vignette|Timbre de la fédération de Russie à l’effigie de Vladimir Vyssotski, émis en 1999, de valeur faciale deux roubles.

Vladimir Semionovitch Vyssotski (en )Aussi transcrit « Vyssotsky » ou « Vissotsky ». La translittération scientifique normalisée (ISO 9) donne « Vysockij ». Les usages anglophones aboutissent à « Vysotsky » « Vysotskiy ». est un auteur-compositeur-interprète et acteur soviétique de langue russe, né le à Moscou (Union soviétique), où il est mort le .

Biographie Vladimir Vyssotski est né à Moscou le : d'un père officier supérieur dont l’ascendance paternelle était juive biélorusse et l’ascendance maternelle était juive ukrainienne ; d'une mère russe, interprète d'allemand. En , ses parents divorcent. Au terme d'une enfance en Allemagne de l’Est, il rejoint Moscou, tente des études d'ingénieur en 1955 et commence une carrière d'acteur en 1959, sa seule carrière officielle au début des années 1960, rejoignant le théâtre de la Taganka en 1964.

Parallèlement, il commence à composer des poèmes et des chansons, partiellement politiques, mais généralement simplement « humaines ». Au départ, ces chansons n'étaient pas destinées à un large public, et leur succès fut fortuit. Lors d'une soirée entre artistes, un ami se décide à l'enregistrer. La cassette circule, est copiée, et ce n'est qu'à partir de là qu'il commence sa carrière de chanteur. S'il est reconnu par les autorités soviétiques comme acteur, ses chansons ne seront jamais autorisées (car ne correspondant pas à la politique artistique communiste) et, par conséquent à quelques exceptions près, jamais enregistrées en URSS. Le succès fut immédiat et l'interdiction officielle ne fit qu'accroître l'intérêt. Mais ce qui attirait le plus le public russe était que Vyssotski osait exprimer la vie de ses concitoyens. Malgré les interdictions, circulaient de nombreuses copies illégales de ses chansons, y compris au sein des élites soviétiques, partagés entre rejet et fascination pour ses œuvres parodiques. Quant aux annulations répétées de ses concerts par les autorités, prétextant une hypothétique maladie du chanteur, celui-ci venait les annoncer publiquement sur scène. Malgré tout, des concerts clandestins furent organisés régulièrement. En 1980, le label gouvernemental Melodiya fit paraître (Chansons), un 33 tours à la production soignée avec l'ensemble philharmonique du label [Melodiya Stereo C60-14761.2].

Vladimir Vyssotski tourne dans une trentaine de longs métrages pour le cinéma et la télévision. Il a particulièrement marqué les spectateurs avec son rôle de Gleb Jiglov dans le film culte Il ne faut jamais changer le lieu d'un rendez-vous (1979) de Stanislav Govoroukhine adapté du roman de Gueorgui et Arkadi Vaïner. C'est d'ailleurs l'un des rares films où l'acteur n'interprète pas de chansons. Avec Edouard Volodarski, Vyssotski coécrit le scénario d’un film intitulé Les Vacances à Vienne (Венские каникулы), l'histoire de quatre militaires soviétiques capturés par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale qui s'évadent la veille de la capitulation du Troisième Reich et vivent toute sorte d'aventures sur l'ancien territoire ennemi. Les auteurs espéraient en tirer un film où Vyssotski pourrait interpréter l'un des héros, mais la censure soviétique ne l'a pas approuvé. Près de quarante ans plus tard, en , l'agence de presse RIA Novosti annonce que le réalisateur russe Fiodor Bondartchouk projette le tournage de ce film.

Le mariage avec Marina Vlady En 1969, Vyssotski se marie avec l'actrice française d'origine russe Marina Vlady. Celle-ci connaît bien les nuits blanches de Vyssotski, se réveillant, marmonnant quelques mots et se dirigeant vers son bureau pour écrire une nouvelle chanson.

Grâce à son mariage avec Marina Vlady, Vyssotski a l'occasion de sortir d'URSS, de se rendre en France, aux États-Unis ou encore au Mexique en , et d'y enregistrer quelques disques, dont l’un est interprété partiellement en français (adaptations par Maxime Le Forestier), paru chez Polydor, mais qui n'a jamais été édité en CD. Comme Alexandre Vertinski un demi-siècle plus tôt, il ne pouvait s'acclimater à un pays étranger, et rentrait rapidement après chaque départ.

D'après les mémoires de Marina Vlady, Vladimir Vyssotski et Mikhaïl Chemiakine rencontrèrent Kalou Rinpoché lors de l'une des visites de ce dernier en France, pour arrêter leur excessive consommation d'alcool. Kalou Rinpoché raconta une parabole bouddhiste supposée avoir permis à Vyssotski et Chemiakine de s'abstenir de boire durant à peine un an.

Mort et funérailles à Moscou

Le travail constant d'acteur et de chanteur, le manque de sommeil, l'alcool et le tabac ainsi que les interdictions et la non-reconnaissance officielle du chanteur, laissèrent beaucoup de traces. Vyssotski meurt le d'une crise cardiaque à Moscou à l'âge de , en pleine période de Jeux olympiques. Il est enterré dans le cimetière Vagankovo de la ville. Malgré le silence des médias, une foule de près d'un million d'admirateurs lui rendit un dernier hommage lors de son enterrement, probablement la plus importante manifestation populaire spontanée de toute l'histoire de l'Union soviétique.

Certains chanteurs comme Boulat Okoudjava et Youri Vizbor composèrent une chanson d'adieu en sa mémoire. Le chanteur politique polonais Jacek Kaczmarski, qui s'était en partie inspiré des chansons de Vyssotski, rédigea à cette occasion Epitafium dla Włodzimierza Wysockiego (Épitaphe pour Vladimir Vyssotski), et Salvatore Adamo a composé une chanson interprétée en français uniquement en concert, mais traduite en allemand par Rolf Erek (Rudolf Müssig) et qui apparait sur son album Die Liebe Kann Ein Anfang Sein sorti en 1981.

Discographie De son vivant

/ Alice au pays des merveilles (1977) 2 vinyles adaptation d'Alice au pays des merveilles. Paroles et musique de Vladimir Vyssotski avec Klara Roumianova, Vladimir Vyssotski, V. Abdoulov.

Posthume

France Le Vol arrêté (1981, CD Le Chant du Monde ASIN : B000027JRD) Vlady / Vyssotski (1988, CD Le Chant du Monde) Le Monument (enregistrements de 1973-1976) (1995, CD Le Chant du Monde ASIN : B000003IBH)

Allemagne Wir drehen die Erde (1993) (CD) Lieder vom Krieg (1995) (CD)

Bulgarie Автопортрет - Self-portrait (1981, vinyle Балкантон)

Russie (1980, LP Melodiya Stereo C60-14761.2) / Aux concerts de Vladimir Vyssotski 01, 02, 03... 16 (1986–1990) [12"] Lukomoria Bolshe Net Pesni 1967-1968 Godov [CD SoLyd Records - 1995]

Marina Vlady / Vladimir Vyssotski (1996, CD Melodiya) MP3 Kollektsiya: Vladimir Vyssotski [SoLyd Records] Enregistrements live et studio Disque 2 Disque 3 Disque 4 (période 1979–1980) (2002) [CD: MP3 192 kBit/s]

Liste de chansons

Une même chanson peut - selon les enregistrements ou recueils de textes - porter plusieurs noms (parfois ce sont les premiers mots de la chanson) :

Filmographie 1959 : Leurs premières amours (en ) de Vassili Ordynski (Mosfilm) 1961 : La Carrière de Dima Gorine (en ) de et 1962 : 713-iy Prosit Posadkou (en ) de (Lenfilm) 1962 : Ouvolnenie na bereg (en ) de (Mosfilm) 1963 : Chtrafnoï oudar (en ) de Veniamine Dorman (Gorky Film Studio) 1963 : Les Vivants et les Morts (en ) de Aleksandr Stolper (Mosfilm) 1965 : Na zavtrachney oulitse (en ) de (Mosfilm) 1965 : Notre maison (en ) de Vassili Pronine (Mosfilm) 1965 : La Vivandière (en ) de Edmond Keossaian : Andreï, l’accordéoniste 1966 : Ya rodom iz detstva (en ) de Viktor Tourov (Belarusfilm) 1966 : Sacha-Sachenka (en ) de (Belarusfilm) 1967 : La Verticale (en ) de Stanislav Govoroukhine et Boris Dourov (Studio d'Odessa) 1967 : Brèves rencontres (en ) de Kira Mouratova (Studio d'Odessa) 1967 : La Guerre sous les toits (en ) de Viktor Tourov (Belarusfilm) 1968: Interventsia (en ) de Guennadi Poloka (Lenfilm) 1968 : Le Maître de la taïga (en ) de (Mosfilm) 1968 : Deux Copains de régiment (en ) de Ievgueni Karelov (Mosfilm) 1969 : Une tournée dangereuse (en ) de Gueorgui Jungwald-Khilkevitch (Studio d'Odessa) 1969 : Bely vzryv (en ) de Stanislav Govoroukhine (Studio d'Odessa) 1972 : Le Quatrième (en ) de Aleksandr Stolper : journaliste, ancien pilote 1973 : Plokhoï khorochy tchelovek (en ) de Iossif Kheïfitz (Lenfilm) 1973 : Ivan Vassilievitch change de profession (en russe : Иван Васильевич меняет профессию) de Leonid Gaïdaï, le tsar propulsé au écoute effrayé sa chanson Parle avec moi (en russe: Поговори хоть ты со мной) en allumant malencontreusement une radio 1974 : Yedinstvennaïa doroga (en ) de Vladimir Pavlovitch (Mosfilm et Titograd Studio) 1975 : Yedinstvennaya (en ) de Iossif Kheifitz (Lenfilm) 1975 : La Fuite de Monsieur McKinley (en ) de Mikhail Schweitzer (Mosfilm) 1976 : Comment le tsar Pierre le Grand a marié un Noir (en ) de Alexandre Mitta (Mosfilm) 1977 : Ők ketten (en ) de Márta Mészáros (Dialóg Filmstúdió) 1979 : Il ne faut jamais changer le lieu d’un rendez-vous (en ) de Stanislav Govoroukhine (Studio d'Odessa) 1980 : Malenkie traguedii (en ) de Mikhail Schweitzer (Mosfilm) 1988 : Vyssotski, documentaire (52 min) de Jean-Denis Bonan, diffusion France 3 2012 : Vyssotski, merci d'être bien vivant ! (en ) de , film autobiographique relatant une tournée de concerts donnée par Vladimir Vyssotski à Boukhara, RSS d'Ouzbékistan, en 1979

Hommages Hommages en chanson Yves Desrosiers a consacré à Vladimir Vyssotski un album intitulé Volodia (en russe, Volodia est le diminutif de Vladimir), sorti en 2002 : il est composé d’adaptations en français de textes de Vyssotski, dont certaines sont dues à sa veuve Marina Vlady ; Bïa Krieger et Maxime Le Forestier ont également participé aux adaptations ; ce dernier a notamment adapté en français Le Vol arrêté (La Fin du bal) et Variation sur des thèmes tziganes (Rien ne va), les deux titres que Vyssotski a chantés en français sur un disque du label Polydor, au milieu des années 1970.

Le groupe touvain, Yat-Kha, a repris sa chanson « Chanson à propos d'une girafe » () dans son album , paru en 2005.

Le chanteur Minichilius a repris sa chanson Le Boxeur rêveur en clôture de son premier album J'suis Heureux, sorti en 2006.

En 2019, les chanteurs Lise Martin et Valentin Vander (ce dernier étant membre du groupe Les Goguettes) ont créé le duo « Presque un cri » pour chanter en français des chansons de Vyssotski..

Avion de la compagnie Aeroflot L'Airbus A330 immatriculé « VP-BLY » de la compagnie Aeroflot porte le nom de Vyssotski.

Monuments Il existe en Russie plusieurs monuments rendant hommage à Vladimir Vyssotski : notamment à l’université pédagogique d'État de l'Altaï, Melitopol, Moscou, Naberejnye Tchelny, Vladivostok, Iekaterinbourg, Rostov-sur-le-Don, au parc central de Kaliningrad.

Film soviétique La Ballade du vaillant chevalier Ivanhoé Le film soviétique en langue russe (The Ballad of the Valiant Knight Ivanhoe), sorti en 1983, contient quatre chansons de Vladimir Vyssotski.

Mika et Turkka Mali Un duo de chanteurs finlandais, , au cours de sa carrière musicale longue de plus de trente ans, a traduit en finnois, enregistré et, à de nombreuses occasions, chanté publiquement des chansons de Vladimir Vyssotski.

Musée Vladimir-Vyssotski à Koszalin