Le Grand Pardon de Chaumont, connu historiquement comme Grand Pardon général de peine et de coulpe, est une fête religieuse qui se tient à Chaumont depuis la fin du . L'événement a lieu lorsque la fête du saint patron de la ville, saint Jean-Baptiste, fêté le , tombe un dimanche.

Depuis le , le Grand Pardon de Chaumont est inscrit à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en FranceSite officiel du diocèse de Langres .

Histoire thumb|upright=1.29|Portrait dans la basilique.

Origine Si la fondation exacte de l'église paroissiale de Chaumont reste inconnue, il y avait un document indiquant l'existence de cure de Chaumont en 1212, sous la juridiction de l'évêque de Langres. À la suite de l'évolution de cet établissement, le nouvel évêque de Langres Guy Bernard décida de solliciter le Saint-Siège, afin d'y fonder un chapitre de chanoines. En 1451, la paroisse comptait déjà douze chapelains.

En 1475, Jean de Montmirel, fils d’un modeste mercier chaumontais, devenu docteur en droit canonique et chanoine de Langres, promu évêque de Vaison-la Romaine, puis Référendaire. du pape Sixte IV, est au faîte d’une brillante carrière ecclésiastique. Celle-ci l’a conduit à occuper d’importantes fonctions à la Curie romaine et à obtenir des papes, honneurs et prébendes.

Jean de Montmirel n’a pas oublié Chaumont, sa ville natale. Il obtient, le , du pape l’élévation de l’église en collégiale, avec un corps de chanoines dotés de toutes sortes de privilèges.

Puis, le , le pape signa une bulle accordant à perpétuité une indulgence plénière à tous ceux qui, chaque fois que la fête de Saint-Jean-Baptiste () tombera un dimanche, visiteront la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, s’y confesseront entre les deux vêpres. Le Grand Pardon général de peine et de coulpe de Chaumont naquit.

Inauguration difficile Toutefois, ces nouveaux privilèges avaient provoqué une énorme contestation. Cette dernière était tellement forte que n'eut pas lieu le premier jubilé du , initialement fixé par la bulle en faveur de l'inauguration.

C'est la raison pour laquelle, le , Simon Magnien, subdélégué du Saint-Siège, s'installa au chapitre. Le roi de France Louis XI aussi intervint avec sa lettre patente datée du , avant l'arrivée de la fête accordée. En effet, Montmirel, demeurant à Rome même après la promotion en tant qu'évêque n'était pas capable de maîtriser la situation. En conséquence, le pape Sixte IV dut, en dépit de son intention, attribuer cette indulgence pour l'année courante seulement, enfin la fête de saint François d'Assise. La lettre supplémentaire de Sixte IV datée le eut effet, et le Grand Pardon de Chaumont attribué à l'évêque Montmirel fut tenu le , fête de Saint François.

Les désaccords restaient encore lors du jubilé de 1487. Une ordonnance fut rédigée de sorte que les règles soient convenables. Le , un concordat important fut conclu, afin de stabiliser le Grand Pardon, entre les doyens et chanoines de l'église ainsi que les bourgeois, manants et habitants de Chaumont .

Les successeurs de Sixte IV n'hésitèrent pas, par conséquent, à continuer ce privilège et depuis cela le jubilé est régulièrement célébré à des intervalles constants de 6, 5, 6 et 11 ans. Cette irrégularité est donnée en raison de l'existence de l'année bissextile, qui fait passer la fête de saint Jean-Baptiste du samedi au lundi, sans faire coïncider le dimanche. Cet événement Pardon général de Chaumont attirait non seulement tous les fidèles dans le royaume mais également des pèlerins des pays voisins.

Les Chaumontais et les habitants de la région ont accompagné cette fête religieuse de réjouissances, de liesses et d’animations populaires, parant rues et maisons, de fleurs, de guirlandes, d’écussons de mousse et de verdure.

Bulle de Sixte IV thumb|upright=0.8|Pape Sixte IV. La bulle originale du pape Sixte IV était conservée aux archives de la préfecture de la Haute-Marne. Toutefois, à la suite d'un arrête du département daté du , cette bulle se déplaça, et de nos jours, son existence reste inconnueIl est possible qu'un autre original soit conservé dans les archives du Vatican. Car, à partir du pontificat de Martin V (ou son prédécesseur), les documents pontificaux expédiés du Saint-Siège étaient systématiquement conservés dans les archives. Ainsi, la bulle originale du Grand Pardon de Rocamadour y fut exactement retrouvée à la fin du . Cependant, celles de Martin V concernant le jubilé du Puy-en-Velay ne sont pas encore redécouvertes malgré une vaste opération.. Dans les mêmes archives, il existait d'une copie authentique selon lesquelles on retrouve le texte. Faite à la demande de la prévôté, la copie date du :NB: la date donnée dans la bulle (6 des Ides de février 1475) correspond au 8 février 1476 dans notre calendrier actuel. En effet, à cette date, l'année commençait à Pâques (donc fin mars ou courant avril selon les années), et non au premier janvier. L'erreur de conversion de la date a été souvent faite. Texte intégral en latin Traduction en français Manuscrit de copie

Indulgence plénière Tout comme d'autres jubilés, le Grand Pardon, indulgence plénière et entière, est singulièrement accordé par le pape. En faveur de l'édition de Chaumont, il s'agit de la bulle de Sixte IV, toujours renouvelée. thumb|upright=0.8|Depuis 1475, le privilège d'indulgence est attribué à la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont. En faveur du Grand Pardon Général de Chaumont, cette indulgence est attachée— à l'évêque de Langres et à l'église collégiale de Chaumont (actuellement basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont),— dans l'intervalle entre les premières et les secondes vêpresDans la tradition de l'Église catholique, les célébrations les plus solennelles sont tenues au soir (en tant que vigile), d'une part depuis la liturgie juive que Jésus-Christ respectait, d'autre part d'après la tradition dans les premiers siècles, vraisemblablement afin d'éviter des risques de martyr. Les vêpres sont effectivement préférées. Ainsi, afin de bénir un nouvel orgue auprès de l'Institut pontifical de musique sacrée, le pape Jean-Paul II choisit les premières vêpres de la fête de saint Cécile (22 novembre), donc celles du 21 novembre 1984 ; en résumé selon la tradition ancienne, on peut considérer que la journée liturgique se commence la veille aux vêpres (Études grégoriennes, tome XXXIX, p. 293 - 294, 2012), plus précisément celles de la veille (samedi 23) jusqu'à celles du lendemain au jour où la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste coïncide à un dimanche— pour tous ceux qui y visitent après avoir confessé (à tous et à chacun des fidèles des deux sexes).

left|thumb|upright=1.1|Saint Jean-Baptiste, patron de la basilique de Chaumont, dans un antiphonaire (vers 1395(en)https://www.wga.hu/frames-e.html?/html/l/lorenzo/monaco/3/54monaco.html). Étant donné que cette durée de vêpres est très limitée, chaque pape prolonge normalement cette indulgence pour plusieurs jours, précisée dans sa propre bulle. Ainsi, pour l'année 1855, Pie IX octroya une huitaine de jours supplémentaire et suivante tandis que Sixte IV avait fixé le premier jubilé entre le jeudi 21 et le mercredi 27 1475p. 8 - 9. (En effet, en 1407 à cause de la foule, le jubilé du Puy-en-Velay avait subi un accident mortel. D'où, il est habituel que les papes prolongent la durée des jubilés.) Il est normal que la décision de Pie IX fût préférée, par exemple lors de l'édition de 1923, car la clôture solennelle huit jours plus tard respecte la manière de la sainte assemblée des Israélites octave..

Il est vrai que les fidèles étaient parfois tellement nombreux que les prêtres, également si nombreux, n'étaient pas capables d'entendre leurs confessions dans les établissements religieux. C'est pourquoi les confessions étaient admises, même dans un tribunal provisoire dans la rue.

Par ailleurs, le Saint-Pape suspendait l'indulgence à Chaumont, concernant quelques exceptions : vœux vers l'Outremer (ultramarino, indulgence réservée à la Terre sainte), en faveur de Rome (beatorum Petri et Pauli, réservée au pape), vers Saint-Jacques-de-Compostelle (réservée à ce sanctuaire) ainsi que ceux de professer la religionp. 9 et 141. Ces trois sanctuaires demeuraient, au Moyen Âge, les destinations les plus importantes des chrétiens pour le pèlerinage, étant donné qu'elles étaient liées aux Apôtres. On comprend que le Saint-Siège gardât tout à fait la dignité de ces sanctuaires.

Dates des Grands Pardons Historique

Les années où le Grand Pardon de Chaumont étaient tenues se présentent dans plusieurs œuvres des historiens : Émile Jolibois (1838) : de 1476 à 1838 ; Alphonse Sachet (1886) : de 1476 à 1894 (certaines années ne sont pas correctes : 1798 et 1905) ; Charles Mettrier (1923) : de 1792 à 1923p. 37 - 66 ; Maurice Colinon (1969) : de 1934 à 1962 ; François Veillerette (1990) : de 1476 à 1990.

Les années présentées par Claude-Émile Jolibois, historien ordinaire de Chaumont., ne précisent pas ses sources. Officiellement, le jubilé compte 81 éditions en 2018, mais non plus, les sources n'étaient pas précisées. Selon les années rétablies par documents en ligne, il manque de 2 éditions. Il est possible, soit, que l'on compte les années supprimées (sans doute 1798 et 1917), soit, que deux années soient perdues dans les archives. Jubilés à Chaumont si nombreux, mais la plupart des éditions étaient documentées. [En 1475, le jubilé attribué à l'église collégiale de Chaumont ne fut pas célébré]. 1476 ( édition)Naissance du Grand Pardon général de peine et de coulpep. 149 - 150. Même le pape Sixte IV n'était pas capable d'assurer l'inauguration et la continuité du jubilé, dans une circonstance difficile issue de querelles parmi les religieux. Par lettre de Sixte IV du , le premier Grand Pardon fut finalement célébré le , fête de saint François d'Assise, au lieu du , initialement prévu. 1481 ( édition)Après le décès de Jean de Montmirel à Rome le , le chapitre de Chaumont consentit, notamment sous la juridiction de l'ordinaire du , à se remettre. Depuis cela, toutes les bulles furent par conséquent agréées et la porte vers la deuxième édition fut ouverte. 1487 ( édition)Les Mystères, pièces sacrées, étaient déjà tenus dans un certain nombre de théâtres. Le jubilé comptait 80 livres 3 sols 7 deniers de dépense. 1492 ( édition)La dépense augmentée obligea à la ville de partager la moitié de coût à partir de cette édition. Pour cela, un concordat fut conclu le . 1498 ( édition)Pour cette édition, Claude Rolot qui n'était pas encore chanoine fut chargé d'écrire, en recevant , une vie de saint Jean-Baptiste, une histoire de l'élection de sa collégiale et l'invention de pardonJean Céard, Les mystères de Chaumont, publié dans l’Hommage Jean-Pierre Bordier, p. 239 - 252, 2017 1509 (6) ; 1515 ( édition)En faveur des Mystères, 13 livres furent payées à Claude Rolot, maintenant chanoine de la collégiale. L'archiprêtre Charles Mettrier considérait dans son livre sorti en 1923 que ce Claude Rolot serait l'initiateur de ces représentations. Par ailleurs, les tableaux ne comptaient que sept séances. 1520 (8) ; 1526 ( édition)L'activité théâtrale évolua. Pour cette édition, on effectua l'édification de 9 théâtres avec cinquante livres de dépense. 1537 (10) ; 1543 (11) ; 1548 (12) ; 1554 ( édition)On dépensa au total 134 livres 17 sols 11 deniers. 1565 ( édition)La « Concession de la publication des indulgences du Grand Pardon à Saint Jean-Baptiste de Chaumont de Chaumont », datée le , était conservée dans les archives départementalesArchives départementales de la Haute-Marne, Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, p. 20, 1909, consultées en ligne le 18 juillet 2018.