Chrysanthemum ×grandiflorum, le Chrysanthème des fleuristes est une espèce de plantes à fleurs du genre Chrysanthemum de la famille des Asteraceae. Il est aussi appelé Chrysanthème d'automne ou Chrysanthème horticole car c'est une plante ornementale vivace à floraison automnale (sauf pour certains cultivars qui ont perdu ce trait ancestral). Tous les chrysanthèmes horticoles appartiennent à un énorme complexe d'hybrides conçu par les jardiniers d'abord en Chine à partir du , puis au Japon à partir du et en Europe à partir du .people, 菊花的历史 Histoire des chrysanthèmes. et actuellement, presque partout dans le monde.
Plusieurs études faites dans les années 2000 par les chercheurs chinois s'accordent à considérer que le complexe d'hybrides est dérivé par un long processus d'hybridations qui se seraient produites entre Chrysanthemum vestitum, C. indicum, C. lavandulifolium, C. nankingense et C. zawadskii..
Ce complexe est généralement dénommé par les botanistes Chrysanthemum ×grandiflorum Ramat. ou Chrysanthemum ×morifolium Ramatdes études supplémentaires sont nécessaires pour établir le nom scientifique le plus acceptable (voir eFloras).. Souvent le signe × entre les deux termes n'est pas spécifié.
Nomenclature La première description botanique du chrysanthème des fleuristes revient à Thomas d'Audibert de Ramatuelle. En 1792, dans le Journal d'histoire naturelleBHL. (page 233), ce botaniste provençal décrit la plante cultivée, à grosses fleurs purpurines, ramenée de Chine par le navigateur marseillais Blancard, sous les noms de « Camomille à grandes fleurs », Anthemis grandiflora. Il insiste pour la distinguer du Chrysanthemum indicum de Linné à petits capitules jaunes. Il propose dans une note de l’appeler aussi Chrysanthemum morifolium. De ce premier plant cultivé ramené de Chine en 1789 par Blancard puis de ceux ramenés par l'habile aventurier botaniste Fortune (de Chine en 1846 et du Japon en 1863) vont être créés en Europe des milliers de cultivars et hybrides. Joints aux milliers de cultivars développés indépendamment en Chine et au Japon, on a actuellement un gigantesque complexe de cultivars (estimé de à Conservatoire National du Chrysanthème..) que les botanistes sont convenus d'appeler : soit Chrysanthemum grandiflorum nom donné par Broussonet en 1805 (Elenchus Plantarum Horti Botanici MonspeliensisGallica. 15) basé sans le dire, sur la description de Ramatuelle de Anthemis grandiflora Ramatuelle. C'est le cas de Tela Botanica qui adopte Chrysanthemum ×grandiflorum Ramat.. soit Chrysanthemum morifolium basé sur la note de Ramatuelle du même article de 1792. C'est le cas de GRIN qui adopte Chrysanthemum ×morifolium Ramat..
En Chine, les chrysanthèmes horticoles, nommés zāipéi júhuā 栽培菊花, auraient comme parents principaux, d'après Zhou Jie.cn. C. vestitum et C. indicum suivis par C. zawadskii, C. nankingense, C. lavendulifolium, var. aromaticum, C. dichrum, etc.
Au Japon, les chrysanthèmes des fleuristes, nommés Higo-giku (ひご-ぎく), viennent d'après Fukai. de C. indicum var. procumbens × C. zawadskii var. latifolium.
Synonymes taxonomiquesTelaBotanica. :
Dendranthema grandiflorum (Ramat.) Kitam. Chrysanthemum sinense var. vestitum Hemsl. Pyrethrum sinense DC. Matricaria indica Mill. Dendranthema morifolium (Ramat.) Tzvelev Chrysanthemum vestitum (Hemsl.) Stapf Chrysanthemum stipulaceum W.Wight Chrysanthemum sinense Sabine Chrysanthemum purpureum Pers. Chrysanthemum morifolium Ramat. Anthemis stipulacea Moench Anthemis grandiflora Ramat. Anthemis artemisiifolia Willd.
Description vignette|alt=Fleur bien rouge recouverte de petites perles d'eau.|Fleur de Chrysanthemum ×grandiflorum ou morifolium pleine de rosée en Bavière. Octobre 2019 Il n'est pas facile de donner une description anatomique de l'énorme complexe d'hybrides de chrysanthèmes des fleuristes. Au cours du millénaire et demi de culture, plusieurs dizaines de milliers de cultivars différents ont été obtenus, avec des capitules de forme, de taille et de couleur très différentes. C'est principalement en regardant les feuilles que l'on peut savoir qu'il s'agit d'un chrysanthème.
Le chrysanthème des fleuristes est un arbrisseau pérenne pouvant faire de à de haut. Les tiges presque ligneuses à leur base sont érigées ou étalées. Les nombreux rameaux, séricés (soyeux, couverts d'un court duvet), forment une touffe dense.
Les feuilles caduques apparaissent au printemps. Elles sont alternes, lobées à pinnatifides, dentées. Elles font jusqu'à de long, sont charnues et couvertes de poils gris. Elles exhalent une forte odeur lorsqu'elles sont froissées. La floraison s'étale de septembre pour les hâtifs, à janvier pour les tardifs.
Les capitules typiques sont radiés, c'est-à-dire formés de fleurons périphériques, femelles, zygomorphes, à ligules et de fleurons centraux actinomorphes, tubulés, bisexués. Les bractées externes sont herbacées, à marge scarieuse étroite.
Il existe des variétés à fleurs simples qui ont une allure de marguerites et des variétés à fleurs doubles, à l'allure de pompons plus ou moins gros. Les couleurs se déclinent en blanc, jaune, rose, orange, rouge, pourpre et même vert.
Histoire de la culture des chrysanthèmes des fleuristes
Le Chrysanthemum indicum comme son nom ne l'indique pas, est originaire de Chine, de Corée et du Japon. Il a donné lieu à une culture dans ces pays à partir du et à des hybridations avec d'autres espèces sauvages. Mais ce n'est qu'à partir du que les Européens ont découvert ses cultivars horticolesTucker..
Asie de l'Est Chine vignette|Chrysanthèmes de l' Album Xian'e Changchun《仙萼長春冊》de Castiglione (1688-1766).
On trouve des occurrences du caractère jū 菊 dans les textes classiques les plus anciensle Shuowen Jiezi donne le caractère jū en style sigillaire (des sceaux) de l'époque des Royaumes combattants ; les premières occurrences sont avec des clés différentes comme 鞠.. Bien qu'il soit difficile d'identifier la notion précise d'espèce acquise à l'époque moderne par ce caractère (jū=Chrysanthemum indicum) avec la valeur qu'il pouvait avoir dans l'antiquité, on observe toutefois qu'on ne devait pas en être bien éloigné puisque le Classique des rites (禮記 liji), rédigé durant la période des Royaumes combattants ( au avant notre ère), indique qu'à l'époque où les oies migrent « les jū ont des fleurs jaunes鞠有黃華jū yǒu huáng huá, le caractère 鞠 est une variante graphique de 菊; c'est probablement la mention la plus ancienne du caractère jū 菊 que l'on puisse trouver dans les textes chinois. ». Par contre, la mention d'une plante nommée é 莪 dans l'ouvrage chinois le plus ancien, le Classique des vers (shījīng 詩經), n'a été qu'à tort assimilée au chrysanthème.
Le chrysanthème fut d'abord apprécié en Chine comme plante médicinale. Il est classé dans la plus ancienne matière médicale chinoise, le Shennong bencao jing (début de notre ère), dans la catégorie des drogues supérieures et fait partie des produits liés à la recherche de l'immortalité. « En prise prolongée, il lève l'inhibition du sang et du qi, allège le corps, ralentit le vieillissement et prolonge la vie »久服利血氣.輕身耐老延年. dit-le classique. L'« allègement du corps » était un but visé pour atteindre l'état éthéré des Immortels capables de voler et de « chevaucher les nuages ».
À partir des dynasties Jin et Tang (du donc), le chrysanthème commença à être apprécié comme plante ornementale, tout en continuant à être consommé pour des raisons diététiques (comme alicament, dirait-on maintenant). Sa culture doit remonter à cette époque. Les odes à la gloire des chrysanthèmes commencent à apparaître, comme celles du poète Tao Yuanming.
La première monographie portant sur les chrysanthèmessous le nom de 《刘氏菊谱》 Liú shì júbǔ. a été publiée en 1104 (sous les Song). L'auteur, Liu Mengquan 刘蒙泉 classe les chrysanthèmes suivant leurs couleurs : les normaux sont jaunes, puis viennent les blancs, les pourpres et enfin les rouges. Il recense en tout 35 variétés cultivées qu'il put observer dans les jardins près des sanctuaires bouddhistes des grottes de Longmen.. L'ouvrage de Liu est d'une qualité remarquable et n'a jamais été dépassé par tous ceux qui ont suivi jusqu'au début du , d'après Needham et Lu.
Au , le célèbre médecin et herboriste, Li Shizhen 李时珍, dans son Grand Traité de Matière Médicale, signale une centaine de variétés cultivées. Il leur attribue quelques propriétés médicinales comme « éliminer la chaleur et les toxines », « améliorer l'acuité visuelle » etc. En 1630, un recensement compte plus de 500 cultivars. et environ au début du .
Il existe actuellement une ville au sud de Canton, du nom de Xiaolan 小榄镇, célèbre pour sa culture des chrysanthèmesConservatoireNatChrys.. Tous les ans, s'y tient un Festival du chrysanthème où les différents producteurs du pays y présentent leur production les plus remarquables. La neuvième Exposition de chrysanthèmes de Xiaolan Zhongshan en 2007, a rassemblé 108 exposants sur
Japon Les chrysanthèmes cultivés chinois furent importés au Japon au et devinrent le symbole du pouvoir et de la gloire de l'Empereur. Le sceau impérial du Japon représente une fleur de chrysanthème à 16 pétales Gakiku - National Diet Library Newsletter, octobre 2003..
Europe Les premières descriptions botaniques La botanique scientifique européenne s'est formée au -, à une époque où le Japon (et encore plus la Chine) était fermé aux étrangers. Toutefois en 1641, les Japonais entrouvrirent leur pays en octroyant l'île artificielle de Dejima dans la baie de Nagasaki au commerce avec les Hollandais. Des naturalistes Européens, comme Kaempfer puis Thunberg, pourront commencer à décrire la flore d'Asie Orientale.
Le premier auteur Européen à mentionner le chrysanthème est Jacobus Breynius (Jacob Breyn) en 1689 dans son Prodromus Plantarum Rariorum. Ce marchand et botaniste de Dantzig le décrit sous le nom de Matricaria japonica maxima, comme une plante à fleurs fort élégantes, doubles, rosées ou rouge clair et existant sous plusieurs variétés. Il affirme dans son ouvrage qu'elle est cultivée en Hollande, mais s'il en fut ainsi, elle dut disparaitre car depuis on n'en trouve aucune trace.
Dans Species PlantarumBHL.Botanicus. (1753), l'ouvrage à l'origine de la nomenclature moderne, Linné créé le genre Chrysanthemum (repris de Pitton de Tournefort., 1694) auquel il rapporte Chrysanthemum indicum. Ce nom, mentionné pour la première fois, va être considéré jusqu'à l'époque actuelle comme l'espèce principale à l'origine des chrysanthèmes d'automne cultivés. Lorsqu'il rédige sa description, il ne dispose pourtant que d'informations très partielles et hétérogènes. Il cite les spécimens de Rumphius (Matricaria sinensis, plante chinoise importée dans les Moluques), de Rheede (Tsjetti-pu, probablement plante chinoise importée en Inde), ainsi que ceux d'un botaniste anglais, Leonard Plukenet (1641-1706), décédé depuis un demi-siècle et qui n'avait qu'une connaissance de seconde main des Matricaria sinensis qu'il illustra sous forme d'une plante à petites fleurs doubles, de couleur jaune et d'un Chrysanthemum madraspatanum qui lui fut donné par un marchand du nom de Du Bois qui commerçait avec les Indes Orientales. Linné mentionne aussi la description qu'il avait faite dans Flora Zeylanica (1747) d'un spécimen de l'herbier collecté par Hermann entre les années 1670 et 1677, dans l'île de Ceylan (un Matricaria sinensis à grosses fleurs).