Gallus gallus domesticus, la Poule domestique (femelle) et le coq domestique (mâle), est une sous-espèce de Gallus gallus, une espèce de la famille des Phasianidés (ordre des Galliformes). Cet oiseau, principalement issu de la domestication du Coq doré sauvage, est élevé à la fois pour sa chair, pour ses œufs, pour le combat, pour le chant, parfois pour ses plumes et plus rarement encore pour sa crête ou pour des utilisations rituelles. De nombreuses races issues de la sélection opérée par les paysans au fil des siècles ont disparu. Il s'agit de l'espèce d'oiseaux dont la population est la plus importante sur Terre.
Noms désignant les représentants de l'espèce vignette|Détail de la tête d'une poule. Le mâle de la poule est le coq. À la naissance le jeune oiseau de l'espèce, mâle ou femelle, est appelé poussin les premiers jours, puis poulet après quelques semaines avant d’atteindre la maturité sexuelle (mâle et femelle sont encore d’apparence similaire). Un jeune coq est appelé coquelet. Un chapon est un jeune coq châtré et engraissé pour que sa chair soit plus tendre. Il est destiné à la consommation. Une poularde est une jeune poule que l’on a engraissée dans le but de la manger.
En France métropolitaine, il arrive encore d'entendre les termes anciens geline (et ses variantes selon les régions : galine, galinette) pour la femelle et jal (au pluriel : jaux ; variante : gal et gaux) pour le mâle.
Répartition Cette sous-espèce, bien que d'origine tropicale, a une répartition géographique très large, due à l'action des humains. Elle s'adapte à une multitude de milieux, si l'on excepte les hautes latitudes, au-delà du cercle polaire, où les jours sont trop courts en hiver.
Biologie vignette|Portrait d'un gallus gallus domesticus, dans l'ouest de la France (mars 2021). La poule est un animal terrestre et nidifuge.
C'est un animal adapté à la course, trois doigts posés au sol, et volant peu.
Dimorphisme sexuel vignette|Coq Phoenix doré avec ses poules. Le coq se distingue de la poule par sa taille plus importante, par une crête rouge vif sur la tête et ses barbillons plus développés, par ses ergots, par les coloris plus éclatants de son plumage et par sa queue en panache de plumes. Il se distingue aussi par son cri, le « cocorico » qu'il commence à pousser vers l'âge de quinze semaines (quatre mois) bien avant sa maturité sexuelle qui débute vers vingt-cinq semaines (six mois) avant d'être pleinement efficace vers (neuf mois). La fertilité du coq décline assez rapidement puisque le coq n'est pleinement fertile que de neuf à quinze mois.
Le coq tient un rôle spécifique dans le troupeau. Lorsqu'il trouve un point d'alimentation intéressant (vers, larves, insectes), il le signale aux poules et les laisse manger sa trouvaille. Lorsqu'un prédateur s'approche ou qu'un rapace survole le troupeau, il donne l'alerte en poussant un grondement particulier. Dès qu'elles l'entendent, toutes les poules se mettent à l'abri sous un arbre ou un buisson. En cas d'attaque, le coq est celui qui fera face aux prédateurs. Il se sacrifie souvent pour donner le temps aux poules de s'enfuir.
La combativité naturelle des coqs est mise à profit pour organiser des combats. Cette tradition fut très vivace dans le Nord de la France, où elle peut encore être observée, et en Belgique, où elle est désormais interdite. Elle perdure également dans le sud-est asiatique, en Amérique du Sud et centrale, ainsi qu'aux Antilles ou en Océanie.
À la suite de dérèglements hormonaux, une poule ménopausée peut prendre partiellement les caractères sexuels secondaires du coq.
Organisation sociale Hiérarchie
Dans une basse-cour, les poules sont clairement rangées par ordre de priorité pour la nourriture, les perchoirs, les partenaires sexuels ; généralement, la hiérarchie de dominance est linéaire : elle comporte un animal A qui domine tous les autres, un animal B qui les domine tous sauf l'animal A, etc. De la même manière, une hiérarchie de dominance règne au sein des coqs.
Les poules sont dotées d'une intelligence assez développée. Par exemple, elles sont capables de reconnaître individuellement chacune des poules du poulailler, même sur photographieRéponse de René Zayan, professeur d'éthologie, à la cinquième question de l'émission Les P'tits Bateaux du 18 juillet 2010 sur France Inter..
Elles sont également dotées d'empathie. Une étude britannique en 2011 montre que les poules sont sensibles aux souffrances de leurs semblables (augmentation de leur rythme cardiaque et de leurs gloussements lorsqu'elles sont en présence de leurs poussins dont les plumes sont ébouriffées par des souffles d'air)..
Communication
La poule cagnette, caquette (quand elle pond), claquette, cloque (quand elle parle à ses poussins dans l'œuf), clousse (quand elle couve), crételle, glousse (quand elle converse avec ses congénères). Il lui arrive même, rarement, de chanter comme un coq. Son répertoire comporte autour de différents, associés à des événements particuliers (différents types de menace, présence de nourriture, etc.).
Le poussin pépie, piaille, piaule. Son cri est appelé le pépiement.
Le coq se distingue aussi par son cri, le « cocorico » dont la transcription phonétique varie selon les langues (cock a doodle do en anglais, quiquiriqui en espagnol, kokeriko en espéranto, kukeleku en néerlandais, etc.). Le chant du coq est inné, il n'est pas appris. Des concours de chant de coq sont organisésRevue agricole de France – productions animales, , 1952, .. Le « cocorico » est aussi un des symboles du patriotisme français, le coq gaulois étant l'emblème du pays.
Alimentation
Si on la laisse en plein air, une poule passe la majeure partie de son temps à déambuler dans l'espace enherbé qu'on met à sa disposition. Elle picore quelques végétaux mais passe surtout beaucoup de temps à gratter le sol à la recherche d'invertébrés, d'insectes ou autres petits animaux (vers, fourmis, amphibiens, lézards, petits rongeurs, etc.) qui lui apportent les protéines dont elle a besoin. La poule est donc une solution idéale pour retourner régulièrement un tas de compost ou de fumier.
Si elle n'a pas accès à un lieu enherbé, une poule pondeuse adulte mange entre 100 et de provende par jour soit environ Fiche technique Poule pondeuse - Vohikala.net , en sachant qu'elle mange plus en hiver qu'en été pour résister au froid, et que les besoins augmentent aussi pendant la période de mue. Lorsque les poules mangent moins à cause de la chaleur, il est conseillé de leur donner des aliments plus concentrés pour qu'elles aient un apport suffisant en éléments nutritifs malgré la diminution de leur consommation.
Idéalement, cette volaille doit avoir libre accès à la nourriture et à l'eau pour pouvoir en consommer à volonté. En général, elle se contente de la quantité nécessaire à la satisfaction de ses besoins nutritifs. À défaut, deux repas par jour sont recommandésL'élevage des poules à petite échelle - Anancy.net .
L'oiseau est omnivore. Son alimentation varie selon qu'il s'agit d'un poulet en croissance (plus de protéines), d'une poule pondeuse industrielle (plus de calcaire) ou d'un reproducteur mais elle se compose généralement de : 65 % de glucides provenant de céréales en grains. Idéalement du blé mais sont aussi possibles : millet (jusqu’à 45 %), son de blé, riz, orge (jusqu’à 15 %), seigle, avoine (jusqu’à 10 %, l'avoine favorise la couvaison), maïs pour l'engraissement (mais à éviter pour les pondeuses). Toutes ces graines peuvent être germées pour améliorer leurs qualités nutritives. Dans le poulailler familial ou fermier, les restes de pain sec (ou trempé dans l'eau pour en faire une pâtée) peuvent remplacer une part du grain distribué. Il est à noter que les graines de sorgho ont des propriétés anti-nutritionnelles: les tanins qu’elles renferment inhibent la ponte des poules pondeuses. Dès que l’on dépasse 2 % de sorgho dans l’alimentation des poules pondeuses, le taux de ponte journalier chute ; 16 à 20 % de protéines pouvant provenir de protéagineux : tourteaux de soja (jusqu’à 30 %), pois, lupin (jusqu’à 10 %), lentilles. Les céréales contiennent déjà 10 à 15 % de protéines mais, si on ne fournit pas d'aliments plus riches en protéines, la poule va surconsommer les céréales pour atteindre sa ration de protéines (et donc consommer trop de sucre). Les protéines contiennent des acides aminés essentiels (méthionine, lysine, carnitine, cystine) qu'il est important d'apporter par la nourriture car la poule ne peut les fabriquerLes protéines végétales sont souvent issues d'aliments contenant un acide aminé limitant, elles ne sont donc complètes qu'en association (par exemple riz + lentille). Pour les poules en liberté, les protéines peuvent être apportées par la consommation d'insectes et d'invertébrés du sol : vers, limaces, escargots ; 10 % de lipides grâce à des oléagineux : lin, tournesol (jusqu’à 10 %). Les lipides permettent notamment de combattre le froid ; le colza est aussi utilisable mais il peut donner une odeur de poisson aux œufs avec certaines souches de poulesL'odeur de poisson dans les œufs bruns - ISA News letter, mars 2010 ; divers minéraux (calcium, phosphore, sodium, potassium, soufre) et oligo-éléments (fer, iode, cuivre, vitamines) : le calcium qui a une grande importance dans le processus de fabrication de la coquille des œufs (environ rammes de calcium par jour est nécessaire pour la formation de la coquille). Il peut être ajouté sous forme de pierre de chaux, de produits transformés comme le phosphate bicalcique, de coquilles d’huîtres ou autres mollusques. On peut aussi utiliser des coquilles d’œufs à condition de les piler finement puis les mélanger au blé ou au maïs pour éviter que les poules ne prennent l'habitude de manger leurs œufs. Les volailles en croissance ont besoin de 0,9 % de calcium dans leur aliment alors que les poules en ponte ont besoin de 3 à 4 % de calcium, l'excès de sel est dangereux pour les volailles. L'alimentation de la poule doit être composée d'environ 0,15 % de sodium soit 0,5 % de sel.. Il faut donc veiller à ne pas leur donner trop de restes de fromages, charcuteries et autres aliments salés tel que le pain qui contient généralement 2 % de sel (donc ne pas dépasser 30 g de pain par jour et par poule).
Les minéraux peuvent être fournis de façon précise sous forme de granulés disponibles dans le commerce ou sous forme plus aléatoire à partir de divers fruits, légumes, feuilles et graines d'herbacées tels que : sarrasin, oseille, navets, salades, choux, épinards, orties, topinambours, betterave, pomme de terre, sarclages des jardins ; petits cailloux (grit) qui servent au broyage des aliments dans le gésier après avoir été imbibé de mucus dans le jabot ; et de l'eau propre ; pour les poussins et les jeunes poulets, on donne un supplément de phosphore et de calcium sous forme de farine d’os ou de poudre d’os cuite à la vapeur.
L'apport de graines de lin à l'alimentation des poules permet d'augmenter la teneur en oméga 3 des œufs.
L'accès à la végétation d'un parcours permet à la poule d'avoir un fort apport en caroténoïdes (lutéine, zéaxanthine) qui donnent une couleur intense au jaune d’œufLaurent Delteil, Nutrition et alimentation des animaux d'élevage, , Educagri Editions, 2012 (les capucines, les roses d'Inde, le chou kale et les pissenlits sont les aliments les plus riches en lutéine). Les poules élevées en cage reçoivent une alimentation enrichie en zéaxanthine de synthèse pour avoir un jaune de couleur soutenue.
On peut également préparer des pâtées. Ainsi la poule de Bresse (seule volaille dont l'appellation d'origine est préservée administrativement) est engraissée pendant les deux dernières semaines uniquement de farine de maïs blanc délayé dans du lait et elle est abreuvée au lait et petit lait, ce qui contribue à lui donner une chair blanche.