La famille de Ribeaupierre (en allemand : ) était une famille de la noblesse féodale implantée dans la plaine d’Alsace et le massif des Vosges. Sa filiation remonte à Egenolphe d'Urslingen (en allemand : ), qui reçoit vers la seigneurie de Ribeaupierre et dont les descendants prendront le nom. La lignée masculine de la famille s'est éteinte en avec le décès de .

Histoire Origine Il existait une première famille de seigneurs de Ribeaupierre dont le château fut mentionné pour la première fois en sous le nom de « rocher de Reginbald », faisant sans doute référence au seigneur Reginboldi mentionné dans les sources au début du .

Après l'extinction de cette famille, attribue le château à l’un de ses fidèles, Egenolphe d'Urslingen, vers . Mort vers , ce dernier a sans doute épousé Emma, héritière des premiers seigneurs du château. Il sera le fondateur de la seconde famille du nom de Ribeaupierre ()Actes du Congrès national des sociétés savantes, archéologie militaire Bibliothèque nationale, 1978, page 71. Le titre de « sire de Ribeaupierre » apparaît pour la première fois en pour qualifier les petits-fils d’Eguenophe qui ont pris le nom du lieu.

Le dernier du nom fut le comte Jean-Jacques de Ribeaupierre mort sans postérité masculine en Intermédiaire des Chercheurs et curieux, Volumes 10 à 11, 1878, page 723.

La famille de Ribeaupierre, pour certains, s'éteignit au dans les maisons des comtes de Waldeck et des comtes palatins de BirkenfeldFrédéric Piton "Promenades en Alsace : monographies historiques, archéologiques et statistiques : Ribeauvillé et ses environs", 1856, page 53., mais il semblerait qu'une branche de la famille ait survécu d'abord en Suisse, pour repartir vers la France et la Russie.

On trouve une généalogie de la famille de Ribeaupierre dans les mémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique LorrainMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 317 : Généalogie de la famille de Ribaupierre..

Personnalités Egenolphe d'Urslingen. Fondateur de la lignée dont les descendants prirent le nom de Ribeaupierre. Une légende lui prête une ascendance italienne : il descendrait d'un nommé Ursini de Spolète, qui vécut au . Egenolphe II de Ribeaupierre, fils du précédent, constructeur du château de Saint-Ulrich. Chevalier croisé, d’après l’archiviste J.J. Luck, il prit probablement part à la Cinquième croisade. À son retour des croisades il fit construire une chapelle à Dusenbach et y déposa une statue de la Vierge, enlevée en au siège de Constantinople"Revue de l'art chrétien" 1893, page 268.. Anselme II de Ribeaupierre, Il prit le parti d'Albert d'Autriche contre l'empereur Adolphe de Nassau et alla concourir en à la défense de Colmar contre l’empereur élu. Fait prisonnier, ses biens furent saisis et il fut écroué au château d'Achalm en Souabe dont il ne sortit qu'en . Il entra alors en possession de Guemar et fit rétablir en le château qui fut brûlé la même annéePhilippe André Grandidier, François Walter "Vues pittoresques de l'Alsace", Librairie Académique, 1785, page 76. Lors de sa captivité il avait promis de construire une chapelle à Dusenbach en cas de délivrance. Il exauça ce vœu et devint aussi l’un des principaux bienfaiteurs de Saint-Jean d'Unterlinden à Colmar. S’étant réconcilié avec les Habsbourg il reçoit le château du Koenigsbourg, puis en le village d’Heiteren. Il meurt vers . Henri II de RibeaupierreMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 318 à 319., frère du précédent. Il était en contestation pour l’héritage paternel, quand son frère Anselme l’expulsa de Ribeauvillé, ce qui le poussa à se ranger du côté de l’empereur et de lui prêter main-forte pour reprendre la ville de Colmar dont son aîné était l’un des défenseurs en . Il reçut de l’empereur une partie des terres confisquées à son frère. Il fonda en , le couvent des Augustins de RibeauvilléThéodore-François-Xavier Hunkler "Histoire des Saints d'Alsace"1837, page 109.. Il mourut en . Sophie de Ribeaupierre, Abbesse d'AndlauAlfred Baudrillart: Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques], Bd. 2. Alcaini-Aneurin, Paris 1914, col. 1575.. Jean IV de Ribeaupierre, il embrassa la cause de Louis de Bavière contre Frédéric le Bel dans leur rivalité pour la couronne impériale. Son fils ayant été l'auteur du pillage des abbayes de Senones et de Moyenmoutier et de la mort d'un l'abbé, le duc de Lorraine donna ordre de le ramener mort ou vif. Jean de Ribeaupierre se jeta alors au pied du duc pour obtenir le pardon pour son fils, le duc touché révoqua la sentence de mort et condamna Jean à faire amende honorable, tête nue, en chemise et une torche à la main, à donner à l’abbaye dix soudées de terre et à faire un pèlerinage à Saint-Thomas de Cantorbéry. Il mourut en . Brunon de RibeaupierreMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 320 à 321., né au château de Girsberg vers . Il accompagna le duc de Bourgogne à Paris et prit du service dans l’armée prête à envahir l’Angleterre. De retour en Alsace, Brunon fit prisonnier un chevalier anglais nommé Harleston qu'il emprisonna dans le château du Haut-Rappoltstein. Le captif accepta de payer une rançon mais Brunon ne relâcha pas son prisonnier. Le roi d’Angleterre Richard II s’interposa et adressa des lettres à la ville de Strasbourg, au pape et à l’empereur. Rien n’y fit. Strasbourg ayant été sommé en , de se présenter devant le conseil aulique et ayant été mis au ban de l’empire, Brunon, effrayé, mit son captif en liberté mais en se vengeant sur les Strasbourgeois en reprenant la ville de Ribeauvillé, qu’il leur avait engagée pour dettes et entra dans une ligue secrète contre la puissante cité. En , Brunon emprisonne des Juifs soupçonnés d’avoir empoisonné un puits dans la région. En , le préfet impérial lança une campagne contre Strasbourg, « ce nid républicain de bourgeois insolents ». Brunon se rangea sous sa bannière. Eckbolsheim et Hausbergen furent livrés aux flammes. Des pourparlers furent entamés à Eschau. Brunon demanda florins de dommages, le préfet impérial en demanda . De nouvelles conférences, ouvertes à Nuremberg, aboutirent à une convention, le et le ban de l’empire fut levé. Les Strasbourgeois s’attaquèrent ensuite à Brunon qui ne dut son salut qu’à l’intervention du duc Léopold III. Par un rescrit impérial du , Wesceleslas mit un terme au long et interminable litige entre les belligérants, et les partis furent renvoyés devant l’archevêque de Mayence. Criblé de dettes - il était débiteur de florins - Brunon allait subir une prise de corps, quand il mourut la même année, le au château du Haut-Ribeaupierre. Maximin ou Schmassmann de RibeaupierreMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 322 à 323., fils du précédent. Échanson de la cour du duc de Bourgogne en . Le duc d’Autriche lui confia en l’administration des provinces antérieures de l’Autriche. L’empereur Sigismond le nomma landvogt d’Alsace. C’est en cette qualité qu’il représenta le duc d'Autriche au concile de Constance. En il alla avec le contingent de troupes alsaciennes en Bohême. Lorsque s’ouvrit le concile de Bâle, il fut nommé par Sigismond avoyer de la haute assemblée avec pouvoirs illimités. Une querelle étant survenue en , entre Guillaume de Girsberg un autre seigneur alsacien et Maximin, celui-ci attaqua son voisin, s’empara du manoir et tua le seigneur de Girberg, ce qui permit aux Ribeaupierre de reprendre le château de Stein qui leur avait été confisqué en Jacques Baquol, L'Alsace ancienne et moderne, 1849, page 255. Il décéda à Ribeauvillé en et fut enterré dans l’église de l’hôpital. Par suite de ces guerres, il s’était tellement endetté, qu’à sa mort, il était décrété de prise de corps, comme l’avait été son père, et il laissa un passif de . Guillaume de RibeaupierreMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 324., fils du précédent. Il fut placé par les Archiducs, en à la tête de l’administration des possessions autrichiennes sur le Rhin. Il obtint en de l’empereur Frédéric III, le droit de chasse pour toute l’Alsace. En , Guillaume entra, avec un contingent de deux cents hommes d’armes, dans la ligue contre le roi de France, Louis XI. Il ne prit aucune part active, comme préfet d’Alsace, aux démêlés qui surgirent après cette époque, entre les Suisses, les villes libres de province, le duc de Lorraine et l’Empire, pour repousser les attaques de Charles le Téméraire. Il eut l’honneur de tenir sur les fonts de baptême Anne, fille du duc René. En , il accompagna l’empereur Maximilien , à son couronnement à Rome. Il mourut en . Maximin II ou Schmassmann II de RibeaupierreMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 325., Chambellan de Charles le Téméraire, qu’il combattit plus tard en amenant 500 chevaux au duc de Lorraine. Il se signala à la bataille de Nancy en . Il fit des voyages de dévotion à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Rome, et se rendit en en Terre Sainte sur le tombeau du Christ. À son retour en Alsace, il fit construire à Dusenbach des chapelles qui furent visitées par de nombreux fidèles. Il constitua des revenus considérables aux différentes chapelles et les fit desservir par deux prêtres résidents, auxquels il adjoignit deux frères assistants. Il mourut le , âgé de 80 ans, sans postérité, n’ayant pas été marié. Guillaume II de RibeaupierreMémoires de la Société d'Archéologie Lorraine et du Musée Historique Lorrain, volume 23, 1873, page 327., fils de Guillaume , né à Ribeauvillé en . Considéré comme un des plus redoutables mais aussi comme un des plus sévères capitaines de l'époque"Revue d'Alsace" 1834 page 340, il obtint la faveur des empereurs Maximilien , Charles Quint et Ferdinand, qu’il représenta plusieurs fois dans les diètes de l’Empire, notamment à Worms () et à Augsbourg (). Maximilien qui le qualifiait du titre de « très cher cousin », l’éleva à la dignité de conseiller intime et de maréchal de sa cour, lui confia le port de la bannière de l’Empire et le fit chevalier de la Toison d'or. Guillaume donna des preuves de grandes connaissances militaires au siège de Padoue en . Plus tard, il est nommé landvogt d’Alsace, et reçoit de l’empereur Charles Quint, en récompense de sa bravoure, l’éperon d’or de la chevalerie. Guillaume II suivit l’empereur en Italie dans sa campagne contre les Vénitiens. Au siège de Mantoue en , il monta le premier sur la brèche. Il resta fidèle à la religion catholique. Il se couvrit de gloire dans plusieurs campagnes contre les Turcs en Hongrie. Il mourut en , à l’âge de 83 ans. Il n'eut pas d'enfants de son mariage en avec Marguerite de Deux-Ponts.