Henri-François des Herbiers de L'EstenduèreMarquis de L'Estenduère, de L'Etenduère, de L'Etanduère ou de Létanduère, du nom du fief situé dans la commune actuelle des Herbiers, en Vendée.La liste complète de titres est : chevalier, seigneur du Chesne, Vernet, la Brosse Moreau, Mourière et autres lieux. (Acte de sépulture), né à Angers le et décédé à Rochefort le , est un officier de marine et aristocrate français des . Issu d'une famille de la noblesse poitevine, il commence son apprentissage de la navigation sous les ordres de son oncle et entre très jeune dans la Marine royale. Il se distingue pour la première fois pendant la guerre de Succession d'Espagne pendant au large de Vélez-Málaga puis de Marbella, avant de se livrer quelque temps à la guerre de course. Dans les années 1720, il effectue plusieurs voyages en Nouvelle-France et effectue des relevés hydrographiques du Saint-Laurent. Il sert à nouveau pendant la guerre de Succession de Pologne et pendant la guerre de Succession d'Autriche.

En 1747, il réalise son plus grand fait d'armes au combat du cap Finisterre au large des côtes espagnoles de Galice. Chargé d'escorter un convoi marchands pour les Antilles avec huit vaisseaux, il est attaqué le par les 14 navires britanniques du contre-amiral Hawke, et soutient plus de sept heures de combat acharné. Six vaisseaux français sont capturés, mais le convoi est presque totalement sauvé. Il réussit lui aussi à échapper à la capture, alors que son vaisseau, Le Tonnant (80 canons) est en partie démâté. Son second, le marquis de Vaudreuil, sur l' (74), vire de bord et traverse la ligne anglaise pour le dégager puis le prendre en remorque et rentrer sur Brest à la faveur de la nuit. Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre.

Biographie Origines et famille Henri-François des Herbiers descend de la Maison des Herbiers, une ancienne famille de la noblesse du Poitou et de l'Aunis dont l'origine remonte au . Un Almeric Desherbiers tenait un rang distingué à la cour du roi Philippe ; et son fils, Geoffroi Desherbiers, accompagne Guillaume IX d'Aquitaine dans son voyage en Terre sainte, en 1100. Leurs descendants servent le royaume de France, avec distinction, sur mer et sur terre. Jean Desherbiers, chevalier, seigneur de l'Estenduère, est tué à la bataille de Poitiers, en 1356. Plusieurs seigneurs de l'Estenduère entrent dans l'ordre de Malte. Cette famille est attachée au corps royal de la marine depuis environ 1580. Sa famille, qui a fourni au royaume de France plusieurs officiers d'épée était apparentée aux familles Sourdis, du Chaffault et de La Roche-Saint-André.

Son père, Henri Auguste des Herbiers, seigneur de L'Estenduère, était capitaine de vaisseau dans la Marine royale. Chevalier de Saint-Louis, il se distingue en plusieurs occasions pendant la guerre de Hollande. Le , il épouse Marie Françoise Henriette de L'Esperonnière (1654-1685)Marie Françoise de L'Esperonnière (ou L'Espronnière) est la fille d'Antoine de L'Esperonnière, chevalier, seigneur de la Roche-Bardoul, du Pineau, etc. et l'un des quatre lieutenants de la venerie de France ; et de sa femme, Charlotte de Godes. . De cette union naissent trois enfants : Alexis Augustin des Herbiers marquis de L'Estenduère (1680-1754) Henri François des Herbiers de L'Estenduère (1682-1750) Marie Henriette des Herbiers de L'Estenduère, elle épouse le , Antoine d'Arcemalle

Jeunesse et débuts pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg Henri-François des Herbiers, nait à Angers, le . Ses parents, voulant lui donner une éducation conforme à sa naissance, confient son éducation aux meilleurs maîtres de la ville. Il fait des progrès rapides dans ses études, et se serait, sans doute, signalé dans celles-ci si son oncle, Armand des Herbiers, qui était capitaine de vaisseau, et qui commandait Le Téméraire, n'avait cru trouver en lui des dispositions pour la carrière des armes. Il le prend sur son vaisseau et lui donne les premières leçons de navigation. Il charge le pilote de lui apprendre la navigation ; et exige que son neveu lui rende compte des instructions qu'il avait prises. Il en fait un si bel éloge à M. de Montbault, qui était « oncle à la mode de Bretagne »L'« oncle à la mode de Bretagne » est une expression qui sert à désigner le cousin germain du père ou de la mère., du jeune de l'Estenduère, que ce dernier accepte de contribuer à son éducation et à son avancement.

La bataille de Lagos (1693) 250px|thumb|right|Bataille de Lagos, au large du Portugal, Huile sur toile de Théodore Gudin

Montbault qui commande, par la suite, Le Téméraire, emmène le jeune l'Estenduère avec lui lorsqu'il reçoit l'ordre de rejoindre l'escadre que le maréchal de Tourville conduisait en Méditerranée, pour intercepter une flotte considérable que les Britanniques attendaient en provenance de Smyrne, et qui était chargée d’immenses richesses. Le jeune de l'Estenduère est témoin de la défaite de plusieurs vaisseaux de guerre et de la prise d'une grande partie de la flotte marchande. Animé du désir de s'instruire dans l'art de la marine, il examine avec attention toutes les opérations du maréchal, et cette campagne est, pour lui, très instructive.

L'année suivante, Montbault l'embarque avec lui en qualité de matelot, sur Le Bizarre qu'il commandait, afin qu'en obéissant, il apprenne à commander, et connaisse tous les aspects nécessaires pour être un bon officier de marine.

Carrière dans la Marine royale Des Herbiers, son oncle, voyant qu'il assimilait assez bien la manœuvre, lui fait apprendre les mathématiques, et le fait entrer dans les gardes-marine, en 1697, à l'âge de 14 ans. Il parcourt avec lui les côtes de la Rochelle, lui fait examiner les batteries qui y étaient placées, et le ramène à Rochefort pour y continuer son apprentissage. Ses dispositions et l'application qu'il met lui permettent de faire des progrès rapides. Voulant joindre la pratique à la théorie, il s'embarque sur le vaisseau L’Emporté, que commandait Monsieur de Belle-Isle Erard.

Son oncle qui se faisait un devoir de veiller à son instruction, le fait embarquer avec lui, l'année suivante, sur le vaisseau Le Faucon, dont il avait le commandement. Il le fait sous-lieutenant en pied, afin qu'il apprenne l'arrimageC'est-à-dire l'arrangement de la cargaison d'un vaisseau. et tous les détails nécessaires à l'armement d'un vaisseau. Le jeune l'Estenduère ne tarde pas à connaître toute l'étendue de l'art de la marine et les officiers qui servaient avec lui, admiraient ses connaissances. Il est nommé aide-d'artillerie, alors qu'il n'est âgé que de 19 ans ; ce qui est une preuve de la considération qu'il avait acquise dans le corps de la marine.

Guerre de Succession d'Espagne (1701 - 1714)

En 1703, il est envoyé au département de Port-Louis, où il est employé à l'armement et au désarmement des batteries de la côte. Il s'acquitte de toutes les commissions dont on le charge, « avec tant d'intelligence et de zèle, que les officiers, sous lesquels il sert, font son éloge au ministre. »

À cette époque, presque toutes les puissances d'Europe s'unissent contre Louis XIV, pour l'empêcher de placer le duc d'Anjou, son petit-fils, sur le trône d'Espagne. L'Angleterre et la Hollande déploient une importante flotte pour attaquer les côtes d'Espagne. Louis XIV ordonne de construire des vaisseaux dans les ports de Méditerranée et de l'océan Atlantique ; et nomme son fils légitimé le comte de Toulouse au poste de grand-amiral de France ; il charge le maréchal de Cœuvres de servir sous lui, et de diriger toutes les opérations de la campagne. Ils sortent du port de Brest le , avec une puissante escadre, et partent rejoindre celle de Toulon, basée en Méditerranée. L'Estenduère, qui avait été nommé enseigne de vaisseau en 1703, sert en cette qualité, sur la frégate La Prohibition, commandée par Monsieur de Puligny. Il passe ensuite sur Le Gaillard, commandé par le chevalier d'Osmond. L'Estenduère parvient, par son intelligence et son travail, se concilier l'estime de cet officier, au point qu'il ne cessait de faire son éloge ; ce qui était d'autant plus flatteur pour lui, que le chevalier d'Osmond s'était presque toujours plaint de ceux qui étaient sous ses ordres.

Alors que le vaisseau Le Saint-Michel, commandé par de Riberet, se trouvait en danger. Le chevalier d'Osmond dit au comte, qu'il ne connaissait pas d'officier sur la flotte qui soit plus à même de secourir Le Saint-Michel que le chevalier de l'Estenduère. Le comte de Toulouse dit à ceux qui l'entouraient : « Il faut en croire d’Ossemondt car il n’a jamais loué que cet officier. » Le prince ordonne aussitôt qu'on détache une chaloupe, pour aller au secours du Saint Michel, et en donne le commandement à L'Estenduère. Le jeune officier se comporte agit avec tant de célérité, qu'il sauva le vaisseau. M. de Riberet fait au comte de Toulouse les récits de son naufrage, et ajoute : « Monseigneur, M. de L’Estenduère mérite le grade de lieutenant de vaisseau, pour ce qu’il a fait. J'ai moi-même avancé dans la marine pour une action moins utile et moins glorieuse. » Le comte de Toulouse conçut tant d'estime pour ce jeune officier, dont tout le monde lui faisait l'éloge, qu'il résolut de travailler à son avancement.

Bataille de Vélez-Málaga (24 août 1704) 250px|thumb|right|La bataille de Vélez-Málaga,

À la fameuse bataille navale de Vélez-Málaga, qui a lieu le , L’Estenduère est blessé à la tête par éclat de bombe, qui lui fracasse la mâchoire. Cette action est la dernière bataille considérable, qui se soit livrée sur mer pendant le règne de Louis XIV.

Philippe V voulait reprendre Gibraltar, dont les Anglais s’étaient emparés, et fait attaquer cette place peu de temps après la bataille de Vélez-Málaga. Le marquis de ChâteaurenaultLe roi d'Espagne nomme le marquis de Châteaurenault « capitaine-général des mers de l'Océan ». est chargé de conduire cette opération, et de Pointis reçoit l'ordre d'aller mouiller dans la rade, avec une escadre française de quatorze vaisseaux, afin de protéger les assiégeants par le feu de son artillerie. L'Estenduère, qui n'était pas encore guéri de sa blessure, prie de Pointis de le laisser monter sur la frégate L’Étoile, que le général commande lui-même, et se distingue dans plusieurs actions, au point que Pointis fait son éloge en présence de tous les officiers de l'escadre. Gabaret, qui commandait Le Sévissant, ayant été blessé et mis hors d'état de servir, de Pointis prend le commandement du Sévissant, et le confie celui de la frégate L’Étoile à L'Estenduère, le préférant à plusieurs officiers qui étaient plus anciens que lui.

Bataille de Marbella (21 mars 1705)