La Longue Nuit de l'exorcisme () est un giallo italien réalisé par Lucio Fulci et sorti en 1972.

Le film se déroule dans un petit village du sud de l'Italie en Basilicate. Des jeunes garçons sont brutalement assassinés. Le journaliste Andrea Martelli enquête avec Patrizia, une jeune femme excentrique. Ils reçoivent également l'aide du jeune curé du village, Don Alberto. Pendant ce temps, la police rend également visite à plusieurs suspects et tente de calmer la tension croissante au sein de cette communauté terrorisée où les habitants commencent à désigner arbitrairement des coupables.

Il est considéré comme le chef-d'œuvre de Fulci et l'une des pierres angulaires du giallo italien, ainsi que l'un des films les plus dérangeants et morbides du réalisateur. Il était également son préféré parmi ses propres œuvres. Le choix du lieu de l'action, situé dans un village isolé du Mezzogiorno, était jusqu'alors inédit parmi les gialli.

Synopsis Première partie Non loin d'Accendura, un village de Basilicate, une femme creuse une petite fosse sur une colline qui domine le viaduc d'une autoroute. Elle extrait le squelette d'un bébé et s'enfuit. Dans le village, Tonino, Michele et Bruno, trois enfants de douze ans du quartier, sortent d'une église et vont espionner deux prostituées et leurs clients dans une ferme abandonnée. Ils sont rejoints par Giuseppe Barra, un simplet qui espionne les couples isolés. Les enfants se moquent de lui et il les menace de représailles. Pendant ce temps, la mystérieuse femme du début accomplit une série de rites de magie noire, perçant d'épingles des poupées représentant des corps d'enfants.

Le même soir, Michele est chargé par sa mère d'apporter un jus d'orange pressée à Patrizia, la propriétaire d'une luxueuse villa. Quand il entre, il est surpris de voir Patrizia qui bronze sous une lampe à UV entièrement nue sur un fauteuil. En apercevant l'enfant tout penaud, elle le taquine et lui propose de se rapprocher. Mais la voix de sa mère se fait entendre et Michele repart en trébuchant. Peu après, Bruno Lo Cascio, un autre enfant du village, est poursuivi et brutalement assassiné. Les carabiniers commencent les recherches, après avoir reçu un appel téléphonique anonyme d'un homme demandant une modeste rançon de six millions de lires. Andrea Martelli, un journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, arrive également sur les lieux. Les carabiniers ont arrêté Giuseppe Barra pour le meurtre, qui a été retrouvé alors qu'il venait récupérer quelque chose à dans le même four où il avait été convenu par téléphone de déposer la rançon. Barra finit par avouer l'endroit où se trouve le corps du garçonnet.

Don Alberto Avallone, le jeune curé du village, est également présent pour bénir le corps. Barra clame son innocence et affirme qu'il ne l'a pas tué mais qu'il était déjà mort et qu'il n'a fait que de l'enterrer avant d'essayer d'extorquer ses parents. Mais tout le village le croit coupable et la foule des riverains tentent de le lyncher alors qu'il est emmené en prison. Pourtant, le lendemain matin, un autre corps asphyxié est retrouvé : c'est celui de Tonino, un ami de Bruno, immergé dans un lavoir en pierre. Pendant ce temps, l'étrange femme, appelée par tous « La Maciara », enterre ses poupées. De son côté, Andrea Martelli rend visite à Don Alberto, qui se dit inquiet pour l'avenir des enfants du village, à la merci des revues pornographiques et d'autres mauvaises influences de la modernité.

Pendant que les deux hommes discutent, Patrizia arrive et provoque à la fois le prêtre et Andrea, se félicitant qu'il y ait des « beaux mâles » au village. Andrea découvre que la jeune fille est la fille d'un riche constructeur milanais, qui l'a envoyée se mettre au vert à Accendura pour l'éloigner d'un groupe de toxicomanes. La nuit suivante, Michele reçoit un appel téléphonique l'invitant à une réunion devant un calvaire dans les bois. Au même moment, devant une station-service, Patrizia termine un appel téléphonique. Michele parvient à sortir de la maison ni vu ni connu et se rend au calvaire, où il se fait étrangler. Les carabiniers interrogent Patrizia, qui était partie exceptionnellement tard ce soir-là. Celle-ci répond qu'elle était allée conduire seule sur l'autoroute. Elle cache aux enquêteurs son escale dans la station-service et son coup de téléphone.

Tout le village est présent aux funérailles de Michele. Au moment où la Maciara entre dans l'église, la mère du garçon assassiné s'écrie qu'elle sent la présence du meurtrier. La Maciara décide alors de sortir précipitamment.

Seconde partie La sortie précipitée de la Maciara a été filmée par une caméra placée à l'extérieur de l'église par les carabiniers, qui s'étonnent de son attitude. Après s'être renseigné, ils vont voir l'oncle Francesco, un vieux sorcier respecté par les habitants du village, qui vit avec la Maciara depuis des années. L'oncle Francesco garantit qu'elle n'a rien fait de mal. Il prétend ne pas l'avoir vue depuis quinze jours et qu'il suppose qu'elle reste probablement dans la chênaie comme elle en a pris l'habitude. Pendant que les carabiniers s'en vont, Patrizia arrive.

Un appel téléphonique anonyme d'Aurelia Avallone, la mère de Don Alberto, conduit les carabiniers à l'endroit où se cache Maciara, qui est arrêtée après la découverte du squelette qu'elle a déterré. Au cours de l'interrogatoire, la Maciara avoue avoir tué les trois garçons car ils avaient découvert la tombe de son enfant, fruit d'une relation avec l'oncle Francesco et mort mystérieusement des années auparavant. La Maciara commence à avoir une crise d'épilepsie et prétend avoir tué les trois garçons non pas en les étranglant mais à distance grâce à la magie noire. Le soir même, le magistrat, après avoir entendu le témoignage d'un officier qui disculpe Maciara, ordonne sa libération. Le maréchal des carabiniers doute du bien-fondé de cette décision, car il craint que la libération de Maciara n'entraîne un lynchage.

Maciara se rend au cimetière du village, mais elle est entourée par les pères des garçons assassinés, qui commencent à la battre violemment avec des chaînes et des bâtons. La Maciara parvient à se traîner jusqu'au bord de l'autoroute, où elle meurt alors que les automobilistes sur la route des vacances défilent devant elle sans s'arrêter. Au village, Andrea Martelli et Patrizia rencontrent Malvina, la petite sœur de Don Alberto, sourde-muette, qui traîne une poupée décapitée. Mario, un garçon du village, s'aventure dans les bois. Son ami rapporte tout à Don Alberto, qui se met à la recherche de Mario. Il rencontre Patrizia, qui est bloquée sur la route avec sa voiture à cause d'un pneu crevé. Peu après, Mario est retrouvé avec le crâne fracassé. Andrea Martelli trouve le briquet de Patrizia sur le lieu du crime et va la voir.

La jeune fille avoue au journaliste qu'elle s'est arrêtée à une station-service la nuit du meurtre de Michele pour passer un coup de fil à un dealer. Patrizia remarque la photo du meurtre dans un journal, et remarque la tête d'un canard en caoutchouc qu'Andrea Martelli a placé près du corps pour prendre une photo-choc. Les deux hommes partent à la recherche de la partie manquante du canard, qui appartenait à Malvina, et la trouvent dans une décharge devant la maison de Don Alberto. La petite fille détache compulsivement les têtes de toutes ses poupées, sans raison apparente. Les deux hommes suspectent qu'elle a peut-être été, d'une manière ou d'une autre, témoin des meurtres, et les mime donc sur ses poupées. Ils entrent dans la maison et trouvent Aurelia, la mère du curé, qui se révèle jalouse et réticente.

De retour chez Patrizia, ils reçoivent un appel téléphonique de Don Alberto, qui les informe que sa mère a disparu avec Malvina. Ils parviennent à déterminer qu'elle se cache dans une grotte à flanc de falaise. Ils s'y rendent en voiture et arrivent à la grotte lorsque Don Alberto en sort, tenant Malvina dans ses bras. Il vient d'arracher la petite fille à sa mère qui gît ensanglantée sur le sol. Don Alberto n'a en fait pas l'intention de sauver Malvina, mais s'approche de l'à-pic de la falaise pour la jeter dans le vide. Don Alberto, à travers ses souvenirs, avoue qu'il est le meurtrier des enfants, tués pour les garder purs et les empêcher de se corrompre au contact d'une modernité perverse. Aurélia, dans un état semi-catatonique, les supplie d'arrêter son fils qui a perdu la raison ; Andrea Martelli poursuit Don Alberto et un duel s'engage entre eux, au cours duquel Martelli parvient à arracher la petite fille à Don Alberto avant qu'il la jette dans le vide. Mais ce faisant, il glisse sur le bord de la falaise. Le curé tente de précipiter Andrea dans le vide, mais lorsqu'il lève le pied pour le pousser vers le bas, Andrea lui fait perdre l'équilibre et c'est Don Alberto qui fait le plongeon, se fracassant le crâne contre les rochers.

Scène supprimée Dans une séquence, la Maciara devait être attaqué par une colonie de chauves-souris. La scène a été tournée, mais n'a pas été retenue au montage, car Fulci n'a pas estimé qu'elle cadrait avec le ton grave de l'œuvre.

Fiche technique Titre original : Non si sevizia un paperino Titre français : La Longue Nuit de l'exorcisme ou Fureur meurtrière Titre québécois : Les poupées de sang Réalisation : Lucio Fulci Scénario : Gianfranco Clerici, Lucio Fulci et Photographie : Montage : Musique : Riz Ortolani Effets spéciaux : Carlo Rambaldi Décors : Pier Luigi Basile Costumes : Marisa Crimi Maquillage : Franco Di Girolamo, Nilo Jacoponi, Dante Trani, Production : Felice Colaiacomo, Renato Jaboni, Société de production : Medusa Produzione Société de distribution : Medusa Produzione Pays de production : Langue originale : italien Format : Couleur par Technicolor • 2,35:1 • Son mono • 35 mm Genre : Giallo Durée : 102 minutes () (version initiale en salles) ; 108 minutes () (version longue sur DVD) Dates de sortie : Italie : France : Classification : Italie : Interdit aux moins de 18 ans à la sortie ; Réévalué Interdit aux moins de 14 ans France : Interdit aux moins de 16 ans

Distribution Florinda Bolkan : La Maciara Barbara Bouchet : Patrizia Tomás Milián : Andrea Martelli Irène Papas : Dona Aurelia Avallone Marc Porel : Don Alberto Avallone Georges Wilson : l'oncle Francesco : le lieutenant des carabiniers Ugo D'Alessio : le maréchal des carabiniers Modesti Virginio Gazzolo : le juge d'instruction Vito Passeri : Giuseppe Barra Rosalia Maggio : , la mère de Michele Andrea Aureli : , le père de Bruno Linda Sini : , la mère de Bruno Franco Balducci : , le père de Michele Gianfranco Barra (non listé au générique) : Impallomeni John Bartha (non listé au générique) : l'officier de police : Mario : Malvina Marcello Tamborra : Michele

Production Ce film est le premier produit par la nouvelle société Medusa FilmD'après le dossier réalisé par A. Marrese pour Apulia Film Commission..

Scénario Après la controverse et la censure subies par sa dernière comédie Obsédé malgré lui, Lucio Fulci revient à la réalisation d'un giallo, genre qu'il avait déjà expérimenté en 1969 et 1971, respectivement avec Perversion Story et Le Venin de la peur.

Le scénario a été d'abord co-écrit par Fulci et Roberto Gianviti. Gianfranco Clerici a ensuite été appelé à la rescousse car Fulci et Gianviti ne trouvaient pas d'idées satisfaisantes pour la scène d'ouverture du film. Clerici imagine donc une scène d'introduction où des enfants se confessent dans une église.