Georges Pelletier Doisy, né à Auch le et mort à Marrakech le est un aviateur français. Surnommé « Pivolo »Déformation, d'après , du conseil qu'il donnait toujours aux aviateurs : , ce pionnier de l’aviation (brevet ), as de la Première Guerre mondiale (6 victoires en combats singuliers, quatre avions abattus), s'est rendu célèbre en 1924 en réussissant le raid Paris–Tōkyō, soit en 20 étapesCarte du raid, Le Petit Parisien, Paris, 10 juin 1924, quotidien . thumb|alt=Stèle érigée à Saulzais-le-Potier (Cher) à la mémoire du général Georges Pelletier Doisy.|Stèle érigée à Saulzais-le-Potier (Cher) à la mémoire du général Georges Pelletier Doisy. thumb|alt=Médaille représentant le profil du général Georges Pelletier Doisy sur le monument érigé à Saulzay-le-Potier.|Médaille représentant le profil du général Georges Pelletier Doisy sur le monument érigé à Saulzay-le-Potier.

Le pilote, le raid

Un solide gaillard — près du quintal — à l’esprit volontaire et chevaleresque, aventurier et intuitif, rugbyman à ses heures de loisir, le lieutenant Pelletier Doisy est un pilote confirmé lorsqu’il reçoit, à , l’ordre de missionL’ordre de mission prévoyait que le raid devait être accompli par le même avion et qu’aucune autre pièce de rechange que celles embarquées ne pouvait être utilisée pour les réparations. qu’il avait sollicité lui permettant de rallier Hanoï en onze étapes : Budapest, Constantinople, Alep, Bassorah, Bander-Abbas, Karachi, Âgrâ, Calcutta, Akyab, Bangkok et Hanoï. Et si possible, pour le prestige, de « pousser » jusqu’en Chine et au Japon, pour faire aussi bien et même mieux que les Américains et les Anglais, engagés à la même époque dans une course aux records aériens. La France ne veut pas être en reste et, considérant d’intérêt national une liaison aérienne entre la métropole et l’Indochine, le ministère de la guerre valide le projet défendu par Pivolo.

Pelletier Doisy s’envole de Villacoublay le à 6h45. Il lui faut de vol effectif (moyenne ) pour rallier TōkyōVoir la carte et l'article relatifs à ce vol dans un journal de l'époque L'Éclaireur du 30 avril 1924.. Accueilli déjà le à Osaka dans l'enthousiasme, en particulier par le pilote japonais Kiyotake Shigeno - qui avait participé au premier conflit mondial au sein de l’escadrille des Cigognes - il se pose le à midi sur le terrain de Tokorosawa près de la capitale japonaise, où il est accueilli par une foule considérable, dans laquelle figurent l'ambassadeur de France Paul Claudel et l'attaché de l'air Marcel Têtu.

Le mécanicien Le sergent Lucien-Pierre-Alfred Besin, né le à Quiévy (Nord), mécanicien de valeur et ayant un goût prononcé pour l’aventure, suit la construction du moteur et du Breguet de A à Z. Il embarque notamment une hélice de rechange, des pompes à essence, des magnétos, des pneus. Il voyage jusqu’à Shanghai dans un petit « local » derrière le pilote, local verrouillé de l’extérieur. Passager passif pendant le vol — il tue souvent le temps en dormant — Besin s’active aux escales en réglant et réparant l’appareil.

Affichant de brillants états de services, décoré entre autres de la médaille militaire et de la médaille coloniale, il sera promu sergent-major mécanicien le Le Petit Parisien, Paris, 10 juin 1924, quotidien .

L’avion Il s’agit d’un Breguet 19 A2, un « sesquiplanBiplan, les ailes supérieures étant d’une surface environ deux fois plus grande que celle des ailes inférieures. » entièrement métallique sauf les ailes en toile, muni d'un moteur Lorraine-Dietrich de 400 chevaux lubrifié à l’huile de ricin (jusqu’à Karachi, puis avec une huile plus lourde après cette étape indienne pour tenir compte de la chaleur). Ce bombardier sera ensuite adapté au raid par l’adjonction de trois réservoirs supplémentaires, soit une capacité totale de de carburant. Il pèse environ à vide et en pleine charge, consomme d’essence à l’heure, autonomie de environ. Son moteur, tournant à , lui permet une vitesse de croisière de .

Convaincu par les qualités de l’appareilC'est sur la base de ce modèle que fut construit le Point d'interrogation, qui fit en septembre 1930 la première traversée de l'Atlantique Nord dans le sens est-ouest entre Le Bourget et New York, avec à ses commandes l'équipage Costes et Bellonte., Pelletier Doisy se contente de courtes séances d’essais avant le grand départ. Le Breguet est baptisé Jacqueline, prénom de la fille de l’aviateur, alors âgée de quelques mois.

Cet avion achève sa carrière à Shanghai, où Pivolo se pose en catastrophe, moteur en panne, ne pouvant éviter un fossé au milieu du terrain.

De Shanghai à Tokyo, Pelletier Doisy utilise un Breguet XIV, moteur de 300 chevaux, prêté par le colonel Tsou, commandant de l’aviation du Tché-Kiang. (Tsou fut l’un des rares Chinois à combattre dans les rangs français pendant la guerre. Il fut pilote à l’escadrille N 37, une victoire à son actif). Pour Pelletier Doisy, ce Breguet XIV était déjà quelque peu fatigué avant d’entreprendre la dernière partie du voyage ( en 8 étapes). Il connaissait le modèle pour avoir réalisé à ses commandes Tunis-Paris et diverses missions en Afrique centrale.

Péripéties de vol

Vol diurne uniquement, à vue, sans T.S.F. pour économiser du poids. Pluie et neige, brume : Pelletier-Doisy se pose dans un bourbier à Alep. Son avion fait trois « cheval de bois » (équivalent d’un tête à queue pour une automobile) avant de réussir son décollage. Chaleur aussi : l’eau du radiateur se vaporise (étape Calcutta-Rangoon), des pneus éclatent au décollage (Bender-Abbas) ou en vol (Calcutta-Rangoun). Ce qui impose des atterrissages très courts, sur une roue… Déchirure de la toile de l’aile supérieure droite entre Karachi et Agra. Le moteur du Breguet 19 est changé à Hanoï, terme initial du raid. étape : atterrissage d’urgence et crash à Shanghai. Le moteur, calé, ne permet pas à Pivolo avant de se poser de faire un tour de reconnaissance du terrain, en fait un champ de courses parsemé de tombes et coupé par un fossé où l’avion se disloque. étape : atterrissage moteur en panne à Hiroshima. De Shanghai à Tokyo, le sergent mécanicien Besin voyage à l’air libre à l’arrière du Breguet 14. Le confort, après effectués dans la « cage » du « Jacqueline ».

Parcours d'un aviateur Georges Pelletier Doisy naît à Auch le . Son grand-père paternel, Edme-Charles Pelletier, et son grand-père maternel, Robert Doisy de Villargennes furent tous deux maires d'Auch . Il fait ses études à l'école Sainte-Marie et au Lycée Salinis. Grand sportif, il est membre du FCA puis du Racing. Il s’engage en 1910 dans la cavalerie avant de rejoindre l’aviation en 1912. Breveté à l'école d'aviation militaire de Chartres (future Base aérienne 122 Chartres-Champhol), il effectue une carrière accomplie. Il prend sa retraite d’aviateur avec le grade de général et se retire au Maroc, où il meurt le . Il est inhumé à Auch. Une plaque à sa mémoire est apposée sur sa maison natale au 34 chemin du Barrail.

Il était commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. Avant ce raid, Georges Pelletier Doisy avait accompli (liste non exhaustive) : Le premier tour de France aérien (1914). Constantinople—Paris (1919). Paris—Vienne (Autriche) sans escale en 10 heures (1920). Paris—Bucarest sans escale en 19 heures (1921). Toulouse—Paris en 3 heures (1922). Tunis—Paris, , dont 800 sur la mer à basse altitude et sans flotteur (1922). Casablanca—Tunis, en 12 heures (1922). Le tour de la Méditerranée - à bord d'un avion Amiot (1927). Lorsqu’il prend le départ du raid, il est pilote à l’escadrille tunisienne dont les avions portent le « chat noir miaulant à la lune sur croissant d’argent ». Il fait partie des « Vieilles Tiges », amicale des pilotes brevetés avant le .

Notes

Sources

Capitaine Pelletier Doisy : Mon Raid Paris-Tokyo 48 bois originaux de Jacques Boullaire 1924 édité pour Ateliers d'Aviation Louis Breguet à Gilbert Gile-Nicaud, Le Raid merveilleux de Pelletier-Doisy, Paris-Tokio en avion, Plon-Nourrit et Cie, Paris, 1924 Grand Larousse encyclopédique en dix volumes, 1963

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