Étienne-Joseph de La Fare est un gentilhomme et ecclésiastique français né le à Paris et mort le au château de Leschelle. Il devient brièvement évêque de Viviers en 1723, puis évêque-duc de Laon (1723-1741), second pair ecclésiastique de France et comte d’Anizy-le-Château, du fait du jeu des parentèles et des clientèles. Il prend parti contre les jansénistesMaximilien Melleville Histoire de la ville de Laon et de ses institutions, 1846, 60.

Biographie Jeunesse Étienne-Joseph de La Fare est le fils de Charles-Auguste de La Fare, capitaine des gardes de Philippe d’Orléans dit Monsieur, et de Louise-Jeanne de Lux de Ventelet (1667-1691). Il est le frère de Philippe-Charles de La Fare, et le cousin des cardinaux Anne-Louis-Henri de La Fare et François-Joachim de Pierre de Bernis.

Sa famille a bénéficié des appuis de la Maison d’Orléans. Ils sont leurs clients depuis la mort de Mazarin.

Durant sa jeunesse, Étienne-Joseph se montre très dépensier et vend un bénéfice, dont il était pourvu. Pour le punir, son père le fait enfermer à Saint-Lazare. D’après certains, l’archevêque de Paris, le cardinal Louis-Antoine de Noailles lui aurait refusé les ordresJacques-François-Laurent Devisme Histoire de la ville de Laon, tome 2, 1872, 134.

Il devient docteur en théologieAbbé Jules Saincir, Le Diocèse de Soissons, 1936, ., puis abbé des Prémontrés de l’abbaye Saint-Martin de LaonBulletin de la Société Académique de Laon, 1870, . Il est ensuite grand vicaire de Soissons. Il était intrigant, actif, bavard, ne doutant jamais de rien, difficile à déconcerter. C’est, aux yeux de ses ennemis, « une espèce de petit monstre par son corps et plus encore par son âmeJacques-François-Laurent Devisme, Histoire de la ville de Laon, éd. Le Blancourtois, 1822, . ».

Charles de Saint-Albin, fils du régent Philippe d’Orléans, est un autre ennemi des jansénistes. Le projet des mariages de Louis XV avec l’infante d’Espagne et celui du prince des Asturies, Louis d’Espagne, avec la fille du régent a besoin pour être conclu de l’aide des jésuites. Pour ces raisons, le régent, Philippe d’Orléans qui est pourtant un libertin, devient leur protecteur et fait en sorte que les cardinaux, les archevêques et les évêques soient tous favorables aux jésuites.

Dans ses Mémoires, qui sont le pire des réquisitoires, Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon affirme que le futur successeur de Charles de Saint-AlbinCharles de Saint-Albin, fils illégitime de Florence Pellerin et du régent, Philippe d’Orléans, fut évêque-duc de Laon en 1721, puis archevêque-duc de Cambrai en 1724., comme évêque-duc de Laon est surpris en train de voler et scandalise étrangement : Mémoires de Saint-Simon tome 20, chapitre 2, 1723.

D’après ce vieux courtisan, Philippe d’Orléans lui aurait dit qu’il l’avait chassé

Son frère, Philippe-Charles, après avoir été officier des mousquetaires, est maréchal de France et membre de l’Ordre du Saint-Esprit et de la Toison d’orFoucault, Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, depuis le règne de Philippe-Auguste, jusqu’au commencement du dix-septième siècle, tome 65, 1828, ..

La politique et la religion

La politique et la religion sont, elles aussi, à l’origine de propos haineux. Saint-Simon continue son réquisitoire :

Il continue : .

Évêque de Viviers (février 1723)

Saint-Simon ajoute : .

En 1723, La Fare est effectivement nommé évêque de Viviers, dans le Vivarais, moyennant une démission qu’il donne de l’abbaye cistercienne de Mortemer, en Normandie, et de celle de l'abbaye Saint-Barthélemy de Noyon. Il perd deux bénéfices importants, mais il est évêque dans une région d’où est originaire sa famille.

Évêque-duc de Laon

Le duc d’Orléans, Philippe d’Orléans, lui donne plusieurs grands bénéfices. Il est assez étonnant que le régent fasse d’un prélat qui l’aurait volé, un évêque et un duc, le second pair de France, un comte d’Anizy, en remplacement de Henri Henri François-Xavier de Belsunce-Castelmoron (1670-1755), devenu évêque de Marseille. , écrit Saint-Simon.

La Fare est consacré évêque de Laon à Paris, le . Il prête serment entre les mains du roi, Louis XV, le suivant. Il prend possession de son diocèse le 12 du même mois Martine Plouvier, Histoire et architecture de l’abbaye de Cuissy, note 10.. En tant que titulaire de l’une des anciennes pairies de France, il a le privilège de porter la sainte Ampoule lors du sacre des rois de France à Reims.

Une tâche bien difficile

thumb|200px|right|Charles de Saint-Albin, son prédécesseur à Laon.

Dès 1724, l’évêque de La Fare, en prenant possession du siège épiscopal de Laon, trouve un clergé profondément divisé par les passions entre constitutionnaires et anticonstitutionnairesLes anticonstitutionnaires sont le milieu parlementaire et les jansénistes. Les jansénistes du peuvent être définis comme des opposants à la bulle Unigenitus. qui se livrent une lutte acharnée les uns contre les autres.

Étienne-Joseph de la Fare écrit, le , un mandement sur la soumission due à la constitution apostolique de la bulle UnigenitusLa bulle condamne 101 propositions extraites des Réflexions morales sur le Nouveau Testament, du père Pasquier Quesnel, théolégien janséniste et membre de la Congrégation de l'Oratoire. Les propositions condamnées par l’Unigenitus sont la toute-puissance de la volonté divine et l’impuissance de l’homme sans la grâce de Dieu, la foi et la charité, qui seules comptent devant Dieu, les propositions relatives à la conception de l’Église, à l’accès des fidèles à l’Écriture Sainte, et à l’autorité au sein de l’Église. : Mandement de Monseigneur l’Évêque Duc de Laon, Second Pair de France, comte d’Anizy, et Sur la soûmission due à la Constitution Unigenitus, sur la fidélité indispensable des Sujets envers leur Souverain, & sur les Droits Sacrez de l’Épiscopat.

Michel Bur dans son Histoire de Laon et du LaonnoisMichel Bur, Histoire de Laon et du Laonnois, 1987, . résume ainsi la situation :

La fin de sa vie Comme le dit le duc de Saint-Simon, l’évêque-duc est un homme de petite taille, prétentieux et excessif. D’ailleurs un autre duc, Charles-Philippe d'Albert de LuynesCharles-Philippe d’Albert de Luynes, Louis-Étienne Dussieux, Eudoxe Soulié, Mémoires du duc de Luynes sur la cour de Louis XV (1735-1758), 1860, ., ami de son frère, écrit à l’occasion de sa mort, le , au château de Leschelle : .

Jean-François-Joseph de Rochechouart-FaudoasBulletin de la Société académique de Laon, tome 8, 1859, . lui succède comme évêque-duc de Laon.

Il est inhumé dans l’église paroissiale de Leschelle. Son épitaphe est : . La dalle, autrefois dans le chœur, a été relevée et placée debout, contre le mur sud du bras sud du transept.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Maxime de Sars, Un confesseur de la foi : Étienne-Joseph de La Fare, évêque duc de Laon : 1691-1741, 1910

Articles connexes Louis Groult des Rivières Philippe-Charles de La Fare Anne-Louis-Henri de La Fare François-Joachim de Pierre de Bernis

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