vignette|Les verts de la végétation. Le vert est un champ chromatique regroupant les couleurs situées sur le cercle chromatique entre le jaune et le bleu. Contrairement à d'autres couleurs, qui changent de nom quand elles sont lavées de blanc ou rabattues avec du noir, comme le rouge qui devient rose ou brun, le vert conserve son nom, vert pâle ou vert foncé, vert vif ou vert grisâtre.

Le vert dû à la chlorophylle est la couleur de la plupart des feuillages de la végétation.

Colorimétrie et perception des couleurs Selon la norme AFNOR X08-010 « Classification méthodique générale des couleurs » (annulée en 2014), les verts sont des couleurs dont la longueur d'onde dominante est comprise entre 490 et . Les longueurs d'onde les plus courtes correspondent à des verts tirant vers le bleu, comme le vert turquoise ; les plus longues correspondent à des verts tirant vers le jaune(AFNOR) NF X08-010 : Classification méthodique générale des couleurs ; : ; ..

+ Les vert selon AFNOR XO8-010                               vert-bleu vert vert-jaune

Pour d'autres auteurs, le vert correspond à une longueur d'onde dominante entre 497 et ; selon Chevreul, qui repère les couleurs par rapport aux raies de Fraunhofer, le vert type se trouve entre les raies E ( ) et b . ; pour Abney de 513 à ; pour Rood, et pour Fleury, ..

Le champ des verts s'étend jusqu'aux noirs et jusqu'aux blancs. Il n'y a pas, comme pour le rouge, l'orangé et le jaune, de champ chromatique différent quand la couleur est lavée de blanc. Il suffit, pour qu'une surface presque blanche se désigne comme vert clair, d'une quantité de vert bien inférieure à ce qu'il faudrait de rouge pour en faire un rose clair, ou de bleu pour en faire un bleu clair ; et de même, on dira plus facilement qu'une couleur est vert très sombre que noir tirant sur le vert.

La sensibilité d'un œil humain dans l'obscurité (vision scotopique) est la plus grande pour une longueur d'onde d'environ , qui serait un vert bleuâtre si on pouvait voir les couleurs dans ces conditions., tandis qu'un œil adapté à la lumière (vision photopique) est plus sensible pour une longueur d'onde de 550 à soit un vert jaunâtre.

L'opposition des verts et des rouges forme avec celles entre les jaunes et les bleus et entre le noir et le blanc la base de la perception humaine des couleurs, constituée dès les cellules nerveuses ganglionnaires et bipolaires, dans l'œil. Ces six couleurs sont les couleurs élémentaires de Hering.

Synthèse des couleurs

En synthèse additive une des couleurs primaires est un vert, avec un rouge et un bleu. Dans les écrans de télévision et d'ordinateur, le vert primaire est un vert jaunâtre, avec une longueur d'onde dominante d'environ Voir Rec. 601, Rec. 709, sRGB..

En peinture, on obtient un vert en mélangeant un jaune et un bleu. Le résultat dépendant de la réflectance spectrale de chacun des composants, varie. Certains mélanges sont vendus tout préparés ; ainsi, la dénomination vert anglais correspond-elle le plus souvent à un mélange de bleu de Prusse avec du jaune de chrome.

En imprimerie, la synthèse soustractive utilise des pigments normalisés. Le vert s'obtient par un mélange de bleu cyan et de jaune. On ne peut pas produire un vert à la fois très saturé et lumineux comme celui des écrans, en raison de l'imperfection des pigments cyan, qui absorbent du vert ; mais la nécessité s'en fait assez peu sentir. L'impression maximale de coloration verte est atteinte à une luminosité moindre que le maximum possible.

Effet psychologique

Le vert vif, pur, est reposant pour la vue.. Les études montrent qu'un environnement de verdure permet de réduire la fatigueLaird, Donald A. "Fatigue: Public Enemy Number One: What It Is and How to Fight It." The American Journal of Nursing (Sep 1933) 33.9 pgs. 835-841 ; .

Codage

Les recommandations UIT 601 et 709, et la norme sRGB placent le vert primaire des écrans dans l'espace de couleurs CIE XYZ au point X = 35,760, Y = 71,520, Z = 11,920.

Les concepteurs des noms de couleurs du Web ont adopté le code lime (citron vert) pour le vert primaire pur à pleine intensité (r=0, g=255, b=0), tandis que le mot-clé green (vert) correspond à la moitié de l'intensité (r=0, g=128, b=0), donnant une impression chromatique plus intense. Le mot-clé darkGreen, qui ne fait pas partie des codes de base reconnus par toutes les applications, est la même teinte, au quart de l'intensité maximale (r=0, g=64, b=0).

Les autres noms de couleur contenant le mot green (vert) sont GreenYellow (vert-jaune) #ADFF2F ; LawnGreen (vert gazon) #7CFC00 ; LimeGreen (vert citron) #32CD32 ; PaleGreen (vert pâle) #98FB98 ; LightGreen (vert clair) #90EE90 ; MediumSpringGreen (vert printemps moyen) #00FA9A ; SpringGreen (vert printemps) #00FF7F ; MediumSeaGreen (vert mer moyen) #3CB371 ; SeaGreen (vert mer) #2E8B57 ; ForestGreen (vert forêt) #228B22 ; YellowGreen (jaune-vert) #9ACD32 ; DarkOliveGreen (vert olive foncé) #556B2F ; DarkSeaGreen (vert mer foncé) #8FBC8F ; LightSeaGreen (vert mer clair) #20B2AA. Plusieurs autres mots-clé renvoient des couleurs vertes ou verdâtres.

Le champ chromatique vert De nombreuses langues ne placent pas les limites de leurs champs chromatiques comme le français. On trouve notamment un champ unique regroupant le vert et le bleu, comme en chinois qīng.

Nature thumb|Grenouille verte. De loin, la plus grande contributrice à la présence du vert dans la nature est la chlorophylle. Cette substance chimique permet la photosynthèse des plantes, qui permet d'introduire le carbone dans la chaîne alimentaire.

vignette|center|upright=1.3|La chlorophylle est présente à haute concentration dans les chloroplastes des cellules végétales vivantes.

De nombreuses créatures se sont adaptées à leurs environnements verts en revêtant une teinte verte en guise de camouflage. C'est notamment le cas de nombreuses grenouilles, lézards et d'autres reptiles, amphibiens, poissons, insectes et oiseaux.

Langage thumb|left|La chlorophylle est responsable de la couleur verte des plantes.

Le mot « vert » vient du latin , qui veut dire « vert ».

Beaucoup de langues asiatiques n’ont pas de mot distinctif entre le bleu et le vert, bien que des dictionnaires récemment publiés fassent la distinctionNewman, Paul and Martha Ratliff. Linguistic Fieldwork. Cambridge: Cambridge University Press, 2001. pg. 105. Ainsi, le vietnamien.. n'a pas de mots différents pour le bleu et le vertThe New Encyclopædia Britannica. Chicago: Encyclopædia Britannica, 2002. . Le mot thaï เขียว signifie « vert », mais également « malodorant » et a d'autres significations à mauvaises connotations. En japonais, en dépit de l’existence d’un mot (緑 midori) dans la langue moderne qui signifie « vert », la couleur est parfois décrite comme le bleu de l'objet que l'interlocuteur sait être vert (青 ao), comme dans le cas du feu de circulation où le vert est appelé « bleu feu de circulation » (青信号 ao-shingō) ou lorsque, pour désigner les plantes, on parle du « bleu feuille » (青葉 aoba), reflétant l'absence d'un mot qui signifie « vert » dans le vieux japonais. À noter toutefois que "midori" vient de 水mi (mizu) "eau" et dori "coloration", et signifiait donc "couleur de l'eau", autrement dit une teinte dao (groupe bleu-vert).

En persan, le mot pour le vert est سبز (sabz), mais ce mot peut aussi vouloir dire « noir » ou « sombre ». En poésie persane, les femmes à peau foncée sont désignées comme « vertes », comme dans des expressions comme سبز گندم گون- (sabz gandom-gun, littéralement « couleur de blé vert ») ou سبز مليح- (sabz malih, « vert de beauté »)F. Steingass, A Comprehensive Persian-English Dictionary s.v. سبز . De même, en arabe soudanais, les personnes à peau foncée sont décrites comme أخضر (Akhdar, « verte »), au lieu d'utiliser le mot qui désigne le noirCarla N. Daughtry, "Greenness in the Field," Michigan Today, University of Michigan, Fall 1997.

En langue bretonne également, on emploie le même mot pour les « verts et les bleus naturels » et les « bleus artificiels ». « Glas » est ainsi employé pour la verdure, les plantes et les animaux verts, mais également pour le ciel ou la mer ou pour les objets bleus. On ne fait la distinction entre bleu et vert que pour les objets uniquement, en employant le mot « Gwer » dérivé de « vert » pour ces derniers. Un crayon sera ainsi « Gwer » s'il est dit « vert » en français.

Colorants left|100px|thumb|Menthe à l'eau Les colorants, teintures ou pigments verts sont en usage dans de nombreux domaines : encre d'imprimerie, peinture, teinture de tissus, maquillage, teinture pour les cheveux et colorants alimentaires.

La couleur verte est associée commercialement à la menthe et depuis des décennies, les sirops de menthe industriels vendus dans le commerce sont artificiellement colorés en vert, en général par mélange d'un colorant jaune et d'un colorant bleu, le E102 et le E131.

Les glaces à la menthe, à la pistache, au thé vert, le wasabi, les loukoums (à la menthe et à la pistache), sont aussi généralement colorés en vert, soit au vert d'épinard ou au thé vert, soit avec des colorants artificiels, comme la pâte d'amande quand elle est colorée en vert. Les bonbons verts sont le plus souvent aromatisés à l'anis, alors que ceux à la menthe sont blancs sauf les gommes ; l'arôme « pomme verte » justifie aussi la coloration en vert, les gommes à la sève de pin.

De nombreux produits de consommation courante se présentent avec la couleur verte : bain moussant, shampooing, liquide pour la vaisselle, produit cosmétique. Des marques sont associées à la couleur verte de façon durable : les savonettes de la marque Palmolive sont vertes, ainsi que les savons liquides et même les liquides vaisselle de cette marque. Verte également la lotion pour les cheveux Pétrole Hahn, ainsi que ses shampooings, tout comme le bain moussant Badedas, liquide vert, bouteille verte. Habituellement le vert des produits cosmétiques s'obtient avec le C.I. 42090 (bleu) et le C.I. 19140 (jaune), mélangés.

En cosmétique, les pâtes de couleur verte sont fréquemment utilisées afin de camoufler les rougeurs sur le visage.

La couleur de l'argile verte utilisée pour soigner les œdèmes et inflammations et pour divers soins est naturelle.

Pigments et teintures thumb|La malachite est un minéral qui sert de pigment. vignette|Nuancier des verts teints et utilisés pour la manufacture de tapisserie des Gobelins et de Beauvais, 2018

Quelques minéraux ont fourni des pigments verts. La plupart contiennent du cuivre.

Le vert et le bleu manquent dans l'art pariétal mais l'homme préhistorique teint parfois ses vêtements à base de feuilles de bouleau. Cette teinture est cependant de faible qualité car elle donne plus une couleur brune que verte.

Les Égyptiens exploitent divers minerais dont le sol égyptien regorge, dont la malachite (un carbonate de cuivre(II)) et l'''atacamite (un chlorure de cuivre) qui apparaissent environ en av. J.-C. Le « vert égyptien » résulte du chauffage sous atmosphère oxydante, entre 900 et , d'un mélange de composés calcaires, siliceux et cuivreux en certaines proportions. Ces verts sont utilisés pour la peinture murale mais aussi celle d'objets en bois, albâtre ou céramique.

La couleur verte est, comme la bleue, discrète dans la vie sociale, religieuse ou la symbolique des Grecs, comme l'atteste le lexique instable, imprécis de cette couleurLe grec glaucos, glauque évoque un bleu-vert grisâtre, chloros un vert tirant vers le jaune.. Les Phéniciens et les Grecs continuent d'utiliser le vert égyptien. Cette couleur reste peu présente chez les Romains qui, eux, distinguent bien la couleur en la désignant par "viridis", de la racine "vir" (fertile en latin) liée aux idées de fécondité, de jeunesse, de vigueur, de virilité. Cette discrétion, qui s'explique par la difficulté de sa maîtrise est telle que des philologues de la deuxième moitié du imaginent que leur œil était aveugle au bleu et au vert.