L'École alsacienne est un établissement d'enseignement privé laïc sous contrat d'association avec l'État fondé en 1874 dans le de Paris. Il propose un enseignement allant du jardin d'enfants à la classe de terminale.

Histoire vignette|gauche|Plaque située au 36, rue des Écoles ( arrondissement de Paris), où l'établissement qui deviendra l'École alsacienne donna ses premiers cours, en 1873. vignette|gauche|Plaque au 109, rue Notre-Dame-des-Champs, rappelant la filiation de l'école avec l'humaniste Jean Sturm.

Après l'annexion de l'Alsace-Moselle par l'Empire allemand à la suite de la défaite française de 1870, des pédagogues et des universitaires alsaciens protestants réfugiés à Paris créent en 1874 l'École alsacienne, qui succède à un autre établissement scolaire créé trois ans plus tôt.Natacha Polony, « École alsacienne : les raisons d'un succès », Le Figaro, lundi 21 juin 2010, 2..

Cette nouvelle école est un établissement d'enseignement secondaire qui s'inspire du modèle du gymnase protestant strasbourgeois Jean-Sturm, avec l'ambition de « produire un type d'homme cultivé qui alliât aux vertus de l'âme régionale, les qualités générales de l'humaniste ». Les deux premiers directeurs de l'école, Frédéric Rieder (de 1874 à 1891) et Théodore Beck (de 1891 à 1922), sont des pasteurs, anciens élèves du gymnase Jean-Sturm.

En 1871, l'établissement s'installe de façon éphémère rue des Écoles, y accueillant une classe élémentaire. En 1874, il déménage 3 avenue Vavin et prend le nom d'École alsacienne. En 1891, doté de quatre classes, il s'installe sur le site actuel, accessible par les 107-109 rue Notre-Dame-des-Champs et le 128 rue d'Assas. Autour d'un hôtel particulier en brique et en pierre de style éclectique édifié par l'architecte F. Boison en 1883, plusieurs bâtiments sont ajoutés le siècle suivant« L’école alsacienne », paris-promeneurs.com, consulté le 9 juin 2019..

L'École alsacienne est dirigée par Henri Péquignat (1922-1936), Jacques Vallette (1936-1945), Jean Neel (1945-1953), Georges Hacquard (1953-1986), Jean-Pierre Hammel (1986-1988), René Fuchs (1988-2001), Pierre de Panafieu (depuis 2001).

Elle devient très rapidement un des laboratoires de l'enseignement public, reconnue comme une « école pilote ». Laïque en 1874, mixte en 1903L'unification des programmes dans le secondaire entre les filles et les garçons n'interviendra qu'en 1924 et la mixité ne s'est généralisée dans le système éducatif français que dans les années 1960.., elle insiste dès ses débuts sur l'importance du français (au détriment du latin) et des langues étrangères. Elle ouvre un gymnase et un laboratoire scientifique dès 1881. En , un monument aux anciens élèves et professeurs morts pendant la Première Guerre mondiale est inauguré par le président Alexandre Millerand. Les méthodes audiovisuelles sont introduites en 1963, avec l'installation d'un circuit fermé de télévision. L'informatique se développe dès la fin des années 1980.

Allant du jardin d'enfants à la terminale, l'École alsacienne fait partie des établissements parisiens réputés. Au fur et à mesure de son histoire, les élèves de l'École alsacienne sont de plus en plus issus des couches favorisées de la population, en raison du caractère sélectif des procédures d'admission et, plus accessoirement, de son coût. L'établissement propose relativement peu de places aux intégrations en cours de cursus car beaucoup d'élèves y effectuent l'intégralité de leur scolarité. L'école a envisagé d'ouvrir un établissement à Argenteuil mais ce projet n'a pas abouti, faute de financement. En 2011, un partenariat est créé avec des collèges de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. En 2025-2026, l'École alsacienne compte de boursiers.

Le , Pierre de Panafieu, directeur de l'école, est licencié pour faute grave. À la suite de ce licenciement s'ouvre une crise de succession alors que l'élection de Nicolas L'Hotellier au poste de directeur succite des critiquesJacqueline Remy, « École alsacienne : quand les réunions parents-profs deviennent le scandale le plus chic de Paris », vanityfair.fr, 4 mai 2026..

Pédagogie Généralités L'école prône des méthodes actives d'enseignement. Ainsi, l'épanouissement de l'enfant est placé au cœur du système éducatif, jusque dans la disposition des lieux. L'enseignement des sports, des arts plastiques, du théâtre et de la musique est valorisé, par exemple avec la création d'une classe à horaires aménagés musique au collège. Le travail de groupe est encouragé.

Afin de responsabiliser les élèves et les familles, dès ses débuts l'école pratique une pédagogie sans sanction ni récompense. Il n'y a ni moyenne générale, ni hiérarchisation entre les matières.

Les langues tiennent une place importante dans l'enseignement. L'allemand (dans les premières années de l'école), mais aussi le chinois (depuis 1963) y sont enseignés. Les cours d'anglais sont obligatoires à partir du primaire, et la pratique des cours de langues est intensive au collège et au lycée, en particulier avec les sections européenne (anglais ou allemand renforcés) et orientale (chinois renforcé).

La « causerie » est une particularité pédagogique du Petit collège (l'école primaire), qui consiste à inviter chaque élève à choisir un sujet qui l'intéresse, sur lequel il travaillera tout au long de l'année et qu'il présentera à la fin à sa classe..

Chaque année, un voyage scolaire est organisé.

Coût L'établissement étant privé sous contrat d'association avec l'État, la scolarité est payante, à raison de par an (2022) ; il existe cependant des bourses. L'entrée y est sélective : en 2014, sur d'entrée en , 60 places étaient disponiblesColombe Schneck, « École alsacienne, les liens du rang », GQ, septembre 2015, p. 94-98.. En 2021, le lycée recevait pour 230 places.

Langues enseignées anglais (à partir du primaire, en LV1 à partir de la avec un cours réservé aux élèves bilingues du CP à la terminale) allemand (LV2 à partir de la ) chinois (LV2 à partir de la , section orientale chinois à partir de la seconde) espagnol (LV2 à partir de la ou LV3 à partir de la seconde) italien (LV2 à partir de la ) russe (en LV3 à partir de la ) grec ancien (option à partir de la seconde) latin (obligatoire en et option à partir de la )

Classement du lycée En 2015, selon L'Express, le lycée se classe sur 109 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et au niveau nationalClassement départemental et national du lycée.. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au baccalauréat, la proportion d'élèves de première qui obtiennent le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la « valeur ajoutée » (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leur résultat au diplôme national du brevet)Méthodologie du classement national des lycées français..

En 2021, l'école se classe sur le plan national des meilleurs lycées selon le classement Le Figaro..

En 2024, l'école se classe sur le plan national des meilleurs lycées (classement indexé sur les résultats du baccalauréat) selon le classement Le Figaro Étudiant.

Après le baccalauréat, un quart des élèves suivent trois ans d’études à l’étranger.

Localisation vignette|Le corps professoral en 1880. L'École alsacienne est située au 109, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris, dans le , avec une entrée secondaire au 128, rue d'Assas (Petit Collège et classes de première et terminale). L'établissement se trouve à proximité de Port-Royal et du jardin du Luxembourg.

Personnalités liées au lycée

Au-delà des élèves de l'École alsacienne ayant mené une carrière dans les domaines culturel, médiatique ou politique, l'établissement est également réputé pour accueillir les enfants de personnalités issues des sphères publique ou privée..

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Sylvia Avrand-Margot, « Musique à l'école : éducation musicale à l'école alsacienne (Paris) », in La Lettre du musicien, 1998, Théodore Beck, Mes souvenirs 1890-1922, Paris, Fischbacher, 1934, 220 p. . Cinquantenaire de l'École alsacienne, Paris, s.d. (1924), 258 p. École alsacienne : Paris : inauguration des nouveaux bâtiments : discours (), Cerf, Paris, 1881, 27 p. « L'École alsacienne », les Saisons d'Alsace, 1994 Georges Hacquard, Histoire d'une institution française : l'École alsacienne, tome 1 : « Naissance d'une école libre 1871-1891 », Paris, Garnier, 1982, 356 p. sur le site Gallica.fr. tome 2 : « L'école de la légende 1891-1922 », préface de Vercors, Paris, Suger, 1987, 528 p. format pdf sur le site Exerpts.numilog.com. tome 3 : « La tradition à l'épreuve 1922-1953 », 352 p. tome 4 : « L'école du contrat 1953-1986 », 378 p. Gabriel Monod, Les réformes de l'enseignement secondaire et l'École alsacienne, Paris, 1886 Pierre de Panafieu (avec Éric Chol), Cas d'écoles, Fayard, 2018. Maurice Testard, Une belle école. Histoire anecdotique préfilmée de l'École alsacienne, préface de Vercors, Paris, Vigot frères, 1950, 121 p.

Articles connexes Gymnase Jean-Sturm, école privée protestante de Strasbourg

Liens externes

Site de l'Association des anciens élèves de l'École alsacienne

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