux de trois types (du plus vieux au plus jeune : Broadford, Pabba et Portree) ainsi qu'un grès typique du nord-ouest des Highlands, c'est-à-dire de la partie séparée des monts Grampians par le Great Glen, dont la formation de Bearreraig est la plus jeune et Scalpa la plus ancienne.. Le nord est constitué de gneiss lewisien gris datant de l'Archéen ainsi que de granulite avec des couches de gabbro, péridotite et anorthosite. Il y a également de petits affleurements d'huile de schiste du Jurassique et de grès parsemé quelquefois de calcaire. Les lits de minerai de fer contiennent de la sidérite de qualité inférieure et des minerais d'un aluminosilicate de fer hydraté appelé chamosite ; ils faisaient l'objet d'une exploitation commerciale au début du et les réserves restantes sont estimées à 10 millions de tonnes. Les mers à l'est et à l'ouest sont très profondes, de larges creux ayant été créés par la calotte glaciaire de Skye au Pléistocène..
Faune Une étude fut conduite sur la musaraigne carrelet de la région, comprenant 29 spécimens de Raasay capturés aux pièges Longworth entre juillet et puis 2005. Par extraction d'ADN amplifié par la technique PCR, des particularités uniques aux spécimens de Raasay furent trouvées sur l'haplotype R du cytochrome b. En comparant avec les autres spécimens, les auteurs ont proposé comme théorie que les musaraignes de Skye et celles de Raasay soient issues de la même vague colonisatrice venues des terres d'Écosse par des ponts de glace.. Le campagnol de Raasay (Clethrionomys glareolus erica), unique à l'île, est une sous-espèce de campagnol roussâtre, plus sombre et lourd que la variété trouvée sur les terres d'Écosse. ; cette sous-espèce peut avoir survécu à partir d'une variété scandinave.
Une sous-espèce fossile unique à l'île est Pseudoglyphea foersteri, de la famille des Mecochiridae faisant partie de Glypheoidea qui rassemble les crustacés. Cette sous-espèce a la particularité dans son groupe d'être le seul prédateur benthique (i.e. vivant à proximité du fond des mers et océans) libre de ses mouvements. En effet, les autres sous-espèces du groupe se nourrissent en filtrant la faune aquatique fixée au sol ou la matière en suspension dans l'eau, et dans le cas des prédateurs ceux-ci ne sont pas benthiques mais pélagiques car ils vivent en pleine mer. Une importante faune marine fossile se trouve sur la formation de grès de Scalpa et comprend des mollusques bivalves des ordres pholadomyoida, Gryphaea et Lima. Parmi les autres espèces se trouvent des brachiopodes, amberleya, mytilus, crinoïdes, bélemnites (telles que apicicurvatus, breviformis et oxyconus) et ammonites (qui divisent la formation en quatre zones : Ibex, Davoei, Margaritus et Spinatum) telles que les agassiceras, coroniceras et microderoceras.
William Hutchison Murray, se fondant sur un rapport de 1972 dans The Scotsman par Alison Lambie, écrivit que « la martre des pins, qui a été absente des Hébrides pendant une centaine d'années, réapparut sur Raasay en 1971 lorsqu'un seul spécimen fut identifié sans doutes possibles » ; cependant, on n'a pas trouvé depuis d'autres traces de cette espèce..
Raasay est l'une des quatre îles de Hébrides intérieures où le lièvre variable se reproduit., et constitue l'un des lieux de passage du pygargue à queue blanche et de l'aigle royal. On y trouve aussi des populations de loutre d'Europe, cerf élaphe, deroceras et de lapin européen ; ce dernier fut introduit sans réfléchir par le propriétaire de l'île au . Il y a de petites populations d'hermine et de belette, mais la musaraigne aquatique européenne qui fut observée au a maintenant disparu. En effet, Murray rapporta que des musaraignes aquatiques furent aperçues à Mull, Skye et Raasay, mais les enregistrements de population commençant en 1986 montrent la disparition de l'espèce à Raasay Highland Biological Recording Group, consulté le 10 septembre 2009..
Flore L'île contient une large variété de plantes, dont l'orobanche, l'épipactis pourpre noirâtre et la dryade à huit pétales, ainsi que de nombreuses autres espèces de saxifrage, orchidées, plantes alpines et fougères. La carline commune aurait été présente jusque dans les années 1970 mais une analyse récente n'en a trouvé aucune trace. Il y a plusieurs zones de forêt mixte..
Histoire La diffusion de la culture des Scots de Dalriada au-delà du nord d'Ardnamurchan est mal comprise et peu a été rapporté quant au début de l'époque chrétienne à Raasay. Le nom de lieu Kilmaluag suggère la présence du missionnaire écossais Saint Moluag à la fin du ..
Du thumb|right|Castle Broichin on the Isle of Raasay (le château de Broichin sur l'île de Raasay). Aquatinte de 1819 par William Daniell dépeignant le château de Brochel. thumb|right|Le château de Brochel par Euan Nelson. La tradition veut que le clan MacSween ait à l'origine détenu les titres (i.e. les droits de propriété) sur Raasay, mais il n'y en reste pas de trace écrite.. Il est connu que l'île fut régie par le clan MacLeod à partir de 1518, lorsque Calum Garbh, fils cadet d'un MacLeod chef de Lewis, obtint le titre. Martin Martin visita l'île vers la fin du et écrivit :
Le château, plus communément connu sous le nom de Brochel, fut construit par le clan MacSween à la fin du sur la côte nord-est de Raasay. Plus tard, il devint une base pour les activités de piratage des MacLeod de Lewis, avant que Calum Gharb ne soit investi dans l'île. Le château fut abandonné après la mort du chef Iain Garbh en 1671, et il s'agit à présent d'une ruine surmontant un pic. Entre-temps, les MacLeod déplacèrent leur siège à Raasay House à la pointe sud.
Bien que protestants, les MacLeod de Raasay prirent parti pour Charles Édouard Stuart (Bonnie Prince Charlie) en 1745. À la suite de sa défaite à la bataille de Culloden, le prince se cache pour quelque temps des troupes britanniques sur l'île de Raasay.. En raison du soutien de l'île à la cause jacobite, les troupes du gouvernement exercèrent des représailles : ils brûlèrent entièrement la Raasay House et , assassinèrent des habitants et le bétail, et perforèrent les bateaux.. Lors d'une conversation avec Malcolm MacLeod de Raasay, durant son court séjour sur l'île, le prince confia que, bien que la vie sur l'île fût dure, il préférerait vivre de cette façon pendant dix ans plutôt que d'être capturé en raison de ses craintes d'assassinat. Il semblait moins au courant des risques que ses partisans couraient. Les atrocités perpétrées à la suite de Culloden furent pour lui un choc. Il déclara de William Augustus de Cumberland : « certainement cet homme qui se fait appeler Duc et prétend être un grand général ne peut pas être coupable de ces telles cruautés. Je ne peux pas le croire ».
En 1773, Samuel Johnson et son biographe James Boswell arrivèrent sur Raasay dans le cadre d'un voyage de 83 jours à travers l'Écosse. Johnson décrivit ainsi son arrivée. :
Boswell relata son exploration de l'île dans son journal :
thumb|right|Au sud de la communauté vidée de Screapadal. En 1843, le propriétaire John MacLeod était fortement endetté. Il choisit d'émigrer en Tasmanie, devenu depuis un État australien, pour échapper à ses créanciers. Ceux-ci vendirent l'île pour à George Rainy, occupé alors dans les plantations de sucre de Demarara. Devant l'échec de la récolte de pommes de terre dans les années 1840, Rainy décida de réorienter l'économie de l'île selon deux axes : installations sportives et conversion des terres arables pour l'élevage de moutons. Ceci nécessitait la suppression des insulaires, et la solution retenue fut d'interdire le mariage. Plusieurs villages furent vidés, tels que Hallaig et Screapadal. En conséquence, deux bateaux d'émigrants partirent pour l'Australie en 1852 et un autre chargé de partit pour la même destination en 1865 ; ceux qui refusaient d'émigrer étaient bannis.
Après la mort de Rainy, le domaine fut vendu à Edward Wood. Il était propriétaire de 62 % des terres, le reste étant détenu par des paysans. Sur ses terres, 81 paysans étaient locataires, et 81 % d'entre eux payaient un loyer entre 2 et . En dessous de , un locataire avait typiquement 4 bovins, et au-delà 8. Le troupeau de moutons d'un locataire comptait de 20 à 100 têtes. Wood apporta une prospérité relative à travers son cheptel de et l'élevage annuel de , et principalement par des investissements massifs dans l'entretien de l'île. Ainsi, avant qu'il fasse l'acquisition de Raasay, 24 personnes étaient employées par le propriétaire : après son arrivée, le nombre fut porté à 94, dans des postes permanents. De plus, il prit l'initiative de construire treize maisons et d'offrir aux habitants du bois et de l'ardoise ainsi que des fonds pour rénover leurs habitations. Certains gestes sociaux consistèrent à ne pas demander de loyer aux veuves ou à offrir des repas.. Une comparaison des souvenirs des deux propriétaires successifs est donnée par Callum MacDonald, pour qui tandis que Wood invitait toutes les familles pour un cadeau à Noël..
Cependant, la famille Wood, qui possédait la totalité de la péninsule, fut aussi accusée d'exercer un régime autocratique en bannissant les personnes jugées indésirables. Derek Cooper relate ainsi l'histoire d'une famille expulsée car son enfant fut trouvée dans les jardins privés des Wood à deux reprises. Wood finit par mettre l'île en vente, l'avis demandant et ventant les mérites des installations sportives telles que la chasse aux tétras lyre ou bécasses et la pêche aux truites dont regorgeaient les lochs.
Construction de 6 nouvelles maisons pour les paysans avec des toits en ardoise. . Construction de 3 pavillons pour les plus petits paysans. . de semences au printemps 1883 données aux locataires. . Reconstruction de 6 pavillons. . Remplacement des harenguiers et des filets détruits par la tempête. . Construction de 4 maisons de moindre standing. .