La présidence d'Hugo Chávez débuta le et prend fin le .
Se réclamant du bolivarisme, Hugo Chávez met en place un ensemble de réformes, désigné sous le nom de , et comprenant la promulgation d'une nouvelle Constitution, une politique dite de , et la nationalisation des industries clés. La hausse du prix du pétrole des années 2000 lui permet de financer un ensemble de politiques sociales, et suscite l’enthousiasme d'une partie de la gauche et des nationalistes-révolutionnaires à l'échelle internationale.
La politique étrangère est marquée notamment par une volonté de résistance internationale au Consensus de Washington et à la politique étrangère des États-Unis.
Les réformes de Chávez ont provoqué à la fois les acclamations et des condamnations sévères. Il s'est éloigné des Vénézuéliens issus de classes moyenne et supérieure. La contestation de la politique de Chávez a mené au renversement transitoire de son régime en 2002, ainsi qu'à des tentatives de destitution. Il lui est généralement reproché de n’avoir pas posé les bases d'un développement durable au Venezuela, un type de gouvernement autoritaire caractérisé par le culte de la personnalité, une militarisation de la vie publique du pays et d'avoir entretenu des liens avec plusieurs dictatures.
D’un point de vue économique, si la pauvreté et les inégalités diminuent et que, jusqu’en 2007, l’accès à la nourriture pour les plus pauvres est amélioré de manière significative, la vie quotidienne des Vénézuéliens est marquée par des problèmes graves de pénurie alimentaire, d’accès aux services publics, de défaillances du ravitaillement en gaz domestique ou de coupures d’électricité. La présidence d'Hugo Chávez est également marquée par une forte hausse de l'insécurité.
Sa présidence (1999–2013) Le Venezuela a connu des changements radicaux en politique sociale sous la présidence de Hugo Chávez (de 1999 à 2013), s'éloignant du gouvernement qui avait officiellement adopté une économie de libre marché et des principes de réformes neolibéraux, en s'orientant vers des programmes quasi-socialiste de redistribution du revenu et de sécurité sociale. Chávez a presque complètement renversé la politique étrangère du Venezuela. Au lieu de continuer à soutenir les États-Unis et les intérêts stratégiques de l'Europe, comme ses prédécesseurs, Chávez a voulu promouvoir un développement alternatif et des paradigmes d'intégration pour le Tiers Monde.
1999 : la crise économique et la nouvelle constitution Chávez prête serment d'entrée en fonction de président le avec l'intention de renverser le déclin économique du Venezuela et de renforcer le rôle de l'État dans l'économie. Il passe ses premiers mois principalement à démanteler ce que ses supporteurs appelèrent le puntofijismo - un arrangement entre les trois principaux partis politiques du pays - via de nouvelles lois et une réforme de la constitution. Son deuxième objectif est d'allouer immédiatement des fonds supplémentaires au gouvernement afin de développer de nouveaux programmes sociaux.
Cependant, les prix bas du pétrole et les taux d'intérêt grimpants au niveau international provoquent une récession qui secoue le Venezuela. La trésorerie fédérale est alors réduite offrant d'insuffisantes ressources à Chávez pour mettre en place les mesures pour contrer la pauvreté qu'il avait promises. Par conséquent, en , Chávez se concentre plus sur l'institution vénézuélienne qui coûte le plus au gouvernement et moins sur le développement social qu'il désire tant. Chávez ordonne à toutes les branches de l'armée de concevoir des programmes afin de combattre la pauvreté et promouvoir le développement civique et social des régions rurales et des bidonvilles du pays. Le programme civil-militaire est appelé le « plan Bolivar 2000 ». Ce programme est fondé à partir d'un programme similaire mis en vigueur par le président cubain Fidel Castro au début des années 1990, alors que le peuple cubain souffre encore du Período especial en tiempo de paz - période de la crise économique à Cuba dans les années 1990. Les projets inclus dans le plan Bolivar 2000 portent sur la construction de routes, la construction de logements, ainsi que la vaccination en masse. Le plan faillit vers la fin de l'année 2001, avec des accusations et des révélations de la part d'officiers militaires, dont certains participent à la rébellion contre le président en ainsi que des officiers liés au présidentText of report by Patrick J. O'Donoghue: « President Hugo Chávez, Copyright 2004 British Broadcasting Corporation, BBC Monitoring Latin America - Political Supplied by BBC Worldwide Monitoring, 19 janvier 2004.. Résultat de l'élection de Hugo Chávez — Référendum constitutionnel 1999 —Décréter la nouvelle constitution CNE data ? Option Votes % Oui : 72 % Non : 28 % Abstention : 56 % Chávez décide de s'éloigner complètement des politiques économiques utilisées sous les administrations précédentes. Il termine leurs pratiques de privatisation du patrimoine détenu par l'État, tel que le système de sécurité sociale national, les entreprises publiques dans les industries de l'aluminium et du pétroleEllner, Steve. (North American Congress on Latin America (NACLA), 17 Oct 2005). « Venezuela’s “Demonstration Effect”: Defying Globalization’s Logic ». Retrieved 09 Nov 2005.. Cependant, bien que Chávez souhaite promouvoir la redistribution des richesses, l'augmentation des lois et la dépense sociale, il ne veut pas non plus décourager l'investissement direct à l'étranger. En conservant ce que ses prédécesseurs avaient fait, Chávez essaie d'étayer les afflux d'investissements directs à l'étranger afin d'empêcher une crise économique due à la perte de capital pour l'étranger et à l'inflation.
Chávez travaille aussi à la réduction d'extraction de pétrole au Venezuela dans l'espoir de maintenir les prix du pétrole élevés et, au moins théoriquement, augmenter les revenus totaux du pétrole. Cela a pour but de doper les réserves de devises étrangères qui ont sévèrement diminué. Il se manifeste beaucoup auprès des autres pays membres de l'OPEC afin qu'ils baissent leurs taux de production. Par la suite, Chávez est connu sous le surnom de « faucon des prix » dans ses négociations avec l'industrie du pétrole et les pays membres de l'OPEC. Chávez essaie de plus de renégocier les accords datant de 60 ans portant sur les paiements des royalties avec les géants pétroliers Philips Petroleum et ExxonMobilCenter for Cooperative Research. Profile: Hugo Chávez Frias. Retrieved 08 Nov 2005.. Ces accords permettaient aux entreprises de payer un minuscule 1 % de taxe, au maximum, sur les 10 milliards de dollars de revenus qu'ils gagnaient de l'extraction du pétrole vénézuélien. Peu après, Chávez déclare son intention de continuer et terminer la nationalisation des ressources pétrolières du pays. Bien qu'il ne soit pas victorieux dans ses essais de renégociation avec les entreprises pétrolières, Chávez se concentre sur son objectif principal afin d'améliorer l'égalité et l'efficacité du système de taxe du pays autrefois plus faible, ainsi que le système d'audit financier, particulièrement pour les propriétaires et les grandes entreprises.
Néanmoins, vers la mi-1999, Chávez est outré de l'échec de son administration à mettre en vigueur les initiatives tant promises pour lutter contre la pauvreté. Les membres de l'opposition de l'Assemblée nationale du Venezuela se mettent en travers des lois de ses alliés politiques. Chávez contourne alors ces oppositions en approuvant la programmation de deux élections nationales pour , seulement quelques mois après son élection à la présidentielle. La première élection prend la forme d'un référendum afin de déterminer si une assemblée nationale constitutionnelle doit être fondée. L'assemblée doit alors préparer une nouvelle constitution pour le pays, plus proche de l'idéologie politique de Chávez. Durant la seconde élection, les membres de cette assemblée constitutionnelle sont élus. Le référendum constitutionnel passe avec 72 % de votes 'pour'. Durant la seconde élection, les membres du MVR de Chávez et certains partis alliés forment le Polo Patriotico (« Pôle patriotique »). Le Polo Patriotico de Chávez gagne 95 % (120 sur un total de 131) des sièges dans l'Assemblée Constitutionnelle Vénézuélienne lors du vote.
Cependant, en , l'Assemblée constitutionnelle établit un « comité judiciaire d'urgence » qui a le pouvoir de retirer des juges sans consulter les autres branches du gouvernement. Plus de 190 juges sont finalement suspendus pour corruption. Durant le même mois, l'Assemblée constitutionnelle déclare une « urgence législative » résultant en un comité comprenant sept membres qui doit conduire les fonctions législatives normalement conduites par l'Assemblée nationale. L'opposition législative à la politique de Chávez est immédiatement démantelée. Pendant ce temps, l'Assemblée constitutionnelle interdit à l'Assemblée Nationale de tenir des réunions de n'importe quelle sorteMcGirk, Tim. (Time, 27 Dec 1999). « Hugo Chávez Frías ». Retrieved 03 Nov 2005..
L'Assemblée constitutionnelle rédige la Constitution vénézuélienne de 1999. Avec 350 articles, le document est l'une des plus longues constitutions du monde. Le premier changement concerne le nom officiel du pays : « République du Venezuela » devient « République bolivarienne du Venezuela ». Un autre changement amène à l'augmentation de la longueur du mandat présidentiel de 5 à 6 ans, permettant la possibilité de faire deux mandats consécutifs au lieu d'un seul, mais limité à deux mandats, ainsi que des dispositions afin de proposer des référendums révocatoires (c'est-à-dire que les votants vénézuéliens obtiennent le droit de remplacer le président avant la fin de son mandat). De tels référendums ne peuvent prendre effet qu'avec une pétition et un certain nombre de signatures. La présidence est alors dramatiquement renforcée, avec le pouvoir de dissoudre l'Assemblée Nationale sur décret. La nouvelle constitution convertit l'ancien pouvoir législatif bicaméral de l'Assemblée nationale en monocaméral, ce qui lui retire beaucoup de ses anciens pouvoirs. Un nouveau poste est fondé, celui de Défenseur public dont l'autorité permet de vérifier les activités de la présidence, de l'Assemblée nationale et de la constitution. Chávez qualifie le Défenseur Public de gardien de la « branche morale » du nouveau gouvernement du Venezuela, chargé de défendre les intérêts publics et moraux. Et pour finir, le système judiciaire est réformé. Sous la nouvelle constitution, les juges obtiennent alors leurs postes par vote du peuple et non, comme avant, par sélection de l'Assemblée nationale.
Cette nouvelle constitution est présentée et approuvée par l'électorat national en . En l'espace de seulement 60 jours, l'Assemblée constitutionnelle rédige un document qui sauvegarde la plupart des changements structurels voulus par Chàvez en lois constitutionnelles. Chávez déclare que de tels changements sont nécessaires afin de réussir à mettre en vigueur ses programmes de justice sociale. Il prévoit de mettre en vigueur les changements radicaux dans la structure gouvernementale et politique du Venezuela. Ainsi, il se base sur les promesses faites durant sa campagne en 1998 afin de déclencher la discussion politique avec les indépendants et les tiers. Par ce procédé, Chávez cherche à paralyser grandement l'AD (Acción Democrática) et l'opposition COPEI, Partido Social Cristiano de Venezuela, le parti social-chrétien du Venezuela. En un seul mouvement, tous les objectifs de Chávez sont dramatiquement poussés.