Charles-Louis Chassin, né à Nantes le et mort à Beauchamp le , est un historien, écrivain et journaliste français. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé.

Biographie Enfance et jeunesse vignette|Signature de Charles-Louis Chassin sur l'acte de naissance de sa fille cadette France Chassin, le 10 mai 1873 à Paris. vignette|Photographie de Charles-Louis Chassin vers 1865 par Nadar.

Né à Nantes le dans une famille vendéenne, il étudie au collège royal de Nantes, où il a pour condisciple Jules Vallès, qui s'est inspiré de lui pour créer le personnage de Matoussaint dans Le Bachelier, puis au collège Bourbon. Il fait son droit à Paris quand le cours de Jules Michelet au Collège de France est suspendu, le ; il est l'un des premiers à s'opposer à cette mesure. Cela lui vaut d'être interné à Mazas sous la prévention, finalement abandonnée, de ..

Action politique Avec Vallès, il fonde, à Paris, en , le Comité des Jeunes, qui tente vainement de soulever le quartier latin contre le coup d'État du 2 décembre 1851. Opposant au Second Empire, républicain, libre-penseur et anticlérical, il renonce à une carrière dans l'enseignement, afin de ne pas prêter le serment de fidélité au régime impérial, et gagne sa vie en publiant dans des feuilles littéraires et des revues. L'article qu'il consacre à « François-Joseph », au retour d'un voyage en Hongrie, contribue à l'interdiction de la Revue de Paris par décret impérial en . Au Courrier du dimanche, il publie en le seul compte-rendu consacré à La Démocratie d'Étienne Vacherot, saisi par la police le jour de sa mise en vente. Lié à Giuseppe Mazzini, Daniele Manin, Giuseppe Garibaldi, Lajos Kossuth, György Klapka, Gyula Andrássy et Daniel Irányi, il décrit les partis révolutionnaires à l'étranger dans les colonnes du Courrier de Paris et consacre ses premiers ouvrages historiques à la Hongrie. Par ailleurs, profitant des concessions libérales accordées par le régime après la campagne d'Italie (1859), il tente de fonder un journal, La Nation, mais le ministère de l'Intérieur lui refuse l'autorisation, au prétexte qu'en , il , selon le ministre Adolphe Billault. Après avoir fait remarquer qu'il était encore au collège à l'époque, sa demande n'en est pas moins enterrée.

Arrêté au retour d'une visite au colonel Charras, exilé à Bâle, pour colportage de brochures interdites, il passe devant le tribunal correctionnel de Mulhouse, qui l'acquitte, puis, sur appel du ministère public, devant la Cour de Colmar. Sauvé par l'intervention de ses amis Charras, Michelet, Quinet, Martin et Arago, il abandonne ensuite la politique pour l'histoire après La Presse libre selon les principes de 1789 ().

En , il assiste comme premier secrétaire pour la France au congrès de Genève qui crée la Ligue de la Paix et de la liberté, avec Victor Hugo, Charles Lemonnier et Ange Guépin, qui milite en faveur de l'instauration d'États-Unis d'Europe.

Après la suppression de l'autorisation préalable, il fonde La Démocratie (-). De même, en -, il fonde la Société Civile des Familles Affranchies, qui accueille des membres à travers toute la France, mais également en Angleterre, parmi les républicains proscrits.

Favorable à l'insurrection le jour des obsèques de Victor Noir, il participe à la manifestation de la Bourse après les batailles de Wœrth et de Forbach et se trouve sur la place de la Concorde le . Lors du siège de Paris, il s'oppose au départ du gouvernement de la Défense nationale. Élu commandant du , il participe à la journée du et est délégué par le pour demander l'élection d'un conseil municipal.

Le , il est arrêté à Versailles et détenu préventivement durant deux mois, jusqu'à la répression de la Commune de Paris. Ernest Picard s'excuse en lui expliquant : .

Journaliste et historien Charles-Louis Chassin publie dans des journaux et revues russes jusqu'à l'interdiction des Annales de la Patrie en . Il fonde avec Jean Macé la Semaine républicaine pour s'opposer au coup de force du 16 mai 1877, dont Léon Gambetta a fait plus tard La Petite République. En , il fait obtenir à Macé le poste de rédacteur en chef du Journal officiel.

Élève d'Alphonse Aulard à la Sorbonne, ami de Jules Michelet, il se spécialise dans l'histoire de la Révolution française. Entre et , il a publié 11 volumes de documents sur la guerre de Vendée - La Vendée Patriote. Dans son récit, qui lie les documents, Chassin livre une histoire orientée en faveur des « Bleus », considérant que le soulèvement n'a aucune origine populaire et qu'il s'agit simplement d'une machination des nobles et des prêtres, suivis aveuglément par une population ignorante. Hostile à la Terreur, il justifie la guerre contre cette contre-révolution, mais non ses excès.

Les dernières années Victime de la maladie, il se retire à Beauchamp près de Taverny, où il meurt le . Conformément à ses dispositions testamentaires, il a été inhumé civilement au cimetière du Père-Lachaise ().

Vie familiale et privée vignette|gauche|Acte de mariage du romancier Maurice Coste dit Maurice Talmeyr (1850-1931), avec Jeanne Chassin (1855-1876) à Paris dans le , le 28 octobre 1875. La signature de Victor Hugo figure au bas de l'acte.

Charles-Louis Chassin épouse Agathe Claudine Sauvage (Langres, - Taverny, ) à Paris ( ancien), le Archives de Paris : État civil reconstitué du ancien de Paris - acte de mariage de Charles-Louis Chassin et d'Agathe Claudine Sauvage. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris..

De cette union sont nés quatre enfants :

Leur fille aînée est Anna Jeanne Claudine Chassin, née à Montmartre ( de Paris), le Archives de Paris : État civil reconstitué de Montmartre ( de Paris) - acte de naissance de Anna Jeanne Claudine Chassin. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris..Jeanne est une jeune artiste peintre et elle est remarquée dès ses débuts aux différentes expositions de peinture par des études.. L'une de ses œuvres, Fruits d'hiver, est exposée au Salon de peinture en 1875 à Paris...Elle se marie avec l'homme de lettres, Maurice Marie Justin Coste dit Maurice Talmeyr le dans le de ParisArchives de Paris : État civil du - acte de mariage de Maurice Marie Justin Coste et Anna Jeanne Claudine Chassin. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.. Un des témoins au mariage n'est autre que l'écrivain Victor Hugo.Jeanne Chassin meurt à l'âge de vingt-un ans des suites d'un accouchement le à Paris dans le Archives de Paris : État civil du - acte de décès d'Anna Jeanne Claudine Chassin. Cote du document : V4E / 3538, vue 2 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris. au domicile conjugal, avenue Trudaine, après avoir mis au monde un enfant qui n'a pas survécu, le Archives de Paris : État civil du - acte de décès d'un enfant non prénommé. Cote du document : V4E / 3538, vue 1 sur 31. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris..Le lendemain, samedi , deux cents personnes suivent le cortège funèbre jusqu'au cimetière de Saint-Ouen, dont nombre de personnalités tels que Victor Hugo, Emmanuel Arago, Louis Vauthier, Paul Meurice, Antoine Révillon, Henri de Lapommeraye, Yves HenryYves Marie Henry (orthographié parfois Henri) est le directeur de conférences littéraires et philosophiques qui se tiennent au 39 boulevard des Capucines à Paris, où se produisent notamment Maurice Talmeyr, Henri de Lapommeraye et Eugène Garcin. Yves Henry est né à Plourin dans le Finistère le 6 octobre 1829 et il est mort prématurément le 27 octobre 1877 dans le de Paris à son domicile (acte de décès n° 1405). En 1870, à l'avènement de la Troisième République, il était sous-préfet de Lannion., Léon Cladel, Eugène GarcinEugène André Garcin, fils d'un maréchal-ferrant, né le 31 décembre 1830 à Alleins dans le département des Bouches-du-Rhône (Archives départementales des Bouches-du-Rhône : acte de naissance n°1 en date du janvier 1831, cote document : 203 E/454, vue 1 sur 7). Ancien sous-préfet à Muret et professeur d'histoire à l'école Lavoisier à Paris. Il est un écrivain, journaliste, publiciste et poète. Eugène Garcin épouse l'une des directrices du pensionnat dans lequel il était surveillant-professeur. Le mariage a lieu dans le de Paris le 11 mai 1861 avec Marie Félicia Euphémie Vauthier (Archives de Paris : acte de mariage n° 447, cote du document V4E/971, vue 11 sur 31). Euphémie Vauthier (Montignac le 3 mai 1829 - Antony 4 décembre 1900), maîtresse de pension à Paris, professeure d'histoire à l'École supérieure des jeunes filles de la Ville de Paris, écrivaine, est la sœur de Louis Léger Vauthier. Elle a écrit des ouvrages sur l'instruction des filles, ainsi que des romans inspirés de ce thème. Euphémie Vauthier est également une femme engagée politiquement et elle est poursuivie pour un article inséré dans le journal L'Émancipation de Toulouse sur l'exécution en 1871 de Louis Rossel. Traduite en cours d'assises, elle est acquittée et bénéficie du soutien de Victor Hugo. Eugène Garcin est mort à Antony, le 11 février 1909 (Archives départementales des Hauts-de-Seine : acte de décès n°8, cote document E-NUM-ANT-D/1909, vue 4 sur 22). Le couple a eu deux enfants, Frédéric en 1862 et Jean en 1866.. avec son épouse Euphémie Vauthier. Le , Jeanne Chassin et son enfant seront transférés au cimetière du Père-Lachaise dans la divisionArchives de Paris : registre journalier des cimetières..

Leur seconde fille, Marie Lucile Chassin, née également à Montmartre (18e arrondissement de Paris) le Archives de Paris : État civil reconstitué de Montmartre ( de Paris) - acte de naissance de Marie Lucile Chassin. Archives de Paris, 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.Marie Lucile Chassin est baptisée à Nantes à l'église Saint-Similien le 31 juillet 1861., est une actrice de théâtre mais elle obtient également son accessit de chant au Conservatoire de musique à Paris en 1881.. Elle épouse le , Aimé Antoine Émile Alamagny, à Lyon dans le arrondissement (département du Rhône)Archives municipales de Lyon : état civil du - acte de mariage d'Aimé Antoine Émile Alamagny et de Marie Lucile Chassin. Cote du document 2E / 1972, page 275 du registre.. Lucile Chassin meurt au château de Curaize (ou Curaise), commune de Précieux (anciennement Prétieux), le Archives départementales de la Loire : état civil de Précieux - acte de décès de Marie Lucile Chassin. Cote du document : 3E / 181/ 15-6, vue 3 sur 7.. Le château est la propriété de son époux, Émile Alamagny, fondateur de l'usine de lacets Oriol et Alamagny à Saint-Chamond..