thumb|Axelle Red à la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles de 2011. La fête de la Communauté française de Belgique désigne des célébrations menées chaque dans l'une des trois communautés de Belgique : la Communauté française (renommée unilatéralement « fédération Wallonie-Bruxelles » depuis une résolution de son Parlement le ).

Elle commémore l'une des pages glorieuses de la révolution belge : la fin des Quatre Jours de Bruxelles et la victoire des volontaires belges, le , sur les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas qui avaient tenté de reprendre le contrôle de la ville à la suite de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux. Cet évènement majeur entraîne la militarisation de la révolution dans la guerre belgo-néerlandaise puis la déclaration d'indépendance de la Belgique, le .

Cette fête donne lieu à un jour de congé pédagogique pour les écoles et les administrations de la Communauté française mais ne constitue pas un jour férié pour les salariés du privé. Elle coïncide avec la fête de la Région wallonne qui partage la même origine historique sans qu'elle soit fêtée à une date fixe, mais le troisième dimanche du mois de septembre.

Histoire Référence historique

vignette|Attaque du parc de Bruxelles lors des Quatre Jours de Bruxelles.

Le sonne le glas du Premier Empire français après de la défaite de Napoléon Ier lors de la bataille de Waterloo. Les puissances européennes redessinent les cartes de l'Europe lors du congrès de Vienne et décident de créer un état-tampon entre le Royaume de France et la Prusse, afin de disposer d'un rempart contre les éventuelles nouvelles ambitions expansionnistes françaises. C'est ainsi que, le , le royaume uni des Pays-Bas voit le jour et unit grosso modo ce qui était autrefois la république des Provinces-Unies, les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège. Le nouveau souverain est Guillaume d'Orange-Nassau, qui règne donc sur un territoire composé de différents peuples de langues et de cultures différentes. Mais le « mariage forcé » entre la Belgica Foederata et la Belgica Regia ne se passe pas comme prévu et, très vite, les huitAnvers, Brabant, Flandre-Occidentale, Flandre-Orientale, Hainaut, Liège, Limbourg et Namur. Le Luxembourg au sens large était alors une possession du roi des Pays-Bas, Guillaume , qui en était également le Grand-duc. Il sera d'abord annexé par la Belgique dès le , puis scindé en deux par le traité des XXIV articles du et sa partie occidentale devient alors la neuvième province de Belgique : l'actuelle province de Luxembourg. L'autre partie restera possession de la monarchie néerlandaise, puis deviendra totalement indépendant en 1890, le Luxembourg que l'on connaît aujourd'hui. provinces du sud commencent à contester le régime « hollandais » dicté depuis La Haye.

Fin la Deuxième Révolution française éclate à Paris et ses idées libérales se diffusent dans un contexte social et économique déjà tendu. Le soir du a lieu une représentation de l'opéra d'Auber, La Muette de Portici, au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, à l'occasion de l'anniversaire du roi. La pièce rappelle l'insurrection des Napolitains contre Philippe IV d'Espagne en 1647. De violentes émeutes s'ensuivent alors dans la ville et se propagent à l'ensemble des provinces méridionales. Des combats éclatent un peu partout entre bourgeois, masses populaires et autorités « hollandaises ». En plus des échauffourées de la capitale, le sang belge coule dès le à Anvers et à Bruges et l'on ne compte plus les pillages ou les incendies, comme dans la région de Verviers. Une première délégation belge est envoyée auprès du roi afin de demander la convocation des États généraux du royaume des Pays-Bas et que ceux-ci statuent sur une séparation administrative de la Belgique et des Pays-Bas.

Dans le but de mater l'insurrection, le roi envoie ses deux fils et son armée reprendre le contrôle de la situation dans les provinces du sud. Le commandement des troupes est confié au prince Frédéric, alors que, de son côté, le prince héritier Guillaume tente de négocier avec les chefs de la garde bourgeoise de Bruxelles. Les princes établissent leur quartier-général à Vilvorde dès le , mais n'obtiennent pas de résultats et le mouvement s'intensifie. Les premières victoires militaires se dessinent au profit des « Belges » : la garnison de Louvain évacue la cité après de violents combats le et les révolutionnaires commencent à prendre le contrôle d'endroits stratégiques comme les portes et l'artillerie de l'enceinte de Mons le , le fort de Huy le , ou encore le fort de la Chartreuse, à Liège, le . De nombreux volontaires se réunissent en corps francs et se rendent à Bruxelles, devant laquelle l'armée du prince Frédéric campe toujours. Il en vient de toutes les provinces, comme le célèbre corps franc liégeois, dirigé par Charles Rogier. On note aussi la participation d'étrangers dont celle de Français, de Luxembourgeois, ou encore de combattants britanniques, espagnols, italiens, prussiens ou portugais. L'armée finit par attaquer Bruxelles et Louvain le , déclenchant l'épisode des Journées de Septembre. Cependant, à la surprise générale, elle est repoussée à Louvain puis se fait battre et harceler dans toute la province de Brabant, tandis qu'elle est contrainte se retrancher dans le parc de Bruxelles après s'être enlisée dans un combat urbain lors des Quatre Jours de Bruxelles. Elle finit par évacuer la ville le et, s'il ne s'agit pas d'une réelle « victoire belge » sur l'armée, la défaite des troupes royales contre les révolutionnaires revêt une importance majeure de par son aspect symbolique, son caractère inattendu et sa localisation dans la future capitale de la Belgique.

Ces évènements conduisent en effet les Belges à proclamer, non plus une séparation administrative, mais bien leur indépendance totale du royaume uni des Pays-Bas dès le . La création du nouvel état est reconnu quelques mois plus tard par les puissances européennes, réunies lors de la conférence de Londres. L'indépendance entraine également le début de la guerre belgo-néerlandaise, qui voit l'armée être repoussée au-delà de la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas, ainsi que la création du Congrès National, élu le qui choisit de faire du nouvel état une monarchie constitutionnelle moderne, bientôt dirigée par le premier roi des Belges, Léopold de Saxe-Cobourg. La guerre ne s’achèvera que par la convention de Zonhoven signée le et il faudra attendre le traité des XXIV articles du pour que le roi Guillaume des Pays-Bas reconnaisse officiellement l'existence de la Belgique et que ses frontières soient fixées lors du traité de Maastricht du .

Choix de la date vignette|Le est l'ancienne date de la fête nationale belge de 1831 à 1890 (ici une peinture de 1880). Elle commémore le date de la victoire des Quatre Jours de Bruxelles, l'un des épisodes de la révolution belge. La communauté française de Belgique nait en 1971 avec la première réforme de l'État belge, en pleine création du fédéralisme belge, conséquent aux querelles linguistiques dans le pays. Le , le Conseil Culturel de la Communauté Culturelle francophone de BelgiqueAvant la réforme constitutionnelle qui a créé l'actuelle Communauté française décide d'instaurer une « fête de la communauté française », sur base d'une proposition de Fernand Massart. Cette fête s'inspire de la fête de la Wallonie, créée en 1913 par l'assemblée wallonne et organisée chaque dernier dimanche de septembre.

La date renvoie au , jour de la « victoire » des volontaires belges lors des Quatre Jours de Bruxelles. L'importance de l'évènement fait qu'entre 1831 et 1890, elle était la date de la fête nationale belge, jusqu'à ce que le roi Léopold II décide de la remplacer par le afin de commémorer la prestation de serment du premier roi des belges, Léopold Ier, le .

Le , un décret du Conseil de la Communauté française de Belgique officialise la date, . Celui-ci est publié au moniteur belge le de la même année.

Controverse liée au choix de la date

vignette|Affiche de 1912 de la ligue wallonne tentant de démontrer un déséquilibre dans le nombre de volontaires « wallons » et « flamands » en 1830, dans le cadre de la question communautaire en Belgique. Un débat existe quant choix de la date du pour fêter la Communauté française de Belgique . En effet, après la naissance de la question communautaire en Belgique, le mouvement wallon est accusé d'avoir repris à son compte une partie de l’histoire de la révolution belge, en prétendant que les volontaires de 1830 étaient essentiellement originaires de l'actuelle région wallonne et donc majoritairement francophones, et que les Flamands n'avaient joué qu'un rôle secondaire. La date de la victoire des Quatre Jours de Bruxelles en mémoire des volontaires « wallons » venus défendre la capitale est alors choisie afin de mettre en exergue une prétendue « union francophone » et de forger une « identité wallonne » face au mouvement flamand .

Aspect linguistique

Concernant l'aspect linguistique, il s'agit là d'un anachronisme : le français de Belgique et le néerlandais de Belgique n'ayant, à l'époque, ni la même utilisation, ni la même importance que celle dont ils jouissent actuellement. En effet, si le français est initialement choisi comme seule langue officielle de la Belgique après son indépendance du royaume uni des Pays-Bas, le , ce dernier est essentiellement parlé par la bourgeoisie, qu'elle soit « flamande » ou « wallonne » ; ces termes étant eux-mêmes revêtus d'une toute autre signification à l'époque que celle que leurs confèrent les querelles linguistiques modernes. Par exemple, les Wallons issus du peuple ne parlent généralement que les différentes langues vernaculaires de leurs régions, comme les patois wallons en eux-mêmes, mais aussi l'ardennais, le brabançon, le francique ripuaire, le gaumais, le luxembourgeois, le limbourgeois ou encore le picard. Du côté de la presse, de nombreux journaux sont édités en français, mais ceci est également le cas en Flandre, comme le Courrier des Pays-Bas ou encore l’hebdomadaire orangiste le Courrier de Gand, par exemple.

Au début des années 1980, l’américain John W. Rooney s'intéresse au sujet et dessine un profil du combattant de 1830 qui propose plutôt une révolution populaire majoritairement bruxelloise, dont les langues maternelle étaient les patois locaux comme le brusseleir. La capitale étant, à l'époque, une ville flamande dont le processus de francisation de Bruxelles se verra particulièrement accentué après l'indépendance de la Belgique.

Aspect géographique vignette|Tract du gouvernement provisoire de Belgique appelant les Belges à venir défendre la capitale, attaquée par l'armée du prince Frédéric lors des Quatre Jours de Bruxelles. L'origine géographique des différents volontaires venus défendre Bruxelles mérite également une étude plus approfondie. En effet, la formation des corps francs s'est faite de deux manières : soit à l’initiative des communes elles-mêmes, soit après le passage de recruteurs envoyés spécialement par les meneurs de la révolution belge. Lorsque l'armée tente de reprendre le contrôle de la situation en attaquant Bruxelles et Louvain lors des Journées de Septembre, de nombreuses communes honorent la promesse d’assistance qu'elles avaient formulé à la Commission de sûreté publique ou à la Réunion centrale en organisant puis en envoyant des corps francs, notamment vers la capitale.