Le château de Villemolin est situé sur la commune d'Anthien (canton de Corbigny) dans la Nièvre, à au sud de Vézelay et à au sud-ouest d'Avallon, en bordure du parc naturel régional du Morvan.
L'ensemble du site fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le . Sa chapelle fait pour sa part l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .
Historique D'après une tradition orale qui n’est pas confirmée, le nom du château de Villemolin viendrait d'une villa romaine, la « villa Molini », édifiée sur la colline. Des fragments de poteries romaines et des traces de ciment de cette époque ont été découverts aux alentoursRaymond Colas, Châteaux en Nivernais, Berger-Levrault, 1976, page 111..
Selon l'abbé Baudiau la seigneurie de Villemolin faisait au partie des domaines de Corbon, seigneur de CorbignyJacques-François Baudiau, Le Morvand, ou essai géographique, topographique et historique sur cette contrée, Fay, 1854, page 153..
Villemolin était au mouvant partie du comté de Château-Chinon, partie de la baronnie de Lormes-Challon, et comprenait la seigneurie du clocher d'Anthien.
Les actes ultérieurs d'actes de foi et hommage aux pour cette seigneurie de haute justice ne mentionnent plus que la part de Château-Chinon« Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts », Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts, Nevers, série, tome V, 1893, (à cette époque Anthien ne fait plus partie de la seigneurie de Villemolin Victor Tardivon, Anthien, une population rurale pendant trois siècles, 1599-1900, ~1901, manuscrit mis en forme et édité par le Conseil municipal d'Anthien en 1988).
Architecture Il s'agit à l'origine d'une demeure fortifiée du dont la plus grande partie a été reconstruite au . L'ensemble a ensuite été très remanié au à partir de 1830.
Le château, de plan en U est flanqué de trois tours d'angle et est complété par d'importants communs ainsi que par un parc.
Le
Villemolin apparaît initialement, selon des dénombrements de 1443 et 1459, comme un ensemble comprenant une "motte" féodale entourée de fossés et un "hostel fort".
En dehors d'un important bâtiment du intégré dans les communs (actuelle ferme du château), présentant des fenêtres à croisée avec accolades peu apparentes et en leur intérieur des coussièges, le château ne conserve dans son état actuel que peu d'éléments paraissant antérieurs aux remaniements de la fin du (parmi ceux-ci peuvent être notés un escalier à vis1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques, la cheminée d'une grande cuisine voûtée, une fenêtre en accolade et les épais murs dans une partie de l'aile Ouest, et des poutres à engoulants dans une chambre de l'aile Est1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques).
Remaniements à la fin du et au début du Le château de Villemolin est l'objet de remaniements progressifs à la fin du et au début du par Aloph de Certaines, écuyer, seigneur de Villemolin, Fricambault etc., chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et capitaine-gouverneur de Livry en 1641Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome II, page 361., qui en fait entre autres restaurer et armer les tours de l'aile Est à la suite des guerres de Religion. Les bons de commande très détaillés des travaux effectués à sa demande sur la tour Nord-Est en 1633Commande passée le 25 avril 1633 par devant Me Perrot, notaire à Corbigny, Archives de Villemolin, dossier 7, citée dans Edme de Certaines, Histoire généalogique de la maison de Certaines en Nivernais : 1296 - 1980, Nevers, 1981 et dans « Châteaux et Manoirs du Nivernais », La Camosine, t.I, Nevers, 2003 prévoient, outre les rations de blé et de vin (abondantes) dues aux ouvriers (des maçons de la Marche), la réouverture de cannonières (maintenant bouchées mais toujours discernables) et l'aménagement rectangulaire des pièces intérieures de la tour Nord-Est dont les boiseries datent toujours de cette époque1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques. De cette période date sans doute aussi la frise dorique à bucrane encastrée dans le mur extérieur Nord de l'aile Ouest1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques ; cette frise Renaissance, prise à tort au pour un reste gallo-romain d'autel taurobolique, trouve son pendant presque exact dans un linteau de cheminée du château de Beynac en Dordogne dans la salle de réunion des États du Périgord.
Villemolin reste alors malgré tout une maison-forte au confort assez sommaire. L'inventaire très détaillé dressé le Archives de Villemolin, dossier 15, cité dans Edme de Certaines, Histoire généalogique de la maison de Certaines en Nivernais : 1296 - 1980, Nevers, 1981 au décès de Gabriel-François de Certaines, seigneur de Villemolin, nous apprend qu'il n'existait au rez-de-chaussée de l'aile Est que cinq pièces : deux chambres, une salle, un sallon (sic), une chambre dans la tour, plus une cuisine et une boulangerie. À l'étage on ne relève que trois chambres et un grenier.
Agrandissement au Le château est agrandi au par Pierre-Jean de Certaines (1730-1800), qui donne à Villemolin sa forme actuelle avec l'ajout de l'aile Sud, flanquée d'une importante terrasse, reliant les deux corps de bâtiment préexistants. La décoration des divers salons de l'aile Est (parquets, boiseries Louis XVI, trumeaux...) date de cette même campagne de restauration1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques. Pierre-Jean de Certaines fait aussi créer l'escalier d'honneur, à la charnière des ailes Sud et Est, dont la rampe forgée et richement ornée porte en sa balustrade les armes des familles de Certaines et de Cotignon, surmontées d'une couronne comtale et de la date 17811996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques.
L'inventaire dressé lors de la pose de scellés le 24 pluviôse an II ()Archives de Villemolin, dossier 17, cité dans Edme de Certaines, Histoire généalogique de la maison de Certaines en Nivernais : 1296 - 1980, Nevers, 1981 fait désormais état de neuf chambres au premier étage (ces chambres seront pour la plupart redécoupées au , et Villemolin compte à l'heure actuelle plus de vingt chambres, sans compter une dizaine de chambres dans les combles initialement destinées aux domestiquesJournal du Centre, 17 septembre 2012).
Pierre-Jean de Certaines reste dans le Nivernais durant la Révolution française. Il est néanmoins arrêté avec ses filles à la suite de l'émigration de son fils Pierre-Constant dit « le marquis de Certaines »Titre dit "de courtoisie" (Charondas A quel titre, Les Cahiers nobles, 1970) (titre pris par Pierre-Constant de Certaines (1761-1831) à l'occasion de l'admission de son épouse née de Walsh, aux Honneurs de la Cour en Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, tome II, 1814, page 492.Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle., tome IX. Cas-Cha. - 1910, page 141.). Il échappe à la guillotine grâce aux appréciations des chefs de district révolutionnaires des alentours qui viendront à plusieurs reprises à sa défense : « Il jouit de la réputation d'un homme bon et probe »Archives de Nevers - Fonds I-Q, 659-600-661, cité dans Edme de Certaines, Histoire généalogique de la maison de Certaines en Nivernais : 1296 - 1980, Nevers, 1981. Il est libéré en et les scellés sur Villemolin sont levés. Une décision du Directoire du département, en date du 15 vendémiaire an IV, maintient la terre dans la famille de Certaines.
Villemolin échappe ainsi à la vente comme bien national, contrairement au château de Certaines voisin (propriété de Pierre-Constant de Certaines), démoli au début du et dont une monumentale cheminée en pierre du sera rachetée et intégrée en souvenir du berceau familial dans le vestibule principal de Villemolin1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques.
Modifications au Une dernière phase de restaurations successives a lieu au :
La chapelle
Edmond de Certaines (1801-1873) fait en premier lieu construire en 1839, sur plans et dessins des architectes parisiens Châtelain et Lavenant, une nouvelle chapelle (un inventaire de 1797 ne mentionne en effet qu'un « cabinet servant de chapelle » où ne se trouvent « qu'un hautelle (sic) de pierre revêtu de bois et un prie-Dieu »). Cette chapelle, de nouveau remaniée en 1875 par l'architecte Paul Baudouin, est de style néo-gothique.
La chapelle abrite une pietà peinte sur panneau de bois, classée en 1970 en tant qu'objet au titre des Monuments Historiques1996/096 - Fonds photographique du Centre de Recherche des Monuments Historiques. La frise qui en fait le pourtour porte en sa partie inférieure la date de 1619. Cette peinture, parfois associée à l'Ecole Flamande, a été confiée par les chartreux de la chartreuse Sainte-Marie du Val Saint Georges à Pierre-Jean de Certaines lors de leur départ durant la période révolutionnaire (une pietà similaire, classée en 1979 au titre du , est conservée au trésor de la cathédrale d'ArrasBase Palissy) .
Les vitraux de la chapelle ont été réalisés par Lobin de Tours (Lucien-Léopold), auteur entre autres des vitraux de la cathédrale de La Rochelle, des églises Sainte-Elisabeth de Hongrie à Paris ou Notre-Dame à Marmande, et d'édifices civils tels que le phare de Cordouan.
Le château Edmond de Certaines effectue aussi quelques modifications de décoration intérieure avec en particulier la pose des boiseries en chêne richement sculpté de la salle à manger principale et de la bibliothèque, et un recours aux portraitistes renommés Charles Gomien et Jean-Baptiste Poncet.
Mais c'est son fils Joseph de Certaines (1830-1889), qui apporte à Villemolin le principal lot de restaurations du avec la modification d'une partie de l'aile Ouest dans un style néo-médiéval dit « Troubadour », l'ajout d'une troisième tour au sud-ouest, une petite extension de l'aile Est, l'ajout de mâchicoulis au sommet des tours, un exhaussement des combles, un remplacement des tuiles par des ardoises, et la re-décoration néo-Renaissance du vestibule principal (motifs des poutres commémorant le mariage Certaines-Bascoing de 1538 et pose d'un carrelage de la Maison Boulenger à Auneuil proche de ceux du château de Langeais).
Ces restaurations du ont cependant peu profondément modifié la structure générale héritée des et , contrairement à ce que prévoyait un projet d'architecte dont les croquis réalisés de 1875 à 1881 proposaient initialement une refonte complète de la structure intérieure des pièces (création de salles de garde, cheminées monumentales, escaliers extérieurs ajourés...), l'ajout d'un étage complet sur toute la façade Est (sur mâchicoulis), et l'adjonction d'un important beffroi de style Renaissance .
La finalisation de ce projet, dû aux architectes Alphonse Lavenant et Victor Gillet et visible dans la bibliothèque du rez-de-chaussée Est, a finalement été abandonnée.
Le parc et les communs
Un parc à l'anglaise est redessiné dès 1838 selon les plans de Châtelain.
Les travaux de restauration incluent l'ajout de nouveaux communs : le remplacement par l'actuelle orangerie d'une vieille tour située à proximité du château et encore visible sur les dessins et gravures jusqu'en 1875, le réaménagement des écuries pour accueillir un équipage de vénerie, et la création de chenilsLe Couteulx de Canteleu, Karl Bodmer , Charles Olivier de Penne, Manuel de vénerie française, 1890., la création d'une glacière à l'entrée du bois, et près d'elle d'un "chalet" miniature appelé Tannenbourg, l'extension des granges de la ferme, et la création de bâtiments d'habitation pour régisseur et gardien, sur plans des architectes Châtelain et Lavenant.
Propriétaires successifs