Imbert d’Eyguières, dit également Imbert d’Aiguières (c.1130 . - † le ), fut chanoine, puis sacristain d’Arles et devint archevêque d’Arles du . Dans cet acte d' il est toutefois déjà mentionné comme archevêque d'Arles : à sa mort.

Origines Imbert d’Eyguières fait partie d’une famille noble possessionnée dans le terroir arlésien, les Eyguières dont l’origine remonte au . On connait deux de ses frères : Pons et Pierre .. right|thumb|Pape Celestin III (1191 - 1198). Il est reçu au chapitre de Saint-Trophime en 1159 puis en devient chanoine sacristain en 1173 avant d'être élu archevêque en 1191.

À l'époque de son élection, Arles est la proie d’une violence urbaine entre différents partis dont l'archevêché elle-même seigneur féodal d'une partie Le quartier de la Cité. de la ville. Ainsi lorsqu’en , le pape Célestin III remet à Imbert d’Eyguières qui s’était rendu à Rome pour être sacré des mains du souverain pontife, une bulle, Célestin y décrit dans la tradition de la paix de Dieu les troubles qui agitent la cité archiépiscopale et qui se traduisent par les pillages des marchands, l’arrivée de mercenaires et l’accueil des hérétiques. Il lui accorde les pleins pouvoirs pour extirper le mal et lui permet d’user à sa convenance de l’excommunication .. Dans cette fin du , Imbert d’Eyguières va donc assurer à la fois un rôle pastoral et de seigneur de la cité.

Le seigneur de la cité Un seigneur temporel

Il gère les biens de l'archevêché et ceux de sa famille. En , il renonce avec ses frères à des droits qu'ils avaient sur des terres près de Mas-Thibert données à l'Hôpital et l'année suivante, en , il échange une vigne avec les Hospitaliers ..

Ses relations avec les grandes familles arlésiennes

Les grandes familles aristocratiques ou de chevaliers lui prêtent hommage. En 1191, il reçoit celui de Uc V des Baux, puis en , celui de Guilhem Porcelet. Il confie cette même année à Rostaing de Fos la garde des châteaux de Salon, Saint-Chamas, ainsi que la défense du cloître de Saint-Trophime d'Arles.. En 1192, Rostaing de Fos lui rend hommage pour les pêcheries du pont Saint Genies (Martigues) et reconnaît y tenir ses possessions in feudum Ecclesiae ..

En dépit des exigences de Rome, Imbert entretient des relations cordiales avec la grande famille des Baux ; d'après Martin Aurell, les Eyguières sont proches des Baux :. Comme son prédécesseur Pierre Isnard (1183-1190), il féodalise les relations entre l’archevêché et cette puissante famille aristocratique au prix d’un doublement des domaines inféodés à cette lignée. Il en est probablement ainsi de Barbegal, et peut-être aussi des ports de Saint-Gilles et du Petit Rhône, qui tous apparaissent pour la première fois dans le patrimoine de cette famille qu'elle reconnaît tenir de l'Église d'Arles, aux côtés de ses autres domaines, beaucoup plus anciens, le castrum de Trinquetaille et l'honneur du Pont-Saint-Geniès.

Un représentant de la ville d'Arles

Il côtoie Gervais de Tilbury installé à Arles depuis 1189, juriste de l'archevêché et proche du futur empereur Otton IV, qui épouse une de ses parentes : Toutefois, compte tenu de la date d'arrivée de Gervais de Tilbury dans la cité (1189), la date de 1184 est à prendre avec précaution; il peut s'agir d'une coquille pour 1194.. Il négocie des accords au nom de la ville. Avec Uc de Baux, Guillem Porcelet et les consuls d'Arles, il passe un traité de Paix avec l'envoyé du podestat de Gênes, en (ou 1202)..

Face à une situation politique tendue opposant les habitants de la Cité et ceux du Bourg qui se disputent le quartier du Méjan, l'archevêque joue de cette rivalité pour imposer en 1202 sa médiation et l'union des deux consultats, rétablissant ainsi l'unité de la ville et privant les Porcelet et les Baux, les seigneurs du Bourg, de toute initiative politique.

Le pasteur right|thumb|Église Sainte-Marthe. Le développement du diocèse

Dans une bulle datée du , Célestin III déplorant que les chanoines du chapitre suffisent à peine à la célébration des offices, invite le nouvel archevêque à en augmenter le nombre.. Un long conflit oppose Imbert, soutenu par le pape, à son chapitre. Quatre bulles en 1194 et deux en 1198 s'emploient à rappeler les chanoines à l'observance de leur règle. Le conflit ne sera apaisé qu'en 1204, lors d'une transaction intervenue entre le successeur d'Imbert, l'archevêque Michel de Mouriez, et les opposants. En 1195, Imbert assigne au sacriste de son Église divers cens sur Sainte-CécileIl s'agit d'une église en Camargue., inscrite aussi pour 9 deniers dans la liste de 1213.. Le , assisté de Rostaing de Marguerite évêque d'Avignon, il consacre l'église romane de Sainte-Marthe de Tarascon.

La lutte contre les hérésies

En 1194, le pape Célestin renforce l'autorité d'Imbert par une bulle par laquelle l'archevêque d'Arles peut rendre tout jugement qui lui semble bon, exemptant ces ordonnances de tout appel en Cour de Rome. Il lui demande aussi () de mettre le Vieux-Bourg, seigneurie des Porcelet, interdit.. Finalement, le , du palais de l'archevêché, Imbert d’Eyguières jettera un interdit sur les églises de la Cappe détenues par Guilhem Porcelet. En cette période l'Église veille à ce que les arlésiens ne transmettent pas leurs biens à des hérétiques. Ainsi, dès , Imbert cautionne par sa présence la reconnaissance officielle du testament d'un paroissien.. Il intervient encore en , un mois avant sa disparition..

Un acteur incontournable pour les ordres religieux

Imbert arbitre en un procès entre le Temple et l'Hôpital à la suite d'une donation de droits en Camargue dont les deux ordres militaires s'estimaient bénéficiaires. Il donne gain de cause aux Hospitaliers. et en , il intervient à nouveau dans un différend entre le Temple et l'abbaye cistercienne d’Ulmet. À la fin du Probablement en 1200., il accorde à Jean de Matha, fondateur de l'ordre des Trinitaires, qui retournant de Rome où il était allé solliciter l'approbation de sa règle par la pape Innocent III, passait par Arles, l'autorisation de fonder dans la ville un couvent de son ordre La construction de ce couvent prit de nombreuses années. En novembre 1203, l'archevêque d’Arles, le successeur d'Imbert, permit aux Trinitaires d'ajouter une église et un cimetière aux bâtiments existants; et le 11 avril 1224 les Trinitaires fondèrent un hôpital pour les pèlerins dans une dépendance à leur couvent..

Fin de sa vie thumb|Épitaphe d'Imbert.

Il décède le et est inhumé dans la nef de Saint-Trophime, à l'emplacement des fonts baptismaux dans la deuxième travée du collatéral nord : .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Liens internes Histoire d'Arles à l'époque médiévale Archevêché d'Arles Liste des archevêques d'Arles

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