Abraham bar Hiyya Hanassi (, Abraham fils de [Rabbi] Hiyya « le Prince ») est un rabbin, mathématicien, astronome et philosophe du . Il est également connu sous les noms de Savasorda (de l'arabe ṣāḥib aš-šurṭa "Chef de la Garde"), ha-Bargeloni (hébreu: "le Barcelonais") ou ha-sefardi (hébreu: l'Espagnol). Il vit principalement à Barcelone, mais est aussi en contact avec des communautés juives dans le sud de la France actuelle.

Il contribue à faire renaître les mathématiques en Europe. Ainsi, un historien moderne l'appelle "le véritable pionnier des sciences mathématiques en Europe", cité dans:. Il contribue aussi à implanter l'hébreu comme langue scientifique.

Vie On ne sait pas grand-chose sur la vie d'Abraham bar Hiyya.

Il pourrait être né vers 1070. Vu son surnom ha-Bargeloni (le Barcelonais), il a de bonnes chances d'être né à Barcelone, en Espagne actuelle.

En tout cas, il vit principalement à Barcelone, mais est aussi en contact avec des communautés juives dans le sud de la France actuelle. Il pourrait aussi avoir passé une partie de sa vie dans la taïfa de Saragosse sous le règne des Houdides.

Pour la date de sa mort, on a proposé 1136 ou 1145Encyclopedia of the Middle Ages, Volume 1, By André Vauchez, Barrie Dobson, Michael Lapidge, Page 8. Il pourrait être mort à Barcelone ou en Provence, en France actuelle.

Œuvre Abraham bar Hiyya écrit des œuvres de cosmographie, d'astronomie et de géométrie, le tout en hébreu. Il veut ainsi permettre aux Juifs l'accès aux sciences arabes.

Il collabore aussi avec Platon de Tivoli pour traduire certains de ces textes en latin (généralement sous forme abrégée). C'est un des premiers exemples d'une collaboration scientifique entre Juifs et Chrétiens.

Encyclopédie Abraham bar Hiyya prévoyait d'écrire une encyclopédie sous le titre de Yesode ha-tebunah u-migdal ha-emunah. Ce titre signifie "Les fondations de l'intelligence et la tour de la foi". Cela représente les deux parties prévues: la science et la religion juive.

Cependant, il n'en subsiste que le début: l'introduction et des chapitres mathématiques. Plusieurs explications sont possibles: soit Abraham bar Hiyya n'a jamais terminé l'encyclopédie; soit les parties aujourd'hui perdues n'ont pas été copiées car moins intéressantes pour les lecteurs de l'époque; soit d'autres œuvres d'Abraham bar Hiyya faisaient en fait partie de l'encyclopédie.

Ce qui reste de la partie mathématique traite de numération, d'opérations fondamentales, d'arithmétique commerciale, de définitions géométriques, d'optique et de musique.

Cette partie mathématique est conservée dans un manuscrit à Munich datant du , et dans trois autres manuscrits, à Oxford, à Berlin et au Vatican. L'introduction est conservée uniquement dans un manuscrit à Parme.

Mathématiques À côté de l'encyclopédie, Abraham bar Hiyya écrit encore d'autres œuvres mathématiques.

Son livre de géométrie, écrit à l'origine en hébreu, traite du calcul des aires et volumes, mais contient aussi des informations sur les équations du second degré, dans le cadre de problèmes géométriques. Le texte se base sur la seconde partie de l'Algèbre d'Al-Khwarizmi, mais est plus détaillé. En 1145, Abraham bar Hiyya collabore avec Platon de Tivoli pour le traduire, sous forme abrégée, en latin sous le titre de Liber embadorum ("livre des aires"Référence pour la traduction du mot embadum: ). C'est ainsi qu'il contribue à diffuser l'équation du second degré en Occident, en des temps troublés où le savoir voyage peu. Leonardo Fibonacci, notamment, utilise le Liber embadorum.

Philosophie Il est également auteur de Higayon haNefesh (Logique de l'âme) et Meguilat HaMegualè (Le Rouleau du Révélateur), premiers ouvrages philosophiques rédigés en hébreu, bien que la théologie, l'eschatologie et l'éthique y soient plus abordés que la philosophie proprement dite.

Sa pensée emprunte à Aristote autant qu'à Plotin. Ainsi, il souscrit à la doctrine émanationniste, mais intercale un monde de lumière et un monde de domination entre Dieu et les substances spirituelles. Ses conceptions de forme et matière sont, quant à elles, aristotéliciennes, car ces principes ne peuvent exister que dans le monde corporel et non dans celui des substances simples.

Bibliographie Editions et traductions d'œuvres Par ordre chronologique des éditions. Sefer ha-Ibbur, édité par H. Filipowski, Londres, 1851. Megillat ha-megalle. Libre revelador, traduction en catalan par José María Millás Vallicrosa, Barcelone, 1929. Hibbur ha-Meshihah ve-ha-Tishboret, édité par Michael Guttmann, Berlin, 1931. Yesodei ha-tebuná u-migdal ha-emuna, édité par José María Millás Vallicrosa, Madrid-Barcelone, 1952. Texte hébreu et traduction en espagnol. Sefer Surat ha-Ares, édité par José María Millás Vallicrosa, Madrid-Barcelone, 1956. Texte hébreu et traduction en espagnol. Sefer Heshbon Mahalakhot ha-Kokhavim, édité par José María Millás Vallicrosa, Barcelone, 1959. Texte hébreu et traduction en espagnol. Luhot, édité par José María Millás Vallicrosa, Madrid-Barcelone, 1959. Texte hébreu et traduction en espagnol. The meditation of the Sad Soul, traduction en anglais par Geoffrey Wigoder, New York, 1969.

La Bibliotheca Hebraico-Catalana (Barcelone, 1931) contient des traductions en catalan. Littérature secondaire Par ordre chronologique.

. Comprend une liste d'œuvres.

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