, né le à Numazu, dans la préfecture de Shizuoka, et mort le à Tokyo, est un homme politique japonais.

Membre du Parti libéral-démocrate, il est ministre des Affaires étrangères du Japon de 2004 à 2005, puis du au , avant de devenir le secrétaire général du Cabinet de Yasuo Fukuda du au , tout en étant chargé du problème des enlèvements de citoyens japonais par la Corée du Nord du au .

Élu à la Chambre des représentants du Japon depuis 1983, d'abord pour l'ancien électoral d'Hokkaidō (1983-1996), puis pour la nouvelle de cette préfecture (1996-2009, depuis 2010) et enfin à la proportionnelle dans le bloc d'Hokkaidō de 2009 à 2010, il est élu président de la Chambre des représentants du Japon le .

Origines, formation et carrière professionnelle Issu d'une famille de riches propriétaires terriens d'Ebetsu, ville voisine de Sapporo sur Hokkaidō, son père, Kingo Machimura, est quant à lui un haut fonctionnaire puis un homme politique du Parti libéral-démocrate (PLD) qui a une carrière brillante puisqu'il est gouverneur (nommé alors par le pouvoir central) de la préfecture de Toyama de 1941 à 1943 puis de celle de Niigata de janvier à et chef de la police de Tokyo d'avril à avant d'être à nouveau gouverneur, mais cette fois-ci élu et d'Hokkaidō, de 1959 à 1971. Il est aussi membre de la Chambre des représentants de 1952 à 1959 puis de la Chambre des conseillers de 1971 à 1992 et enfin ministre de l'Intérieur, président du Comité de la Sécurité publique et secrétaire au Développement d'Hokkaidō dans le Cabinet du Japon dirigé par Kakuei Tanaka du au .

Nobutaka Machimura fait sa scolarité dans des établissements prestigieux de Tokyo, successivement à l'école primaire puis au collège de l'Université Tokyo Gakugei et enfin dans le très réputé lycée métropolitain Hibiya. Il est également alors très sportif, s'intéressant plutôt au baseball (sport très populaire au Japon) au collège, puis au rugby, devenant le capitaine de l'équipe de son lycée Profil sur son site officiel.

Diplômé de la faculté d'économie de l'université de Tokyo en 1969, ayant également étudié pendant un an à la Wesleyan University de Middletown (Connecticut) aux États-Unis dans le cadre d'un échange universitaire, il s'engage après ses études dans une carrière de haut fonctionnaire en entrant au service du ministère du Commerce international et de l'Industrie (MITI). Il a par la suite passé deux ans au sein de la Japan External Trade Organization (JETRO) (ou organisation du commerce extérieur japonais) à New York de 1979 à 1981.

Carrière politique Les débuts En 1982, il démissionne de son poste de directeur de la Division de la planification du département du pétrole au sein de l'Agence des ressources naturelles du MITI pour se lancer en politique. Il est alors élu pour la première fois à la Chambre des représentants lors des élections législatives de 1983 dans ce qui est encore le électoral d'Hokkaidō, sous les couleurs du PLD au pouvoir. À la suite de la réforme de 1994, il est désormais élu, et depuis 1996, pour le d'Hokkaidō, à savoir l'arrondissement d'Atsubetsu à Sapporo, ainsi que les environs à l'est de cette ville.

Son ascension politique se fait alors plutôt lentement durant les années 1980 et 1990. Il doit attendre 1989 pour obtenir son premier poste gouvernemental, tout en n'étant pas membre du Cabinet du Japon. Il est ainsi secrétaire parlementaire avec rang de vice-ministre auprès des ministres de l'Éducation, des Sports et de la Culture Takeo Nishioka puis Ishibashi Kazuya dans les 75 et Cabinets du Japon dirigés successivement par Sōsuke Uno puis Toshiki Kaifu, du au . Il dirige ensuite la division des affaires culturelles du PLD de 1990 à 1992 puis celle de la Défense nationale de 1992 à 1993 et président délégué du Conseil de la Recherche politique du parti ainsi que directeur de la Commission de la Sécurité de la Chambre des représentants de 1993 à 1996. Il finit par prendre la présidence de la Commission de la Santé et des Affaires sociales à la Chambre en 1996 avant d'obtenir son premier poste au sein du Cabinet du Japon en 1997.

Ministre de l'Éducation S'étant surtout intéressé aux questions éducatives et culturelles, il est alors nommé par Ryūtarō Hashimoto ministre de l'Éducation, des Sports et de la Culture lors du remaniement de son second gouvernement le .

Lorsque Keizō Obuchi succède à Hashimoto comme Premier ministre le , Machimura quitte le Cabinet mais reste au gouvernement en tant que secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères Masahiko Kōmura. À partir de , il devient un conseiller spécial des Premiers ministres Keizō Obuchi (jusqu'au ) puis Yoshirō Mori (jusqu'au ), chargé de la réforme de l'Éducation.

Lors de la formation du deuxième gouvernement Mori le , il retrouve le poste de ministre de l'Éducation, des Sports et de la Culture qu'il cumule avec celui de directeur-général de l'Agence des Sciences et des Technologies. Après la fusion en un seul département de ces deux institutions en , il est alors le premier à porter le nom de ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et des Technologies. Il se montre alors particulièrement partisan d'une réforme totale du système éducatif japonais mis en place après la Seconde Guerre mondiale essentiellement sur un modèle américain. Il critique alors ce dernier comme responsable de l'absentéisme de plus en plus important dans les établissements scolaires du fait d'un « respect déplacé de l'individualisme, d'une liberté déplacée et d'élèves ayant le droit de faire ce qui leur plait » « Students are not coming to school because of misplaced respect for individualism, misplaced freedom and children's rights to do whatever they want », in « Machimura critical of education system's 'misplaced respect' », Kyodo News International, 5 février 2001. Il propose notamment la création d'un service civil de trois à quatre mois après la sortie du secondaire, voire d'un entraînement avec les forces d'autodéfense japonaises.

Il se fait également connaître en tant que ministre de la Culture pour avoir tenté de faire interdire et de dissuader les cinémas de projeter le film, désormais devenu culte, Battle Royale de Kinji Fukasaku, en raison de ses images violentes « Battle Royale », The Guardian repris par www.melonfarmers.co.uk, 25/02/2001.

Un poids lourd du PLD Il quitte le gouvernement le pour devenir le secrétaire général par intérim du PLD jusqu'en 2002, puis prend la direction générale du bureau des élections du parti du au . Il joue ainsi un rôle de tout premier plan durant la campagne des législatives de 2003, mais cette fonction le pousse également à rester alors essentiellement à Tōkyō et donc à délaisser sa propre circonscription sur Hokkaidō. S'il est réélu, sa principale opposante, la candidate du Parti démocrate du Japon Chiyomi Kobayashi, âgée seulement de 36 ans, l'avait alors talonné en obtenant 120 192 voix contre 129 035 à Machimura. Fort de cette expérience, il décide de ne pas faire la même erreur lors des élections anticipées de 2005 et fait une campagne active sur le terrain « FOCUS: Machimura faces uphill battle in reelection bid in Hokkaido », Kyodo News International, 24 août 2005, ce qui lui permet à terme d'obtenir une très large victoire, toujours contre Chiyomi Kobayashi, en obtenant pour la première fois depuis la création de la circonscription la majorité absolue en voix (173 947 bulletins soit 54,19 % des suffrages exprimés).

Ministre des Affaires étrangères gauche|275px|thumb|Nobutaka Machimura et Colin Powell, le 7 octobre 2005. Il est ensuite ministre des Affaires étrangères des 88 et Cabinets du Japon, à savoir les deuxièmes et troisièmes dirigés par Jun'ichirō Koizumi, du au . Il doit essentiellement faire face alors à des relations sino-japonaises au plus bas, notamment du fait de la controverse concernant des manuels d'histoire japonais minimisant certains crimes de guerre commis durant la Seconde guerre sino-japonaise dont notamment le massacre de Nankin, provoquant de violentes manifestations anti-japonaises en Chine en 2005 « China-Japan ties at '30-year low' », BBC News, 18 avril 2005. Tout en demandant alors des excuses au gouvernement chinois pour les violences commises par certains manifestants contre des commerces ou représentations japonaises à Pékin S. Jameson, « Japan : Foreign Affaires », Encyclopædia Britannica, il s'est immédiatement rendu sur place afin de calmer la situation et de réchauffer les relations entre les deux pays « China rally prompts Japan protest », BBC News, 10 avril 2005.

Il quitte le Cabinet le tout en restant très écouté sur les questions de politique étrangère puisqu'il prend la présidence, en novembre de la même année, de la Commission de Recherche sur les Affaires étrangères du PLD. À la suite du remaniement ministériel du , Shinzō Abe lui confie à nouveau le ministère des Affaires étrangères en remplacement du nationaliste Tarō Asō qui lui-même lui avait succédé en 2005. Il remplit toutefois cette fonction que moins d'un mois, le gouvernement Abe chutant le suivant.

Chef de faction

Il est membre depuis son entrée en politique du , ou Seiwakai, ce qui signifie littéralement « Conseil pour la nouvelle politique Seiwa », une des factions internes du PLD, plutôt conservatrice et partisane d'une déréglementation et d'une libéralisation du service public, fondée en 1979 par Takeo Fukuda. Elle fut ainsi successivement appelée dans les médias, en fonction du nom de son leader, faction Fukuda jusqu'en 1986, puis Abe de 1986 à 1991 (du fait de Shintarō Abe, le père du futur Premier ministre Shinzō Abe), puis Mitsutsuka de 1991 à 1998 et enfin Mori de 1998 à 2006 (car alors dirigée par l'ancien Premier ministre Yoshirō Mori, à l'exception de l'année 2000-2001 au cours de laquelle Mori est Premier ministre et est donc remplacé à la tête de la faction par Jun'ichirō Koizumi).

Lorsque Mori se retire de la présidence de la faction en , Nobutaka Machimura est choisi pour lui succéder, ce qui fait que depuis lors le Seiwakai est généralement désigné sous le nom de « faction Machimura ». Toutefois, après la défaite du PLD aux élections à la Chambre haute de la Diète en et le retour de Machimura au gouvernement, ce dernier n'est plus le seul chef de cette mouvance depuis . En effet, une coprésidence à trois est alors mise en place entre lui, l'ancien secrétaire général du PLD (de 2006 à 2007) Hidenao Nakagawa et le conseiller Shūzen Tanigawa. Il redevient l'unique chef de la faction en 2009.

Quoi qu'il en soit, cette faction étant la plus importante au sein du parti depuis le début des années 2000, disposant du plus grand nombre de parlementaires et ayant donné tous les Premiers ministres de 2000 à 2008, Nobutaka Machimura est aujourd'hui l'une des personnalités les plus importantes du PLD. L'un des principaux artisans de l'élection de Yasuo Fukuda à la tête du parti et donc au poste de Premier ministre en lui vaut ainsi en retour d'être nommé au poste charnière de secrétaire général du Cabinet. Tout en étant alors le porte-parole du gouvernement, il est chargé de diriger les services du Premier ministre, de coordonner les relations entre les différentes administrations ministérielles et de s'assurer des dossiers relatifs aux relations avec la Diète. Il reste en place jusqu'au .

thumb|right|250px|Nobutaka Machimura en campagne pour la présidence du PLD le